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 Sujet du message : A propos d'Auguste??
Message Publié : 08 Avr 2006 18:18 
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Hérodote
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Bonjour à tous, je dois traiter un sujet portant sur le carcatère monarchique des pouvoirs et de l'image d'Auguste. Le sujet est intitulé les pouvoirs et l'image d'Auguste: une monarchie?
Faut-il selon vous essayer de voir si les pouvoirs qu'Auguste s'octroie relèvent de la monarchie puis faire de même vis-à-vis de l'image que le prince véhicule ou davantage traiter les deux thèmes conjointement ? Je sais qu'en ce qui concerne le caractère monarchique du principat, nous pouvons opposer deux tendances: celles des historiens allemands et d'autres français. Tout dépend du point de vue selon lequel l'on se place: en effet, si l'on considère qu'Auguste est l'héritier politique de Pompée alors on peut dire qu'il a voulu restaurer une monarchie tandis que si l'on admet qu'il est l'héritier légitime et politique de César, les choses diffèrent de beaucoup. De plus, le sénat avait proposé à Auguste de prendre le praenomen de Romulus mais il a refusé de peur de se voir assimilé à un monarque, devant perpétuer la tradition des rois romains. Auriez-vous quelques informations concernant le sujet que je dois traiter et éventuellement des élèments à apporter sur la personne d'Auguste? Merci d'avance :)


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Message Publié : 08 Avr 2006 20:09 
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Plutarque
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Lisez le le siècle d'Auguste de Robert Etienne pour plus d'informations :)


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Message Publié : 11 Avr 2006 15:56 
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Hérodote
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Inscription : 11 Avr 2006 15:36
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Déja petite précision:
Auguste ne s'octroie pas les pouvoirs, le Sénat lui donne même si c'est vrai qu'il n'est pas étranger à tout celà.
De plus je ne suis pas certain que considérai qu'octave est pu se positionner en successeur de Pompée soit idéal. Octave avait une profonde admiration pour César, de plus il s'est battu contre Marc-Antoine pour se positionner en seul successeur de César et pas comme son opposant.
En ce qui concerne ton sujet, je pense que le mieux est de montrer en quoi justement la mise en place du principat par Octave revient à ne pas faire une monarchie: refuser le titre de Romulus en est l'exemple.
un point important est que ses contemporains ne considérer pas son principat comme une monarchie, ni même comme un empire, le titre est un anachronisme.
Le but de ton sujet est que tu apporte le contraire: Comment Octave a til fait pour prendre le pouvoir seul?


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Message Publié : 11 Avr 2006 19:35 
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Hérodote
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Inscription : 18 Jan 2006 21:40
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Merci pour ces renseignements. Cependant, quand tu dis qu’Octave ne prétendait pas restaurer un type de monarchie, je suis d’accord (cf. refus de Romulus) mais il faut quand même préciser que d’autres éléments pourraient nous faire penser le contraire. Par exemple, Auguste choisit la colline du Palatin pour installer sa domus ; signe non anodin en référence directe à la royauté romaine. J’ai comme l’impression que ses ambitions évoluent au fur et à mesure de son règne. Après sa grave maladie en 24, il essaie d’imposer insidieusement son auctoritas. Ne serait-ce pas là le point essentiel de la politique augustéenne ? Ne pourrait-on pas comparé ce qu’il entreprend à une sorte de mise en scène, de théâtralisation ? En effet, peu à peu, il va s’imposer tel un monarque sans jamais l’imposer au peuple et c’est là toute la finesse de sa politique. IL reste aux yeux des Romains un citoyen comme les autres, arrive à se faire aimer à un point tel que son auctoritas l’emporte sur sa potestas. Ne pensez-vous donc pas que dans le cas de mon sujet de dissertation, il faudrait s’intéresser à un plan thèse-antithèse-synthèse tout en gardant un plan chronologique ???


