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 Sujet du message : Re: Hitler et Napoléon
Message Publié : 20 Avr 2016 17:02 
bourbilly21 a écrit :
Hélas, que n'avons-nous un Drouet spécialiste du 20ème siècle...
En cherchant Napoléon dans Mein Kampf je trouve :
Adolf Hitler a écrit :
C’est ainsi que, lorsque l’Espagne et la Hollande eurent été anéanties comme grandes puissances maritimes, l’État anglais concentra toutes ses forces contre les visées dominatrices de la France, jusqu’à ce qu’enfin la chute de Napoléon Ier eut fait disparaître le danger que présentait pour l’Angleterre l’hégémonie d’une puissance militaire qu’elle redoutait particulièrement.
Adolf Hitler a écrit :
Lorsque le Français mit ses menaces à exécution et finit par avancer, d’abord avec beaucoup de prudence et de timidité, dans la région minière de la Basse-Allemagne, l’heure qui venait de sonner à l’horloge du destin était décisive pour l’Allemagne. Si, à ce moment, notre peuple avait adopté une attitude autre que celle qu’il avait observée jusqu’alors, la région allemande de la Ruhr aurait pu devenir pour la France ce que Moscou avait été pour Napoléon.
Et c'est tout...


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 Sujet du message : Re: Hitler et Napoléon
Message Publié : 20 Avr 2016 18:19 
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Jean Froissart
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Le discours d’Hitler a la particularité très spécifique de galvaniser l’ennemi en renforçant sa capacité de résistance. L’ennemi n’a pas le choix, il ne peut que gagner pour survivre. C’est un enseignement qu’il n'a pu tirer de l’expérience de Napoléon, et probablement d'autres conquérants.
Rien de tel qu'Hitler pour galvaniser les troupes ennemies, on sait pourquoi on risque sa vie.


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 Sujet du message : Re: Hitler et Napoléon
Message Publié : 20 Avr 2016 19:23 
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Marc Bloch
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bourbilly21 a écrit :
Hélas, que n'avons-nous un Drouet spécialiste du 20ème siècle...
Il nous sortirait un florilège d'(éventuels) propos tenus par Hitler sur Napoléon !



Hormis les quelques éléments que j’ai pu fournir au début de ce fil, je n’ai malheureusement pas grand-chose d’autre sous la main...
Quelque chose me dit cependant qu’il ne doit pas exister grand-chose sur d’éventuelles déclarations admiratives du führer sur l’Empereur, sans quoi les antinapoléoniens, si prolixes quand il s’agit de prétendre qu’Hitler est le successeur de Napoléon, en auraient fait de toute évidence leurs choux gras.



Plus haut, j’ai évoqué le film de propagande nazie "Kolberg" où les ennemis sont incarnés par les Français.

Dans un autre registre, on peut citer « Hundert Tage » (Les Cent-Jours), film allemand de Wenzler sorti en 1935.
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L’œuvre en question était inspirée de la pièce de théâtre italienne « Campo di Maggio » (Le Champ de mai), de Forzano, sortie en 1930.
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Le Duce en fut présenté comme l'inspirateur. J’ignore le degré de son implication. Ladite pièce fut jouée pour la première fois en Allemagne en février 1932 à Weimar. Hitler était présent.
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« Campo di Maggio » fut ensuite adapté au cinéma, la même année que la version allemande.
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Pour revenir à Hundert Tage, on peut préciser que le rôle de Napoléon était joué par Werner Krauss. Ce n’était pas une première pour lui, puisqu’on l’avait vu jouer l’Empereur en 1929 dans le film de Lupu Pick : « Napoleon auf Sankt Helena » (Napoléon à Sainte-Hélène) qui reprenait ici le scénario abandonné à regret par Abel Gance.
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Pour visionner les deux films allemands évoqués :
Kolberg : https://www.youtube.com/watch?v=z8lTLf2oDSY
Hundert Tage : https://www.youtube.com/watch?v=3cFW2F83sBk

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 Sujet du message : Re: Hitler et Napoléon
Message Publié : 20 Avr 2016 20:18 
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Voici les propos d’Otto Abetz, ambassadeur du Reich à Paris, rapportés par la presse à l’occasion du retour des Cendres de l’Aiglon en 1940.
Ce ne sont pas des propos d’Hitler, mais ce n’est pas dénué d’intérêt :

