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Message Publié : 30 Déc 2010 10:56 
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Hérodote
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J'aimerais savoir qu'elle était le rôle du président en temps de guerre à cette époque?
Quelles décisions pouvait-il prendre?
Et si le président du conseil avait plus de pouvoir?

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C'est s'aimer bien peu que de haïr quelqu'un mais c'est haïr tout le monde que de n'aimer que soi.
Proverbe chinois


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Message Publié : 30 Déc 2010 11:22 
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Clémenceau disait "La vie m'a appris qu'il y a deux choses dont on peut très bien se passer : la présidence de la République et la prostate". C'était une boutade, mais qui disait ce qu'elle voulait dire. Le rôle du président était des plus réduits. Il inaugurait les chrysanthèmes, et assurait la représentation lors des voyages officiels. Il nommait le président du conseil, mais l'assemblée avait le dernier mot. Il signait les décrets du gouvernement. Mais de là comme partout, certains présidents, de par leur personnalité, s'étaient attribué un rôle plus important, comme par exemple, le célèbre Félix Faure :wink: qu'on avait baptisé "Le président soleil". Pour ce qui est de Poincaré, il n'aimait pas Clémenceau et il a tout fait pour l'empêcher d'être président du conseil. Jusqu'au moment, où il a été obligé de l'appeler ....

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C'est l'ambition qui perd les hommes. Si Napoléon était resté officier d'artillerie, il serait encore sur le trône.

Mr Prudhomme


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Message Publié : 30 Déc 2010 13:28 
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Jean Mabillon
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Evitons les jugements hâtifs et les formules à l'emporte-pièce si vous le voulez bien.

Poincaré a été très contesté après la guerre pour son rôle dans le déclenchement de celle-ci (il était en visite officielle à Saint Pétersbourg en juillet 1914) - c'est au moins un indice du fait qu'on ne pensait pas qu'il était sans pouvoir.

Pour être plus précis, Poincaré était président du conseil en 1912 avant d'être élu président : son entrée à l'Elysée ne fut pas facile (il a passé outre son échec au sein du scrutin préparatoire des élus républicains). Bref tout cela témoigne d'une nette ambition et d'une certaine capacité à exister politiquement contrairement aux insultes de Clemenceau sur son manque de caractère - et contrairement à certains de ses prédecesseurs.

Il me semble que jusqu'en 1917, il a fortement pesé (discrètement certes) sur les orientations des Présidents du Conseil successifs.

Enfin en appelant Clemenceau en 1917 il effectue un choix qui n'était pas évident (il y avait des figures plus modérées qui auraient pu conduire à une paix de compromis souhaitée par beaucoup alors) et réflète le patriotisme germanophobe typique d'un homme de l'Est.


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Message Publié : 30 Déc 2010 14:03 
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Aigle a écrit :
Evitons les jugements hâtifs et les formules à l'emporte-pièce si vous le voulez bien.



Ce que vous appelez formule à l'emporte-pièce n'est pas de moi, mais de Clémenceau (je suppose qu'il devait quand même connaître un peu le système B) ) ensuite en bon français "pouvoirs réduits" ne veut pas dire "sans pouvoirs". J'ai dit que que les présidents, en fonction de leur personnalité, pouvaient arriver à se tailler une sorte de "domaine réservé". Mais tout celà n'était que ponctuel et les pouvoirs du président de la république étaient toujours régis par l'invective de Gambetta à Mac-Mahon :"Le président de la République doit se soumettre ou se démettre !"

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Message Publié : 30 Déc 2010 14:10 
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Inscription : 27 Oct 2007 9:34
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Localisation : Myrelingues la brumeuse
Aigle a écrit :
Poincaré a été très contesté après la guerre pour son rôle dans le déclenchement de celle-ci (il était en visite officielle à Saint Pétersbourg en juillet 1914) - c'est au moins un indice du fait qu'on ne pensait pas qu'il était sans pouvoir.


Moins que maurice Paléologue, ambassadeur de france à saint-pétersbourg, qui lui a vraiment été critiqué. De toute façon Poincaré, était à saint pétersbourg avec Viviani, qui lui en tant que président du conseil , était le véritable décideur

Citer :
Il me semble que jusqu'en 1917, il a fortement pesé (discrètement certes) sur les orientations des Présidents du Conseil successifs.

Enfin en appelant Clemenceau en 1917 il effectue un choix qui n'était pas évident (il y avait des figures plus modérées qui auraient pu conduire à une paix de compromis souhaitée par beaucoup alors) et réflète le patriotisme germanophobe typique d'un homme de l'Est.


