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Message Publié : 24 Mars 2015 7:30 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Inscription : 05 Oct 2005 20:39
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Localisation : Lyon-Vénissieux
Comment expliquer que l'extrême droite française ait tant collaboré avec les nazis durant la guerre ?
Cette collaboration n'était pas évidente à priori dans la mesure ou l'une des valeurs essentielles de l'extrême droite est le patriotisme et le nationalisme, (d'ou par exemple la fête de Jeanne d'Arc), ce qui aurait du pousser à lutter contre les envahisseurs. Il y a également au sein de l'extrême droite française, beaucoup de catholiques intégristes, à mille lieux du paganisme nazi.

L'une des réponses est le rejet viscéral de la démocratie et du parlementarisme, et le goût d'un pouvoir autoritaire incarné par le maréchal Pétain.
Une autre réponse est raciale. Si les envahisseurs au lieu d'avoir les cheveux blonds avaient eu la peau noire ou basané et étaient venus du sud, alors là on peut être sur que l'extrême droite n'aurait jamais collaboré.
Une autre raison est l'antisémtisme, mais quels sont les autres raisons ?

Y a t-il eu cependant des personnalités d'extrême droite qui ont protesté contre la collaboration ou qui ont participé à la résistance ?

_________________
Le souvenir ne disparait pas, il s'endort seulement.
Epitaphe trouvée dans un cimetière des Alpes

La science de l'histoire est une digue qui s'oppose au torrent du temps.
Anne Comnène, princesse byzantine (1083-1148)


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Message Publié : 24 Mars 2015 8:14 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Inscription : 22 Sep 2005 18:53
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Bonjour

Une question : peut-on parler "d’extrême droite française" en 1940 ??

Un doute quant à la totale collaboration : une partie de la "droite extrême française" a réellement résisté à l'occupation allemande


Bien à tous.

_________________
Hugues de Hador.


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Message Publié : 24 Mars 2015 9:10 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Inscription : 05 Oct 2005 20:39
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Localisation : Lyon-Vénissieux
Il me semble que l'on peut considérer qu'il y avait une extrême droite en France en 1940 avec par exemple des gens réunis autour de l'action française.
Il est vrai qu'ils ne devaient pas être très nombreux.

_________________
Le souvenir ne disparait pas, il s'endort seulement.
Epitaphe trouvée dans un cimetière des Alpes

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Anne Comnène, princesse byzantine (1083-1148)


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Message Publié : 24 Mars 2015 9:26 
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Inscription : 10 Fév 2009 0:12
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En partant de l'extrême-droite, plus on va vers la gauche et plus on trouve une forte proportion d'engagements dans la Résistance. (Pour l'extrême gauche, on parle essentiellement du PCF, et là il n'y a pas de discussion, ou alors ultra-marginale, à partir du 22 juin 41.)

Mais attention, cela signifie à l'inverse qu'on trouve de tout à la fois dans la résistance et dans la collaboration, en proportion inverse mais malgré tout très significative.

A l'extrême droite on trouve par exemple le colonel de La Rocque, leader des Croix de Feux, dont le nationalisme l'emporte sur toute autre considération et pour qui les Allemands restent "les boches". Il fait le choix de la Résistance. Un choix sans faille et qui sera mal récompensé.

A gauche on verra certains itinéraires un peu déroutants pour nous, électeurs de 2015. Il y a par exemple un filière non négligeable qui mène des hommes de gauche, du pacifisme avant-guerre, à la collaboration dès que Vichy prend forme. Le plus connu est tout bonnement Laval - mais là on est d'entrée dans la trahison.

Laval pensait que toute paix valait mieux qu'une guerre, même gagnée, du fait des destructions et des morts de la Grande Guerre. L'idée d'aller en appel contre la défaite - ce que fait De Gaulle - lui est totalement étrangère : il y a un vainqueur, on doit l'admettre et s'entendre avec lui. Sans ses excès de zèle dans la trahison, beaucoup de pacifistes de gauche ont fait le même chemin jusqu'à Vichy, d'autant que Vichy première mouture peut paraître un projet national et une ébauche sinon de résistance, en tout cas de France qui perdure. - il y a une foule de grands résistants qui sont passés par Vichy, avant de s'en éloigner lorsque le maréchal a choisi la Collaboration.

La France Libre et la résistance épousent également cette diversité. Les gens d'extrême-droite y sont représentés de façon significative. On y trouve toutes les tendances politiques. Ce mélange est plutôt heureux, et donnera ce qu'on appellera "l'esprit de la Résistance", l'envie de faire du neuf à partir de ce nouveau consensus.

