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Message Publié : 11 Juin 2015 12:02 
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Hérodote
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Bonjour,
je souhaite connaitre s'il existe vraiment des liens entre la famille Noailles, La Fayette et notre maison familiale à Saint-Germain-en-Laye. J'espère que c'est un sujet approprié pour ce forum, sinon j'en suis désolé.
La maison actuelle est un hôtel particulier datant du 18 ème, au bout de la rue d'Alsace, donnant sur le parc du chateau, et qui a subi maintes modifications depuis son origine en 1763. A l'origine l'Hôtel d'Ayen aurait été construit par Le Duc de Noailles, Gouverneur de St G, pour son fils le Duc d'Ayen. Celui-ci a eu une fille, Adrienne, qui épousa Le Marquis de La Fayette. L'hôtel particulier a probablement été sévèrement endommagé durant le révolution. On nous a déja dit dit que Lafayette a vécu dans la maison ou qu'il a passé du temps dans la maison mais nous n'en savons pas plus. Il y a un buste sur la façade et nous ne savons pas de qui...
Si qq'un pouvait nous apporter des informations nous serions très contents.
Merci


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Message Publié : 22 Juin 2015 20:11 
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Eginhard
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Bonsoir,

De quel numéro de la rue d'Alsace parlez-vous ? Le numéro 1 e(tout au bout, côté château) est une belle maison bourgeoise, mais indéniablement XIXe. Le 31 de la place Detaille est l'ancienne maison du portier de l'hôtel de Noailles, construite en 1766, mais elle a été très transformée au XIXe. Elles ont été construites sur l'emplacement du parc et des communs de l'hôtel de Noailles, situé au niveau des 10 et 11, qui a été vendu par lots comme bien national. Le percement de la rue d'Alsace en 1836 (et pas à la Révolution) a bouleversé la topographie du quartier.

_________________
Ira principis mors est


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Message Publié : 23 Juin 2015 7:57 
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Hérodote
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Inscription : 11 Juin 2015 10:39
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La maison se situe au 30 rue de Pontoise, à l'entrée du parc, avec grande façade sur la rue de Pontoise.
On voit dans les plans de 1760-70 un hôtel particulier figurer. Nous avons vu des plans de cet hôtel. Nous imaginons qu'il avait été détruit durant la révolution. La maison actuelle aurait été reconstruite début 19eme - gardant la partie 'carrée' des trois autres pavillons sur la Place Detaille et puis agrandi plusieurs fois en 19eme et 20eme. Les parents d'Adrienne de Noailles auraient pu y habiter jusqu'à la révolution...? Merci de vos idées et informations.


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Message Publié : 01 Nov 2015 2:35 
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Plutarque
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Bonjour, ash! Est-ce que le 30 rue de Pontoise peut-être le lieu de l'ancien hôtel d'Aumont ou de Vendôme? J'ai une photo d'une pièce d'une vieille carte de Saint-Germain-en-Laye, et sur cette carte l'hôtel d'Aumont est juste à l'est de l'hôtel de Noailles. Je vois aussi la propriété de l'ancien hôtel de Vendosme (peut-être Vendôme--l'écriture est trop petite pour mes yeux) juste à l'est de l'hôtel d'Aumont, de l'autre côté d'une rue (peut-être la rue Pontoise). Je crois que Louis de Noailles a acquis l'hôtel d'Aumont et l'a détruit pour agrandir sa propriété. À sa place, il a posé l'entrée de l'hôtel de Noailles et une écurie.

Aussi, j'ai une livre dans lequel j'ai trouvé une "Liste Générale des Habitants" de Saint-Germain-en-Laye en l'an 1848 quand il était publié (pages 102-126). Je sais que l'an 1848 est après l'époque du marquis de La Fayette, mais peut-être ce livre peut vous donner des indices pour la recherche.

Dans ce livre je vois une entrée pour "Quentin de Villiers, propriétaire, rue de Pontoise, 30" (page 122). Je ne sais pas si les anciens numéros d'adresse sont les mêmes aujourd'hui.

Aussi, ce livre contient une chapitre au sujet des anciens hôtels (pages 274-279). Il fait mention de l'hôtel de Vendôme était rue de Pontoise, 26.

