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Message Publié : 29 Déc 2005 13:26 
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Jean Froissart
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Comment les combattants ont fait pour tenir à Verdun ?
Le marmitage incessant, le vacarme, l'absence de sommeil, voire même de nourriture, un an de tueries, mais comment diable les soldats ont fait pour tenir le coup ?
Il est vrai qu'il devait y avoir à l'arrière des gendarmes chargés de loger une balle dans la peaux a ceux qui reculaient, mais par quel miracle de volonté, de force mentale les gens ont pu tenir le coup sans s'effondrer comme en 1940.
Qui aujourd'hui pourrait faire ce que nos ancêtres ont fait ?
Déjà que pour simplement se lever le matin pour travailler, certains ont besoins de consommer des anxiolityques.......

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"L'histoire me sera favorable car j'ai l'intention de l'écrire". Winston Churchill.


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Message Publié : 29 Déc 2005 14:44 
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Grégoire de Tours
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Bonjour,

Il y a plusieurs facteurs : les erreurs tactiques des Allemands en matière d'emploi et de croyance sur l'efficacité de l'artillerie lourde, en matière d'emploi des troupes d'attaque Allemandes et, enfin, le sens du sacrifice et la puissance de feu des Français.

On a jamais vraiment su quels étaient les objectifs Allemands en attaquant Verdun. Falkenhayn désirait user suffisamment l'armée Française pour que celle-ci n'ai plus d'effectifs. L'armée Française usée, elle serait alors acculée à demander immédiatement la paix. Falkenhayn prévoyait un rapport de perte de un soldat Allemand pour trois Français. Cependant, l'armée qui devait opérer devant Verdun, c'est la Veme Armée Allemande. Commandant cette armée, le Kronprinz de Prusse n'était pas du tout d'accord avec l'idée d'une bataille d'usure. Tombant d'accord avec son chef d'état-major, le général Von Mudra, le Kronprinz désirait plutôt organiser une véritable offensive adéquate à emporter Verdun et gagner le plus de terrain possible. C'est le Kronprinz qui va avoir finalement le dernier mot, on tentera la percée. N'osant certainement pas s'en prendre au fils de l'Empereur, Falkenhayn va laisser faire, tout en espérant pouvoir anéantir les effectifs Français si ceux-ci réussissent à tenir tête aux assauts Allemands.

Au début de la bataille, en février 1916, les Allemands avaient absolument tout les moyens pour remporter une victoire aisée, une supériorité numérique en effectif et en artillerie lourde écrasante. Pourtant, rien ne sera logique à Verdun. Dans les premiers jours d'attaque, au Bois des Caures, les Allemands se heurtent à une résistance inattendue : deux bataillons de chasseurs, les 56eme et 59eme, aux ordres du colonel Driant, réussissent à repousser quatre assauts de quatre régiments Allemands. Pas plus de 2000 Français tiennent face à 12 000 Allemands. Installés dans des trous d'obus, certains chasseurs Français tuèrent à eux seuls une dizaine d'Allemands. Refusant de se rendre, de nombreux chasseurs Français préfèrent mourir pour tenir le front, c'est ce que l'on appelle le sens du sacrifice. A la demande du Kronprinz de Prusse, l'héroïsme et le sens du sacrifice des Français sera mis en article dans les journaux Allemands, cela afin de donner un exemple à la jeunesse Allemande, c'est dire l'impression laissés par les hommes de Driant. Finalement, après des efforts redoublés, les Allemands finiront par emporter le Bois des Caures, mais avec de lourdes pertes et un moral qui baisse déjà.

La bataille de Verdun, ça sera tout le temps cela. Après leurs préparation d'artillerie, les Allemands vont constamment s'obstiner à croire que tous les Français sont hors de combat. Cependant, malgré les pertes du à l'artillerie Allemande, les Français seront toujours assez nombreux pour être apte à repousser les assauts. L'on peut donc penser les Allemands ont totalement surestimer les capacités de leurs canons, en outre d'un mauvais emploiement qui n'a pas du aider. Autre problème, les Allemands vont engager leurs troupes de façon assez médiocre. Les Français ont témoigné avoir été souvent attaqué par des masses composés de soldats Allemands collés les uns aux autres. Dès lors, sautant sur leurs mitrailleuses, leurs caisses de grenades, demandant l'appui des canons de 75mm, les Français vont faire des carnages dans les rangs Allemands. Une contre-attaque achèvera les Allemands encore en état de combattre. Après chaque assauts Allemands repoussés, les Français témoigneront aussi de ces monceaux de cadavres Allemands établis devant leurs lignes, c'est dire les pertes infligées. Il peut arriver aussi que les Allemands gagnent du terrain. Dans ces cas là, encerclés, les Français refuseront obstinément de se rendre, préfèrent se faire tuer et, ainsi, permettre aux renforts d'arriver à temps pour colmater la brèche établie dans le front. Les prisonniers Français seront souvent des soldats qui auront combattu jusqu'au bout, arrêtant le combat par blessure ou par épuisement.

