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MITHRIDATE VI EUPATOR
Roi du Pont


Par Théodore REINACH
(Paris, Librairie de Firmin-Didot et Cie, 1890)

Mithridate VI le grand (132-63 avant JC), célèbre adversaire de Rome, fut roi du Pont de 120 à 63 avant JC. .
Le Pont était un royaume situé au sud de la mer noire, au nord de la Turquie actuelle.


I. Les origines.

1. Les ancêtres de Mithridate.

A l’origine, les ancêtres de Mithridate étaient d’obscurs nobles perses aventureux qui s’étaient emparés du pouvoir dans la ville de Cios, colonie grecque sur la mer noire, en Mysie (nord-ouest de la Turquie) pas loin du site de l’ancienne Troie. Ils en étaient devenus les tyrans à la suite des conquêtes de Cyrus. L’un d’eux, bien en cour à Persépolis, avait été satrape de Phrygie.
A leur époque, le Pont, au nord, et la Cappadoce, au sud, faisait partie de la même Satrapie. Leurs peuples étaient parents et avaient la même origine.

Puis vint Alexandre.

Prenant habilement partie dans la guerre entre ses successeurs, notamment en faveur d’Antigone le borgne, un Mithridate fut favorisé par ce dernier dans sa ville de Cios avant d’être mis à mort par son protecteur pour l’avoir trahi au profit de Cassandre son ennemi. Son fils, prénommé aussi Mithridate, ami d’enfance de Démetrios Poliorcète, fils d’Antigone et grand capitaine de son temps, s’enfuit pour éviter le même sort. Après cet « hégire », il connut un retour de fortune après la défaite d’Antigone à Ipsos en 301, et fut reconnu par les Séleucides comme souverain de ce que l’on appelait alors la « Cappadoce pontique », soit la Cappadoce du nord, celle donnant sur la mer noire, et que pour simplifier on appela très vite le Pont, du nom du Pont-Euxin, la mer noire. Le pays fut dès lors séparé de la Cappadoce proprement dite, au sud, sur laquelle régna un autre aventurier, lui aussi favorisé par les Séleucides.
Il régna sur le pays sous le nom de Mithridate 1er Ctistès, le « fondateur ».

C’est donc à la faveur des conquêtes d’Alexandre que les Mithridate allaient régner sur le Pont.

2. Le Pont avant Mithridate le grand.

180 ans séparèrent ce premier souverain du grand Mithridate. Les voisins du Pont étaient :

:arrow: La Paphlagonie, à l’Ouest.
:arrow: La Cappadoce, au Sud.

Le pays était bien moins puissant que les deux autres petits royaumes à l’ouest de l’Asie mineure, le royaume de Pergame et celui de Bithynie (le peuple de celui-ci était d’origine Thrace, des guerriers redoutables).
Durant cette période, ces monarques tentèrent de s’étendre à l’intérieur de l’Asie mineure, notamment grâce à l’aide des mercenaires gaulois. Mais ceux-ci étaient prompts à la révolte si leur salaire tardait et furent plus une plaie pour le pays qu’une force vraiment utile. Ils finirent par se fixer en Asie mineure, au centre, dans une région qui s’appela dès lors la Galatie.
Pour se prémunir contre tout danger extérieur, les rois du Pont se reconnurent les vassaux des « rois des rois » Séleucides.
En fait, ils ne réussirent alors qu’à soumettre les colonies grecques du sud de la mer noire, tout particulièrement Sinope et ses dépendances, conquis par Pharnace 1er, oncle de Mithridate, et qui devint alors la capitale du royaume. C’est là que naquit notre futur roi.

Sur le plan culturel, la religion du Pont était le Mazdéisme, d’origine perse. Mais le pays subissait l’influence prédominante de l’hellénisme.

Pharnace tenta de renouer avec une politique d’expansion mais échoua. Surtout, il avait méconnu le nouvel acteur sans lequel il n’était possible de rien tenter en Orient, Rome, qui faisait alors son entrée sur la scène dans cette partie du monde. Resté neutre, car trop loin, dans les guerres qui opposèrent la cité du Tibre aux Séleucides, le Pont n’en dut pas moins faire sa cour à l’Urbs.
Ainsi fit Mithridate V « Evergète », père du grand Mithridate, lequel se déclara client de Rome. Comme tel, il fut l’allié de Scipion Emilien à qui il amena quelques troupes pour l’aider contre Carthage dans la troisième guerre punique. Il put alors se lancer dans une politique de grande envergure en Asie mineure en imposant son autorité à la Paphlagonie, à la grande Phrygie, à la Galatie. Il épousa une princesse syrienne nommé Laodice, fille du roi Séleucide Antiochos Epiphane. Inféodée à Rome, elle fit assassiner son époux, en 120 avant JC, probablement sur l’instigation du pouvoir romain qui estimait que Mithridate V commençait à devenir un peu trop puissant, et devint régente au nom de son jeune fils le futur Mithridate VI le grand. Avec elle, le pays tomba à vaux l’eau, les territoires obtenus par Mithridate V furent perdus, sa politique réduite à néant.