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Message Publié : 12 Avr 2006 9:07 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 11 Avr 2006 15:36
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Exactement, dans sa mise en oeuvre tout est qestion de subtilité, on retrouve la mise en forme de César pour se rapprocher du peuple (cequi écarte totalement Pompée) mais à la différence près qu'il donne l'impression de ne pas vouloir du pouvoir, ce qui est évidemment faux.
Par contre, son auctoritas n'est pas supérieur à sa potestas il a besoin des deux pour diriger, mais leur utilisation est différente.
La puissance cohercitive et la puissance morale ont deux fin différente:
la premiére a pour but d'imposer sa personne dans son monde, alors que l'auctoritas va lui amener au statut de divus donc les deux se complète.
Pour ton sujet moi j'obterai plus pour une thèse et anti-thèse, la synthèse n'"tant pas nécessaire à partir du fait que ta conclusion soit bonne.
la prelière partie peut en effet porter sur le fait d'imposer un pouvoir personnel ( ce qui tend a priori vers la monarchie) et en seconde partie montrer que l'idée de monarche lui-même la refuse.
Il la refuse, d'une parce qu'il n'a pas envie de finir comme César, mais également parce qu'il est profondément romain, et que les romain n'acceptent plus les monarques.
De plus je crois qu'il avait d'autres éspérance pour son statut: le fait d'être élevé divus (a titre posthume certes) en est la preuve.


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Message Publié : 13 Avr 2006 23:37 
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Tite-Live
Tite-Live

Inscription : 13 Avr 2006 23:08
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Il ne faut pas oublier également que la notion de royauté, et de monarchie en général, était insupportable à la plupart des Romains. C'est entre autre pour cela que César ne prit jamais ce titre et son fils adoptif eut la sagesse d'en faire autant. Auguste s'est d'ailleurs servis de cette image négative de la monarchie contre Cléopâtre et Marc-Antoine, la perfide reine d'Orient.
De plus, il composa avec le Sénat qui, au moins dans la théorie, restait l'instance représentative du peuple de Rome (surtout de son aristocratie en fait). Il chercha en outre à se faire passer pour un citoyen lambda, par exemple en restant vivre dans "la maison d'Auguste" sur le Palatin, une "simple" maison et pas un palais comme ses successeurs
Il était en fait une sorte de dictateur (dans le sens antique) à vie, le Sénat lui renouvelant la puissance tribunicienne, l'imperium et les autres charges chaque année. Il était également grand pontife, cumulant le pouvoir religieux. Ceci se rapproche déjà plus d'une monarchie (cf. le caractère ecclésiastique des futurs rois de France).
Ce mélange est d'ailleurs ce qui fait toute l'originalité du système impérial romain, le premier de ce genre.


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Message Publié : 18 Avr 2006 13:00 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 17 Mars 2004 23:16
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Tout d'abord une petite réaction annexe pour contester que les notions de royauté ou de monarchie aient été insupportable à la plupart des romains.

Il faut distinguer l'idéologie officielle d'un régime (la république romaine) et de ses élites (l'aristocratie sénatoriale et équestre) de ce que fut la réalité ressentie par la masse des romains.

Des études ont montré la persistence de l'image du bon roi dans les classes populaires. Si je puis dire, on parlait du bon roi Numa comme on parle de Saint Louis. Ancus Marcius a aussi gardé une bonne image. Servius Tullius également.

C'est surtout pour les élites dirigeantes romaines que la monarchie était insupportable. Ne pas avoir de maître et être les maître implique assez logiquement le refus obstiné de tomber sous la coupe d'un maître.

Ajoutons toutefois que monarchie ne signifie pas forcément despotisme et qu'il y avait en effet un mépris pour tous ces rois, roitelets et dynastes qui venaient courber l'échine devant le Sénat et le peuple romain.


Mais revenons au sujet.

Les pouvoirs et l'image d'Auguste : une monarchie ?

J'y vois plusieurs aspects.

Officiellement, Auguste a restauré la république qui était un régime mixte, à dominante aristocratique, dans lequel des contre-pouvoirs importants avaient été concédés à la plèbe.

Formellement, cu moins sous un certain angle de vue (en étant de franchement mauvaise foi), on peut dire qu'Auguste ne s'est fait conférer aucun pouvoir nouveau.

L'imperium proconsulaire ?
Il existait déjà et était conféré aux consuls qui, à leur sortie de charge, partaient gouverner une ou plusieurs provinces de l'empire.

La puissance tribunitienne ?
Elle existait déjà puisqu'elle était détenue par le collège des tribuns.

Le principat ?
Il semble qu'il y ait toujours eu un princeps senatus.

Le grand pontificat ?
A l'origine attachée à la fonction royale, ce sacerdoce a existé tout au long de la république romaine.

Si on ne s'arrête pas à cette présentation particulièrement biaisée, on dira que la république romaine était fondée sur la séparation des magistratures, sur la collégialité, sur l'annualité des charges et leur non-itération.

