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 Sujet du message : Le front d'Orient
Message Publié : 03 Juin 2005 17:08 
La rupture du front d'orient en septembre 1918 a t'elle joué selon vous un rôle détreminant dans la victoire sur l'Allemagne en 1918 ?

Rapellons que ce front a été ouvert en 1915 afin de permettre aux alliés de garder une tête de pont dans les Balkans après l'écrasement de la Serbie en automne de cette année.

Le front se stabilise durant presque toute la durée de la guerre et devient une sorte de Melting-pot, d'un camps ou de l'autre : les grecs, français, russes, serbes, italiens et britaniques se battent côte à cote contre les empire centraux où là aussi on trouve une certaine diversité des armées.
Cette pluri-ethnicité devient d'ailleurs un grand thème de la propagande française.

Le 13 septembre 1918, les alliés lancent une offensive victoriseuse qui leur permet de percer le front. La Bulgarie capitule le 29 semptembre, ce qui permet aux alliés de reconquérir toute la Serbie en quelques semaines.
Les Alliés arrivent aux portent de l'Empire autro-hongrois. Ce pays capitule donc le 3 novembre.

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Message Publié : 03 Juin 2005 18:25 
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Cette offensive a été capitale. Elle menaçait directement Vienne, il n'y avait pas grand chose à y opposer et elle a fait capituler l'Autriche-Hongrie.

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Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer (Guillaume le Taciturne)


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Message Publié : 03 Juin 2005 19:51 
Surtout que les autrichiens étaient en ce moment même de perdre sur le front italien :

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Message Publié : 03 Juin 2005 23:32 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 23 Mai 2002 23:54
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Bonsoir,

Excellente idée que ce sujet, surtout que vos cartes sont très intéressantes.

Pour l'offensive d'Orient, les combats furent très meurtriers et très difficiles. Les mitrailleurs Allemands et les fantassins Bulgares de la XIemme Armée Allemande étaient retranchés dans un paysage montagneux, sur des crêtes extrèmement difficiles d'accès. La préparation d'artillerie n'ayant donné aucun résultats positifs, les troupes Françaises durent faire preuve de beaucoup de courage et d'abnégation pour arriver sur le sommet des crêtes. Après avoir parcouru des pentes assez raides, balayées par le feu des mitrailleuses et de l'artillerie, fantassins et marsouins Français nettoyèrent les abris bétonnés au lance-flammes ou à la grenade, tandis que dans le même temps, les corps francs Français s'occupèrent de nettoyer les tranchées et les abris à coups de révolvers, de grenades et de couteaux. Les Bulgares contre-attaquèrent jusqu'à cinq fois, mais les fusils-mitrailleurs et les grenadiers Français les repoussèrent autant de fois. Un bataillon de Sénégalais s'illustra également en emportant deux tranchées. La première ligne de défense Bulgaro-Allemande fut enlevée mais au prix de 2000 soldats Français tués et blessés, ainsi qu'une soixante d'officiers. Dans les jours qui suivirent, les marsouins Français s'emparèrent de plusieurs positions et emportèrent de nombreux kms de tranchées. On peut aussi rendre hommage aux troupes Serbes qui se battirent également avec courage et détermination, pour ainsi dire, elles gagnèrent autant de terrain que nos propres troupes.

Le 148eme régiment d'infanterie, vainqueur du Sokol, eut le droit à la citation suivante :

«Régiment dont l’ardeur ne s’est jamais démentie pendant quatre ans de guerre, sous les ordres de son chef, le lieutenant-colonel Curie, s’est signalé d’une façon particulière le 15 septembre 1918, en enlevant, après toute une journée de lutte ardente, de fortes positions ennemies, énergiquement défendues. A fait plus de 400 prisonniers et s’est emparé d’un matériel important de toute nature.»

Nos Alliés Serbes surent nous rendre l'hommage que nos soldats méritaient amplement. Voilà notamment ce que le prince Alexandre de Serbie écrivit au général Toupart, commandant la 122eme division d’infanterie Française :

«Les positions du Sokol et Drobopolie, fortifiées depuis trois ans et réputées imprenables ont été enlevées en un jour par l’héroïque 122eme division d’infanterie Française. Ce succès foudroyant m’a rempli d’admiration pour les hautes vertus militaires de vos troupes Françaises qui ont ajouté une belle page dans l’histoire déjà si glorieuse de l’armée Française.»

