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 Sujet du message : La phalange gauloise
Message Publié : 26 Mai 2020 13:35 
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Pierre de L'Estoile
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J'ouvre ce sujet à la suite des discussions sur la phalange.

J'ai lu sur internet que les Gaulois avaient adopté cette formation. La source est la Guerre des Gaules, donc une description lapidaire de César qui veut faire rapidement comprendre quelque chose à son public.

Wikipedia indique les témoignages antiques montrent que les celtes avaient adopté, pour leur infanterie, l'usage de la phalange, alors même que les reconstitutions suggèrent que cette formation n'est pas la plus adaptée à leur armement.

J'avoue que cela me laisse perplexe.

Concrètement, on peut imaginer les Celtes disposaient de lances pour se battre, et qu'ils les utilisaient en bataille rangée de préférences à leurs longues épées mieux adaptées au combat individuel.
Une adaptation intéressante consisterait d'ailleurs à mêler les deux, afin d'épauler les phalangistes avec des épéistes pour les flanquer ou s'infiltrer dans la phalange adverse pour la détruire.

En revanche, on sait que les protections n'étaient pas leur fort, seuls les Nobles disposant de cottes de mailles.

A-t-on plus de détails sur le mode de combat des Gaulois ?

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 Sujet du message : Re: La phalange gauloise
Message Publié : 28 Mai 2020 12:16 
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Jules Michelet
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Le fait qu'ils aient adoptés la phalange grecque ne m'étonne guère. Les gaulois ont été mercenaires des grecques, des égyptiens, des carthaginois et d'autres peuples au IIIe et IVe siècle avant JC. En combattant à leur côté ils ont dû noter l'intérêt de cette formation. C'est également auprès des grecques que les gaulois ont adoptés le statère. Ces mercenaires ce sont parfois retournés contre leur employeur (ce qui est souvent le cas)... Le mercenariat celte a décliné au milieu de la seconde moitié du IIe siècle.

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 Sujet du message : Re: La phalange gauloise
Message Publié : 28 Mai 2020 15:52 
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Alors comme d'habitude lorsque l'on parle des gaulois, il faut garder à l'esprit que les informations que nous avons les concernant (à fortiori pour des choses comme des formations de combat qui ne laissent aucune traces archéologiques) viennent des romains et des grecs. Peut-être ont-ils plaqué des réalités qu'ils connaissaient à ce qu'ils observaient (surtout chez des "barbares").

Celui qui nous dit régulièrement que les gaulois combattaient en phalange est César dans sont récit de la guerre des Gaule. Il évoque dès la première bataille le fait que les helvètes "forment la phalange". Il décrit ensuite que le jet des pila romains "cloue" ensemble les bouclier gaulois, ces derniers étant obligés de s'en débarrasser. Si cette anecdote est vraie, cela veut dire que les gaulois se battaient en formation très serrée au point où leurs boucliers se superposaient.

Un autre récit de la Guerre des Gaules évoque une grande bataille contre les Nerviens, où ceux-ci refusant de plier, ont combattu malgré les pertes affreuses qui leur étaient infligées, et César prétend (sachant qu'il a pu affabuler, sachant qu'on se demande si pour cette bataille, il n'essaye pas de camoufler un combat qui s'est très mal déroulé, les romains accusant également de très lourdes pertes) que la masse des corps était si compacte que les deux armées se sont retrouvées à s'envoyer des javelots, n'étant plus au contact. Là encore, cela suggère des formations très compactes, où les pertes ont lieues au premier rang.

Pourtant en effet, le bouclier gaulois est plat et est tenu (comme le bouclier romain vous me direz) par un "manipule", une poignée, placée horizontalement dans la cavité formée par le "umbo", protection en métal de la main qui forme une excroissance la plupart du temps demi sphérique sur le côté extérieur du bouclier.

Cette forme suggère une utilisation dynamique du bouclier, à la fois offensive et défensive, très différente du lourd Hophlon Grec en bois et bronze (le bouclier gaulois est en bois, voir en "lammellé collé", sorte d'ancêtre du contreplaqué) ou du bouclier macédonien plus léger mais qui était destiné à être utilisé comme une sorte de rempart portatif: de façon fixe et purement défensive. Par comparaison, le bouclier romain est légèrement courbé, et était tenu probablement près du corps, mais pouvait encore avoir une utilisation mixte.

Ensuite, qu'entend-on par phalange?