Le jeune Mithridate était né à Sinope, colonie grecque de la mer noire, résidence des rois du Pont, en 132 avant JC. Plus reine que mère, Laodice estimait que son fils grandissait trop vite et n’entendait pas lui laisser le pouvoir. Elle tenta en vain de le faire mourir discrètement par « accident » ou en le faisant empoisonner, mais en vain. Il en découla chez lui une méfiance envers tous les poisons et le désir de s’immuniser contre eux par la « mithridatisation ». Réalisant que sa vie était en danger, il s’enfuit et se cacha dans la nature durant sept années.

Puis il revint subitement, et à la faveur d’un coup d’état, fit jeter sa mère en prison où elle mourut peu après. Ainsi commençait le règne de Mithridate VI, surnommé Eupator, le « bien né », car il était de noble naissance puisqu’il descendait des Séleucides (ce surnom d’ « Eupator » était emprunté au roi Séleucide Antiochos VI). Il n’avait alors que vingt ans.

II. Les premières conquêtes de Mithridate.

1. La conquête des côtes de la mer noire.

Très ambitieux, il se créa une armée très performante propre à assouvir son désir d’expansion. Celui-ci allait d’abord le tourner vers les territoires au nord de la mer noire, dans la péninsule de Crimée, appelée Tauride dans l’Antiquité.
La situation était alors explosive. Des colonies grecques avaient jadis été fondées dans cette région, la principale étant Chersonèse. Mais elles avaient beaucoup de difficultés avec les populations barbares de l’arrière-pays : les Tauriens, les Scythes, puis les Sarmates. Du temps de la puissance athénienne, elles avaient pu tenir le coup. Mais quand l’empire d’Athènes s’écroula, toutes ces cités furent livrées à elles-mêmes, face à ces sauvages aux dents longues. Les tributs qu’elles étaient obligées de leur payer pour avoir la paix étaient de plus en plus lourds. Aussi, comme plus tard les Gaulois obligés de choisir entre le Barbare Arioviste et le civilisé Jules César, elles se jetèrent dans les bras de Mithridate, au sud, afin qu’il les protège de tous ces peuples.
C’est ainsi que le roi du Pont confie, en 110 avant JC, son armée à un général grec qui connaît très bien le pays, un certain Diophante.
Au terme de quatre expéditions, celui-ci mate les Scythes, les Sarmates, les Roxolans et impose le pouvoir de son roi à toutes ces régions, le triomphe de la civilisation (grecque) sur la barbarie. Les Grecs l’acceptent, bénéficient de sa protection moyennant paiement d’un impôt. De nouveaux capitaux vont remplir les coffres du roi, de nouvelles sources de revenus viennent l’enrichir. Les expéditions contre les Barbares avaient surtout pour but d’obliger ceux-ci à lui fournir des soldats, notamment les excellents cavaliers Basterne qui devaient beaucoup l’aider plus tard dans sa guerre contre Rome. A son titre de roi du Pont, Mithridate ajoute dès lors celui de roi du Bosphore cimmérien. Les guerres en Crimée l’amènent progressivement à contrôler tout le pourtour de la mer noire, dont la légendaire Colchide, placé à présent sous sa domination ; il est réellement devenu le « roi de la mer ». Tous les Grecs admiratifs, où qu’ils soient, tournent les yeux vers lui. Tous les Barbares sont tenus en respect.

Ainsi, les trois parties de l’empire pontique de la mer noire sont dès lors:

:arrow: Le Pont, au sud, qui sera toujours loyal à son roi (les populations grecques ou autres se sentaient solidaires entre elles).
:arrow: Le royaume du Bosphore, soit les provinces du nord de la mer noire, souvent en révolte, soit contre le vice-roi placé là par Mithridate, un de ses fils, soit pour ce vice-roi.
:arrow: La Colchide, simple satrapie à l’Est, centrée sur la vallée du Phase, dont les affluents, dit-on, prodiguaient des paillettes d’or (d’où la légende de la toison d’or) habitée notamment par les Colques, qui ont donné son nom au pays.

Cela fait, de nouvelles ambitions le tournent vers :

2. La conquête de l’Asie mineure (l’actuelle Turquie).

C’est là qu’il va s’opposer à Rome.

