Pour éviter de perdre du temps dans d’inutiles polémiques, voici quelques photos pour répondre à la question: la présence d’agents du Secret Service sur les marchepieds à l’arrière de la limousine et de motards sur les flancs de celle-ci était-elle automatique dans les cortèges présidentiels ?
Novembre 1963 à Miami:

Juin 1963 à Hawaii:


Mars 1963 avec Hassan II à Washington:

Tonnerre a écrit:
Sur la question de changements dans le placement du personnel de sécurité présidentiel à Dallas, vous dites qu'aucun changement n'a été effectué, ceci sur la base de plusieurs témoignages.
Il est très désagréable de voir ses propos constamment déformés. J’ai dit (relisez-moi) qu’en ce qui concerne l’absence d’agents du SS sur les marchepieds à l’arrière de la limousine, c’était sur demande de Kennedy (ce qui ne veut d’ailleurs pas dire qu’il ait expressément formulé cette demande le 22 novembre à Dallas - sans doute que non - mais qu’il en avait déjà exprimé le désir à l’occasion d’autres parades) et pour ce qui est des motards aux cotés de la limousine, il n’y avait pas de directives immuables.
Je n’ai jamais nié que le positionnement du personnel de sécurité ait été différent à Houston et à Dallas puisque tous les témoignages le confirment. Simplement je pense qu’il n’y a pas lieu d’en faire un fromage et qu’il n’y a là, en fonction des pratiques de l’époque, rien de bien anormal. Je n’ai pas trouvé de photo de la parade de Houston mais sur
celle-ci lors du voyage à Berlin, on voit que des agents avaient pris place sur les marchepieds (étant à l’étranger, le cas est certes un peu différent). Que le SS ait failli dans sa mission de protection du Président, c’est une évidence puisque Kennedy s’est fait flinguer mais de là à faire de ses agents les instigateurs ou les complices d’un complot, il y a un pas que franchit allégrement Vince Palamara (c’est son obsession et sa part de marché) dans lequel il me semble raisonnable de ne pas s’engager en l’absence d’indices autrement plus convaincants. On peut ajouter que des motards situés sur le flanc de la limousine n’auraient pas changé le cours de l’histoire puisque l’autopsie a démontré que les deux balles qui ont atteint mortellement Kennedy ont été tirées par derrière.
Citation:
Mais surtout, j'ai commandé ce livre parce qu'il a obtenu dans l'ensemble d'excellentes critiques dans la presse US. Vous me dites, sans l'avoir lu, que ce n'est pas un ouvrage sérieux. Sans vouloir vous offenser, j'aurais tendance à considérer que l'avis des critiques--professeurs de grandes universités américaines, journalistes, auteurs d'autres livres sur JFK--qui ont pris la peine de le lire et qui l'ont apprécié a plus de poids que le vôtre.
Je ne sais plus qui croire, certains conspirationnistes se plaignent que les grands médias américains ont soigneusement évité ce bouquin :
http://groups.google.com/group/alt.conspiracy.jfk/msg/2f62230f9892fa3eCitation:
le moins qu'on puisse faire lorsqu'on se pique de s'intéresser à l'histoire avec sérieux est de les lire tous, et de ne pas se cantonner dans une attitude "mon siège est fait, je n'ai plus rien à apprendre".
Lire tous les livres sur l’assassinat de JFK ? Il y en a plus de 2000 rien qu’en langue anglaise et les rotatives continuent de tourner. Avec une moyenne de plus d’une quarantaine de titres par an, je défie quiconque de l’avoir fait à commencer par les auteurs conspis. L’affaire Kennedy est devenue un business, une industrie, la foire aux charlatans comme le déplorait Pierre Salinger ou encore plus amèrement John-John, le fils de Jack. Dans le même ordre d’idée, pensez-vous qu’il faut avoir lu tous les bouquins et vu tous les films sortis sur le 11 septembre pour savoir ce qu’il s’est passé ? Ou que certains nous suffisent amplement pour en éviter d’autres ?
