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 Sujet du message : La mort d'un lieutenant
Message Publié : 15 Sep 2018 14:38 
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Jean Mabillon
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Je partage ici l'interessant témoignage d'un ancien combattant de 14-18 qui nous raconte une charge à la baïonnette au début de la bataille de la Marne. Absurdité des ordres reçus et des méthodes de combat, courage des soldats, héroïsme des officiers !

https://www.youtube.com/watch?v=9ge3Ksd4Dsc


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 Sujet du message : Re: La mort d'un lieutenant
Message Publié : 15 Sep 2018 15:50 
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 Sujet du message : Re: La mort d'un lieutenant
Message Publié : 15 Sep 2018 18:17 
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Je mets fortement en doute qu'ils aient reçu l'ordre "de charger à la baïonnette sur 3 km."

Au cours de la bataille des frontières il y avait eu des attaques à la baïonnette lancées d'une distance de 900 m / 1 km.

L'état-major général (qui 3 mois auparavant aurait salué ce vaillant esprit offensif) avait réagi depuis et violemment condamné ces actions, avec des sanctions à la clé. Au moment de la bataille de la Marne ce n'est plus d'actualité.

Reste que dans le secteur où a été tué Péguy, on est en plaine, nue comme la main. Devant l'intensité du feu ennemi les soldats se couchaient, en s'abritant derrière leur sac. Pour les officiers, on en était encore aux inepties ("Couchez-vous, mon lieutenant !" "Un officier français ne se couche pas") et c'est cela qui l'a tué.

Quand on regarde la configuration de ce secteur ("les boches nous voyaient mais on ne les voyait pas...") on se demande s'il n'aurait pas été plus sensé de tenter une attaque de nuit...

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 Sujet du message : Re: La mort d'un lieutenant
Message Publié : 16 Sep 2018 1:57 
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Le 14 août, la 26e DI lance une charge sur 2 km sans appui d'artillerie et se fait écraser, mais à la bataille de la Marne, ce genre de chose est terminé. Les Français apprennent vite.

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 Sujet du message : Re: La mort d'un lieutenant
Message Publié : 16 Sep 2018 10:11 
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Jean Mabillon
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Inscription : 16 Jan 2010 19:18
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Des stupidités parfois cachées,peut être, par la suite........ Le frère ainé de mon père fut tué en mars 1915 à la "main de Massiges" des hommes du régiment ont dit plus tard à mon père qu'un ordre avait été donné pour prendre une "redoute"..... Le régiment était celui de "Dunkerque" comme on disait jadis : le 110ème RI. La date de l'assaut correspondant à celles du carnaval, il aurait été décidé d'attaquer avec fifres et tambours battants. L'attaque eut lieu. Après un combat sanglant et acharné, la redoute fut enlevée et fut un moment nommée Redoute du 110ème mais les pertes avaient été très lourdes.... Quelques jours plus tard un télégramme officiel fut envoyé à l' épouse et aux parents, avisant que leur fils était" porté disparu". La date du registre notifiant la disparition correspond à la semaine suivante, quand le régiment fut mis au repos... La déclaration officielle de la mort ne fut faite qu'en 1920 avec remise de la demi planque d'identité déchiquetée d'impacts. Je pense que la date de notification officielle des morts peut avoir été différée pour ne pas alarmer et décourager la population, mais les survivants des unités, eux, savaient.....


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 Sujet du message : Re: La mort d'un lieutenant
Message Publié : 16 Sep 2018 17:44 
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Sir Peter a écrit :
Je pense que la date de notification officielle des morts peut avoir été différée pour ne pas alarmer et décourager la population,mais les survivants des unités,eux, savaient.....

Je doute qu'une telle politique ait été pratiquée. (on le saurait, c'est impossible à cacher longtemps.)

Un fils "porté disparu", à la guerre, on savait ce que ça voulait dire : il pouvait éventuellement être prisonnier, mais comme le courrier circulait bien entre les Stalag et la France, cela signifiait que passé quelques semaines si on n'avait pas de nouvelles, alors il n'y avait plus d'espoir : ce fils était resté sur le terrain. (Et puis, fréquemment, c'était un copain ou un officier qui écrivait à la famille pour donner des détails.)