Avant de se lancer dans cette entreprise, Mithridate veut faire un périple, un voyage incognito avec quelques amis, à travers toute l’Asie mineure, ce vers 106-105 avant Jésus Christ, afin de repérer ses points forts et ses faiblesses.
A cette époque, les deux puissances hellénistiques qui s’étaient disputées cette péninsule, les Séleucides et l’Egypte des Ptolémée avaient été exclues. Des petits pays se partageaient la région, ce sous l’influence de Rome.
Celle-ci y avait alors deux provinces :

:arrow: La province d’Asie (territoire hérité du roi de Pergame en 133 av.JC).
:arrow: La province de Cilicie-Pamphylie, au sud.

Sévissaient là tout particulièrement les publicains, les chevaliers financiers, dont les gouverneurs romains étaient pratiquement les hommes de paille, et qui ne pensaient qu’à exploiter des populations considérées comme de vulgaires troupeaux. Grande était la rancœur chez celles-ci.

A l’extérieur, les royaumes client de Rome sont:

:arrow: La Galatie.
:arrow: La Paphlagonie.
:arrow: La Cappadoce.
:arrow: La Bithynie.

S’ajoutaient quelques Etats grecs encore indépendants comme Rhodes, Cyzique et Héraclée.

La Galatie, la Paphlagonie et la Cappadoce étaient alors en proie à l’anarchie, au désordre, surtout la Galatie, une fédération de peuples gaulois dont les membres ne pensaient qu’à se vendre comme mercenaires au plus offrant.

La Bithynie, au contraire, était bien gouvernée par le roi Nicomède II, et comme telle était l’Etat le plus fort, aussi le plus ancien, éventuellement rival du Pont.

Tout ceci a bien été compris par Mithridate lors de ses pérégrinations. Il comprend le sentiment de haine des populations soumises envers Rome, ainsi que les divisions auxquelles sont en proie ces Etats. Il estime avoir des droits légitimes sur tous ces royaumes, tout particulièrement sur la Cappadoce avec qui existe une affinité de race avec le Pont, et dont la reine est la sœur de Mithridate.
Profitant de tous ces avantages, il lui faut seulement s’entendre avec cet autre ambitieux qu’est Nicomède.

Concernant Rome, Mithridate estime que le moment est propice. En effet, l’Urbs est alors aux prises, en 105 avant JC, avec l’invasion des Cimbres et des Teutons, lesquels menacent l’Italie. Le roi du Pont a probablement, d’ailleurs, envoyé une ambassade à ces derniers. Occupé en Occident, Rome ne pourrait donc s’opposer aux ambitions de Mithridate.

Qui plus est, ce dernier ne tient pas la cité du Tibre en grande estime. Pour lui, l’ère de ses conquêtes est terminée et elle ne pense plus qu’à conserver les territoires qu’elle a déjà acquis. Il voit Rome comme étant gouverné par des sénateurs corrompus et dégénérés, peu aptes à s’opposer à ses projets. Déjà le roi de Numidie Jugurtha l’avait compris (« Ville tu es à vendre, le premier acheteur te prendras »). Du reste, le roi du Pont prodigue lui aussi tout son argent dans la Ville pour corrompre le plus possible les sénateurs avides.

3. L’alliance avec la Bithynie.

Le Pont et la Bithynie, concluent alors une alliance, en 104 avant JC, le roi de l’un et celui de l’autre ayant l’arrière-pensée de prendre toutes les parts pour lui seul.

Les deux monarques s’emparent de la Paphlagonie, puis de la Galatie, ce qui rend leurs deux pays voisins de la Cappadoce.
Mais là c’est la rupture car l’un et l’autre entendent bien avoir celle-ci pour lui seul. Nicomède envahit ainsi la Cappadoce d’autant plus facilement que sa reine, sœur de Mithridate, s’est offerte à lui en mariage. Mithridate riposte, lui reprend le pays à la tête duquel il installe son jeune neveu Ariobarzane, avec Gordios, âme damné du roi du Pont, pour régent.

Fort dépité, le roi de Bithynie va se plaindre à Rome, dont il est client. Celle-ci, qui a à présent les mains libres après avoir vaincu les Cimbres et les Teutons, ordonne alors à Mithridate de rendre toutes ses conquêtes, ce qu’il est obligé de faire. Il doit en effet abandonner outre la Cappadoce, la Paphlagonie et la Galatie, tout comme Nicomède d’ailleurs.

Ainsi se terminent sur un échec huit années d’effort.

4. L’alliance avec l’Arménie.

Mithridate se tourne alors vers un nouvel allié pour remplacer la Bithynie et le trouve cette fois-ci à l’Est de son royaume, soit dans la Grande Arménie.