« A aucune époque la grande figure de Napoléon n’a été plus près de nous. Il a été le précurseur de la révolution actuelle, mais on peut penser que la France, elle aussi, saura s’adapter aux conditions de la nouvelle Europe. Le duc de Reichstadt a été victime de l’esprit rétrograde qui était encore puissant, mais qui finira par être vaincu. Maintenant, le fils pourra dormir à côté du père. »
(La Croix, 17 décembre 1940)

« La grande figure européenne que fut Napoléon, ce créateur d’un grand mouvement populaire, qui devait préparer, par-dessus les oppressions auxquelles il fut en butte, les grands courants de l’Europe actuelle : le fascisme, le national-socialisme, le franquisme et, jusqu’en France, un mouvement identique, ne pouvait que faciliter le geste du Führer. »
(Le Matin, 15 décembre 1940)

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 Sujet du message : Re: Hitler et Napoléon
Message Publié : 21 Avr 2016 13:58 
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J’ai évoqué plus haut le retour de Cendres de l’Aiglon auprès de son « auguste » (dixit Hitler) père.

A ce propos, voici une légende colportée par le comte de Güell dans son « Journal d’un expatrié catalan » :
« Je veux transcrire ici une conversation que j'ai eue avec Madame de Broer, qui vient d'arriver de Paris. Je veux le faire, parce que l'assurance qu'elle m'a donnée de l'authenticité de son récit est si absolue et s'accorde si bien par ailleurs avec les nouvelles, que j'avais reçues sur le même sujet, que je suis convaincu de sa véracité. D'ailleurs quoique rien de tout cela ne se soit finalement réalisé, il est vraiment émouvant de voir que, dans certains moments graves, le destin des hommes et des peuples dépend d'un rien.
[…]
On en était là, quand la Radio et la Presse germanisées annoncèrent un geste de « compréhension » du Führer à l'égard de la France. Le Führer avait décidé de renvoyer en France les restes de l'Aiglon. Ses dépouilles seraient transférées, avec tous les honneurs impériaux, à Paris pour être placées aux Invalides, à côté du tombeau de l'Empereur. La famille Impériale, l'Héritier actuel, le Prince Napoléon, qui réside en Suisse, la Princesse Clémentine, sa mère, devaient assister à la cérémonie. En zone libre, nous avons su seulement que le transfert avait eu lieu, que l'Ambassadeur d'Allemagne avait prononcé un discours et qu'un représentant du Gouvernement avait répondu. On a su aussi que Pétain, bien qu'invité à la cérémonie, n'y avait pas assisté, et l'on apprit quelques jours plus tard la destitution de Laval et son arrestation à Vichy. Ce fut tout.
Madame de Broer m'a raconté alors ce qui suit. Elle tient ses informations de deux conseillers municipaux de Paris, qui furent avertis à minuit par la police que le complot avait échoué. Voici quel était le plan : pendant l'inhumation de la dépouille mortelle de l'Aiglon dans la chapelle, en présence du Prince Napoléon, on devait crier : « Vive l'Empereur ! » Les groupes massés à la sortie acclameraient le Prince, qui, entouré par la foule, serait conduit aux Tuileries et proclamé, par le peuple et par la municipalité de Paris. Devant cette explosion populaire, les Allemands feraient un geste spectaculaire : ils libéreraient toute la France occupée à l'exception des ports de l'Atlantique, ce qui permettrait au nouvel Empereur de déclarer la guerre à l'Angleterre. La libération de la France, le souvenir de Sainte- Hélène et la probabilité d'un succès militaire seraient suffisants pour entraîner la majorité de l'opinion française. Il paraît que c'est Langeron, chef de la police française, qui a fait échouer ce projet, qui aurait pu changer le destin de la France et probablement le destin du monde »


Le prince en question amené à être proclamé empereur aux Tuileries (les jardins ?...) était Louis-Napoléon Bonaparte, arrière petit-fils de Jérôme.
Il convient de préciser que si Louis-Napoléon fut bien invité à la cérémonie des Invalides, il déclina l’invitation.
A noter qu’en 1943, alors prisonnier des Allemands, il fut invité à collaborer. Il refusa net par ces mots : "Comment reconnaîtrais-je votre politique alors que vous occupez la France, que vos alliés et vous revendiquez ses terres de Corse, Nice et la Savoie, et que l'Alsace et la Lorraine enfin sont terres allemandes ? Trop de mes fidèles ne comprendraient plus. Je suis Français et National."