La phalange "classique" est la formation des hoplites en Grèce ancienne. Elle consiste en une formation serrée de combattants lourds, qui, par le chevauchement de leurs boucliers et le resserement de leurs lances, forment une sorte de hérisson blindé à opposer à l'ennemi, et où le combattant n'a à priori qu'à se soucier de ce qui se trouve devant lui.

Puis elle devient une formation beaucoup plus rigide (mais très efficace quand elle fonctionne et est bien employée) chez les macédonien où l'ennemi est littéralement confronté à un mur de piques très longues et n'a que très très peu de chance de parvenir jusqu'à l'ennemi sans finir embroché.

Les Gaulois n'ont jamais connu des armes si longues. Les lances gauloises sont de nombreux types et certaines formes de fers de lances suggèrent également une utilisation "dynamique", et pas seulement comme une pique.

A noter également qu'au moment de la Guerre des Gaules, les Romains ont abandonné le combat en phalange (pour la formation manipulaire qui fera leur succès contre les phalanges macédonienne bien plus rigides et peu manœuvrables d'ailleurs) depuis des siècles (déjà pendant les guerres puniques, ils l'avaient quasiment abandonnée, et les carthaginois ne l'employaient que pour leurs troupes d’élite il me semble).

Donc qu'est ce que César entend par "phalange"?

Il faut savoir que TOUS les peuples de l'antiquité se battaient en formation. Foncer dans le tas individuellement sur une armée ennemie qui combat en formation s'apparente à un suicide, contrairement à ce que le cinéma et les séries télé véhiculent régulièrement.

La phalange n'est qu'une forme aboutie de ces formations très serrées où l'idée est de mutualiser ses capacités défensives et offensives pour présenter un front unis et très solide à l'adversaire (sachant que dans l'antiquité, l'absence d'étrier empêche la cavalerie d'être une arme de choc: elle ne peut encore briser les formations à quelques exceptions prêt (les cavaliers lourds des steppes par exemple, chez les Scythes). Mais même au Haut Moyen Age, les "barbares", germains notamment, puis après eux scandinaves, se battaient en formant des "murs de boucliers" qui n'étaient rien d'autre que des sortes de phalanges.

Chez les gaulois, il devait s'agir de formations similaires. Ces formations impliquent en tout cas un entraînement et une discipline importants, pour pouvoir manœuvrer ensemble et nul doute que les troupes "d'élite" (les aristocrates et leurs "ambact" et "soldures) gauloises devaient être rompues à ce genre de pratiques.

Ensuite, la guerre a largement évolué chez les Gaulois au cours de la seconde moitié du Ier millénaire avant JC. A la Tène ancienne (soit entre le Vème et le IIIème siècle), le monde Celte change. Une aristocratie guerrière se hisse à la tête de la société et les populations celtes bougent énormément (migrations vers l'Italie, l'Ouest de la Gaule, l'hispanie, Les Balkans, la Grèce, l'Asie Mineure). Les Celtes/Gaulois, notamment en Italie, se retrouvent à combattre des armées "classiques" (étrusques, romains, royaumes héllénistiques, jusqu'en perse et en Egypte comme mercennaires) et à cette époque, le mode de combat favoris du monde classique, c'est encore la phalange.

Les Celtes se vendaient également beaucoup comme mercenaires, enrichissant cette élite aristocratique (et pas que, leurs hommes également, ce qui a probablement conduit à un nivellement des hiérarchies sociales). Et ceux-ci ont probablement beaucoup ramené de techniques et d'idées nouvelles de leur expérience de mercenaires partout dans le monde gaulois (même si nul doute que des formations existaient déjà... d'ailleurs la société celte de la période du Hallstatt (période qui a précédé, du VIIIème au Vème environ) était très hellenisée, au moins pour les élites.

L'armée d'Hannibal comportait un grand nombre de Gaulois (qui ont d'ailleurs servis de chair à canon à Cannes)... et aussi l'armée de César ne l'oublions pas (bien que là, à côté des mercennaires, qui devaient être nombreux, se trouvaient des troupes envoyées par des peuples alliés).

D'une guerre "héroique", où le combattant est le noble monté sur des chars (qui restent en usage jusqu'au IIème siècle av JC sur le continent) qui rappellent un peu les combats homériques, les Celtes adoptent très vite les manières de combattre des civilisations qu'ils croisent. Au moment de la Guerre des Gaules, leur cavalerie est particulièrement réputée et servira dans les armées romaines en tant qu'auxiliaires pendant toutes les guerres civiles.