Celle-ci était alors à l’apogée de sa puissance sous le règne de son roi Tigrane II. Elle venait de s’agrandir de la Sophène. Mithridate, qui possédait déjà ce que l’on appelait la petite Arménie, s’allie avec Tigrane et lui donne l’une de ses filles en mariage. Sur sa demande, l’armée arménienne, en 93 avant JC, envahit la Cappadoce et réinstalle Gordios au pouvoir, homme de paille de Mithridate.
Cette fois-ci la réaction de Rome est brutale. Elle intervient en effet en envoyant une armée commandée par un jeune général du nom de Cornelius Sylla. Celui-ci passe le Taurus, entre en Cappadoce et en chasse les Arméniens. Cappadoce et Galatie sont déclarées « libres » c’est-à-dire inféodées à Rome. Mithridate a encore échoué.

5. Vers la guerre contre Rome.

Mithridate se résout à attendre un moment plus opportun et prépare peu à peu son armée. Mais les événements le surprennent.
En effet, en 91 avant JC éclate en Italie la guerre sociale, la révolte contre Rome de ses alliés italiens.

Cela pouvait être une aubaine pour le roi du Pont, car une nouvelle fois, depuis l’affaire des Cimbres et des Teutons, Rome connaissait des difficultés dont il pouvait profiter. Mais, cette révolte vient beaucoup trop tôt, il n’est pas prêt, occupé qu’il est à parachever ses conquêtes au nord de la mer noire.

Il veut cependant profiter de l’occasion, mais plus discrètement, par souverains interposés. C’est ainsi qu’il tente d’imposer son protectorat à :

:arrow: La Cappadoce.
:arrow: La Bithynie.

En Cappadoce, il chasse Ariobarzane et installe au pouvoir son fils Ariarathe.
En Bithynie, au vieux Nicomède II a succédé son fils Nicomède III, être fourbe et lâche. Son frère Socrate est imposé par le roi du Pont à sa place.

Nicomède III et Ariobarzane, évincés, vont donc se plaindre à Rome, laquelle, tout occupée qu’elle est par la guerre sociale, n’entend pas laisser diminuer son influence en Orient. Aussi, en 89 avant JC, envoie-t-elle une ambassade en Asie mineure présidée par le peu commode Aquilius, déterminé à se couvrir de gloire par d’éventuelles victoires. Arrivé là, le Romain ordonne au roi du Pont de retirer ses candidats de ces deux royaumes, ce que fait Mithridate. Cela n’arrange pas ce va-t’en guerre d’Aquilius qui veut absolument sa guerre et qui donc demande à Nicomède III, ravi, de faire piller une partie du Pont par ses troupes, rien que pour le provoquer. Cette fois-ci Mithridate, qui veut avoir le droit pour lui, envoie son ambassadeur Pelopidas tenter de négocier avec Aquilius. Mais celui-ci finit par le renvoyer ignominieusement et c’est la guerre.

Les trois principaux généraux romains qui, dans l’avenir, vont se battre contre Mithridate seront :

:arrow: Sylla.
:arrow: Lucullus.
:arrow: Pompée.


La suite dans quelques jours...

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«Κρέσσον πάντα θαρσέοντα ἥμισυ τῶν δεινῶν πάσκειν μᾶλλον ἢ πᾶν χρῆμα προδειμαίνοντα μηδαμὰ μηδὲν ποιέειν»
Xerxès, in Hérodote,

«L'Empereur n'avait pas à redouter qu'on ignorât qu'il régnait, il tenait plus encore à ce qu'on sût qu'il gouvernait[...].»
Émile Ollivier, l'Empire libéral.
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Message Publié : 18 Oct 2020 14:50 
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Ce n'est pas Midas, le roi doré de la légende, qui fut roi de Colchide ?

Merci pour ce début de récit.

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Message Publié : 18 Oct 2020 16:34 
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Jean Froissart
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Pierma (ou un autre modérateur) pourriez-vous corriger la double faute de frappe ( impardonnable) que j'ai faite dans le titre : il faut lire Eupator ? :oops:

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Message Publié : 18 Oct 2020 17:37 
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Oulligator a écrit :
Pierma (ou un autre modérateur) pourriez-vous corriger la double faute de frappe ( impardonnable) que j'ai faite dans le titre : il faut lire Eupator ? :oops:

Un collègue est passé avant moi, mais il a oublié de le corriger aussi dans la reproduction du titre à chaque post.
(C'est une indication technique à ce collègue bien intentionné...) :wink:

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Message Publié : 24 Oct 2020 8:19 
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Merci pour ce résumé Ouligator. Très intéressant.