Il y avait séparation des pouvoirs. Et équilibre au sein des différents pouvoirs du fait de la collégialité. En outre, le fait de n'avoir qu'un an de mandat comme magistrat incitait plutôt à la modération car il faudrait ensuite faire face à ses pairs sénateurs appelés à accéder à leur tour aux mêmes magistratures.

Donc, formellement, les pouvoirs d'Auguste étaient des pouvoirs républicains. Mais leur cumul et leur exercice continu sur une très longue durée était complètement contraire aux principes de l'antique république romaine.

Si les pouvoirs d'Auguste, considérés séparément, appartenaient bien au corpus juridique républicain, leur cumul et leur caractère de fait viager donnait en pratique à son pouvoir une réalité incontestablement monarchique. Et nul doute que la réalité fut perçue comme telle.

Une république avec un monarque, on a déjà connu ça sur des monnaies frappées par Napoléon : république française, Napoléon empereur.

D'ailleurs, la république romaine prévoyait dès l'origine une parenthèse (certes limitée à 6 mois) monarchique pour les situations de crise : la dictature.

Sur le plan de l'image, s'il est tout aussi certain que la propagande augustéenne a tout fait pour présenter son régime comme une république restaurée et rééquilibrée grâce à la virtus exceptionnel du princeps Auguste, la perception réelle a été certainement très différente. C'est ce que nous disent les sources.

Tout en sachant que dans la perception de ce régime par les romains, toute monarchie n'était pas nécessairement une royauté.


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Message Publié : 18 Avr 2006 18:06 
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Hérodote
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Inscription : 18 Jan 2006 21:40
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Merci à tous pour ces informations très utiles. Cependant, je tenais à demander quelques précisions sur certains points qui me paraissent encore un peu obscurs notamment sur ce que dit Caesar Scipio. :oops: Tout d’abord, sur le fait que dans la réalité, le principat a du être perçu comme une monarchie. Je pensais que c’était plutôt l’inverse puisqu’ Auguste fait tout pour passer pour un citoyen lambda, pieux, totalement ordinaire bref à l’opposé du monarque traditionnel : ne serait-ce que pour la construction de sa domus sur le palatin. Même si au bout de quelques temps, le Sénat va décorer cette demeure qui deviendra peu à peu un véritable sanctuaire et lieu de pèlerinage. J’avais l’impression qu’Auguste déguisait sa monarchie et que chaque citoyen romain n’avait pas le sentiment de vivre sous un tel régime puisqu’en apparence, comme vous le dites, les pouvoirs du prince étaient républicains.
D’un autre côté, les constructions qu’Auguste entreprend (temple, Ara Pacis, horologium Augustus) révèlent bien l’ambition du prince à être plus qu’un simple « restaurateur » de la République. Donc ne pourrait-on pas voir un certain paradoxe entre les pouvoirs plus ou moins républicains et l’image monarchique qu’Auguste tend à se conférer par le biais de monuments majestueux modifiant sensiblement le paysage urbain?? Cela confirmerait alors l’ idée selon laquelle Auguste dissimule son autorité monarchique sous des aspects formellement républicains ?
Enfin, je voudrai savoir s’il est correct de nommer Auguste « empereur » ? En effet, même si son régime mis en place se nomme « principat », l’histoire romaine énonce clairement le terme « empire » pour désigner cette période. Cependant, dans bon nombre de livres, seules les appellations « prince », « princeps » ou même éventuellement « monarque » apparaissent….:roll:


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Message Publié : 18 Avr 2006 18:43 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 17 Mars 2004 23:16
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Peut-être que d'autres intervenants pourront apporter sur mon précédent post des éclaircissements qui vous le rendront plus compréhensible.

Ce que je voulais dire, c'est notamment qu'en communication, il y a dans la plupart des cas une différence entre la réalité objective, l'intention du communicant et la perception du public.

Formellement, Auguste a prétendu restaurer la république. Objectivement, peu de monde a été dupe. Certainement pas dans les élites sénatoriales et équestres qui déternaient l'essentiel du pouvoir sous le régime républicain. Probablement pas non plus pour le "petit peuple" mais lui n'était pas hostile à ce que la res publica soit dominée par un prince bienveillant et généreux.