Voilà pour un résumé rapide de ce qui me vient sur la question.

Citer :
et qu'ils les utilisaient en bataille rangée de préférences à leurs longues épées mieux adaptées au combat individuel.


Effectivement l'épée gauloise est moins adaptée au combat en formation très serrée que les courtes épées grecques ou gladius romains. Rien que dégainer cette épée devait être peu commode en formation rapprochée.

Après, on constate qu'au cours de la période, l'épée gaulois s’allonge et devient moins pointue. On passe donc d'une arme d'estoc à une arme de taille, et c'est certainement lié au développement de la cavalerie.

Mais épées et lances étaient apparemment utilisées conjointement: la lance servait lors du choc, puis une fois brisée ou devenue inutile, elle était lâchée pour tirer l'épée. D'ailleurs les Gaulois portaient leur épée à droite, pour pouvoir la tirer du fourreau sans être gêné par un bouclier pressé contre l'épaule et le tronc à gauche par la poussée ennemie.

Il faut imaginer certainement des combattants se battant en formation assez souples, passant de l'une à l'autre en fonction de la situation. Telle ou telle arme est alors plus ou moins utile en fonction des circonstances.

En tous cas, par "phalanges" gauloise, il ne faut pas forcément imaginer une formation extrêmement lourde et solide comme la phalange grecque, plus une façon de se protéger mutuellement et de faire bloc quand c'est nécessaire. L'utilisation dynamique du bouclier, la longueur des lames, l'absence de protection des jambes, indiquent peut-être chez les gaulois une façon de combattre plus dynamique, plus légère, que chez les lourds combattants grecs. Mais la formation serrée devient indispensable dans certains cas, et nul doute que les Gaulois savaient et n'hésitaient pas à l'appliquer.


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 Sujet du message : Re: La phalange gauloise
Message Publié : 28 Mai 2020 16:22 
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Il me semble possible, mais sans certitude, que l'utilisation du terme phalange n'est qu'une traduction de ce que les contemporains désignaient sans doute comme "organisation tactique" (quelle qu'elle soit), "formation".
Une ligne de bataille protégée par des boucliers et obéissant à des ordres centralisés (donnés par un chef à l'autorité reconnue sur un périmètre défini et un nombre défini de combattants) pouvait ainsi être définie comme une bataille.

Il me semble que cela rejoint le message très complet et intéressant de Brennus, dont je partage les conclusions.

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 Sujet du message : Re: La phalange gauloise
Message Publié : 31 Mai 2020 9:25 
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Philippe de Commines
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Bonjour
je sens que je vais me replonger dans Ardant du Picq !

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il pleuvait, en cette Nuit de Noël 1914, où les Rois Mages apportaient des Minenwerfer


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 Sujet du message : Re: La phalange gauloise
Message Publié : 31 Mai 2020 23:27 
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Pierre de L'Estoile
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Merci beaucoup pour vos contributions.
Effectivement, les choses deviennent plus claires si on imagine que les Gaulois maîtrisaient une formation serrée, basée sur un mur de boucliers. En revanche, les protections devaient faire défaut, puisque seuls les aristocrates portaient des cottes de mailles. Elle devait être plus souple et pouvoir s'écarter pour laisser aux combattants la place de faire de l'escrime.
Sait-on si les Gaulois maîtrisait la marche au pas, a priori nécessaire pour se déplacer en phalange ?
Brennus a écrit :
L'armée d'Hannibal comportait un grand nombre de Gaulois (qui ont d'ailleurs servis de chair à canon à Cannes)... et aussi l'armée de César ne l'oublions pas (bien que là, à côté des mercennaires, qui devaient être nombreux, se trouvaient des troupes envoyées par des peuples alliés).
A Cannes, Hannibal est au milieu des Gaulois, qui forment probablement leur phalange pour être en continuité avec celle des Carthaginois, mais leur souplesse leur permet d'encaisser le choc des légions sans rompre.

En même temps, cela explique aussi pourquoi les Romains ont finalement pu l'emporter. Les légions, rompues au combat contre les phalanges grecques, étaient en terrain de connaissance.