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Message Publié : 25 Oct 2020 18:09 
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Inscription : 29 Jan 2007 8:51
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Troisième acte de cette biographie, la guerre avec Sylla :

III. La première guerre entre Rome et Mithridate (87-83 avant JC) (SYLLA).

A ce moment, Rome est très mal préparée à ce conflit. Outre qu’elle est en pleine guerre sociale en Italie, elle ne dispose que d’une petite armée en Asie mineure, à laquelle s’ajoutent les contingents des royaumes clients. Aquilius dispose en tout de 190000 hommes, comprenant outre ses légionnaires, les troupes de ses alliés orientaux. En face de lui, l’armée de Mithridate est de 300000 hommes, composant des troupes très diverses. Outre le corps d’élite qu’est la phalange de mercenaires grecs, il y a des Cappadociens, Sarmates, Scythes, Basternes, quelques mercenaires galates…

1. Les premiers succès.

Aquilius a divisé ses troupes en quatre corps d’armée, division qui diminue l’efficacité sans empêcher la propagation d’une éventuelle défaite d’un corps d’armée à l’autre. Mithridate a donné rendez-vous à toutes les troupes de son empire en un point de rassemblement, la plaine d’Amasia. Mais il n’a pas pu attendre que soit achevée cette concentration car déjà les Bithyniens attaquent. Le roi du pont envoie une armée commandée par deux de ses généraux, deux frères grecs, Néoptolème et Archélaos, les combattre. Ils sont victorieux et les écrasent. Arrivé peu après sur les lieux du combat, Mithridate veut poursuivre son avantage et ne pas laisser le temps aux Romains de se ressaisir. C’est ainsi qu’il bat successivement les troupes romaines et conquiert la Mysie et la Bithynie, au Nord-ouest.

La voie vers la province romaine d’Asie lui est dès lors ouverte.

Dès qu’il l’envahit, toutes les populations se livrent à lui avec enthousiasme tant était grande leur haine envers les publicains et les proconsuls romains. Mithridate s’empare des villes d’Asie mineure une par une. Habile, il fait libérer les prisonniers de guerre asiatiques en leur donnant l’argent nécessaire à leur retour chez eux. Seul, Oppius, lieutenant d’Aquilius, résiste un temps dans une forteresse avec quelques légionnaires romains. Il doit finalement se rendre au roi du Pont qui le traite avec dignité. Aquilius, quant à lui, s’est réfugié à Pergame, puis à Mytilène. Là, il est livré par les habitants au maître du Pont, lequel assouvit sur lui sa colère, car il le tient pour responsable de la guerre. Il l’oblige à suivre son armée à travers l’Asie mineure, attaché sur un âne. On ignore quelle fut sa fin.

Cela fait, Mithridate conquiert les îles, dont Chios et Lesbos.

Mithridate, en cette année 89 avant JC, est à présent maître de toute l’Asie mineure.

Or, subsistaient dans celle-ci les résidents romains et italiens, près de cent mille individus présents là depuis un siècle, une éventuelle armée d’espions pour le compte de Rome, et qui déjà attisaient des révoltes contre le Pont. Tenter de les gagner était chimérique. Les expulser était impossible, les surveiller encore plus. Alors que fallait-il faire ? les massacrer, seule solution. C’est l’objet du décret d’Ephèse de 88 avant JC promulgué par le roi du Pont.

Ainsi les « vêpres éphésiennes » sont-elles décidées par Mithridate et 80000 de ces résidants sont exterminés. Cela est facile tant est grande la haine des Grecs d’Asie envers eux, celle des pauvres envers les riches. Au moins, l’officialisation du fait par Mithridate permet de canaliser les violences et d’empêcher les abus, car sinon le peuple aurait été capable de tuer tous les riches, Grecs ou non Grecs.

Il est regrettable cependant que le roi du Pont n’ait pas fait la distinction entre les citoyens Romains et les Italiens qui ne l’étaient pas car s’il l’avait faite, il aurait pu, tel un nouveau Pyrrhus, débarquer en Italie soutenir les Italiens révoltés contre Rome, alors en pleine guerre sociale. Du reste il a reçu avant le drame une ambassade de la part des Samnites.

Cette expansion en Asie ne lui suffit pas, il veut aussi s’emparer de la Grèce.

2. La conquête de la Grèce.

Contrairement aux Grecs d’Asie qui souffraient énormément du joug romain, les Grecs d’Europe étaient plus heureux car ils avaient été ménagés par l’Urbs, peut-être parce que celle-ci savait ce qu’elle lui devait sur le plan culturel. Non réduite en province, les cités grecques gardaient une certaine autonomie. C’était surtout le cas d’Athènes qui conservait une partie de son empire maritime, quelques clérouquies, grâce au bon vouloir de Rome. En fait, elle n’était plus que l’ombre d’elle-même et si les autres Grecs étaient résignés à la sujétion romaine, la ville de Pallas désirait la secouer car elle était nostalgique de son glorieux passé.