Si globalement le principat a su et pu s'imposer, c'est parce que l'histoire toute récente avait montré que la guerre civile était l'alternative à la monarchie. Ce n'est pas pour rien qu'une des nouvelles valeurs (abstraction divinisée) du régime augustéen était Pax, la paix. Par la paix il faut bien évidemment entendre la paix civile alors que, grosso modo, entre 49 et 30, la république avait été déchirée par des guerres civiles et/ou politiques (entre dynastes concurrents) sanglantes.

C'est pour cela que je distinguais monarchie et royauté ou tyrannie. Auguste a en effet tout au long de son "règne" pour ne pas paraître comme un roi, un despote ou un tyran. D'où son insistance aussi caricaturale sur le refus des honneurs que lui votait le Sénat ou le peuple.

Comme vous l'avez fait remarquer, Auguste s'est fait construire un Mausolée de son vivant, où il a fait enterrer les membres de sa famille. Un peu étrange pour un républicain clamant avoir restauré la république et n'avoir pas plus de pouvoir que ses pouvoirs les magistrats.

Pour répondre à vos dernières question, oui il est juste de dénommer Auguste empereur en français. Puisque, en latin, "imperator" faisait partie de sa titulature. C'était même devenu un de ses prénoms. En outre, le plus solide fondement de son pouvoir était sa dimension militaire : un imperium direct sur les principales provinces dans lesquelles stationnaient, sous ses ordres directs, environ 80% des armées romaines.


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Message Publié : 24 Avr 2006 20:53 
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Thucydide
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Inscription : 29 Oct 2005 7:01
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Localisation : Cité de Mathilde et de Guillaume
La suite du précédent message :
Théodore Mommsen, Histoire romaine, livre V, chapitre XI.

Victor Duruy, Histoire des Romains, Huitème période — Auguste ou la fondation de l'Empire

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De tout ce qui respire et rampe sur la terre, il n’est rien de plus piteux que l’homme ! (Homère)


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Message Publié : 26 Avr 2006 14:59 
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Hérodote
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Inscription : 18 Jan 2006 21:40
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Merci Caesar Scipio, c’était très clair. Cependant, en rédigeant mon devoir, je me demande s’il est possible d’assimiler plus ou moins les pouvoirs d’Auguste à une monarchie de droit divin même si cette notion a été inventée bien plus tard. En effet, la notion de mystique est fortement présente. La mystique est la part du pouvoir inaccessible à la raison humaine, quelque chose de rationnellement inexplicable touchant certains individus qui sont les agents de la volonté divine. En recevant le titre de Pontifex Maximus en 12, Auguste se place tel un intermédiaire entre les hommes et les dieux.
Ensuite, deuxième question que je me pose : Auguste, comme le dit Caesar Scipio, a fait de la paix son point d’orgue de son principat voulant montrer en quelque sorte que le monde romain est pacifié grâce à son action et sa victoire sur l’Orient. Est-il alors juste de parler de « Pax Augusta » ?


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Message Publié : 26 Avr 2006 18:31 
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Philippe de Commines
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Inscription : 17 Mars 2004 23:16
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Je pense que vous n'avez aucun intérêt à assimiler les pouvoirs d'Auguste à une monarchie de droit divin parce que, comme vous le soulevez vous-mêmes, une telle comparaison serait complètement anachronique et donc fausse.

Ce qui vous est demandé, c'est un devoir de rélfexion et d'analyse historiques sur un sujet donné et non pas des comparaisons avec d'autres époques et d'autres systèmes politiques reposant sur d'autres conceptions et d'autres règles juridiques.

Dans la république romaine, sur le plan des principes, un des fondements essentiels du pouvoir, sa justification la plus forte, est la victoire. La victoire est signe d'élection par les dieux.

Dans le monde antique, il n'y a pas de séparation entre monde politique et monde religieux. Les détenteurs du pouvoir doivent assurer le maintien de la paix des dieux.

Un pouvoir n'a nullement besoin d'être de droit divin pour être immense.

L'imperium en lui-même est conçu comme un pouvoir quasiment sans limite en droit (mis à part le pouvoir des tribuns dans le pomerium). Ce qui limitait en pratique l'imperium, c'était la collégialité (2 consuls), le caractère annuel et non-immédiatement renouvelable du consulat et l'auctoritas du Sénat face à des consuls qui savaient qu'au bout d'1 an, ils redeviendraient simples sénateurs et avaient donc intérêt à se montrer conciliants avec le Sénat. Enlevez ces limitations pratiques et l'imperium sans égal et sans limite de temps détenu par un seul homme réalise toutes ses potentialités en tant que pouvoir immense.