_________________
Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu. (Chamfort)


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Message Publié : 24 Mars 2015 10:11 
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Jean Mabillon
Jean Mabillon

Inscription : 16 Jan 2010 19:18
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Une partie de l'extrême droite dont une part était issue de la gauche( Doriot,Déat et consorts) a collaboré mais un autre groupe a formé les premiers rangs de la résistance comme Guillain de Bénouville,Pierre Fourcaud ou même Loustouneau-Lacau .Sous le cataclysme que représente la défaite de 1940,la droite comme la gauche d'ailleurs explosent.


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Message Publié : 24 Mars 2015 10:41 
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Inscription : 15 Avr 2004 22:26
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Localisation : Alsace, Colmar
Et à Londres, autour de De Gaulle, il y aura aussi bien des gens venant de l'extrême droite que des gens venant d'autres horizons politiques.

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


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Message Publié : 24 Mars 2015 12:38 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 13 Mars 2010 20:44
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Lire "des Royalistes dans la Résistance" écrit par François-Marin FLEUTOT

_________________
il pleuvait, en cette Nuit de Noël 1914, où les Rois Mages apportaient des Minenwerfer


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Message Publié : 24 Mars 2015 12:49 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 17 Mars 2004 23:16
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Sir Peter a écrit :
Une partie de l'extrême droite dont une part était issue de la gauche( Doriot,Déat et consorts) a collaboré mais un autre groupe a formé les premiers rangs de la résistance comme Guillain de Bénouville,Pierre Fourcaud ou même Loustouneau-Lacau .Sous le cataclysme que représente la défaite de 1940,la droite comme la gauche d'ailleurs explosent.


Le véritable problème, c'est que pour des raisons politiques on qualifie d'extrème droite en vrac les vrais partis fascistes français qui ont été fondés par Doriot et Déat.

Etre un parti totalitaire ne fait pas nécessairement de ce parti un parti de droite. Etre un parti socialiste ne fait pas nécessairement de ce parti un parti de droite. Etre pro-allemand et pro-nazi ne fait pas nécessairement de ce parti un parti de droite.

Un parti extrémiste, oui. Un parti totalitaire, oui. Des partis quasi-fascistes ou fascistes oui.

C'est le PCF qui, par son hégémonie sur la gauche à partir du grand retournement du 22 juin 1941, a qualifié ses adversaires d'extrème-droite.

Que le PSF puisse rigoureusement être qualifié d'extrème droite, oui.
Que le PPF et le RNP soient qualifiés d'extrème-droite, cela me paraît largement relever de la déformation propagandiste visant à réduire la collaboration et le totalitarisme à la droite et à exonérer la gauche de son propre totalitarisme. C'est oublier que si, en effet, l'extrème-droite a eu un rôle important dans la collaboration, la majorité des collabos n'étaient pas d'extrème-droite.


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Message Publié : 24 Mars 2015 20:45 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 27 Déc 2013 0:09
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A l'exception des deux partis PPF et RNP de Doriot et Déat, qu'il est difficile de positionner sur un axe droite-gauche, après l'armistice et la remise des pleins pouvoirs au maréchal Pétain, les organisations politiques existantes ont toutes été soit dissoutes soit mises en sommeil. Aussi est-il plus pertinent d'observer quels ont été les comportements des individus issus de ces organisations plutôt que de parler de "l'extrême droite" en général. Ces comportements ont été très divers, les milieux d'extrême droite ayant fourni des collaborationnistes comme des résistants. Un cas célèbre parmi ces derniers est celui de Daniel Cordier, proche de l'Action Française, qui s'est immédiatement engagé dans la résistance ce qui l'a conduit à devenir le secrétaire de Jean Moulin. Mais, comme l'a observé Pierma, le taux de collaboration est plus élevé à droite qu'à gauche.

Citer :
Cette collaboration n'était pas évidente à priori dans la mesure ou l'une des valeurs essentielles de l'extrême droite est le patriotisme et le nationalisme, (d'ou par exemple la fête de Jeanne d'Arc), ce qui aurait du pousser à lutter contre les envahisseurs. Il y a également au sein de l'extrême droite française, beaucoup de catholiques intégristes, à mille lieux du paganisme nazi.
C'est très juste. Le nazisme a fait très peu d'adeptes en France, ce qui est somme toute logique, le nazisme reposant sur un dogme de suprématie de l'Allemagne et ne faisant aucun prosélytisme, au contraire de l'idéologie communiste. Les décisions de collaborer ont reposé sur une conviction partagée par les deux grandes tendances, celle de Déat et Doriot d'une part et celle de Pétain d'autre part, que l'Allemagne avait gagné la guerre. Il fallait donc admettre le fait et trouver le moyen pour la France de se ménager la meilleure place dans une Europe dominée par l'Allemagne, ce qui obligeait à faire des concessions malgré qu'on en ait.