Petit rappel sur les faits et gestes du prince durant le conflit :
« Louis-Napoléon, âgé de 25 ans, rencontra à Genève, en ce funeste début d'année 1939, le colonel Barthe, un ami de Daladier, et lui remit le 15 février un lettre destinée au président du Conseil où il demandait l’autorisation de faire son service militaire en France. Né en Belgique, le prince n'oubliait en rien que son illustre nom était envers et contre tout attaché aux destinées de la France.
Devant l’absence de réponse, Louis-Napoléon reprit la plume au mois d'août suivant afin d’obtenir le droit de s’engager dans le Corps de Troupe Combattant métropolitain ou dans la Légion étrangère. La même demande fut formulée quelques jours plus tard au président de la République, puis de nouveau au président du Conseil.
Daladier lui répondit finalement le 28 septembre précisant que la loi d'exil frappant sa famille ne permettait pas de répondre favorablement à ses vœux.

Ecœuré, il décida de prendre les devants et franchit la frontière franco-suisse le 16 mars 1940. Deux jours plus tard, il se présentait à l’Intendance militaire de Vancia, dans l’Ain, et souscrivait un engagement militaire à la Légion étrangère, sous le nom de Blanchard. Son identité véritable ne tarda pourtant pas à être révélée. Daladier fut prévenu mais laissa faire.

Blanchard partit pour Marseille ; ville qu’il quitta pour Oran, le 29 mars. Il atteignit ainsi Sidi-Bel-Abbès le 3 avril pour être affecté à la compagnie de passage n°2 puis à la n°1 du 1er régiment etranger. Ce fut à Saïda, en pleine instruction, que notre légionnaire apprit la signature de l’armistice.
Le 5 septembre, à sa demande, il était rayé des contrôles et se retirait à Lausanne.

Ses prises de contacts avec les services de renseignements français en 39 lui permirent cependant de servir à nouveau la France.
Ainsi, de 1941 à décembre 1942, Louis-Napoléon accomplit des missions en métropole et à l’étranger et travailla pour le compte du BCRA de la France Libre.

Le débarquement allié en Afrique du nord le décida finalement à quitter l’Europe. Saulcet, Toulouse, Foix, Saint-Girons. Vint le passage des Pyrénées où le prince et trois camarades furent finalement cueillis par les Allemands. Transféré au fort du Hâ puis à Fresnes, Louis-Napoléon prétendit mener seulement une excursion de haute montagne. Les Nazis tombèrent dans le panneau et le libérèrent au début de l'année 1943. Il venait de passer quatre mois dans les prisons de l'ennemi.

Bien que surveillé par la Gestapo, le prince reprit contact avec la Résistance. Sous les noms de Renault ou Muller, il servit en province pour le compte de l’Organisation de Résistance Armée avant de rejoindre le maquis sous le commandement du commandant Carol. Là, il devint 2e classe puis sergent au sein de la 1ère compagnie du 17e BCP reconstitué dans la région de Châteauroux (brigade Charles-Martel).

Le 28 août 1944, alors que le maquis de la Brenne s'était résolument lancé dans la lute à outrance depuis le 15 juillet dernier, le prince Napoléon, alias Louis Monnier, échappa de peu à la mort. Sur la route de Châteauroux, accompagné de quatre artificiers FFI et de leur chef d'équipe, l’adjudant d’artillerie Léopold Linarès, il tomba dans une embuscade au sommet de la butte de Montbel (un monument commémore aujourd'hui l'affaire). Sous le feu nourri d'armes automatiques et d’un canon de 47, blessé à la jambe par un éclat d’obus, il parvint à s’échapper et à regagner le PC du bataillon. Ses cinq compagnons d’armes avaient péri.


Sorti de l’hôpital de Châteauroux, le 17 septembre, Napoléon gagna Paris où il obtint le grade de lieutenant FFI sous le nom de Louis de Montfort et fut cité à l’ordre de la division pour l’affaire du 28 août.
Le 29 octobre, il rencontra De Gaulle qui le félicita pour ses services rendus à la France.

Envoyé sur le front de Saint-Nazaire, il y reçut la croix de guerre, le 27 novembre avant de rejoindre, après un passage à l’état-major de Koenig, son affectation définitive à la 27e division alpine le 1er janvier 1945, malgré son souhait de rejoindre les rangs de la 2ème DB. Ce fut au sein de ce corps que Louis-Napoléon fêta le 8 mai.