Brennus a écrit :
Pourtant en effet, le bouclier gaulois est plat et est tenu (comme le bouclier romain vous me direz) par un "manipule", une poignée, placée horizontalement dans la cavité formée par le "umbo", protection en métal de la main qui forme une excroissance la plupart du temps demi sphérique sur le côté extérieur du bouclier.
Cette forme suggère une utilisation dynamique du bouclier, à la fois offensive et défensive, très différente du lourd Hophlon Grec en bois et bronze (le bouclier gaulois est en bois, voir en "lammellé collé", sorte d'ancêtre du contreplaqué) ou du bouclier macédonien plus léger mais qui était destiné à être utilisé comme une sorte de rempart portatif: de façon fixe et purement défensive. Par comparaison, le bouclier romain est légèrement courbé, et était tenu probablement près du corps, mais pouvait encore avoir une utilisation mixte.
En effet, comme les coups ont tendance à faire basculer le bouclier, le guerrier est censé se déplacer pour s'écarter de la ligne de l'arme adverse. Il peut également lever le bouclier pour se servir comme arme offensive.

Je m'aperçois que je ne connais pas de formation de fantassin en dehors de la légion ou de la phalange. A quoi peut ressembler une armée qui ne serait ni l'un ni l'autre ?

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 Sujet du message : Re: La phalange gauloise
Message Publié : 04 Juin 2020 12:43 
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Citer :
En revanche, les protections devaient faire défaut, puisque seuls les aristocrates portaient des cottes de mailles. Elle devait être plus souple et pouvoir s'écarter pour laisser aux combattants la place de faire de l'escrime.


Il est probable (je le pense, m'enfin ça ne vaut pas grand chose ce que je pense) que ces formations serrées aient été constituées par l'infanterie d'élite et donc les aristocrates et leurs clients.

- Les liens entre aristocrates étaient une sorte de clientélisme probablement basé, comme dans les sociétés germaniques plus tardives, sur un système de dons et de contre dons. Les "soldures", et autres "ambact" entourent un aristocrate dont ils sont dépendants matériellement, auquel ils se dévouent, et en échange ce dernier les entretient et leur permet de vivre une vie de guerrier, avec tout le décorum qui va avec (banquets, expéditions, cultes divers etc). Ces hommes formaient les unités d'élite des armées gauloises, et nul doute qu'ils pouvaient être bien équipés, aux frais de leurs seigneurs.

- Sans parler de cottes de mailles, les Gaulois ont probablement porté d'autres forme de protections, notamment des cuirasses inspirées des linothorax grecs.

Image

Les statues de guerriers de Roquepertuse semblent le montrer:

Image

Image

en revanche, à part dans la tombe de Ciumesti en Roumanie, on a jamais retrouvé de protections pour les jambes (type cnémides), mais précisons que les légionnaires romains n'en avaient pas non plus.

- Se battre en formation serrée pouvant s'apparenter à une phalange, ça demande discipline, courage et abnégation. Des reconstitution de telles formations indiqueraient que les premiers rangs, pressés entre les boucliers de leurs camarades à l'arrière et ceux de l'ennemi devant, avec très peu de place pour bouger (et donc éviter les coups) avaient une espérance de vie très limitée (mais vu l'équipement gaulois, je pense qu'il faut quand même imaginer une formation plus lâche). L'important dans ce genre d'affrontement était de tenir. Le premier qui craquait, qui rompait la formation et qui fuyait avait perdu, souvent massacré pendant la poursuite.

Donc ça n'était pas n'importe qui qui tenait ces formations. Marcher, réagir (rapidement!) ensemble, ça demande un long entraînement. Se battre dans ces formations, ça demande à être accoutumé aux réalités de la guerre et du champ de bataille. Ce temps n'est pas compatible avec des travaux agricoles ou artisanaux (bien qu'ils puissent être pratiqués tout de même de temps à autre) et il s'agissait probablement d'une élite sociale, politique et militaire. Et on sait que les Gaulois avaient toute une idéologie héroïque autour de la guerre et de la mort au combat (au point où on se demande si les mentions de guerriers nus dans certaines bataille ne sont pas le reflet de sortes de sacrifices humains avant la bataille, où des héros nus se jettent courageusement sur l'ennemi dans la certitude qu'ils vont être tués, pour s'attirer la faveur des dieux). Cette idéologie est là encore celle d'une élite guerrière aristocratique.

- Les Celtes ont tenu tête, voir ont écrasé à certaines occasions, des légions romaines ou des phalanges hellenistiques, et étaient réputés, que ce soit en Italie ou en Grèce, pour leurs talents de combattants qui en faisaient des mercenaires recherchés. Il s'agissait donc probablement de combattants aguerris, qui pouvaient en remonter aux armées habituelles de l'époque, et probablement bien équipés (ne serait-ce que pour avoir une quelconque utilité dans un combat de l'époque).