Le pouvoir n'est donc pas de droit divin. Néanmoins, l'homme investi de pouvoirs aussi gigantesques et jouissant de richesses absolument démesurées, est vu comme un être supérieur. Surtout que ses richesses lui permettent d'être bienfaisant (évergétisme) et que sa monopolisation des auspices majeurs et son imperium suprème lui donnent le monopole du halo divin qui rejaillit sur l'imperator dont les armées remportent des victoires.


Pour la pax Augusta, vous n'avez pas tort. Telle fut en tout cas la propagande d'Auguste qui se targuait, dans ses res gestae d'avoir restauré la paix civile.

Ce qu'il se gardait de rappeler, c'est qu'il était un de ceux qui avaient le plus contribué à rallumer la guerre civile : au lendemain de l'assassinat de César, Antoine, en tant que consul et que principale figure du parti césarien avait assuré le maintien de la paix en faisant une union de tous les modérés : césariens et républicains. Auguste s'est construit une place politique à la hauteur de ses ambitions en sapant méthodiquement la politique de concorde et d'amnistie voulue par Antoine.


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Message Publié : 06 Mai 2006 10:57 
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Thucydide
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Inscription : 25 Avr 2004 19:48
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Est-ce qu'il y a des auteurs contemporains à Auguste qui se sont opposés à lui dans leurs écrits ?

_________________
"Ce n'est pas de peur que je tremble, mais de froid."


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Message Publié : 07 Mai 2006 16:53 
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Hérodote
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Inscription : 18 Jan 2006 21:40
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Localisation : Lille
tout d'abord, merci encore à Caesar Scipio pour toutes les informations données. Pour Aline, j'aimerai bien aussi connaître la réponse mais je n'ai pas trouvé de noms d'historiens ou auteurs ayant contesté Auguste même s'il a du y en avoir. Les principales sources que nous connaissons ont en effet été rédigées sous un régime encore fort empreint à la propagande. Suétone par exemple, étant aus service de Trajan et d'Hadrien ou encore Dion Cassius, un des fidèles de Septime Sévère. En fait, Dion Cassius essaie de présenter une vision providentielle de la mise en place du régime augustéeen: il affirme même dans son Histoire Romaine: " nous devons, dans notre propre intérêt et dans celui de l'Etat, obéir à la fortune qui te donne la monarchie"; preuve qu'il n'est pas partial mais peut-être contraint de ne pas l'être??
Sinon, je suis en train de lire un livre de Paul Petit ( que je vous recommande d'ailleurs): tome 1 Le Haut Empire ( de -27 à 161 apr JC). J'aurai voulu savoir si certains pouvaient m'éclairer sur le massacre de Pérouse qu'Auguste a commis au début de son règne ainsi que sur l'action de Cinna. apparemment, cet homme était à la tête des derniers conjurés à la fin du règne d'Auguste et aurait organisé une conjuration. Mais en quoi cela a consisté? Et pourquoi Auguste a été clément à son égard? Merci d'avance! :wink:


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Message Publié : 09 Mai 2006 8:04 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 17 Mars 2004 23:16
Message(s) : 1659
Beaucoup de sources, même des sources partisanes du pouvoir impérial, n'ont pas été entièrement conservées, voire ont entièrement disparu.

Nous ne disposons pas de tous les livres de Tite-Live.

Il a dû y avoir des sources sourdement hostiles. De grands historiens ont supposé que la plus intéressante d'entre elles aurait été Asinius Pollion, chez qui de nombreuses sources ultérieures se seraient inspiré.

Le massacre de Pérouse est très sujet à caution. Les mots eux-mêmes sont très ambigus. On parle du massacre de plusieurs centaines de sénateurs et de chevaliers, alors qu'il s'agit plus vraisemblablement d'élites municipales.

Quant à Cinna, il semble qu'il ait projeté d'attenter à la vie d'Auguste, et les sources me paraissent peu fiables tant elles lui attribuent un comportement puérile.

Il semble que si Auguste a fait grâce à Cinna, c'est parce que sa conspiration n'était pas dangereuse. Il pouvait donc s'offrir le luxe d'être clément avec lui. Ce ne sera pas le cas avec d'autres comploteurs qui avaient monté des conspirations réellement dangereuses sur le plan politique.


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