Quatre jours plus tard, il était affecté à l’Ecole de haute montagne. Le 30 septembre 1946, le lieutenant de Montfort, décoré de la Légion le 4 février, était finalement démobilisé.

Restait la loi d'exil. Elle fut supprimée, malgré l'opposition des communistes, le 24 juin 1950. »

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 Sujet du message : Re: Hitler et Napoléon
Message Publié : 22 Avr 2016 20:14 
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bourbilly21 a écrit :
Et en abrupt résumé, Napoléon, c'est du Hitler, le racisme en moins ?


A ce propos, voici ce que l'on pouvait lire dans le numéro du Matin du 6 septembre 1940 :

"Napoléon et les juifs

-Je dois la même protection à tous les Français, et je ne puis regarder comme des Français les juifs, qui sucent le sang des véritables Français.
(Cité par A. Molé, 1806.)

-Les juifs sont de véritables nuées de corbeaux.
(Au Conseil d'Etat, avril 1806.)

-Depuis Moïse, la nation juive est constituée usurière et oppressive.
(Ibid.)

-On doit interdire le commerce aux juifs, parce qu'ils en abusent, comme on interdit à un orfèvre son état lorsqu'il fait du faux or. (Ibid.)"

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 Sujet du message : Re: Hitler et Napoléon
Message Publié : 23 Avr 2016 10:15 
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Inscription : 06 Fév 2004 7:08
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Dans un autre fil du forum, j’avais retranscrit de larges passages des déclarations napoléoniennes dont sont issues les citations choisies à dessein du Matin :

« La législation est un bouclier que le gouvernement doit porter partout où la postérité publique est attaquée. Le gouvernement français ne peut voir avec indifférence une nation avilie, dégradée, capables de toutes les bassesses, posséder exclusivement les deux beaux départements de l’ancienne Alsace : il faut considérer les juifs comme nation et comme secte ; je voudrais leur ôter, au moins pendant un temps, le droit de prendre des hypothèques, car il est trop humiliant pour la nation française de se trouver à la merci de la nation la plus vile. Des villages entiers ont été expropriés par les juifs ; ils ont remplacé la féodalité, ce sont de véritables nuées de corbeaux. On en voyait au sabbat d’Ulm, qui étaient accourus de Strasbourg pour acheter des maraudeurs ce qu’ils avaient pillé.
Il faut prévenir, par des mesures légales, l’arbitraire dont on se verrait obligé d’user envers les juifs. Ils risqueraient d’être massacrés un jour par les chrétiens d’Alsace, comme ils l’ont été souvent, et presque toujours par leur faute.
Les juifs ne sont pas dans la même catégorie que les protestants et les catholiques. Il faut les juger d’après le droit politique, et non d’après le droit civil, puisqu’ils ne sont pas citoyens.
Il serait dangereux de laisser tomber les clefs de la France, Strasbourg et l’Alsace, entre les mains d’une population d’espions qui ne sont pas attachés au pays. Les juifs autrefois ne pouvaient pas même coucher à Strasbourg ; il conviendrait peut-être de statuer aujourd’hui qu’il ne pourra pas y avoir plus de cinquante mille juifs dans le Haut et le Bas-Rhin ; l’excédent de cette population se répandrait à son gré dans le reste de la France.
On pourrait aussi leur interdire le commerce, en se fondant sur ce qu’ils le souillent par l’usure, et annuler leurs transactions passées comme entachées de fraude. »
(Séance du Conseil d'Etat du 30 avril 1806 ; Pelet de la Lozère, Opinions de Napoléon sur divers sujets de politique et d'administration)