Après, nous n'avons aucunes certitudes sur ces questions. Qui combattait vraiment chez les Celtes de l'antiquité? Y avait-il une nette distinction entre guerriers et non combattants? Ou y avait-il des sortes de conscriptions? Ou de passage obligés dans la suite de quelques nobles? La majorité des gaulois étaient-ils vraiment les inférieurs à la limite de la servitude, oppressés par une aristocratie toute puissante, comme César nous le raconte? (vu les bouleversements sociaux que l'on discerne au cours de l'âge du fer, et ce qu'on connait des sociétés Celtes d'alors, et les contradictions présentes dans le texte de César, la réponse est probablement non pour cette dernière question).

La société gauloise était fondée, au second âge du fer, en partie sur cette aristocratie guerrière et son idéologie (pas seulement, mais quand même). On sait que dans l'Irlande archaïque, tout le monde pouvait être appelé à prendre les armes. On sait que dans la société gauloise, le port d'armes était la marque de l'homme libre. L'idéal du guerrier héroique imprégnait certainement l'ensemble de la société, le fait guerrier étant au centre d'un système de valeur basé sur la réputation. Peut-être que par le jeu des clientèles, beaucoup de ces hommes libres, dans leur jeunesse par exemple, on sait que les enfants des aristocrates étaient généralement envoyés être éduqués chez un autre noble, peut-être était-ce le cas pour d'autres partie de la population, intégraient en fait les suites aristocratiques, et que beaucoup de gaulois pouvaient recevoir un entraînement guerrier digne de ce nom (voir un équipement). Voilà certainement comment les peuples gaulois pouvaient aligner des effectifs parfois impressionnants et tenir têtes à des armées aussi efficaces que les légions romaines ou les phalanges hellenistiques.


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 Sujet du message : Re: La phalange gauloise
Message Publié : 04 Juin 2020 13:12 
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Voici une image (je n'en ai pas trouvé de meilleures) issus de la BD "le casque d'Agris" qui comporte une bataille rangée entre gaulois dans le tome 2. Elle a été élaborée avec des reconstituteurs et en se basant sur des données archéologiques et historiques assez précises.

ça donne une idée:

Image

Sinon cette photo d'une reconstitution de l'association "les leuki" est aussi assez parlante (il faut imaginer beaucoup plus de combattants, notamment beaucoup plus de rangs):

Image

Il s'agit de l'association qui a participé à l'élaboration de la BD du casque d'Agris (son président a été une sorte de "conseiller scientifique") et la photo du guerrier en linothorax que j'ai postée dans mon message précédent en est également issue.


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 Sujet du message : Re: La phalange gauloise
Message Publié : 09 Juin 2020 22:46 
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CEN_EMB a écrit :
Il me semble possible, mais sans certitude, que l'utilisation du terme phalange n'est qu'une traduction de ce que les contemporains désignaient sans doute comme "organisation tactique" (quelle qu'elle soit), "formation".
Une ligne de bataille protégée par des boucliers et obéissant à des ordres centralisés (donnés par un chef à l'autorité reconnue sur un périmètre défini et un nombre défini de combattants) pouvait ainsi être définie comme une bataille.

Il me semble que cela rejoint le message très complet et intéressant de Brennus, dont je partage les conclusions.

CEN EMB


Les explications de Brennus sont très complètes.
Dans tous les cas, je rejoins la remarque de CEN_EMB concernant le vocabulaire militaire gréco-romain. De façon générale, certains termes grecs sont utilisés en latin pour leur plus grande précision ou pour des effets poétiques. Cependant, le grec préfère traduire une réalité latine par le terme grec le plus proche. Pour ce qui nous concerne, Polybe utilise le terme de "phalange" pour désigner parfois... l'ordre de bataille des légionnaire, donc un ordre manipulaire déjà très loin de la stricte phalange hellénique.
Le terme grec de phalange peut aussi signifier "toute troupe rangée" munies de rangs en profondeur.
Enfin, en latin, "phalanx" sert aussi bien à désigner la phalange historique des Grecs, que l'ordre de bataille celtique ou germanique (chez César) ou parallèlement au grec "une troupe ; un bataillon" (chez Virgile).
Vous pouvez vous reporter très facilement aux pages du Bailly / Gaffiot pour les référence texto.

