mon cher savonarole je ne fais pas d'idéologie, par contre je ne suis pas sûr que vous vous n'en faites pas je m'explique :
Savonarole a écrit:
Votre méconnaissance de l'URSS est tout bonnement incroyable. Résumer ces différences au "totalitarisme" (notion illégitime en histoire comme l'expliquent très bien Eric Hobsbawm ou Moshe Lewin) ou à la démocratie est tout à fait stérile. .
Ah bon ! tenter d'expliquer pourquoi les mouvements de partisans quand ils existaient dans des pays précédemment démocratiques étaient souvent moins unifiés que dans l'URSS (pays certes démocratique, seulement suivant la terminologie soviétique), est stérile ?
Savonarole a écrit:
D'autant plus que la résistance française a été largement menée par un parti illégal, le Parti communiste. Donc, le rapport à la démocratie ou au totalitarisme est plutôt mince, et en tout cas ne suffit certainement pas à l'expliquer.
Il est certain que si l'on considérait que tous les maquis étaient communistes, ça pourrait marcher, mais ce n'était pas le cas. Dans la région où j'habite, il y avait peut-être des maquis communistes, mais trois des plus grands maquis qui sont célèbres dans toute la France à savoir , le Vercors, Les Glières et les maquis de l'Ain ne l'étaient pas. Ca ne veut pas dire que les militants communistes en étaient exclus, ou qu'ils n'y ait pas eu des divergences d'ordre tactique entre eux, mais ils n'étaient pas contrôlés par le PC, illégal ou non ! En outre déclarer que la résistance française était principalement communiste, frôle la caricature. Le PC a été un des éléments de la résistance, et encore à partir de Juin 41, mais seulement un et peut-être pas le plus important. Je suis né dans la ville ou sévissait Klaus Barbie, ou les époux Aubrac faisaient leur Job, et Jean Moulin a été arrêté juste à coté de chez moi. Je peux vous certifier que ni Moulin, ni les Aubrac n'étaient communistes
Savonarole a écrit:
Vous auriez pu au moins prendre la peine de rappeler plusieurs faits :
- L'URSS a été infiltrée par des agents hitlériens, envoyés là-bas peu avant le début de l'opération Barbarossa, par voie aérienne ou bien par les trains livrant des marchandises aux soviétiques. Ce sont eux qui sectionnèrent les réseaux de télécommunication au début de l'offensive.
C'est marrant comme vous retournez les faits. Il y a certainement eu plus d'espions soviétique ou communistes en allemagne que l'inverse. Avec la surveillance tatillonne dont était l'objet chaque soviétique et à plus forte raison chaque étranger, de la part du NKVD, des comités de quartiers, et de tous les organismes qui "géraient" la vie du citoyen soviétique, ça ne devait pas être facile d'être espion ou saboteur

Mais j'ai déjà entendu ça de la part de militants communistes. Les terribles défaites de 1941 ne pouvaient pas être attribuées au parti ou à Staline, car le parti et Staline ont toujours raison, donc les causes des défaites ne pouvaient être attribuées qu'à des espions et des saboteurs.
Savonarole a écrit:
- L'Armée rouge a souffert de nombreuses désertions dès le début de la guerre. De nombreux déserteurs s'enfuyaient dans les bois d'Ukraine. Parmi les généraux on évoquera Vlasov à qui l'on avait confié un corps mécanisé bien équipé : il déserta les rangs de l'Armée rouge après avoir été capturé près de Léningrad, et commanda l'Armée russe de libération. Les armées allemandes sont très bien accueillies par la population sur le front nord, qui fournit des vivres aux armées fascistes. Certains civils attaquent l'Armée rouge, rejoignent des maquis. Une division de gardes-frontières, parmi les plus entraînés de toutes les troupes soviétiques, rejoint l'ennemi.
Si vous appelez désertions les prisonniers, alors évidemment vous avez raison. Les soldats, suivant le catéchisme soviétique, auraient dû se faire tuer sur place, même sans aucun espoir de vaincre, rien que pour camoufler la gabegie qui régnait à ce moment dans le Haut commandement soviétique. Mais dites moi que faisaient à ce moment les commissaires politiques qui surveillaient à tous les niveaux le commandement opérationnel ? Et bien il levaient les mains comme les autres, car il n'y avait rien d'autre à faire. Oh ! certes, ça ne leur a pas porté bonheur, puisqu'ils étaient immédiatement fusillés ainsi que les juifs. Quand aux appellations non contrôlées style "corps mécanisé bien équipé" ou "parmi les plus entraînés de toutes les troupes soviétiques" laissez moi rire! quand il y en avait, on les sacrifiait froidement dans des attaques suicides qui ne servaient à rien ! C'est d'ailleurs l'une des causes de la trahison de Vlassov, un des meilleurs généraux russes de l'époque, écoeuré de voir comment étaient sacrifiées les unités de l'armée rouge par des incompétents, qu'ils soient civils ou militaires
Citation:
Voilà quelques faits qui donnent déjà un contexte à la guerre à l'est, d'une toute autre nature que celle à l'ouest. Je rajouterais ce témoignage d'un officier allemand :
"J'ai observé un incident qui caractérisait le fanatisme du soldat soviétique. Au-delà de la forêt nous attendions le ravitaillement depuis au moins deux heures près d'un champ de blé. Soudain deux Russes sautèrent hors du champ avec les mains levées. Un sergent leur fit signe de venir. A ce moment, ils esquivèrent, l'un lança une grenade, et l'autre tira au pistolet sur le sergent, qui fut blessé. Les Russes avaient dû se cacher immobiles dans le champ pendant trois heures ou plus."
Plus loin :
"Le jour suivant nous trouvâmes tout le personnel abattu, c'est à dire assassiné, et atrocement mutilé. Les yeux avaient été extraits, les organes génitaux sectionnés, et d'autres cruautés infligées. Ce fut notre première expérience de ce type, mais pas la dernière. Le matin suivant ces deux premiers jours, je dis à mon général, "Monsieur, ce sera une guerre très différente de celle en Pologne et en France." (Colonel Helmuth Ritgen, rapporté par Chris Bellamy, Soviet Russia in the Second World War).
Comment interpréter le "serment des partisans" ? Ce n'est pas bien compliqué : la lutte entre l'Allemagne fasciste et l'Allemagne nazie était une lutte à mort, une lutte d'extermination : extermination du fascisme pour les uns, extermination du communisme, des juifs et des Slaves pour les autres.
C'est issu de la politique de terreur, que les nazis ont, de manière imbécile, édicté. S'ils avaient joué de la haine que beaucoup de peuples soviétiques portaient à Staline et au bolchevisme, peut-être la guerre aurait pris une autre tournure. Car les allemands ont souvent été bien accueillis par les baltes, les ukrainiens et d'autres nationalités. Mais finalement Staline, à cause des atrocités allemandes, a pu reprendre la main en faisant appel, non à l'internationalisme prolétarien, mais au nationalisme le plus dur. La haine à rencontré la haine, et la violence extrême la violence extrême
Vous voyez mon cher savonarole, ça se sont des faits, pas de l'idéologie 