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 Sujet du message : Entourage de César
Message Publié : 16 Août 2007 16:57 
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Hérodote
Hérodote
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Inscription : 16 Août 2007 0:24
Message(s) : 6
Bonjour,
J'ai fait pas mal de recherche sur ce sujet mais j'aimerais avoir l'avis de vrai connaisseur.
Je souhaiterais savoir quel véritable ennemis et alliés avait César?
Quel ont été les personnages participant a sa popularité et ceux qui contribuères a sa fin?

EDITE : sujet tribuns de la plèbe à lancer à part

Cordialement.


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 Sujet du message :
Message Publié : 25 Août 2007 18:08 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 17 Mars 2004 23:16
Message(s) : 1659
Cela fait 2 questions sans rapport.

S'agissant des ennemis et alliés de César, la réponse est délicate dans la mesure où les alliances politiques changeaient au gré des intérêts et des arrangements. Il y avait aussi des alliances d'un moment et des alliances durables.

Prenez Caius Scribonius Curio par exemple. En 59, il est un des jeunes aristocrates les plus en vue parce qu'il s'oppose brillamment à César et à ses alliés du triumvirat, notamment Pompée.
En 50, Curion, élu tribun de la plèbe, devient le meilleur allié politique de César sur la scène politique romaine et son principal lieutenant.

Parmi les assassins de César, on trouve notamment des hommes qui ont été parmi ses plus proches collaborateurs, et qui ont même du avoir avec lui des liens s'approchant de l'amitié. Je pense notamment à Decimus Junius Brutus Albinus qui est allé le chercher dans sa maison pour quasiment le traîner à la Curie de Pompée le jour des ides de Mars.

Parmi les alliés, on peut d'abord citer les appuis familiaux dont César a bénéficié au début de sa carrière, quand il avait moins de 30 ans.
Et d'abord et avant tout : les Aurelii Cottae, la famille de sa mère. Ce sont principalement eux qui lui ont sauvé la vie en 81, quand César a été proscrit par Sylla pour avoir refusé d'obéir à l'ordre l'enjoignant de divorcer de son épouse Cornelia (la fille du défunt Cinna).

Les autres ensuite.

Servilius Vatia Isauricus, qui après son consulat de 79, a combattu les pirates siliciens au sud de l'actuelle Turquie et sous les ordres duquel il est possible que César ait fait une partie de son apprentissage militaire.

Citons aussi Mamercus Aemilius Lepidus Livianus, consul en 77 et oncle de Servilia (la mère de Brutus). C'est peut-être en nouant des liens avec le vieux consulaire que César a fait la connaissance de Servilia qui semble être devenue sa maîtresse dès 77.

Ce sont notamment ces 2 là qui contribueront à coopter César dans le collège des pontifes en 73.

Servilia, bien sûr, parce qu'elle faisait comme César partie d'une grande famille qui avait connu une éclipse et brûlait de retrouver son rang et parce qu'elle était au confluent d'un réseau familial particulièrement bien placé et influent.
Elle était en effet la demi-soeur de Caton, était apparentée ou alliée aux Claudii, aux Scipions, à Catulus, à Hortensius, à Lucullus et à Domitius Ahenobarbus.
Pas de chance pour elle : celui qui dans la famille emportait le morceau, c'était Caton qui sera le plus implacable ennemi de César et qui aura pour alliés la plupart de ces parents quand lui et César s'affronteront.
Il semble que Servilia ait jusqu'au bout tout fait pour resserrer les liens politiques avec César. Avant d'être finalement mariée à Pompée en 59 parce que César avait un besoin impérieux de renforcer son alliance avec Pompée, Julia, la fille unique de César, était fiancée à Brutus, le seule fils de Servilia.
Après la mort de Caton, Servilia a désapprouvé son fils quand il a épousé sa cousine Porcia, la fille du défunt. Elle voyait en ce mariage, comme beaucoup, un signe de défiance envers le dictateur.
Ce n'est qu'une fois l'irréparable commis (César mort, il n'y avait plus de raison de ménager la chèvre et le chou) que Servilia oeuvera dans le sens de son fils.

Dans les années 60, l'allié le plus notable de César est Marcus Licinius Crassus, le futur triumvir. Or, dans les années 60, Crassus était l'homme politique romoain le plus puissant après Pompée. Plus âgé que César d'une quinzaine d'années, il "investira" sur ce jeune aristocrate brillant et prometteur en lui prétant des sommes considérables, puisque Crassus était plein aux as alors que César devait s'endetter très lourdement pour financer sa carrière.

