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 Sujet du message : Re: Choc microbien en Amérique
Message Publié : 30 Avr 2018 15:34 
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Salluste
Salluste
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Inscription : 16 Déc 2006 15:45
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Et ce jusqu'à des dates récentes. En 1894, lors de l'expédition de Madagascar, les troupes françaises perdirent 40% de leurs effectifs à cause de maladies (paludisme, ...), alors qu'ils avaient de la quinine et une pharmacopée bien plus développée qu'à la renaissance. Quitter sa région (climatique) a été très dangereux pendant longtemps.

Et les conquistadors ont aussi endurés un choc microbien (bien que plus faible), notamment lors des expéditions en Amazonie.
Bref, il vaut mieux rester chez soi :mrgreen:


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 Sujet du message : Re: Choc microbien en Amérique
Message Publié : 30 Avr 2018 17:24 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 23 Déc 2010 13:31
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Narduccio a écrit :
Sur le plan bactériologique comment se situent les diverses populations qui vont se rencontrer suite à la découverte des Amériques en 1492 ? D'un coté, il y a les habitants de l'Ancien-Monde, ils vivent dans un monde "intégré" où animaux de ferme et humains vivent en contact réguliers, voire continus. Le réservoir est immense et couvre 3 continents qui ont des écologies très différentes. De plus, des vagues épidémies ont sélectionné les individus résistants aux divers microbes qui circulent..

Notamment la Peste noire du quatorzième. Les survivants, entre 50% et 70% de la population, sont, vraisemblablement, les plus résistants alors que les plus faibles ont du, en très grande majorité, disparaître. C'est donc une population de l'Ancien Monde qui a été "écrémée" par la Peste noire qui entre en contact avec une population semblable à celle précédant la Peste noire. Certes, ce sera surtout la variole qui va décimer les populations amérindiennes mais nous avons bien deux populations qui ont une résistance biologique très certainement différente.


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 Sujet du message : Re: Choc microbien en Amérique
Message Publié : 30 Avr 2018 17:48 
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Modérateur
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Inscription : 20 Déc 2008 14:01
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Localisation : Berry
A priori, la peste justinienne du VIe siècle a été encore plus virulente que la Peste noire du XIVe.

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 Sujet du message : Re: Choc microbien en Amérique
Message Publié : 30 Avr 2018 17:55 
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Polybe
Polybe

Inscription : 13 Nov 2017 0:13
Message(s) : 70
A ce sujet, il y a eu récemment une interaction assez drôle entre le romancier Douglas Preston et notre académicien Jean-Christophe Rufin, qui est également médecin. Preston venait présenter son livre, et il dit une énormité: les viols des femmes indiennes d'Amérique par les conquistadors auraient permis aux enfants nés de ces viols de développer une immunité contre ces maladies importées, et donc de survivre. Réponse de Rufin sur le plateau: bizarre, car la syphillis, le lechmaniose, trépanomatose et variole n'ont pas d'immunité. Donc les conquistadors ont apporté la maladie, mais n'ont certainement pas transmis les anticorps. Avant les vaccins, les Européens mouraient eux aussi de ces maladies.


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 Sujet du message : Re: Choc microbien en Amérique
Message Publié : 30 Avr 2018 21:06 
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Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 27 Déc 2013 0:09
Message(s) : 1338
Les Européens n'ont pas eu à affronter de maladies particulièrement dangereuses pour eux sur le continent américain, mais il en a été tout autrement en certaines régions d'Asie et d'Afrique. Cela explique d'ailleurs la colonisation tardive de l'Afrique sub-saharienne.

https://www.cairn.info/revue-annales-de-demographie-historique-2007-1-page-13.htm :