En fait, on ne peut pas accorder une trop grande confiance à ces termes et je pense que la remarque de Brennus est la plus prudente : les Gaulois se battaient en formations assez compactes, organisées en rang avec de la profondeur. Les auteurs peuvent aussi (apparemment) se contredire. Par exemple, alors que César a pu parler de "phalanges" germaniques, Tacite insiste sur l'ordre de bataille "en coin" des Germains quand ils chargent. Evidemment, César connaît l'usage militaire du "cuneus" mais ne l'emploie pas à propos des Suèves d'Arioviste mais bien quand il évoque ses propre troupes.
Autre exemple : au Livre II (6), César décrit la poliorcétique des Gaulois et Belges, signalant au passage qu'ils forment la tortue (testudo). Le mot employé est exactement le même qu'à propos des légionnaires dans d'autres passages.

Ces quelques exemples suffisent à relativiser l'attribution "ethnique" de telle ou telle tactique à un peuple en particulier. Il faut se dire que l'auteur cherche le terme le plus proche pour nous donner l'information tactique la plus utile.

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 Sujet du message : Re: La phalange gauloise
Message Publié : 14 Juin 2020 15:38 
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Grégoire de Tours
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Dans Les Gaulois en guerre, Alain Deyber, n’est pas très disert sur la question, sans doute par manque de textes.
Comme cela a déjà été dit, seul César nous donne quelques indications sur le type de formation adopté par les Gaulois, mais cela « ne nous permet pas de trancher entre la phalange hoplitique qui existait depuis la fin du VIIIe s., la phalange oblique connue au début du IVe s. ou la phalange macédonienne qui est l’œuvre de Philippe II, au milieu du IVe s ».
Les Gaulois auraient appris à utiliser ce type de formation rangée au contact des Grecs, en tant que mercenaires notamment. Mais ce n’était pas leur type de formation préféré et ils préféraient la guérilla et le harcèlement.

D’après les expérimentations (Franck Mathieu), la formation serrée était peu adaptée à l’armement gaulois et devait handicaper la marche en avant, ce qui ferait penser que les Gaulois utilisaient plus souvent une formation plus ouverte, en ligne et en colonne, mais chacun étant espacé d’environ 1 mètre de ses voisins (disposition ancêtre de la distanciation ;) ).


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 Sujet du message : Re: La phalange gauloise
Message Publié : 14 Juin 2020 21:40 
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Diviacus a écrit :
Dans Les Gaulois en guerre, Alain Deyber, n’est pas très disert sur la question, sans doute par manque de textes.
Comme cela a déjà été dit, seul César nous donne quelques indications sur le type de formation adopté par les Gaulois, mais cela « ne nous permet pas de trancher entre la phalange hoplitique qui existait depuis la fin du VIIIe s., la phalange oblique connue au début du IVe s. ou la phalange macédonienne qui est l’œuvre de Philippe II, au milieu du IVe s ».
Les Gaulois auraient appris à utiliser ce type de formation rangée au contact des Grecs, en tant que mercenaires notamment. Mais ce n’était pas leur type de formation préféré et ils préféraient la guérilla et le harcèlement.

D’après les expérimentations (Franck Mathieu), la formation serrée était peu adaptée à l’armement gaulois et devait handicaper la marche en avant, ce qui ferait penser que les Gaulois utilisaient plus souvent une formation plus ouverte, en ligne et en colonne, mais chacun étant espacé d’environ 1 mètre de ses voisins (disposition ancêtre de la distanciation ;) ).



Merci pour cet éclairage qui rejoint donc les remarque de Brennus. On peut citer aussi comme élément à l'appui de formation intermédiaire assez lâches le système de suspension du fourreau, composé d'une sorte de torsade en fer (et non en cuir) qui plaque efficacement l'épée longue contre la cuisse droite du bretteur (elle ne pend donc pas avec un systèmes de courroies). C'est une innovation à dater de cette période charnière au IVe-IIIe. L'arme ne brinquebalait plus d'avant en arrière ni ne battait la cuisse.
Dès lors, les mouvements brusques et la marche rapide / course du guerrier durent être grandement améliorés, ce qui nous oriente encore une fois sur des formations intermédiaires.
Pour manier ces épées de plus d'un mètre, quoiqu'étonnamment légères, il fallait effectivement un espacement raisonnable dans la formation de combat.