Enfin de compte, la bataille de Verdun connaîtra trois phases. Dans la première phase, les Français réussissent déjà à repousser des assauts Allemands. Cependant, via leur supériorité numérique écrasante, les Allemands gagneront quand même du terrain, mais en étant considérablement ralenti dans leurs marche en avant. Grâce à cette résistance des Français, nous allons entrer dans la seconde phase, celle où grâce au temps gagné, les Français se renforcent en hommes et en artillerie. Dans cette seconde phase, les Allemands continuent à gagner un peu de terrain mais les Français repoussent beaucoup plus d'assauts que lors de la première phase. A la fin de cette seconde phase, les Allemands sont définitivement stoppés au fort de Souville, Verdun ne sera pas pris et le front a tenu le choc. Nous entrons alors dans la troisième phase, celle des offensives Françaises. Menée de façon correct, les Français vont en trois séries d'offensives (24 octobre et 15 décembre 1916, ainsi que du 20 au 24 août 1917) reconquérir la majeure partie du terrain perdue au début de la bataille et, ainsi, dégager complètement Verdun. Enfin de compte, en peu de jours et avec peu de pertes, les trois offensives Françaises vont regagner le terrain que les Allemands avaient gagné en six mois et avec des pertes immenses.

Au final, les pertes Françaises et Allemandes seraient équilibrés, il y aurait eu pendant tous ces mois de combat cent cinquante milles tués de chaque cotés, mais on ne sait rien sur les blessés et les prisonniers. Ce qui est certain, par contre, c'est que les objectifs Allemands n'ont pas été atteint. Ni la prise de Verdun et la percée qui s'en suit, voulues par le Kronprinz, ni l'anéantissement complet des effectifs Français, voulu par Falkenhayn, n'ont réussies. La défaite Allemande est donc indiscutable, Falkenhayn en paiera le prix en étant limogé du commandement suprême des armées Allemandes, enfin le Kronprinz de Prusse avouera que "pour la première fois, il pu se rendre compte de ce que c'était de perdre une bataille".

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Bien qu’on ait du cœur à l’ouvrage, l’Art est long et le Temps est court.

Charles Baudelaire


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 Sujet du message : Verdun
Message Publié : 29 Déc 2005 17:03 
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Eginhard
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Benoit XV (1914-1922) : dans la prophétie des papes, il est "La Religion dépeuplée".
Comment les hommes ont-ils pu tenir ? Ils ont du se faire une raison. Ceux qui ont pu. J'ai vu des films sur les traumatisés du Front. C'est tout juste si certains ne marchaient pas sur la tête ! Tremblements, tics... Affreux.
Certains humains ont une capacité de résistance étonnante. On vient de dégager une personne victime de je ne sais plus quelle catastrophe trois semaines aprés les faits. Elle a tenu pratiquement sans eau. Quelle volonté ! Pendant la Grande Guerre, des soldats dormaient tout en marchant. Et puis, ils avaient de bons chefs. Un St Cyrien, ça montre l'exemple (je connais deux enfants de St Cyriens, tués en première ligne en 14 et en 40 à même pas 30 ans).
Enfin, je pense que beaucoup de soldats n'avaient pas le temps de s'habituer. Ils étaient morts avant.


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Message Publié : 29 Déc 2005 17:09 
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Grégoire de Tours
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Bonjour,

Citer :
Pendant la Grande Guerre, des soldats dormaient tout en marchant.


Pendant la campagne d'Ulm, en 1805, des témoins ont noté la même chose pour les soldats Français.

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Bien qu’on ait du cœur à l’ouvrage, l’Art est long et le Temps est court.