Ainsi envoie-t-elle une ambassade dirigée par le philosophe sophiste Aristion à Mithridate, lequel l’accueille royalement. A son retour, Aristion vante la puissance de Mithridate, détermine ses compatriotes à rompre avec Rome et à le mettre au pouvoir. Sous sa direction, les Athéniens tentent d’obliger Délos à les suivre dans leur rebellion mais doivent y renoncer devant l’énergique défense d’un général romain. Il est donc clair qu’ils ne pourront conquérir l’Hellade à eux seuls et doivent appeler Mithridate.

Le roi du Pont envoie alors une flotte commandée par Archélaos destinée à aider la cité. En fait, les Athéniens ont échangé la domination romaine contre le régime de terreur imposé par Aristion inféodé à Mithridate, car ce petit tyran, se montrant impitoyable avec les opposants, fait tuer tous ceux qui tentent de s’enfuir. Athènes est devenu une « sous-préfecture » de l’empire pontique. A partir d’Athènes, et aidé par les Thraces au nord alliés de Mithridate, Archélaos conquiert pour son maître tout le reste de la Grèce, l’Eubée, le Péloponnèse.

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Mithridate tente de s’emparer de l’île de Rhodes. Mais là, il se heurte à l’opposition de l’élite dirigeante, les marchands doriens. Non que ceux-ci soient très attachés à Rome qui les a peu ménagés dans le passé. Mais estiment-ils, les succès du Pont ne dureront pas et Rome ne leur pardonnera pas leur défection. Aussi se résolvent-ils à résister à Mithridate. Celui-ci a beau faire, tous les assauts qu’il lançe contre l’île échouent et il est même un moment sur le point d’être capturé.
Malgré tout, il est devenu très puissant. En cette année 88, il est maître d’un immense empire comprenant :

:arrow: La mer noire.
:arrow: L’Asie mineure.
:arrow: La Grèce.

Après la mer noire, la mer Egée est devenu son lac. De simple roitelet local, il est devenu l’un des souverains les plus puissants de son temps. Tel Alexandre, il réunit en sa personne l’Orient et l’Occident.

Mais la roche tarpéienne est près du Capitole. Les vêpres éphésiennes ont creusé dans le sang le fossé entre Rome et Mithridate et les paix à venir entre les deux puissances ne pourront être que des armistices temporaires. Rome a certes, devant tous les succès du Pont, connu la panique. Alors que la guerre sociale n’est pas encore terminée, elle réalise qu’elle a perdu toutes ces conquêtes d’Asie et même la Grèce. Il lui faut réagir et très vite.

3. Le temps des revers.

Cependant, la lutte entre les partis qui sévit à Rome va retarder le départ de ses armées pour l’Orient. En effet, les deux hommes forts sont Marius, chef des Populares, et Sylla, chef des Optimates. Finalement, menacé de se voir supprimer son commandement militaire, Sylla fait entrer son armée dans l’Urbs, prend le pouvoir et met les Populares hors-la-loi. Cela fait, il va rejoindre ses troupes à Capoue et gagne l’Epire.

De là, il entreprend de reconquérir la Grèce.

Là, outre la prise d’Athènes, il va remporter deux grandes victoires :

:arrow: Chéronée.
:arrow: Orchomène.

Auparavant, le gouverneur de Macédoine, Brutius Surra, homme brave, avec une petite armée romaine a déjà commencé les opérations. Il a réussi à dégager la place de Thespies, seule ville grecque restée fidèle à Rome. Mais il doit revenir en Macédoine sur le point d’être envahi par les Thraces et laisse la place à Sylla. Il a néanmoins beaucoup travaillé pour lui, car dès l’arrivée du Romain, la plupart des villes grecques se rallient à lui, font amende honorable. Finalement, l’armée pontique ne garde plus que l’Attique et l’Eubée, Sylla est maître du Péloponnèse.

Il décide de reprendre Athènes et met le siège devant la ville. A cette époque les longs murs de Périclès n’existent plus et le Pirée et la ville haute sont séparés par des murs défensifs distincts. Sylla choisit d’assiéger d’abord le Pirée, mais il s’enlise car ses assauts se heurtent à la vigoureuse défense d’Archélaos, général de Mithridate, déterminé à garder la ville. Sylla est inquiet. En effet, une armée pontique de secours de 100000 hommes, commandée par Ariarathe, fils de Mithridate, et son mentor Taxile, est en train de fondre sur la Macédoine par le nord et il faut que le général prenne Athènes avant son arrivée. Heureusement pour le Romain, Ariarathe, très inexpérimenté, avance lentement. Une fois arrivé en Macédoine, il fait mine de se rendre indépendant de son père.
Sylla piétine ainsi devant Athènes toute une année, surtout face au port du Pirée. Mais grâce à des espions présents dans la ville, il parvient à faire une brèche dans une muraille de la ville haute par laquelle se ruent ses légionnaires. C’est le massacre d’une grande partie des habitants. Le Pirée est pris peu après. Aristion est capturé.