Hmmm ! disons qu'il avait eu la main forcée, car il l'a laissé sur la touche tant qu'il a pu.

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Message Publié : 30 Déc 2010 16:38 
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Hérodote
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Localisation : Aix-en-provence
Merci pour vos réponses!!!!

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Message Publié : 30 Déc 2010 21:01 
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Salluste
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Inscription : 03 Jan 2010 10:46
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Son rôle fut celui d'un président de la république de la IIIème c'est à dire cantonnée à la politique extérieure.
Il visitait les hommes au front en tout cas.

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Apprends tout et tu verras que rien n'est superflu Hugues de Saint Victor


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Message Publié : 05 Jan 2011 7:31 
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Polybe
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Je ne connais pas l'emploi du temps de Poincaré pendant toute la durée du conflit, mais voici ce qu'Abel Ferry écrivait en décembre 14 dans ses "Carnets secrets": "Poincaré a quitté Paris sur l'ordre des militaires. C'est sur l'ordre des militaires qu'il ne va pas aux armées. Joffre est allé en Alsace reconquise. A Poincaré on l'avait refusé. Son erreur aura été d'être trop respectueux de la forme, d'avoir été en des temps révolutionnaires, prisonnier des réglements, des compétences et des bureaux. Trop intelligent peut-être pas assez de volonté...".

Et aussi: "Poincaré en se levant, résume toute une discussion par ces mots: "le téléphone avec le ministère de la guerre , actuellement à Bordeaux, est un fil qui tombe dans la mer, et nous sommes peut-être , sans nous en douter, gouvernés par un simple adjudant".

J'ai également lu qu'au début de la guerre, le GQG refusait de communiquer les noms des commandants des armées françaises au Président de la République. Mais c'est toute la classe politique qui s'est effacée devant la personnalité de Joffre.


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Message Publié : 03 Sep 2014 11:44 
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Hérodote
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Inscription : 09 Sep 2010 12:02
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N'oublions pas sa carrière après la guerre...


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Message Publié : 03 Sep 2014 12:40 
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Georges Duby
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Je crois comme Aigle que Poincaré, homme de valeur et de caractère, a fait bien plus que se contenter d'inaugurer et présider. Il a une conception active de la Présidence.
Par exemple deux jours après la déclaration de guerre, il adresse un message solennel aux deux Chambres et au delà au pays, c'est le fameux appel à 'l'union sacrée". Il est entendu. Pas de grèves ni de manifestations.
Partout l'union devient la règle, y compris dans l'armée. Les mesures anti-congrégationnistes sont suspendues, c'est dire, les exilés rentrent. Un gouvernement d'union nationale dit de "défense nationale" est formé avec de grands leaders. C'est le travail de Poincaré, Viviani reforme son cabinet.

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Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses. Virgile.


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Message Publié : 03 Sep 2014 13:36 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 13 Mars 2010 20:44
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Vindex a écrit :
Il visitait les hommes au front en tout cas.

Oui, le général Pétain peut en témoigner : Monsieur le Président, ces hommes (en parlant de ses officiers) vont vous quitter pour rejoindre leur cantonnement, auriez-vous quelque chose à leur dire" ?
Poincaré reste muet (timidité ? Absence d'à-propos ?)
Messieurs, (conclut le général) Monsieur le Président de la République n'a rien à vous dire, vous pouvez partir"

_________________
il pleuvait, en cette Nuit de Noël 1914, où les Rois Mages apportaient des Minenwerfer


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Message Publié : 03 Sep 2014 14:30 
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Georges Duby
Georges Duby
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Inscription : 27 Juil 2007 15:02
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La réalité a dur être autre, Pétain a probablement piégé le Président. Il a du lui demander souhaitez vous leur parler (aux officiers)et Poincaré a dit non. Une situation classique quand un politique visite un endroit pour encourager et qu'il ne souhaite pas haranguer. Tout dépend du contexte et du moment.
Il est plus que probable, en plus, que la visite avait été préparée et qu'aucune prise de parole n'avait été prévue dans le programme officiel de la visite. C'est le comportement de Pétain qui est particulier.
Il faut se rappeler à l'époque durant la guerre de 1914-18, que les militaires et spécialement les généraux n'étaient pas toujours en bons termes avec la classe politique, dit un auteur.
Dans une visite sur place d'une manière générale, Un officiel ne prend pas toujours la parole, il y a des raisons. Il est connu des hommes politiques qu'il y a toujours un risque.

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