Charles Baudelaire


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Message Publié : 29 Déc 2005 19:35 
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Jean-Pierre Vernant
Jean-Pierre Vernant

Inscription : 17 Oct 2003 18:37
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Un facteur tout bête s'avèrera décisif dans les premières heures de l'offensive : sur un terrain qu'on peut déjà imaginer humide en février, le bombardement a transformé le sol en un lac de boue où la marche est à peine possible. L'avance allemande est lente avant même toute forme de riposte; les hommes assurés que le bombardement a éliminé toute opposition, achèvent d'oublier la prudence - certains avançaient paraît-il, l'arme à la bretelle...
Cela laisse aux survivants du bombardement les quelques instants nécessaires pour se mettre en position.
Par la suite, Verdun sera érigé en symbole comme rarement un champ de bataille peut l'être, les soldats français ont la conviction que le sort de leur pays, la liberté de "leur terre" (pour eux qui sont en majorité paysans) en dépend, plus que jamais. D'autre part, le commandement français instaure "le tourniquet", ce qu'on appellerait aujourd'hui un "turn-over" aussi rapide que les aléas de la bataille le permet. L'usure morale est donc moindre que côté allemand où les mêmes unités restent en place sur le champ de bataille maudit.


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Message Publié : 29 Déc 2005 22:07 
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Tite-Live
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Localisation : Pas loin du rond-point du Petit Clamart (92)
1/ N'oublions pas aussi qu'un soldat n'a aucune conscience de la bataille.
il ne connait que son bout de tranchée. Ce qui se passe à quelques centaines de mètres voire à quelques mètres lui est inconnu. Dès lors l'ampleur de la bataille, c'est nous qui la voyons, pas lui.

2/ En outre, nombres de soldats avaient déjà connu d'autres batailles sanglantes. La lassitude doit exister. Dans les rapports, on ne relate même plus la mort des hommes.
Dans un tableau on résume les pertes des jours qui passent.

3/Le soldat ne restait pas inactif. Au contraire, tous les jours on le faisait travailler à créer ou réparer des tranchées, boyaux..
Ex. voici un rapport militaire concernant Verdun.

Citer :
Le régiment reprend au Bois haut tout le travail commencé lors de la dernière période - en plus de l'organisation matérielle très considérable (création ou amélioration de 9 boyaux, organisation complète de la 2ème ligne puis d'une ligne de soutien intermédiaire) d'observatoires, d'abris, de blockaus pour mitrailleuses...


Parfois, il va au repos en arrière des lignes mais proche du front.

4/ L'alcool va bon train. Mon grand-père (+) racontait qu'il avait souvent à boire de l'alcool avant d'attaquer.

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Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes : Ils peuvent se tromper comme les autres hommes.
Pierre Corneille, Le Cid


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Message Publié : 29 Déc 2005 23:16 
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Jean Froissart
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Localisation : Outre nulle-part
magazine "L'Express" du 30/10/2003 :

"Une seule chose compte vraiment pour les poilus, qui a résisté à toutes les amnésies: les copains. C'est avec eux qu'on chasse la peur, qu'on traverse les coups durs, qu'on tue le temps, qu'on rigole. «Mes grands souvenirs de Verdun? raconte Henry Chappot. C'est quand un poilu avait gravé en haut de notre sape, avec un couteau: "Moïse fut sauvé des eaux, mais nos os ne se sont pas sauvés de la mouise."» Et quand, après un bombardement, les copains demandent, en morse: «Etes-vous vivants?», Chappot et son groupe répondent, toujours en morse: «Et ta sœur?» C'est parce qu'il ne veut pas tirer sur des soldats français, des «copains», que Léon Weil, chasseur alpin, refuse de fusiller des mutins. Il est emprisonné - brièvement, car on manque de troupes. Et il se souvient encore que son copain Magneux, lors d'un appel où l'on demandait: «Il ne manque personne?», répondit: «Ici, il manque l'enthousiasme.»

Les copains, c'est ce que les historiens et psychologues de la guerre ont appelé ensuite le «groupe primaire», cellule de base plus petite que la compagnie, fonctionnant avec ses propres règles, son autonomie et son principe intangible: la solidarité. Dans Le Cabaret de la Belle Femme ou Les Croix de bois, c'est ce «groupe primaire» que dépeint Roland Dorgelès, c'est lui encore que l'on voit dans La Grande Illusion. La guerre de 14 a été gagnée parce que des dizaines de milliers de «groupes primaires» ont tenu le choc, elle a été gagnée par des copains.