Contrairement à ce que laisserait croire le terrible choc microbien subi par le continent américain, les maladies épidémiques ne jouent pas partout à l’avantage des Européens. Ce n’est qu’en Amérique et dans le Pacifique que les germes eurasiens facilitent la conquête coloniale. En revanche, dans un grand nombre de régions d’Asie et d’Afrique sévissent le paludisme, le choléra et la fièvre jaune, maladies tropicales contre lesquelles l’Européen du xviiie et du xixe siècle est dépourvu d’immunité naturelle ou acquise. Les « fièvres » et le « climat pestilentiel » des tropiques sont des obstacles à la pénétration et à l’implantation européenne en Asie méridionale et du Sud-Est, en Insulinde, au Maghreb, en Afrique noire, et, une fois ces maladies propagées par le trafic maritime transatlantique, dans les Caraïbes et dans certaines zones du « Nouveau Monde ».

...

La rencontre des premiers Européens, s’aventurant sous les tropiques, avec un milieu pathologique inconnu a des effets effrayants. Fièvres, dysenteries, insectes agressifs rendent désastreuses, sur le plan sanitaire, les premières tentatives d’établissement des Européens dans les Caraïbes, en Asie et en Afrique.

Les Caraïbes sont au xviie siècle un véritable mouroir. Les Européens s’installant dans la région et les esclaves africains qui y sont déportés voient leur espérance de vie chuter de façon dramatique. Si bien que le renouvellement des populations européenne et africaine ne peut être assuré que par un flot continu de nouveaux immigrants. Le tableau n’est pas différent en Asie. Batavia (Djakarta) passe jusqu’au xixe siècle pour être le cimetière des Hollandais. Durant la première moitié du xixe siècle, les maladies réduisent, en l’espace de huit ans, à moins de la moitié le nombre de recrues britanniques arrivant en Inde. Au Maghreb, la situation n’est guère meilleure. Dans les années 1840, un général français relève ironiquement que le seul domaine dans lequel l’Algérie enregistre une croissance est les cimetières.

Mais dans l’histoire de l’expansion européenne aucune région ne réussit à ravir à l’Afrique occidentale son titre de « tombeau de l’homme blanc ». Entre la fin du xviie siècle et le début du xviiie siècle, la mortalité des Européens résidant dans les ports négriers des côtes occidentales africaines peut atteindre 800-900 ‰. Sur dix hommes blancs arrivant dans la région, six succombent durant la première année de résidence, deux autres meurent entre la deuxième et la septième année, un seul en réchappe. Sur le sort du dixième homme, les statistiques restent muettes (Davies, 1975 ; Feinberg, 1974). Jusqu’aux années 1840-1850, la moitié des Européens en poste dans les lieux d’embarquement des esclaves continue de mourir durant la première année de résidence (Curtin, 1969, 282).


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 Sujet du message : Re: Choc microbien en Amérique
Message Publié : 03 Juil 2018 11:42 
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Jules Michelet
Jules Michelet
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Inscription : 15 Mai 2005 12:40
Message(s) : 3386
ThierryM a écrit :
Narduccio a écrit :
Sur le plan bactériologique comment se situent les diverses populations qui vont se rencontrer suite à la découverte des Amériques en 1492 ? D'un coté, il y a les habitants de l'Ancien-Monde, ils vivent dans un monde "intégré" où animaux de ferme et humains vivent en contact réguliers, voire continus. Le réservoir est immense et couvre 3 continents qui ont des écologies très différentes. De plus, des vagues épidémies ont sélectionné les individus résistants aux divers microbes qui circulent..

Notamment la Peste noire du quatorzième. Les survivants, entre 50% et 70% de la population, sont, vraisemblablement, les plus résistants alors que les plus faibles ont du, en très grande majorité, disparaître.

Une épidémie qui sévit dans une population fragilisée fait plus de morts, ce fut le cas de la Peste noire qui apparaît en pleine guerre de cent ans... mais avant d'être une histoire de plus forts et de plus faibles c'est également et surtout une histoire de variabilité génétique avec des populations portant des mutations qui leur permettront de résister bien plus que d'autres. Les marqueurs génétiques de résistance à la Peste sont encore dans nos gènes.

https://www.franceculture.fr/emissions/ ... -genetique

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