César nouera aussi des liens durables avec Gabinius (tribun en 67 et consul en 58) et Labienus, plus superficiels avec Quintus Caecilius Metellus Nepos (tribun en 62 et consul en 57) ou encore avec Publius Cornelius Lentulus Spinther (consul en 57).

Il y a aussi bien sûr le cas de Publius Claudius Pulcher, le fameux Clodius.
L'alliance avec lui trouve ses racines en 62-61, lors du scandale de la Bona Dea. César a alors, contrairement à Cicéron qui le paiera très cher, tout fait pour ménager Clodius et ne l'a pas chargé dans ce procès où il était le mari outragé.
Cependant, si Clodius sera un allié particulièrement utile pour César, il serait erroné de le voir comme un second et encore plus faux de le prendre pour un allié fidèle.
Clodius poursuivait avant tout ses propres intérêts. Certes, des "pointures" comme César et Crassus étaient capables de maîtriser un peu Clodius, mais jamais complètement. Clodius jouait son propre jeu et faisait monter les enchères. Il était prêt à faire chanter ses alliés pour parvenir à ses fins.

La liste des alliés est encore longue. Citons en vrac son beau-père Calpurnius Piso, Marc Antoine, les Aemilii Lepidi (surtout Marcus le futur triumvir), le jeune Dolabella, Hirtius. Et puis un tas d'autres figures (Trebonius, Marcus Brutus, Decimus Brutus, Sulpicius Galba, le fils de Servilius Vatia, le fils d'Hortensius) ainsi que des personnages moins connus mais tout aussi importants parmi les chevaliers. Pour cette dernière catégorie, je pense notamment à Rabirius, à Oppius et Balbus qui étaient des hommes d'affaires de tout 1er plan et qui contrinueront largement à ce que César n'apparaisse pas comme un "partageux" lors de la guerre civile. César a en effet toujours mené une politique très favorable aux banquiers et aux milieux d'affaires, au point que ceux-ci seront plus rassurés par César que par Pompée dans les années 49-48.

La liste des alliés n'est pas exhaustive.

Pompée y a tenu la place la plus éminente. Toute la stratégie politique de César, pendant près d'une vingtaine d'années, à consisté à établir, renforcer et maintenir une alliance politique avec Pompée.

Cicéron et César avaient noué une véritable et rare affinité intellectuelle et Cicéron travaillera pour César entre 56 et 50, même s'il regrettait que les triumvirs amoindrissent le rôle du Sénat.

La liste des ennemis est encore plus longue et sera donc encore moins complète.

Je ne reviens pas sur les anciens alliés devenus des ennemis (comme Marcus Brutus, Decimus Brutus ou Trebonius).

Il me semble intéressant de s'arrêter d'abord un instant sur les raisons pour lesquelles ces hommes ont pu être les ennemis de César.
J'y vois des raisons mécaniques, des raisons politiques et des raisons personnelles.

Les raisons mécaniques tiennent à ce que la vie politique romaine consistait en rivalités et en inimitiés. On se choisissait des ennemis pour se poser ou on héritait d'inimitiés. Les jeunes aristocrates faisaient des procès à des sénateurs plus chevronnés pour acquérir une notoriété. Les fils ou parents des accusés cherchaient noise à l'ancien accusateur une fois que celui-ci avait mûri et avancé dans la carrière.

Parmi les raisons politiques, il y avait l'opposition à la ligne politique que César avait choisi d'incarner : la via popularis ainsi que le passage en force contre l'obstruction de ses opposants. Entre 69 et 63, César a posé des marques symboliques fortes de son attachement à la via popularis et à Marius (le grand ennemi de Sylla et des optimates).
C'est ainsi qu'il s'est attiré l'inimitié des optimates purs et durs comme Catulus, Caton ou encore Bibulus.
S'agissant de Caton, a du venir s'y ajouter une dimension personnelle : César était l'amant de sa demi-soeur.
Ce qui était intolérable à ces optimates, c'est que quelques hommes, toujours les mêmes, monopolisent aussi longtemps des grands commandements hors normes : Pompée contre les pirates et en orient, César en Gaule, Crassus en Syrie.
Eux aussi voulaient y accéder, eux voulaient à tout prix maintenir l'égalité aristocratique. C'était notamment le cas des Claudii Marcelli, On pense aussi et surtout à Domitius Ahenobarbus, certainement le pire ennemi de César avec Caton, et qui ne supportait pas de voir César conserver le proconsulat des Gaules que lui-même revendiquait.