Avec les copains, le poilu pense qu'il ne peut rien lui arriver. Sous un bombardement, Cabrol se souvient que le toit de l'abri s'est effondré: «Ça, c'est quelque chose que je n'oublie pas: les gars sont venus me sortir de là, ils ne m'ont pas laissé tomber.» Ponticelli, lui, entend en Argonne les appels d'un camarade resté entre les lignes de barbelés: «Venez me chercher, j'ai la jambe coupée.» Il y va, le garrotte et le traîne vers la tranchée en lui chuchotant: «Surtout, ne crie pas, les Allemands vont nous tirer dessus.» «Merci pour mes quatre enfants», lui dit le blessé, un réserviste."

Je me souviens lors de la lecture de "La plume au fusil" de ce passage où un ancien Poilu au moment de trépasser (bien longtemps après la guerre) prononça les dernières paroles suivantes :
"Je vais retrouver les copains."
Vlad

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"Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu à toutes les femmes...."
Extrait de "La Chanson de Craonne"


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Message Publié : 29 Déc 2005 23:31 
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Jean Froissart
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Inscription : 16 Avr 2005 0:09
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Je tiens à ajouter que le texte précédent s'applique à l'ensemble du conflit, que ce soit à Verdun ou ailleurs. Le miracle a été de tenir quatre années durant dans ces conditions. Verdun, mais aussi l'Artois, la Somme, la Champagne, les Flandres, l'Aisne, les Dardanelles etc...
J'avoue que mon intérêt pour le premier conflit mondial provient du fait que longtemps je me suis intéressé à cette question : mais comment ont-ils fait pour tenir aussi longtemps dans ces conditions épouvantables ? Et la réponse proposée par l'article rejoint ma conclusion. Bien sûr il faut ajouter que les Poilus se battaient également pour leurs proches restés à l'arrière et qu'à la Noël 1914, le patriotisme ne concernait plus grand monde dans le milieu des troupiers.
Vlad

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Message Publié : 30 Déc 2005 12:40 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 20 Mai 2003 15:53
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C'est sûr qu'aujourd'hui, on aurait du mal e exiger de tels sacrifices des Français ...

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Message Publié : 30 Déc 2005 21:01 
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Jean-Pierre Vernant
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Inscription : 17 Oct 2003 18:37
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Tiens, un de mes posts n'est pas passé ?

Je disais :

Citer :
Bien sûr il faut ajouter que les Poilus se battaient également pour leurs proches restés à l'arrière et qu'à la Noël 1914, le patriotisme ne concernait plus grand monde dans le milieu des troupiers.


Se battre pour ses proches, sa terre (au sens que cela peut prendre pour un agriculteur), est-ce que cela ne s'appelle pas aussi du patriotisme, même s'il ne s'incarne pas dans des défilés tapageurs et une rhétorique grandiloquente ?

Citer :
C'est sûr qu'aujourd'hui, on aurait du mal e exiger de tels sacrifices des Français


Il "suffirait" qu'ils aient conscience que s'ils ne consentent pas ces sacrifices, ce qu'ils perdront sera pire encore. Comme en 1914 d'ailleurs ! :wink:


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Message Publié : 02 Jan 2006 16:01 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 20 Mai 2003 15:53
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Oui, le patriotisme de l'époque était tres concret, par comparaison a celui que les esprits chagrins imaginent aujourd'hui.

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Message Publié : 02 Jan 2006 16:49 
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Jean Froissart
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Inscription : 16 Avr 2005 0:09
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Localisation : Outre nulle-part
lamy a écrit :
Oui, le patriotisme de l'époque était tres concret, par comparaison a celui que les esprits chagrins imaginent aujourd'hui.


En août 14, le patriotisme était quelque chose de concret pour beaucoup de fantassins.
En décembre 1914, la récupération de l'Alsace-Lorraine avait disparu de leurs préoccupations pour la majorité d'entre-eux, qui à l'origine partaient pour une guerre fraiche et joyeuse et se rendaient compte que cette foutue guerre n'était pas prête de finir. Une chose comptait : finir au plus vite cette tuerie.
Désolé d'être chagrin, mais élargissez votre recherche de témoignages sur la période (ils ne manquent pas) et vous repenserez peut-être vote opinion.
Vlad