Et il y a une bonne description de l'hôtel de Noailles (pages 63-66):

L'hôtel de Noailles, bâti pour le maréchal duc Maurice de Noailles(1), gouverneur de la ville et du château de Saint-Germain, sur la fin du xviie siècle, par Jules-Hardouin Mansard , l'architecte du château de Versailles et de l'hôtel des Invalides de Paris , était, à l'époque de sa splendeur , l'une de ces belles habitations de grands seigneurs, qui ressemblaient presque à des maisons royales par leur richesse et par le style grandiose de leur construction. Cet hôtel, situé alors entre la ville, dont il était séparé par la rue de Noailles et la forêt de Saint-Germain, fut vendu pendant la révolution à M. Bézuchet, ensuite partagé par lots et revendu à des particuliers : il n'en reste plus guère que l'orangerie et les deux corps de logis , réunis autrefois par une belle galerie de passage , qui fut détruite pour continuer la rue actuelle, dite de Louis-Philippe, jusqu'à la route de Poissy.

Son entrée, fermée par une belle grille aux armes de Noailles(de gueules à la bande d'or), s'ouvrait en demi-lune sur la place de Pontoise en face de l'une des grilles du Parterre. Cette entrée, d'un grand style, était ornée de vases sculptés en pierre, dont plusieurs ont été conservés jusqu'à nos jours.

La première cour était couverte de deux tapis de gazon et plantée de plusieurs allées de marronniers. An bout de cette avenue, une seconde grille la séparait de la cour d'honneur, d'où l'on entrait directement à l'hôtel par un beau péristyle décoré, dans le goût du temps, de groupes d'enfants et de trophées d'armes qui existent encore.

Ce péristyle conduisait, à droite, aux grands appartements et à la chapelle; à gauche, au corps de logis destiné aux hôtes du maréchal et aux gens de service , qui avait une sortie sur la rue de Noailles. Le pavillon de droite renfermait, outre les appartements habités, une galerie vitrée où l'on admirait, l'histoire de Tobie , de Parrocel d'Avignon, remplacée dans la suite par de beaux paysages d'Hubert Robert , le peintre des Catacombes de Rome, dont l'abbé Delille a si heureusement raconté, dans son poème de l'Imagination (ch. iv), l'aventure dramatique. Une glace placée vis-à-vis de la porte extérieure de cette galerie réfléchissait la vue de la forêt de Saint-Germain et laissait apercevoir, au bout d'une longue allée, la perspective du joli château du Val.

"Cette belle habitation , dit un voyageur qui a visité Saint-Germain en 1830, avant que l'hôtel et le parc de Noailles fussent devenus un nouveau quartier de la ville, cette belle habitation, aujourd'hui en vente, appartenait au célèbre acquéreur de châteaux, Bézuchet.... Son absence ne m'a pas permis de visiter l'intérieur, dont il emportait toujours les clefs avec lui... Un vaste parc de quatre-vingt-deux arpents, distribué en jardin anglais avec le goût particulier qui caractérisait le maréchal de Noailles, formait l'agrément spécial de sa maison de plaisance.... Il y avait amené des eaux qui l'animaient et l'embellis saient; il les avait semées d'îles et peuplées d'animaux aquatiques, comme il avait peuplé de statues et parsemé de bosquets, de rochers, d'allées tortueuses, de chaumières et d'ornements de toute espèce l'immense étendue du parc... Mais le temps a tout dévasté, et l'on ne se douterait pas même, continue notre voyageur, qu'il y en ait jamais eu. Des masures tombant en ruines indiquent d'anciens ermitages, d'anciens pavillons, d'anciens moulins à vent, d'anciennes chaumières, etc. Une vieille tour, en forme de vieux tronc d'arbre parfaitement imité, et frappée aujourd'hui d'une vieillesse réelle, laisse voir dans son état de décrépitude les moyens artificiels auxquels elle devait le secret de sa ressemblance, et c'est encore ce que j'ai trouvé de moins détruit dans cet enclos."(2)

Tel était l'état de ce parc que nous avons vu dans toute sa beauté. On y remarquait une foule d'arbres étrangers et curieux, entre autres un beau hêtre rouge qui subsiste encore, et quelques cèdres du Liban parfaitement acclimatés sur notre sol(3). Dans les aliénations partielles qui ont eu lieu, les ruines mêmes ont disparu en grande partie, et la rivière a été comblée. Tous ces ornements rustiques, dont on faisait grand cas à cette époque, ont été les uns rasés, les autres conservés ou restaurés avec goût. L'ermitage a été rebâti avec élégance, l'orangerie est devenue une maison habitable; la glacière, couverte d'un gros rocher factice, a été conservée dans toute son originalité; mais on ne retrouve plus aucune trace du labyrinthe, ni de la forteresse défendue par des remparts et des ponts levis, ni de la tour de Marlborough, ni du fameux tronc d'arbre dont parle M. V. deVilliers, et qui contenait, du temps des anciens maîtres de cette résidence princière, un charmant boudoir décoré par Wateau avec toute la grâce et la finesse de son talent.

