Il y a bien d'autres raisons à l'adhésion de la population allemande au nazisme; En vrac, et hors de toute prétention d'être exhaustif:
- la remise en marche économique de l'Allemagne après la crise de 29, la disparition du chômage de masse, les grands travaux d'équipement lancés à cet effet, une amélioration générale du niveau de vie des classes ouvrières et moyenne
- soutien au parti qui met fin aux "désordres" de la République de Weimar
- le sentiment d'appartenir à une nation injustement traitée, suite en particulier au traité de Versailles, et privée de colonies, sentiment soigneusement cultivé par les nazis qui seuls se présentent comme pouvant relever l'Allemagne abaissée
- la peur du bolchevisme
- l'antisémitisme
- la séduction d'un pouvoir charismatique sachant se mettre en scène et susciter la ferveur des masses par une théatralisation du politique créative et efficace
De plus, je ne comprends pas bien qu'on puisse parler de malléabilité et d'absence de caractère spécialement marqués pour une nation plus que pour une autre. Je ne vois pas que l'Allemagne soit plus malléable que la France de Vichy, que l'Espagne de Franco, l'Italie de Mussolini, le Portugal de Salazar, la Norvège de Qisling, l'URSS de Staline ou même que l'Angleterre, dont on se demande qui l'aurait emporté, des appeasers ou de Churchill, si ce pays avait été situé en Europe continentale et occupé par les troupes allemandes.
C'est spéculer sur des notions vagues de psychologie collective comme le "caractère national", donner un rôle excessif au libre arbitre des nations et nier cette notion peu agréable à contempler: que dans certaines circonstances défavorables, la marge de manoeuvre des peuples contrôlés par une propagande intense et une répression violente est finalement assez mince.
La crise économique de 29 puis la guerre ont fait éclore des dictatures un peu partout en Europe; certaines nations ont mieux résisté que d'autres à cette tendance politique lourde mais elle a existé à peu près partout sur ce continent, et plus qu'un soi disant caractère national basé sur des critères aussi insaisissables que douteux tels que la race

, les issues différentes résultent souvent de circonstances particulières sur lesquelles ces groupes avaient peu de pouvoir.