« Vous avez examiné, me dit-il, ces affaires des juifs ? C'est grave. Je ne puis pas souffrir que tous les propriétaires d'Alsace et d'une partie de la Lorraine soient spoliés par l'usure, eux et leurs enfants. Ce serait une corne à mon front que de le tolérer davantage. Je dois la même protection à tous les Français et je ne puis regarder comme des Français ces juifs qui sucent le sang des véritables Français. Le moyen à employer est, je le sais, très difficile. Les légistes m'opposent le respect des engagements souscrits librement, quelles que soient les conséquences que ces engagements entraînent. Mais, moi, je ne vois que le résultat pratique, et si je ne faisais rien, ce résultat ici serait la spoliation d'une multitude de familles par des usuriers rapaces et sans pitié. Ce peuple juif, dont l'existence est si singulière, présente de grands problèmes à résoudre. Jusqu'à quel point des gouvernements éclairés et chrétiens pourraient-ils le relever quelque peu de son abaissement ? Puisque vous avez fait des recherches sur eux, vous devez savoir que le mal vient surtout de cette compilation indigeste appelée le Talmud, et où se trouve, à coté de leurs véritables traditions bibliques, la morale la plus corrompue dès qu'il s'agit de leurs rapports avec les chrétiens.
- Sire, interrompis-je, le Talmud, si je ne me trompe, est en effet une diffuse et volumineuse collection des commentaires de la loi fondamentale par des docteurs ou des rabbins de toutes les époques, et si quelques-uns montrent quelques lumières et quelque érudition véritable, un grand nombre est inspiré par la haine du christianisme, et on y trouve les plus indignes raffinements sur l'art d'extorquer l'argent d'autrui et de s'enrichir des dépouilles de tout ce qui n'est pas juif.
- Oui, reprit l'Empereur, cela est vrai, mais aussi pourquoi le gouvernement qui surveille l'enseignement public, laisse-t-il en dehors de cette surveillance les écoles des juifs ? Ne pourrait-on pas soumettre leurs rabbins à des examens, s'assurer qu'ils n'enseignent pas une morale que toutes les religions réprouvent et qui entretient leurs coreligionnaires dans la haine des chrétiens, en un mot épurer les rabbins dont on ferait, pour ainsi dire, un corps et une hiérarchie ? Je ne prétends pas, dit-il en finissant, dérober à la malédiction dont elle est frappée cette race qui semble avoir été seule exceptée de la rédemption, mais je voudrais la mettre hors d'état de propager le mal qui ravage l'Alsace, et qu'un juif n'eût plus deux morales différentes, l'une dans ses rapports avec ses frères, l'autre dans ses rapports avec les chrétiens. »
Je me permis ici de répondre, que cette malédiction que l'Empereur venait de rappeler, pourrait bien mettre un point d'arrêt à ses nobles vues sur l'amendement des juifs, que, dans mon opinion cependant, il y avait quelque chose à faire et quelque chose à obtenir. Alors il me fit le signe par lequel il congédiait. »
(Noailles, le comte Molé 1781-1855 Sa vie – ses mémoires))


« On me propose d'expulser les juifs ambulants qui ne justifieront pas du titre de citoyens français, et d'inviter les tribunaux à employer contre l'usure leur pouvoir discrétionnaire; mais ces moyens seraient insuffisants. La nation juive est constituée, depuis Moïse, usurière et oppressive ; il n'en est pas ainsi des chrétiens: les usuriers font exception parmi eux et sont mal notés. Ce n'est donc pas avec des lois de métaphysique qu'on régénérera les juifs; il faut ici des lois simples, des lois d'exception; on ne peut rien me proposer de pis que de chasser un grand nombre d'individus qui sont hommes comme les autres; la législation peut devenir tyrannique par métaphysique comme par arbitraire. Les juges n'ont point de pouvoir discrétionnaire; ce sont des machines physiques au moyen desquelles les lois sont exécutées comme l'heure est marquée par l'aiguille d'une montre : il y aurait de la faiblesse à chasser les juifs; il v aura de la force à les corriger. On doit interdire le commerce aux juifs, parce qu'ils en abusent, comme on interdit à un orfèvre son état lorsqu'il fait du faux or. La métaphysique a égaré le rapporteur au point de lui faire préférer une mesure violente de déportation à un remède plus efficace et plus doux. Cette loi demande à être mûrie; il faut assembler les états-généraux des juifs, c'est-à-dire en mander à Paris cinquante ou soixante, et les entendre; je veux qu'il y ait une synagogue générale des juifs à Paris, le 15 juin. Je suis loin de vouloir rien faire contre ma gloire et qui puisse être désapprouvé par la postérité, comme on me le fait entendre dans le rapport. Tout mon conseil réuni ne pourrait me faire adopter une chose qui eût ce caractère; mais je ne veux pas qu'on sacrifie à un principe de métaphysique et d'égoïsme le bien des provinces. Je fais remarquer de nouveau qu'on ne se plaint point des protestants ni des catholiques comme on se plaint des juifs ; c'est que le mal que font les juifs ne vient pas des individus, mais de la constitution même de ce peuple: ce sont des chenilles, des sauterelles qui ravagent la France.»
(Séance du Conseil d'Etat du 7 mai 1806 ; Pelet de la Lozère, Opinions de Napoléon sur divers sujets de politique et d'administration)