Mithridate vient de perdre sa base d’opération en Grèce.
Sylla va ensuite à la rencontre de l’armée d’Ariarathe et de Taxile, rejoints par Archélaos. Ariarathe meurt sur ces entrefaites, probablement empoisonné sur ordre de son père Mithridate.
Sylla est encore inquiet car son armée est nettement inférieure en nombre à celle des Asiatiques. Il ne l’en écrase pas moins en Béotie à la bataille de Chéronée, en 86 avant JC, combat lors duquel la mobilité de la légion prouva une nouvelle fois sa supériorité sur l’ordonnancement massif de la phalange (ainsi que sur les chars à faux des Pontiques, « artillerie » de l’époque). De plus, la « cohue » asiatique confirma elle aussi sa faiblesse face à l’ordre romain.

Cet exploit accompli, Sylla ne peut temporairement aller plus loin, c’est-à-dire poursuivre la guerre en Macédoine car il n’a pas assez de troupes. En attendant les renforts, il en profite pour régler ses comptes en Grèce. Athènes est châtiée. Elle garde ses territoires mais ses institutions sont empêchées de fonctionner. Elle est repeuplée par des immigrés qui prennent la place des anciens citoyens morts.
Pendant ce temps, Mithridate est resté en Asie mineure organiser ses conquêtes. Tout de suite après l’éviction de Rome, le pays a connu un âge d’or grâce à la politique habile du roi du Pont. Celui-ci a en effet supprimé les impôts, organisé des spectacles qu’il présidait. Mais sa popularité est grande uniquement chez les patriotes grecs, les partis démocratiques.
Les classes dirigeantes, elles, regrettent Rome avec qui elles faisaient des affaires. De plus les levées d’hommes pour aller combattre en Grèce exaspèrent les populations. Existe dans plusieurs villes des partis proromains désirant le retour de Rome. Mithridate le sait et sévit. Ainsi, il fait mettre à mort les tétrarques galates accusés de l’avoir trahi au profit de l’Urbs. Il fait déporter, par son général Zenobios, les habitants de l’île de Chios soupçonnés de vouloir rappeler les Romains.

Il tente de faire la même chose pour Ephèse, mais là les habitants tuent Zenobios, se révoltent et mettent à leur tête un gouvernement proromain (alors qu’auparavant ils avaient manifesté tant de haine à l’égard de Rome en massacrant les Romains !). D’autres villes dans la région (Tralles, Metropolis…) la suivent dans la révolte. Furieux, Mithridate les réprime toutes, mais ne peut réduire Ephèse. De plus, ses provinces de la mer noire, gouvernées par son fils le prince Mithridate, tendent à remettre en question son pouvoir.
Toujours habile, le roi du Pont décide de baisser la pression en se faisant le champion de la révolution sociale en Asie mineure, soit en abolissant les dettes, en libérant les esclaves. Mais du coup, les classes dirigeantes se détachent encore plus de lui et un peu partout des complots se trament contre le roi du Pont. Celui-ci réagit en imposant la terreur dans toute la péninsule.
Ainsi, dans cette guerre en Asie mineure :

:arrow: Les élites sont pour Rome.
:arrow: Le peuple est pour Mithridate.

En fait, le meilleur moyen de retrouver son crédit en Asie mineure est de reconquérir la Grèce. A cette fin, il envoie une deuxième armée en Europe commandée par son ami d’enfance Dorylaos, laquelle rejoint les débris de l’armée d’Archélaos.
Entretemps, Sylla a été mis hors la loi par les Populares, les démocrates, qui ont repris le pouvoir à Rome. Ceux-ci ont envoyé une armée commandée par Valerius Flaccus, chargé de démettre Sylla de son commandement. Audacieux, Sylla, qui sait que ses légionnaires sont avec lui, part à sa rencontre. Les Romains vont-ils se combattre sous les yeux des Orientaux étonnés ? Non, car Sylla, apprenant que l’armée pontique de Dorylaos est arrivée en Grèce, repart en arrière pour s’opposer à lui.

La rencontre a lieu de nouveau en Béotie à Orchomène, fin 86. Grâce aux tranchées que Sylla a fait creuser autour du camp pontique et malgré les attaques répétées de la cavalerie ennemie pour gêner les travailleurs, les Romains écrasent leurs adversaires. Archélaos et Dorylaos s’enfuient.

Chéronée et Orchomène, deux victoires romaines qui ôtèrent la Grèce à Mithridate de façon définitive.
Après cela, Sylla devrait tenter logiquement d’envahir l’Asie mineure. Mais il n’a pas de bateaux. Pour s’en procurer, il a envoyé son questeur Lucullus s’en procurer en Méditerranée.