Au moment où nous écrivons ces lignes, ce terrain est coupé de larges rues tirées au cordeau, qui se garnissent chaque jour de nouvelles maisons et de jardins; et l'on peut espérer que dans quelques années ce quartier, auquel il ne manque jusqu'à présent qu'un nombre suffisant d'habitations, jouira de la prospérité que sa position lui garantit à tous égards.

(1) Le duc de Noailles fut nommé maréchal de France à la fin du mois de mars 1693, et prêta serment le 28 du même mois. (Mémoires du marquis de Dangeau. )

(2) Vaysse de Villiers, Houles de Paris au Havre, etc.

(3) On sait que les cèdres du Liban, qu'on voit à Paris , au Jardin des Plantes , à la Malmaison, à Saint-Germain et ail leurs, ont été importes en Fiance par le naturaliste Danbenton.

(Reference: Rolot et De Sivry. Précis Historique de Saint-Germain-en-Laye. Saint-Germain-en-Laye: Beau, 1848.)


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Message Publié : 03 Nov 2015 18:23 
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Merci History Detective. Je crois en effet qu'il s'agit de l'ancien Hotel de Vendosme. Il est situé de l'autre côté (côté parc du chateau) de la rue d'Alsace.
J'ai vu un plan d'un hôtel particulier prévu sur ce site en 1763, mais nous n'avons pas d'autres infos. On recherche des infos sur la maison construite en 1763-70, qu'est-ce qui reste de cette maison aujourd'hui? Qui a vécu dedans? Si c'est bien le duc d'Ayen qui en était propriétaire était-il sur place souvent et est-ce que La Fayette était bien un visiteur occasionnel avec son épouse?


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Message Publié : 10 Nov 2015 9:50 
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Bonjour, ash!

Aujourd'hui j'ai trouvé une mention de l'hôtel de Vendôme dans un livre très intéressant. L'auteur raconte que l'hôtel de Noailles "avait primitivement son entrée par la rue de Noailles; mais le maréchal ayant acheté, en 1753, l'hôtel d'Aumont, situé rue de Pontoise, et à peu près dans l'alignement actuel de cette rue, le fit démolir ainsi qu'une partie de celui de Vendôme, et ouvrit une bell entrée en face du parterre, en formant une place régulière."

(Source: Histoire de la Ville et du Château de St.-Germain-en-Laye, Suivie de Recherches Historiques sur les Dix Autres Communes du Canton. Saint-Germain: Goujon, 1829. Page 242.)

Aussi j'ai trouvé cette mention sur un site Web au sujet des hôtels particuliers:

"Saint-Germain-en-Laye, à 10 mn de Paris. Donnant directement sur le château de Saint-Germain-en-Laye, l'hôtel d Ayen se présente sur 3 niveaux faisant au total 520 m2 avec un parc de 1 600 m2. Ancien hôtel de Vendosme, il fût racheté par le duc de Noailles, gouverneur de Saint-Germain en 1753. Rez-de-chaussée : entrée, cuisine et petite salle à manger avec boiseries et cheminée, un boudoir avec parquet « à la Versailles » et cheminée donnant accès au jardin, prolongé à son extrémité par un jardin d'hiver, grande salle à manger avec cheminée en marbre rouge et grand salon avec parquet point de Hongrie et cheminée communicant et formant une seule pièce partagée en sa largeur par 2 marches. 1er étage : bibliothèque avec boiseries, porte-fenêtre sur terrasse sur jardin, 4 chambres, dont une principale avec semi-alcôve, cheminée boiserie sur jardin, 2 avec salle de bains et une avec lave-mains, dressings. 2nd étage : chambre avec lave-mains, 2 chambres mansardées sur jardin avec lave-mains, petit salon mansardé et un grenier. Chambre de service sur jardin à l'entrée de l'hôtel, accès direct sur le parc du château de Saint-Germain-en-Laye. Référence Propriétés de France : 110032-1"

(Source: Propriétés de France, Le Figaro. http://www.proprietesdefrance.com/annonces/appartement-yvelines-ile+de+france-france/110032-1/)


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Message Publié : 11 Nov 2015 6:56 
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Voilà plus d'indices pour fair des recherches! J'aimerais qu'on puisse voir une bonne carte de la ville de l'époque, parce que je peine à imaginer l'étendue de la propriété des Noailles quand j'utilise une carte moderne. Aussi, une fois encore, je ne sais pas si les anciens numéros d'addresse sont les mêmes aujourd'hui.