Mais c'est tout de même un cas rare, ou en tous cas peu courant : cela suppose qu'aucun témoin ne l'a vu tomber. (L'inverse est plus fréquent : le soldat qu'on a cru tombé au feu, dans une situation très confuse, dont on reçoit soudain une lettre envoyée d'Allemagne. C'est ce qui est arrivé à De Gaulle à Verdun : il a donné l'ordre à sa compagnie submergée de courir vers l'arrière, sous les tirs et les rafales. Ses hommes, dans cette course éperdue, ont à peine eu le temps de voir ce qui lui arrivait, et l'on considéré comme perdu.)

L'histoire de votre oncle est un peu déconcertante : il n'y avait donc personne à côté de lui lorsqu'il est décédé ? C'est une circonstance bien particulière, et il est étonnant qu'il n'y ait pas eu d'autre courrier pour préciser davantage les circonstances.
On peut imaginer des situations où un homme est volatilisé sans témoins. Le premier qui me vient à l'esprit, dans une attaque, est le moment où il faut franchir le barrage d'artillerie ennemi. Barbusse, dans "le feu", l'a très bien décrit : on entre dans un nuage de poussière ou on ne voit pratiquement rien, ponctué par les lueurs des explosions, et on le fait en courant pour en sortir au plus vite. On voit vaguement des copains tomber, sans savoir qui, et il n'est pas question de s'arrêter pour secourir quelqu'un : celui qui tombe reste sur place. Savoir ce qu'on en retrouvera... (Comme à la guerre tout arrive, il pouvait se produire qu'on retrouve malgré tout, plus tard, des blessés dans cette zone, et qu'on puisse les évacuer.)
Le fait qu'on n'ait retrouvé sa plaque d'identité que bien plus tard suggère un scénario de ce genre : partiellement enterré par les obus, dans une zone sous le feu de l'ennemi, et dégagé bien plus tard...

Mais bon, c'est une hypothèse parmi d'autre, mais cette plaque qui n'arrive que bien après suggère tout de même des circonstances exceptionnelles.

Au passage, la main de Massiges, c'est encore un de ces endroits où on a sacrifié des milliers de soldats pour un bénéfice militaire qui ne justifiait pas des sacrifices pareils. C'est aussi à cause de ces offensives locales que l'année 1915 a été, je crois, la plus meurtrière de la guerre. (Ces offensives locales avec guère de gains à la clé irritaient profondément les hommes.) En tous cas, la moitié des pertes de la guerre ont eu lieu dans les 18 mois de 1914 et 1915.

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 Sujet du message : Re: La mort d'un lieutenant
Message Publié : 17 Sep 2018 4:38 
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Inscription : 27 Avr 2004 17:38
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La déclaration de la mort est un jugement du tribunal qui permet aux veuves de se remarier, de toucher diverses indemnités, aux enfants de devenir pupilles de l'état. C'est une procédure habituelle, j'en ai trouvé quelques unes dans mes recherches généalogiques.

Le cas est plus fréquent qu'on pourrait le croire, un obus qui vous tombe dessus vous éparpille ou vous enterre et on ne retrouve rien. Surtout entre les lignes.

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 Sujet du message : Re: La mort d'un lieutenant
Message Publié : 17 Sep 2018 8:43 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 13 Mars 2010 20:44
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à vérifier mais l'ancien combattant interviewé pourrait être Victor Boudon
auteur d'un livre "mon lieutenant Charles Péguy"
et si vous recherchez une autre vidéo il faut retrouver sur youtube la Marne (Daniel Costelle) dans la série les grandes batailles du passé où un autre Poilu du 276ème RI est interviewé (de mémoire il a un accent terroir à couper au couteau)

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il pleuvait, en cette Nuit de Noël 1914, où les Rois Mages apportaient des Minenwerfer


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