L’avantage du succès médiatique de l’affaire JFK est que sont disponibles sur le net tous les rapports officiels et leurs annexes, l’ensemble des témoignages, la quasi-totalité des documents déclassifiés, les mémos du FBI et de la CIA, les archives de la police de Dallas, etc. Sans compter que les témoignages inédits (voire les nouvelles informations mais elles sont rares) recueillis ici ou là par des journalistes ou des auteurs sont toujours abondamment commentés, soit dans des articles, soit sur des forums. C’est pratique: pas la peine de courir les bibliothèques et de se déplacer aux Archives nationales. Peut-être que ma démarche manque à vos yeux de sérieux mais après avoir nagé, voire coulé, quelque temps dans cette affaire (passablement intoxiqué depuis l’enfance, je croyais moi aussi à un complot), j’ai décidé de ne plus me contenter de livres mais de toujours remonter à la source des documents cités pour savoir quelle interprétation les auteurs en faisaient afin de me bâtir ma propre opinion en fonction des évidences disponibles tout en chassant les extrapolations hâtives, les spéculations oiseuses, les inévitables rumeurs et les innombrables mensonges. Et connaissant Dallas, je n’ai pas éprouvé le besoin d’y retourner même si je ne l’exclue pas dans un avenir plus ou moins proche. Simplement je n’ai jamais cherché à me mettre dans la peau d’un historien (juste amateur de cette discipline, je n’ai pas cette prétention) mais dans celle d’un juré lambda d’une affaire criminelle qui a accès au dossier judiciaire, évalue les éléments à charge ou à décharge, s’évertue à comprendre le discours des experts, écoute ou lit les arguments et plaidoiries des uns et des autres et doit au final forger son intime conviction en son âme et conscience.
Me croyant sans doute en salle de délibération, je réagis parfois trop vertement. Je ne prétend pas n’avoir plus rien à apprendre ou qu’il n’y a plus rien à découvrir (par exemple pourquoi l’antenne de la CIA à Mexico a-t-elle envoyé une photo aussi peu ressemblante dont elle a prétendu qu’il s’agissait d’Oswald sortant de l’ambassade soviétique) mais je m’insurge quand je vois les mêmes ragots toujours colportés (par exemple l’histoire de l’imposteur alors qu’il est établi qu’Oswald s’est bien rendu à l’ambassade soviétique à Mexico à moins de croire que les trois membres du KGB qui faisaient office de personnel aient été de si piètres physionomistes pour ainsi se tromper). C’est pour cela et parce que j’ai trop l’habitude des effets d’annonce que je vous ai demandé, trop abruptement je le conçois, les références de ces soi-disant nouveaux documents déclassifiés que Douglass prétend dévoiler dans son bouquin. Juste pour aller moi-même vérifier ce dont il retourne et savoir si l’acquisition de ce livre vaut vraiment le coup. Il se trouve que ni votre résumé et encore moins la critique de Jim Di Eugenio (encore un fameux auteur de cette drôle de communauté) ne m’ont convaincu, bien au contraire. Pour moult raisons.
A propos du
"baby sitter" (il me semblait que dans le jargon des agences, un
baby-sitter désigne plutôt un garde du corps qu’un agent traitant mais c’est sans importance), je me suis sans doute mal exprimé et du coup, vous m’avez mal compris. Je vous demandais seulement le patronyme (ou à défaut son acronyme) de cet agent de la CIA qui aurait chapeauté LHO. Car si elle était vérifiée, l’info serait énormissime bien qu’l faudrait de nombreux recoupements pour pouvoir la valider. Peut-être est-ce David Atlee Phillips, l’un des responsables de JM/WAVE, puisque c’est le nom qui revient le plus souvent ? C’est juste une question que je vous pose, un renseignement sur le livre de Douglass, sans aucune animosité.