Dans le monde de la droite traditionnelle, celle incarnée par des personnalités comme Charles Maurras, catholique, anti-parlementaire et nationaliste, donc germanophobe, la décision de collaborer résultait de la confiance placée dans le maréchal Pétain et de l'adhésion à la Révolution Nationale. La défaite trouvait sa cause dans une perversion des moeurs introduite par des idées délétères, non seulement le socialisme mais aussi toutes celles héritées du mouvement des Lumières, et par la société industrielle (on parlerait aujourd'hui de société de consommation). Le Royaume-Uni étant vaincu ou, tout au moins, ne pouvant l'emporter sur l'Allemagne, la France ne devrait son redressement qu'à elle seule en retournant à ses valeurs traditionnelles, la famille et le travail, en premier lieu le travail de la terre ("La terre ne ment pas"). Cela n'impliquait toutefois pas nécessairement une collaboration étroite. Weygand, ardent partisan de la Révolution Nationale s'y refusait : "L'armistice, rien que l'armistice". Cette position devenait impossible à tenir après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord et l'invasion de la zone non occupée par l'Allemagne. Darlan, Giraud, Juin, de Lattre de Tassigny ont alors décidé de rompre avec Pétain, sans renier pour autant tout référence à la Révolution Nationale, et de reprendre la lutte aux côté des Alliés. Maurras, lui, ne les a pas suivis. Sans vouloir s'engager du côté de l'Allemagne, en cela opposé aux collaborationnistes, il appelait néanmoins à combattre les "terroristes".

Somme toute, une grande partie de l'extrême-droite traditionnelle est restée hostile à l'Allemagne, une importante fraction refusant de s'engager en faveur de la résistance, voire en lui étant franchement hostile. Après la Libération, on a fait peu de détail : Maurras a été rangé du côté des collaborateurs. Notons toutefois qu'il n'a pas été condamné à mort. Le colonel de La Rocque n'a pas eu la même attitude. Initialement opposé à la résistance, considérant le départ de de Gaulle comme une traitrise, il s'est néanmoins lancé dans une activité de renseignement au profit du Royaume-Uni avant d'être déporté en Allemagne.

Outre la fidélité à Pétain, ont pu faire pencher du côté de la collaboration :
- l'anti-communisme : plutôt Hitler que Staline,
- l'anglophobie, les opérations de Dakar et de Mers-el-Kébir ayant notablement renforcé ce sentiment,
- la haine du "cosmopolitisme" et du capitalisme international aux mains de la "juiverie internationale" installée en Angleterre et aux Etats-Unis.


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Message Publié : 25 Mars 2015 4:07 
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Jean Mabillon
Jean Mabillon

Inscription : 07 Sep 2008 15:55
Message(s) : 2614
À toutes fins utiles

Alain Griotteray, "1940 : la droite était au rendez-vous : qui furent les premiers résistants" R. Laffont,‎ 1985,
Alain Griotteray et Jacques Soustelle," Qui furent les premiers résistants", Alphée - Jean-Paul Bertrand,‎ 2008

Un personnage peu connu :

"Fils du chantre du nationalisme, Philippe Barrès dirige un temps le groupuscule fasciste le Faisceau dans les années 1920. En 1932, il est correspondant en Allemagne pour le Matin avant d'en devenir à partir de 1935 le rédacteur en chef.
Barrès qui s'est toujours montré hostile au national-socialisme, comme en témoigne son livre Sous la vague hitlérienne, se met dès juin 1940 au service de la France libre et rédige en 1941, en exil à New York, la première biographie du général de Gaulle." (Wiki)


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Message Publié : 25 Mars 2015 11:40 
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Salluste
Salluste

Inscription : 22 Mars 2011 13:45
Message(s) : 215
Il me semble qu'il y a quatre grands thèmes qui vont déterminer, à droite, le choix entre résistance ou collaboration:

-Anticommunisme
-Antisémitisme
-Anglophobie
-Germanophobie

Le nationalisme pouvant jouer suivant qui est considéré comme l'ennemi héréditaire entre Allemagne et Angleterre.

Aigle a écrit :
À toutes fins utiles

Alain Griotteray, "1940 : la droite était au rendez-vous : qui furent les premiers résistants" R. Laffont,‎ 1985,
Alain Griotteray et Jacques Soustelle," Qui furent les premiers résistants", Alphée - Jean-Paul Bertrand,‎ 2008

....


J'ajouterai, à la liste d'Aigle "Le Peuple réveillé" d'Amouroux. Ce n'est pas le plus récent mais il doit y avoir de quoi puiser.


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Message Publié : 25 Mars 2015 15:20 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 04 Mai 2010 14:51
Message(s) : 602
Dominique Vienner "histoire crtique de la résistance
autre exemple :le parcours du colonel Groussard ,commande l'ESM en 38,à l'origine de la cagoule militaire ,anticommuniste
résistant français,rejeté par de Gaulle après la guerre.


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