On pourrait ajouter d’autres éléments comme ce passage de la lettre que Napoléon écrivit à Jérôme, le 6 mars 1808 :
« J’ai entrepris l’œuvre de corriger les Juifs ; mais je n’ai pas cherché à en attirer de nouveaux dans mes Etats. Loin de là, j’ai évité de faire rien de ce qui peut montrer de l’estime aux plus misérables des hommes. »




Il convient cependant de nuancer les propos et de rappeler, qu’au final, la politique napoléonienne, malgré le caractère discriminatoire de certaines mesures, visait, dans un souci d’ordre public, à l’assimilation des Juifs à la nation française ; rappel que se garde bien de faire un journal antisémite comme le Matin.

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 Sujet du message : Re: Hitler et Napoléon
Message Publié : 24 Avr 2016 14:46 
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Drouet Cyril a écrit :
« Vous avez examiné, me dit-il, ces affaires des juifs ? C'est grave. Je ne puis pas souffrir que tous les propriétaires d'Alsace et d'une partie de la Lorraine soient spoliés par l'usure, eux et leurs enfants.

Curieux, cette affaire. Cyril, sauriez-vous pourquoi il y avait un problème spécifique avec les usuriers en Alsace ? (si c'est le cas.)

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 Sujet du message : Re: Hitler et Napoléon
Message Publié : 24 Avr 2016 16:34 
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 Sujet du message : Re: Hitler et Napoléon
Message Publié : 24 Avr 2016 18:16 
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Drouet Cyril a écrit :

D'accord. Merci à vous.

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 Sujet du message : Re: Hitler et Napoléon
Message Publié : 07 Jan 2018 18:25 
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Salluste
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Localisation : Helvétie
L'auteur parle d'une comparaison militaire entre Napoléon et Hitler qui allèrent tous les 2 en Russie et on vient parler de politique et d'idéologie. Quand on parle d'une guerre qui implique les Romains je ne dis pas "Ils ont commis des massacres et fait combattre des gladiateurs juste pour voir couler le sang", je parle de la guerre qui implique les romains.

Je ne sais pas si Hitler avait Napoléon en tête quand il alla en Russie. Je sais en tout cas que Napoléon n'avait pas Voltaire en tête lorsqu'il a écrit "Il suffit de regarder Charles XII pour être guéri de la maladie des conquêtes".

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"Malheur aux vaincus !"
"L'amitié est une âme en deux corps" Aristote
"Nertom volutom que, etsi snis karamose"


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 Sujet du message : Re: Hitler et Napoléon
Message Publié : 09 Jan 2018 12:49 
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Hérodote
Hérodote

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Message(s) : 6
Pour revenir à la question, il est probable que les allemands avaient en tête 1812 (mais plutôt en termes d'erreurs à ne pas faire), mais plus probablement 1917-1918.
Ils avaient vaincu les russes, malgré l'existence d'un second front (qui n'existe pas en 1941). Et il ne faut pas oublier que les russes n'apparaissent pas comme des foudres de guerre, il n'y a qu'à voir leurs difficultés en Finlande.


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 Sujet du message : Re: Hitler et Napoléon
Message Publié : 10 Jan 2018 3:41 
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Grégoire de Tours
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fifi51 a écrit :
Et il ne faut pas oublier que les russes n'apparaissent pas comme des foudres de guerre, il n'y a qu'à voir leurs difficultés en Finlande.

Et il ne faut pas oublier non plus que la vision raciste des nazis les aveugle toujours et pollue leur rationalité: même à équipement égal, un slave ne peut pas valoir un germain.
ça, plus la propagande (car une bonne propagande passe nécessairement par une solide dose d'auto-conviction): les allemands sont mûrs pour pécher par présomption.
L'intensité et la longueur de la campagne de Russie montrent bien qu'il y avait effectivement de la puissance sous le pied.
Pas au point de gagner jusqu'au dernier point du dernier set, mais les Russes ont du aller chercher très loin dans toutes leurs ressources pour résister et finalement l'emporter.
Je pense que l'effort russe consenti face à Hitler est incomparable par rapport à la résistance qu'a rencontré Napoléon.


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