Quand à l'offensive victorieuse des Italiens sur le Vittorio Veneto, plusieurs régiments Français s'illustrèrent, notamment le 50eme régiment d'infanterie, il aura droit à la citation suivante:

«Régiment au passé glorieux qui, depuis le début de la guerre, a montré la plus belle ardeur combative, en Belgique (août 1914), à la bataille de la Marne (septembre 1914), en Artois (25 septembre 1915), puis sous le commandement du Lieutenant-Colonel Larrieu, dans les récents combats livrés dans la région d’Asiago, où il a rempli intégralement les missions confiés, notamment les 9 août, 31 octobre et 1er novembre 1918, faisant subir à l’ennemi des pertes sensibles et capturant plus de 500 prisonniers, des mitrailleuses et 13 canons.»

Le général commandant le 12eme C.A. et les Forces Françaises d'Italie.

Signé : Graziani


Le général Italien Diaz nous rendit aussi les honneurs en écrivant cette lettre de remerciement au général Français Crépy, ce fut à l'occasion du départ des troupes Françaises d'Italie après la guerre :

«Monsieur le général,

Je vous pris de vouloir bien présenter aux troupes de la brigade mixte, représentant les glorieuses divisions venues sur notre front, le salut que je leur apporte au nom de l’armée Italienne.

Les troupes Françaises d’Italie ont magnifiquement rempli leur rôle avec une communication de foi et d’action intimes avec les troupes Italiennes.

Les hauteurs disputées de l’Altipiano, d’Asiago et les champs de bataille de la Vénétie ont été les témoins de l’abnégation et de la bravoure des soldats Français; au cours des luttes ardentes s’est raffermie la force des idéaux de justice et de la liberté que les Français et Italiens, combattant côte à côte, avaient déjà défendus lorsque l’Italie a conquis par les armes sa propres indépendance.

Le sang qui vient d’être versé de nouveau maintenant par les soldats des deux nations, au cours des batailles qui, ont conduit l’Italie et la France à la victoire, constituera pour l’avenir un lien fraternel.

Le salut que l’armée Italienne offre aux valeureux compagnons d’armes Français veut être une nouvelle affirmation sincère d’amitié, faite avec la certitude que les deux nations, fraternelles sur les champs de bataille, seront également unies dans les oeuvres de paix.
Je vous prie d’agréer l’expression de ma haute considération.»

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Bien qu’on ait du cœur à l’ouvrage, l’Art est long et le Temps est court.

Charles Baudelaire


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 Sujet du message : Re: Le front d'Orient
Message Publié : 21 Mai 2011 11:51 
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Eginhard
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Localisation : Aix en Provence
Mon grand-père, Pierre Gortchakoff, jeune russe, né à Irkoutsk, en 1897, puis habitant à Stretensk, dans le district de Transbaïkalie, près de la frontière mongole, a été mobilisé en 1916, pour intégrer, en février 1917, la 2eme brigade d'artillerie sibérienne, commandée par le général Mikhaïl Dietrichs. Cette brigade fut envoyé sur le front d'Orient, à Salonique, après un long périple passant par Arkhangelsk, Brest, Lyon, Orange, Marseille et Toulon, sur le croiseur auxiliaire français Lorraine.
A Toulon, il a embarqué sur le paquebot grec Constantin, direction Salonique, via Bône et Bizerte, et il narre, dans son Journal, qu'un sous-marin les a pisté.
17 août 1917, arrivée à Salonique, où il trouva la ville sale et chère. Montée sur le front, vers Florina, dans la région de Pogdarec. Les conditions sont difficiles, et mon grand-père tombe malade, le paludisme.
Dans son livre les "Poilus d'Orient", rare livre sur ce front, Pierre Miquel évoque l'insalubrité du climat et le ravitaillement erratique, qui provoqueront des ravages chez les soldats, le scorbut et le paludisme faisant plus de pertes que les combats proprement dits !
Puis, la révolution d'octobre arrive, et la nouvelle URSS fit la paix avec les Empires Centraux. Les deux brigades russes d'Orient sont désarmés, et le choix laissé aux fantassins est ou :
- de retourner en Russie.
- de combattre pour les alliés.
- de travailler pour les alliés.

Après avoir choisi de retourner en Russie, mon grand-père se décida pour intégrer un bataillon de marche de la Légion Etrangère, le 13 juin 1918,

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qui ira s'entraîner, en juillet, dans un camp près de Paris, avant que son bataillon soit intégré dans la 1ere division marocaine,

http://fr.wikipedia.org/wiki/Division_marocaine.