Je voudrais demander, à ceux qui connaissent bien ces questions, si les liens avec Massalia et ses dépendances purent jouer un rôle (et si oui, peut on l'évaluer) dans la diffusion du combat lourd d'origine grecque continentale ? J'ai pas mal lu sur la question du mercenariat gaulois et des raids, permettant d'élargir leur éventail tactique, mais il n'y avait pas grand chose sur ce cette zone de contact privilégiée.
Et pourtant, Massalia s'est engagée dans de nombreux conflit au cours de son histoire tant sur mer que sur terre (contre la Corse étrusque, contre Carthage, contre les Romains sur la fin ...). Je ne sais pas non plus si les sources écrites combinées aux trouvailles archéologiques nous donnent vraiment des informations tactique sur les troupes civiques de la Cité. Avait-on le type de troupes décrites chez Xénophon ou des variantes plus locales ?
Il me semble qu'on parle dans les textes antiques "d'hoplites massaliotes" mais ça ne nous avance pas beaucoup.

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 Sujet du message : Re: La phalange gauloise
Message Publié : 15 Juin 2020 9:48 
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Eginhard
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Champollion a écrit :
On peut citer aussi comme élément à l'appui de formation intermédiaire assez lâches le système de suspension du fourreau, composé d'une sorte de torsade en fer (et non en cuir) qui plaque efficacement l'épée longue contre la cuisse droite du bretteur (elle ne pend donc pas avec un systèmes de courroies). C'est une innovation à dater de cette période charnière au IVe-IIIe. L'arme ne brinquebalait plus d'avant en arrière ni ne battait la cuisse.
Dès lors, les mouvements brusques et la marche rapide / course du guerrier durent être grandement améliorés, ce qui nous oriente encore une fois sur des formations intermédiaires.
Pour manier ces épées de plus d'un mètre, quoiqu'étonnamment légères, il fallait effectivement un espacement raisonnable dans la formation de combat.
Auriez-vous une ou plusieurs illustrations à l'appui de cette (très intéressante) précision. J'ai de la peine à visualiser ... 8-| Merci

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 Sujet du message : Re: La phalange gauloise
Message Publié : 15 Juin 2020 11:26 
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Auriez-vous une ou plusieurs illustrations à l'appui de cette (très intéressante) précision. J'ai de la peine à visualiser ...


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Sachant que ces systèmes à chaînes, c'est entre le IVème (le IIIème même je crois, comme nous l'indique la chronologie ci-dessus) et le IIème siècle av JC, à la fin de la période, on revient avec des systèmes de suspensions en cuir avec juste un crochet en métal au bout pour l'attacher à la ceinture.

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Pour manier ces épées de plus d'un mètre, quoiqu'étonnamment légères, il fallait effectivement un espacement raisonnable dans la formation de combat.


Là c'est pareil: les grandes épées (plus d'1m c'est assez rare quand même, on est plus souvent autour de 90 cm) concernent surtout la fin de la période. Ce sont des armes sans pointes, assez larges (on a même parmi les premières lames à gouttière centrale), conçu pour frapper de taille. Elles sont probablement corrélées avec le développement de la cavalerie. Ce sont des armes très peu adaptées au combat en formation serrée.

Les épées de la Tène ancienne et moyenne sont plus courtes (plus autour de 60cm si ma mémoire est bonne, à vérifier, notamment dans les typologies qui ont été faites à l'occasion des fouilles de Grounay sur Aronde ou de la Tène) et plus pointues.

Voici une épée de Gournay de la Tène Ancienne/moyenne (avec la bouterolle de fourreau ajourée caractéristique):

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Et une épée de la Tène finale retrouvée à alésia, avec gouttière centrale et pointe très arrondie, beaucoup plus longue:

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 Sujet du message : Re: La phalange gauloise
Message Publié : 21 Juin 2020 19:19 
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Merci pour les planches et vos précisions très éclairantes sur les épées, Brennus !

On peut aussi noter que les combattants gaulois avaient davantage tendance à utiliser des coups de taille avec leurs épées à tranchant double, ce que vient confirmer un passage de Polybe (cf ici : http://encyclopedie.arbre-celtique.com/bouclier-304.htm). Cela nous éloigne encore un peu plus de la formation très compacte où pour maintenir la cohésion, il faut privilégier le coup de pointe vif avant-arrière, comme le pratiquaient les romains en callant la lame sur le rebord supérieur du bouclier, afin de percer la carotide, ou de toucher un point sensible à partir du cou - et ainsi avancer tout en restant couvert par son scutum.