"Les grands seigneurs de la Cour avaient leur hôtel à Paris, surtout dans le faubourg Saint-Germain, et ensuite à Saint-Germain-en-Laye, dont le château fut après le Louvre et les Tuileries, la véritable demeure de la Royauté hors de la Capitale, du commencement du XVIe siècle jusqu'à la fin du XVIIe. On jugera de la grandeur et de la faveur des familles nobles par le fait de leur installation auprès de la personne du roi et par l'importance de leur hôtel. Or on trouve dans la rue de Pontoise, à Saint-Germain-en-Laye, à droite, l'hôtel de La Rochefoucauld (aujourd'hui la mairie), plus loin, à gauche, au n° 17, l'hôtel de Créqui, plus loin encore l'hôtel d'Aumont qui occupait les immeubles situés n° 31, 33, 35, 37, 39. Les trois premiers ont été démolis pour constituer le côté gauche de la Place de Pontoise. Les immeubles n° 37 et 39 étaient sans doute le logement des domestiques, les écuries et les remises, car ils subsistent encore aujourd'hui avec l'apparence de cette destination. On trouvait dans cette même rue et un peu à gauche l'hôtel de Noailles (n° 11 de la rue d'Alsace) allant de la rue de ce nom à la rue de Noailles. Ainsi tout porte à croire qu'à Saint-Germain l'hôtel du duc d'Aumont était celui d'un grand seigneur qui devait avoir des charges très lucratives à la Cour, et ce Seigneur avait aussi un hôtel à Paris dans la rue de Torcy." (Source: C. Boissonnet. "Les Décorations Croix et Médailles." Le Spectateur Militaire Recueil de Science, d'Art et d'Histoire Militaires 5.21, Oct.-Déc. 1895: 376-384.)

"Pierre-Antoine Bézuchet, mercier à Paris, acquiert le domaine de Noailles, une partie du château-neuf, l'hôtel d'Harcourt--rue des Ursulines ou de l'Unité--et l'hospice des vieillards. Sa fortune est évaluée à 1.800.000 francs en 1823. Mais il perd la raison, et meurt ruiné en 1828." (Source: François Boulet. Leçon d'Histoire de France: Saint-Germain-en-Laye des Antiquités Nationales à une Ville Internationale. Paris: Les Presses Franciliennes, 2006.)

"La ville a connu surtout un vaste transfert de propriétés… Les Petites Écuries, l'hôtel du Chenil, la Surintendance, le Grand Commun, sont vendus à de riches citoyens saint-germanois ou parisiens. De même le Château-Neuf, vendu, disparaît. Louis-Charles Guy, ancien 'concierge' et homme de confiance du Comte d'Artois, acquiert le lot de terrain le plus vaste: le Boulingrin. De même, Antoine Bézuchet, fils de Louis-Charles Bézuchet, est acquéreur du domaine de Noailles. Ces deux grands propriétaires sont à l'origine de nouveaux quartiers, qui au XIXe siècle, deviennent prospères." (Source: François Boulet. Leçon d'Histoire de France: Saint-Germain-en-Laye des Antiquités Nationales à une Ville Internationale. Paris: Les Presses Franciliennes, 2006.)

"MC/ET/XLVI/792 Vente des écuries de Noailles à Saint-Germain-en-Laye, rue de Pontoise, par Pierre Antoine Bezuchet [Bézuchet], et Charles Lebailly, marchand, à Louis Antoine d' Artois, duc d' Angoulême. 5 avril 1824." (Source: "Minutes 1824 Avril." Archives Nationale: Salle des Inventaires Virtuelles. https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action;jsessionid=01A13D5B965374469A1A44EC0F078840?udId=c1p6zubdmd6b--9q6qkub45ua2&irId=FRAN_IR_042148)