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qui ira combattre en Lorraine. Le 11 novembre 1918, alors que l'armistice est signé, mon grand-père est en permission, à Nice. Il sera libéré en février 1919 et échouera à Marseille, certainement car, voulant rentrer dans son pays, il voulait prendre la ligne Marseille-Constantinople. Mais il ne retournera jamais dans sa Sibérie natale, et fera souche à l'Estaque, en se mariant à une italienne, Irène Grisendi, dont les deux soeurs, Marie et Victorine, se marieront avec 2 russes, amis de mon grand-père.
Mais ceci est une autre histoire.

http://tietie007.over-blog.com/article-pierre-gortchakoff-d-irkoutsk-a-l-estaque-48394459.html

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 Sujet du message : Re: Le front d'Orient
Message Publié : 01 Juin 2011 16:34 
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Grégoire de Tours
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A signaler l'exploit physique de la brigade de cavalerie de Jouinot Gambetta ,qui avec ses chevaux barbes ,prenant des sentiers de chévres,des cols a 2000m ,va en 10 jours contourner les forces bulgares et allemandes et par la victoire d'USKUB ,forcer celles ci à la capitulation.(sept 18)


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 Sujet du message : Re: Le front d'Orient
Message Publié : 26 Août 2011 13:44 
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Eginhard
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Inscription : 04 Juil 2007 10:16
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Localisation : Aix en Provence
Tietie006 a écrit :
Mon grand-père, Pierre Gortchakoff, jeune russe, né à Irkoutsk, en 1897, puis habitant à Stretensk, dans le district de Transbaïkalie, près de la frontière mongole, a été mobilisé en 1916, pour intégrer, en février 1917, la 2eme brigade d'artillerie sibérienne, commandée par le général Mikhaïl Dietrichs. Cette brigade fut envoyé sur le front d'Orient, à Salonique, après un long périple passant par Arkhangelsk, Brest, Lyon, Orange, Marseille et Toulon, sur le croiseur auxiliaire français Lorraine.
A Toulon, il a embarqué sur le paquebot grec Constantin, direction Salonique, via Bône et Bizerte, et il narre, dans son Journal, qu'un sous-marin les a pisté.
17 août 1917, arrivée à Salonique, où il trouva la ville sale et chère. Montée sur le front, vers Florina, dans la région de Pogdarec. Les conditions sont difficiles, et mon grand-père tombe malade, le paludisme.
Dans son livre les "Poilus d'Orient", rare livre sur ce front, Pierre Miquel évoque l'insalubrité du climat et le ravitaillement erratique, qui provoqueront des ravages chez les soldats, le scorbut et le paludisme faisant plus de pertes que les combats proprement dits !
Puis, la révolution d'octobre arrive, et la nouvelle URSS fit la paix avec les Empires Centraux. Les deux brigades russes d'Orient sont désarmés, et le choix laissé aux fantassins est ou :
- de retourner en Russie.
- de combattre pour les alliés.
- de travailler pour les alliés.

Après avoir choisi de retourner en Russie, mon grand-père se décida pour intégrer un bataillon de marche de la Légion Etrangère, le 13 juin 1918,

Image

qui ira s'entraîner, en juillet, dans un camp près de Paris, avant que son bataillon soit intégré dans la 1ere division marocaine,

http://fr.wikipedia.org/wiki/Division_marocaine.

Image

qui ira combattre en Lorraine. Le 11 novembre 1918, alors que l'armistice est signé, mon grand-père est en permission, à Nice. Il sera libéré en février 1919 et échouera à Marseille, certainement car, voulant rentrer dans son pays, il voulait prendre la ligne Marseille-Constantinople. Mais il ne retournera jamais dans sa Sibérie natale, et fera souche à l'Estaque, en se mariant à une italienne, Irène Grisendi, dont les deux soeurs, Marie et Victorine, se marieront avec 2 russes, amis de mon grand-père.
Mais ceci est une autre histoire.

http://tietie007.over-blog.com/article-pierre-gortchakoff-d-irkoutsk-a-l-estaque-48394459.html



Quelques photos de soldats russes sur le front des Balkans, qui étaient dans des cartons poussiéreux chez une tante :

http://tietie007.over-blog.com/article-pierre-gortchakoff-dans-la-tourmente-de-la-premiere-guerre-mondiale-82505466.html

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