Citation:
tout n'est pas non plus à prendre comme parole d'Evangile dans le rapport Warren
Personne et surtout pas moi ne dit que le Rapport Warren est parfait. Gerald Posner a d’ailleurs démontré dans
Case closed que la Commission s’est trompé (pas à son avantage) dans l’ordre des trois tirs et dans le timing de ceux-ci. Il n’empêche que je pense qu’elle a eu raison sur l’essentiel: l’assassinat de Kennedy n’est pas l’œuvre d’un prétendu complot mais d’un seul homme, Lee Harvey Oswald qui a aussi tué l’agent de police Tippit. Et que Jack Ruby a descendu Oswald sur une mauvaise impulsion et sans réelle préméditation. J’en suis heureux pour Earl Warren, un homme de bonne volonté et beaucoup plus respectable que ses critiques les plus féroces dont cet homophobe menteur et corrompu de Jim Garrison qui a réussi, par un procès absurde, à ruiner la vie d’un innocent: Clay Shaw.
En ce qui me concerne, souffrez que cette conviction ne soit point le fruit d’un quelconque sentiment religieux mais d’un examen aussi sincère que possible des faits établis. Perso j’ai lu une petite centaine de livres sur l’affaire JFK (je n’en tire aucune gloriole, d’autres en ont lu bien plus que moi) et surtout des tas et des tas de documents disponibles (il est évident que dans la masse, j’en ai loupé un certain nombre mais il suffit que l’on m’en indique les références pour que je m’y colle). Il est possible que je me trompe mais je ne crois pas que les archives encore non déclassifiées nous apprendrons grand-chose de neuf en ce qui concerne le crime (peut-être sur la politique ou les relations de JFK et les actions clandestines de la CIA envers Castro mais c’est un autre problème) d’autant qu’en vertu du JFK Act, les membres de l’ARRB ont eu accès à la plupart des documents qu’ils désiraient.
Pour conclure sur un conseil de lecture, je ne saurai trop vous recommander si vous ne l'avez déjà lu
Reclaiming History de Vincent Bugliosi qui a étudié cette affaire durant une vingtaine d’années. Avec ses 1600 pages (en petits caractères) et ses 1000 pages de notes (contenues sur un cd-rom), il s’agit sans aucun doute à ce jour de l’ouvrage le plus complet sur l’affaire. Sorti en 2007, il a fait l’objet de critiques élogieuses dans les grands médias américains et même (tant les journalistes français, à l’inverse de leurs homologues américains beaucoup mieux avertis, sont eux des croyants du complot) sur certains sites d’information hexagonaux comme
Rue89:
http://www.rue89.com/cohen/assassinat-de-kennedy-la-theorie-de-la-non-conspirationMalheureusement, ce bouquin risque de ne jamais être traduit en français pas plus que le
Case closed de Gerald Posner (sorti en 1993 à la suite du succès du film d’Oliver Stone) ou
The JFK Myths de Larry Sturdivan (qui s’attache uniquement aux preuves scientifiques) pour la simple et bonne raison qu’il n’est pas très vendeur et beaucoup moins spectaculaire dans le sens hollywoodien du terme de défendre la thèse d’un assassin solitaire contre celle du complot ourdi par je ne sais quelle force obscure. Laquelle ? Un peu d’humour ne faisant de mal à personne,
The Onion, un journal satyrique que vous connaissez sans aucun doute nous offre quelques pistes à explorer:

@ bruyerois ; Marina Prusakova était la nièce non pas d’un officier du KGB mais du MVD et plus surprenant encore, elle n’a demandé la nationalité américaine qu’après la chute du Mur de Berlin. Mais cela fait longtemps que la jeune femme d’origine russe timide et peu sûre de son vocabulaire qui répondait d’une manière gauche aux membres de la Commission Warren a fait place à une businesswoman très au fait des pratiques de son pays d’adoption. Aujourd’hui et au grand dam de tous les auteurs, Mme Porter fait payer très cher toutes ses interviews...
En ce qui concerne la défection d’Oswald, vous pouvez vous reporter à l’une des annexes du HSCA ,
The defector study (11 cas étudiés sur 380 recensés entre 1958 et 1964) et pour tenter de s’imprégner de la psychologie du personnage, lire l’enquête de Norman Mailer traduite en français sous le titre
Oswald un mystère américain. Vous y trouverez quelques réponses à vos questions.