4. La paix de Dardanos (85 avant JC).

Comprenant qu’il est réellement vaincu, Archélaos prend le parti de conclure la paix avec Sylla, et ce sans en référer à son roi. Une rencontre entre les deux hommes est organisée à Délion, près d’Aulis, sur la côte grecque. Aristion est la victime de cette entente entre les deux généraux. Sur la demande d’Archélaos, dont il était l’ennemi intime, Sylla le fait empoisonner. Le Pont abandonne toutes ses conquêtes en Asie mineure, y compris la Paphlagonie. Il faut seulement que Mithridate ratifie ces préliminaires.
Sur ces entrefaites, Flaccus a continué vers le nord, vers Byzance, pour pouvoir de là débarquer en Asie mineure. Mais une sédition a éclaté dans son armée dirigée par son légat Fimbria. Flaccus finit par être tué et Fimbria continue la guerre à sa place. Il débarque en Asie mineure et ravage la Bithynie. Puis il entre dans la province d’Asie de Rome.

De son côté Lucullus, lieutenant de Sylla, après un périple jusqu’en Egypte, a obtenu une flotte et ravage les côtes de l’Asie mineure. Lui et Fimbria parviennent à coincer Mithridate dans la ville de Pitanée et sont sur le point de le capturer. Mais Lucullus refuse de s’entendre avec ce voyou de Fimbria (qui plus est un démocrate) et cette division permet au roi du Pont de s’enfuir.

Quand Mithridate apprend l’accord conclu par Archélaos, il accepte presque tout, mais pas la cession de la Paphlagonie qu’il tient encore en main. Diviser pour régner, le roi du Pont va tenter de s’appuyer sur l’armée romaine de Fimbria, d’obédience démocrate, contre Sylla. Sylla est furieux mais ne veux pas céder.

Finalement, Sylla et Mithridate se rencontrent en Asie mineure dans la ville de Dardanos, en 85 avant JC. Mithridate renonce à ses conquêtes d’Asie mineure, laquelle est de toute façon soit reconquise par Rome, soit en insurrection. Il renonce aussi à la Paphlagonie. Nicomède III et Ariobarzane, candidats des Romains, sont réintégrés en Bithynie et en Cappadoce.

Cela fait, Sylla se débarrasse de Fimbria, contraint au suicide, et récupère ses troupes.

Il réorganise la province d’Asie en imposant de nouveau le joug romain. La province paie chère sa révolte. La lutte entre « Romanisants » (les riches) et les « Cappadocisants » (le peuple) se termine au profit des premiers. La guerre a exacerbé les clivages sociaux. Outre moult exécutions, un énorme tribut est exigé de l’Asie ce qui achève de la ruiner. L’imposition directe tend certes à remplacer l’affermage des impôts par les publicains, mais ceux-ci continuent malgré tout à sévir.

Après avoir réglé tous ces problèmes, Sylla laisse les anciennes légions de Fimbria garder l’Asie, avec Murena pour gouverneur, puis rentre à Rome ou il va en découdre avec les Populares et se faire dictateur.

En conclusion :

Sylla a su faire des concessions, car c’est la première fois depuis un siècle que Rome dépose les armes sans avoir complètement anéanti son adversaire, soit en poursuivant la guerre en Asie mineure. Surtout, elle accepte de passer l’éponge sur le massacre des 80000 Italiens ! Mais Sylla estime qu’il ne peut faire autrement. Il lui faudrait de longues années avant de venir à bout de Mithridate et la guerre civile couve à Rome. Il ne pourra compter sur aucun renfort de l’Urbs. Il a davantage traité au nom de l’oligarchie, soit de ses intérêts personnels, plutôt qu’à celui de Rome, gouverné par les démocrates.

En fait, la guerre aboutit à un match nul. Pour Rome, c’est une paix boiteuse, et les Romains sont convaincus que rien ne sera réglé tant que vivra Mithridate. De son côté, le roi du Pont, persuadé que son échec n’est dû qu’à la trahison, brûle de prendre sa revanche. Il a échoué dans sa conquête de l’Asie mineure, encore plus dans sa volonté d’unifier l’hellénisme sous sa domination.

Ainsi se termine le premier acte de la guerre entre Rome et Mithridate.

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«Κρέσσον πάντα θαρσέοντα ἥμισυ τῶν δεινῶν πάσκειν μᾶλλον ἢ πᾶν χρῆμα προδειμαίνοντα μηδαμὰ μηδὲν ποιέειν»
Xerxès, in Hérodote,

«L'Empereur n'avait pas à redouter qu'on ignorât qu'il régnait, il tenait plus encore à ce qu'on sût qu'il gouvernait[...].»
Émile Ollivier, l'Empire libéral.
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Message Publié : 25 Oct 2020 18:53 
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Plutarque
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