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 Sujet du message : Merci des ces réponses
Message Publié : 02 Jan 2006 19:58 
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Jean Froissart
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Inscription : 28 Nov 2005 23:03
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Effectivement le fait que les soldats aient été très unis a dut être le facteur primordial ainsi que le soutien des familles restées à l'arrière.
Il serait intéressant d'analyser la correspondance de l'arrière vers le front.
Cela à du jouer un grand rôle dans le moral des soldats.
On connait bien la correspondance des soldats du front vers l'arrière mais moins celle allant dans le sens inverse.
L'idée d'organiser une rotation des divisions a été géniale.
On peut peut-être avance d'autres hypothèses.
Le fait qu'avant guerre le servcie militaire durait 2 ans ou on devait enseigner les techniques de maitrise de la peur.
Peut-être aussi le fait qu'à l'époque beaucoup de français étaient encore paysans et devaient être habitués à une vie rude.
Enfin à l'époque la scolarité durait moins longtemps qu'aujourd'hui et les qualités intellectuelles étaient peut-être moins valoriés aujourd'hui par rapport à d'autres qualités telles que le caractère.

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Message Publié : 03 Jan 2006 1:14 
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Jean-Pierre Vernant
Jean-Pierre Vernant

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Citer :
En décembre 1914, la récupération de l'Alsace-Lorraine avait disparu de leurs préoccupations pour la majorité d'entre-eux, qui à l'origine partaient pour une guerre fraiche et joyeuse et se rendaient compte que cette foutue guerre n'était pas prête de finir. Une chose comptait : finir au plus vite cette tuerie.


Ce n'est pas vraiment ce qui ressort de "Paroles de Poilus" par exemple. On espère en finir mais par la victoire. Il ne faut pas oublier que les Français de 14 combattent loin à l'intérieur de leur pays envahi, et que ceci, mêlé au souvenir de 1870, rend très concrète la menace, le spectre de la défaite/invasion/occupation/exactions. On ne se bat pas pour l'Alsace-Lorraine, c'est une évidence. Mais on se bat pour fiche l'ennemi hors de sa terre. Cela entraînait d'ailleurs parfois une vive admiration pour la ténacité des combattants britanniques : où trouvaient-ils donc le moral pour s'accrocher à une terre qui n'était pas la leur ?


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 Sujet du message : Effectivement
Message Publié : 03 Jan 2006 12:29 
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Jean Froissart
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Inscription : 28 Nov 2005 23:03
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La tenue au combat des anglais a effectivement été impressionnante malgré des pertes épouvantables dans la Somme ou dans le Nord.
Cela avait impressionné le Général de Gaulle qui avait bien noté que les anglais ne s'étaient jamais mutiné à la différence des Russes et des français qui pourtant défendaient leurs terres.
La raison est que beaucoup de soldats brittaniques étaient des volontaires, du moins au début, la conscription obligatoire ne venant que plus tard.
Par ailleurs les anglais avaient moins de pression, les allemands auraient eut peu de chances de conquérir leur grande ile.
Enfin les anglais de part leur impressionnante série de victoires (Waterloo) avaient une vision peut-être plus positive de la guerre.
Les anglais ont connut relativement peu de graves défaites militaires durant leur longue histoire et quasiment aucune face aux allemands quand la guerre de 1914 a commencé.

Une autre raison peut-être moins connue, réside dans la mentalité et la psychologie du peuple anglais.
En Angletterre il y a un proverbe suivant lequel quand on dit à une personne qu'elle est intelligente, on ne lui fait pas un compliment !

A la différence d'autres peuples comme les français ou les italiens qui favorisent les qualités intellectuelles avec les réussites remarquable que l'on connait (voyez les exploits technologiques et scientifiques des ingénieurs français), les anglais eux, mettent également l'accent sur la force de caractère, le courage.
En d'autres terme l'éducation que les brittaniques donnent aux jeunes est quelque peu différente.
Un intellectuel de l'époque, Gustave Le Bon, qui avait pas mal voyagé, avait remarqué que quand un Lord anglais, venait dans une école, il récompensait d'abord l'élève ayant manifesté l'attitude la plus 'noble' avec ce que mot implique de courage, dignité, caractère et respect des autres.
En France traditionnellement les élèves qui sont récompensés sont tout simplement les meilleurs élèves.
Les anglais ont bien fait de ne pas trop persécuter leur aristocratie lors de leurs révolutions !
Ce n'est pas par hasard qu'ils ont eut le courage de partir durant des siècles sur des bateaux dont beaucoup faisaient naufrage, pour conquérir la terre entière et faire de l'anglais la première des langues.
'Le courage est la première des qualités, celle dont tout les autres dépendent' disait Winston Churchill.

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