Je ne pense pas que nous puissions comparer la première et la seconde guerre mondiale.
Le rationnement a certes majoritairement existé pendant la seconde guerre mondiale, d'où l'instauration des cartes d'alimentation et des coupons textiles (nous avons tous entendu nos grands parents en parler, ou bien nous avons tous lu des témoignages de résistants qui fabriquaient de fausses cartes alimentaires en même temps que les faux papiers).
Le rationnement a également existé pendant la première guerre, mais dans une moindre mesure (il n'y a d'ailleurs jamais eu de cartes de rationnement, du moins à ma connaissance). En effet, comme les hommes sont au front, les productions agricoles ont chuté (en quantité), même si la main-d'œuvre féminine était présente, elle ne produisait pas autant qu'avant la guerre. Par ailleurs, il fallait ravitailler le front, donc rationner ou tout au moins limiter la consommation de l'arrière.
De plus, ce rationnement a surtout touché les empires centraux, qui ne pouvaient pas compter sur le ravitaillement des empires coloniaux, comme c'était le cas pour la France qui a fait venir des produits alimentaires du Maghreb.
Je me permets de vous citer un extrait d'une lettre d'une jeune Allemande à son époux, écrite en 1916, qui montre que la population civile allemande était rationnée.
Citation:
Extraits d’une lettre d’une Allemande à son mari prisonnier en novembre 1916.
Mon cher mari,
Je joins quelques lignes à ce paquet pour te dire comment nous allons ici, tu ne peux t’en faire un tableau, si la guerre dure encore longtemps, nous périrons tous.
Tout est rationné. On donne une demi-livre de pain, 60 grammes de viande par jour et par tête, 60 grammes de beurre et un œuf, 200 grammes de sucre par semaine, 50 grammes de savon par mois, une livre de pomme de terre par jour, et sans permis les commerçants n’osent rien vendre, aussi tu peux te faire une idée de ce qui se passe en Allemagne. [...] Dans les grandes villes, la misère est la plus grande, car à la campagne, on trouve des légumes qui se payent très chers dans les villes. [...]