Brennus a écrit :

Pourtant en effet, le bouclier gaulois est plat et est tenu (comme le bouclier romain vous me direz) par un "manipule", une poignée, placée horizontalement dans la cavité formée par le "umbo", protection en métal de la main qui forme une excroissance la plupart du temps demi sphérique sur le côté extérieur du bouclier.

Cette forme suggère une utilisation dynamique du bouclier, à la fois offensive et défensive, très différente du lourd hoplon Grec en bois et bronze (le bouclier gaulois est en bois, voir en "lamellé collé", sorte d'ancêtre du contreplaqué) ou du bouclier macédonien plus léger mais qui était destiné à être utilisé comme une sorte de rempart portatif: de façon fixe et purement défensive. Par comparaison, le bouclier romain est légèrement courbé, et était tenu probablement près du corps, mais pouvait encore avoir une utilisation mixte.


En ce qui concerne la fabrication du bouclier, les celtes continentaux et insulaires font en effet montre d'une remarquable maîtrise technique et d'un répertoire très étendu de forme et de matériaux pour des usages tactiques divers.
A coté des simples ais jointurés, Brennus a mentionné la technique robuste du latté-croisé. On peut citer deux autres techniques : l'osier (avec probablement textile ou peau de bête pour le renfort et l'entretien). César en parle de façon très précise, comme d'une technique rapide et peu couteuse, susceptible de servir dans des situations d'urgence (le passage ici : http://encyclopedie.arbre-celtique.com/boucliers-d-ecorce-et-d-osier-2245.htm). Sur la photo du groupe de reconstitution vue plus haut, on remarque ainsi ces types de boucliers, dans la seconde ligne de fantassins.

Enfin, on a découvert en 2019 dans les Midlands un bouclier de petite dimension, assemblé à l'aide de plusieurs couches d'écorce préalablement séchée :
- tous les détails des découvertes, caractéristiques techniques et reconstitution ici : https://www.independent.co.uk/news/science/archaeology/celtic-shield-leicestershire-archaeologist-ancient-warfare-a8927871.html
Même s'il s'agit d'une découverte isolée, le fait que que ce bouclier très léger (0,6 kg environ) résiste aux projectiles et coups d'épées grâce à ses propriétés élastique (la lame rebondit sur l'écorce), laisse à penser qu'il pouvait être assez répandu. Là aussi, la maniabilité et la légèreté nous orientent vers un type de fantassin intermédiaire, très mobile, mais devant tout de même combattre au sein de formations.

Schématiquement, on peut se dire que le fantassin laténien, au moins à partir des III-IVe av (le bouclier d'écorce date de cette période) est une unité tactique assez polyvalente : il est plus lourdement équipé et protégé que les Celtibères et les Lusitaniens dont on sait qu'ils pratiquaient davantage la guérilla (et donc des formations dispersées), mais il est nécessairement plus mobile que le fantassin républicain romain. On est encore une fois très loin de la phalange hoplitique.
Une fois l'épée tirée, il combat en véritable bretteur, usant de son bouclier, ce qui n'exclue évidemment pas une première phase de déploiement où le fantassin est armé de la lance et progresse en ligne, ou des regroupements assez denses contre les cavaliers ennemis ,par exemple.

De façon remarquable, les Celtes (en tout cas insulaires) savaient aussi confectionner des revêtements métalliques pour les boucliers (une des techniques caractéristique du lourd hoplon grec), mais cela se limite à des armes très soignées d'apparat ou des offrandes votives et funéraires (ex : boucliers de Witham ou de Battersea, ...qui figure sur mon icone de profil). Ils maitrisaient l'ensemble des techniques principales permettant de confectionner des boucliers.
C'est donc par choix et non par défaut technique, comme le sous-entendent les auteurs antiques, que les Celtes ont développé ce type de combat mixte. Cela a bien fonctionné, puisque si le long bouclier gaulois inspire les Romains, il a aussi fait ses émules chez les Germains.

Ici un rendu expérimental du bouclier d'écorce :

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Et pour l'anecdote, une illustration de Germains équipés de boucliers d'écorce, tels qu'on se les figuraient au XVIIIème ;)

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PS B) : un lien vers une vidéo youtube d'une chaîne sympa d'histoire vivante" sur la fabrication des boucliers

- https://youtu.be/2IJDMoABzxo

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