Concernant enfin les raisons personnelles, il me paraît indispensable de les aborder tant elles semblent pouvoir expliquer des hostilités que la politique ne saurait seule justifier.
Il semble que César ait eu plus de difficultés que d'autres à nouer des amitiés politiques avec ses pairs. Il semble qu'il suscitait plus que d'autres l'agacement et la haine.
Je crois que cela a pu tenir à une façon d'être, à un comportement à la fois hautain, brillant et méprisant. Imaginez celui qui a toujours réponse à tout et qui se met toujours en position d'avancer des arguments qui lui donnent raison dans la forme. Et qui humilie ses concurrents.
Je pense à cette fameuse séance du Sénat, en 63, où alors que le Sénat discutait des mesures à adopter contre Catilina, quelqu'un fait passer un message écrit à César.
Aussitôt, Caton crie au complot et prétend que César est en contact avec les conspirateurs qui veulent attenter à la république. Il exige que César lui donne le message et qu'il en soit fait lecture à voix haute. César s'exécute et il s'avère que la lettre était ... un billet doux de Servilia ! Vous imaginez la suite.

Je crois que personne mieux que César n'a mieux contribué à sa popularité. Chaque homme politique romain s'efforçait de faire sa propre carrière. Parmi ses alliés, on peut citer les hommes de l'ombre comme Balbus et Oppius qui travaillaient les milieux sénatoriaux et équestres en faveur de leur patron. Et qui veillaient à ce que les projets édilitaires de César aboutissent (l'achat des terrains et le lancement de la construction du forum de César dans les années 50).
Mais on peut aussi prendre en considération les maladresses de ses ennemis qui favoriseront le succès de César.
Il y aura aussi ceux que César roulera dans la farine : notamment le fameux Bibulus à qui César fera cofinancer des jeux dont il tirera toute la popularité, ou encore Lucceius qui paiera la campagne électorale de 60 pour le consulat de 59 mais ne sera malgré tout pas élu quand César arrivera loin en tête des candidats.

S'agissant de la chute, ou plutôt de l'assassinat de César, on pourra toujours retenir les maladresses commises en raison du développement d'une véritable cour qui flattait le dictateur et l'encourageait à s'élever symboliquement toujours plus haut.
On pourra toujours citer ceux qui ont été le cerveau et l'âme de la conspiration : Cassius et Brutus.
On pourra encore évoquer le rôle décisif des césariens déçus comme Trebonius et Decimus Brutus et sans lesquels Cassius et Brutus n'auraient probablement pas entrepris d'assassiner le dictateur.

Je pense cependant que maladresse ou pas maladresse, outrances monarchiques et divines à la César ou faux semblants modestes et républicains à la Auguste, il y aurait de toute façon eu, au sein de certains cercles aristocratiques, un désir et des projets de supprimer le tyran, car il était insupportable à de nombreux aristocrates romains que la cité, et tout particulièrement eux-mêmes, aient un maître ou un supérieur.

Ce qui est marquant, ce n'est pas qu'il y ait eu un complot pour assassiner César.
Il y en aura de nombreux contre Auguste, ce soi-disant modèle de modération, ce soi-disant restaurateur de la république. Et si les aristocrates avaient vraiment eu le sentiment qu'Auguste avait restauré la république au sens que recouvrait ce terme à l'époque de Cicéron, et si Auguste n'avait véritablement pas eu plus de pouvoir que ses collègues magistrats comme il le prétendait avec un culot phénoménal, pourquoi diable y aurait-il eu tant de complots contre lui ?

Ce qui, donc, est marquant, c'est que le complot César a réussi parce que celui-ci a eu la présomption de croire que ses ennemis ne passeraient pas à l'acte et parce qu'il n'a pas pris les mesures de sécurité nécessaires (en licenciant sa garde espagnole) alors même qu'on le prévenait tous azimuts que des coomplots se tramaient contre lui et qu'il avait déjà déjoué plusieurs tentatives d'assassinat.


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