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Message Publié : 11 Nov 2015 15:47 
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Bonjour! Oui, Adrienne, Madame de La Fayette, a visité ses grands-parents à Saint-Germain-en-Laye. Elle a écrit de sa mère: "Et quand nous eûmes atteint l'âge de neuf à dix ans, nous la suivions de temps en temps, pour quelques jours à la campagne, à Saint-Germain, chez le maréchal de Noailles, à Fresnes, chez M. d'Aguesseau, son père, et à Saron, chez M. de Saron, son beau-frère. Ces voyages étaient pour nous de très-grands plaisirs; mais ils étaient courts: ma mère ne voulait pas s'éloigner de ceux de ses enfants qu'elle ne pouvait emmener avec elle, et c'est à ses enfants qu'elle avait sacrifié le plus vif de ses goûts, celui de la campagne où nous avions, outre les autre plaisirs, celui de la voir toujours plus gaie et plus contente qu'à la ville." (Source: Lasteyrie, Mme. de, and Mme. de Lafayette. Vie de Madame de Lafayette par Mme. de Lasteyrie, sa Fille, Précédée d’une Notice sur la Vie de sa Mère, Mme. la Duchesse d’Ayen, 1737-1807. 2nd ed. Paris: Techener, 1869.)

Et un livre au sujet de Pauline de Montagu, une de quatre sœurs d'Adrienne, raconte: "Une ou deux fois l'été, on la conduisait avec ses sœurs à Saint-Germain-en-Laye, chez le maréchal de Noailles, leur grand-père, qui les recevait avec beaucoup de grâce, les promenait dans la forêt, et, le soir, perdait gaiement avec elles son temps et son argent au loto." (Source: Anne-Paule-Dominique de Noailles, Marquise de Montagu. 5th ed. Paris: Dentu, 1866.)


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Message Publié : 11 Nov 2015 21:22 
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History Detective a écrit :
Bonjour, ash!

Aujourd'hui j'ai trouvé une mention de l'hôtel de Vendôme dans un livre très intéressant. L'auteur raconte que l'hôtel de Noailles "avait primitivement son entrée par la rue de Noailles; mais le maréchal ayant acheté, en 1753, l'hôtel d'Aumont, situé rue de Pontoise, et à peu près dans l'alignement actuel de cette rue, le fit démolir ainsi qu'une partie de celui de Vendôme, et ouvrit une bell entrée en face du parterre, en formant une place régulière."

(Source: Histoire de la Ville et du Château de St.-Germain-en-Laye, Suivie de Recherches Historiques sur les Dix Autres Communes du Canton. Saint-Germain: Goujon, 1829. Page 242.)

Aussi j'ai trouvé cette mention sur un site Web au sujet des hôtels particuliers:

"Saint-Germain-en-Laye, à 10 mn de Paris. Donnant directement sur le château de Saint-Germain-en-Laye, l'hôtel d Ayen se présente sur 3 niveaux faisant au total 520 m2 avec un parc de 1 600 m2. Ancien hôtel de Vendosme, il fût racheté par le duc de Noailles, gouverneur de Saint-Germain en 1753. Rez-de-chaussée : entrée, cuisine et petite salle à manger avec boiseries et cheminée, un boudoir avec parquet « à la Versailles » et cheminée donnant accès au jardin, prolongé à son extrémité par un jardin d'hiver, grande salle à manger avec cheminée en marbre rouge et grand salon avec parquet point de Hongrie et cheminée communicant et formant une seule pièce partagée en sa largeur par 2 marches. 1er étage : bibliothèque avec boiseries, porte-fenêtre sur terrasse sur jardin, 4 chambres, dont une principale avec semi-alcôve, cheminée boiserie sur jardin, 2 avec salle de bains et une avec lave-mains, dressings. 2nd étage : chambre avec lave-mains, 2 chambres mansardées sur jardin avec lave-mains, petit salon mansardé et un grenier. Chambre de service sur jardin à l'entrée de l'hôtel, accès direct sur le parc du château de Saint-Germain-en-Laye. Référence Propriétés de France : 110032-1"

[color=#4000FF][color=#004080][color=#004080]

OUi je connais ce texte, qui était produit par l'agent immobilier chargé de la vente en 2008! Je ne sais pas d'où celui-ci a trouvé ses infos. Mais il semble certain qu'il s'agit de l'ancien Hotel Vendosme, situé entre la rue de Pontoise et le domaine du chateau.
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(Source: Propriétés de France, Le Figaro. http://www.proprietesdefrance.com/annonces/appartement-yvelines-ile+de+france-france/110032-1/)


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Message Publié : 11 Nov 2015 21:32 
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History Detective a écrit :
Voilà plus d'indices pour fair des recherches! J'aimerais qu'on puisse voir une bonne carte de la ville de l'époque, parce que je peine à imaginer l'étendue de la propriété des Noailles quand j'utilise une carte moderne. Aussi, une fois encore, je ne sais pas si les anciens numéros d'addresse sont les mêmes aujourd'hui.

J'ai vu un plan de 1760 avec un bel hôtel particulier dessiné à l'endroit où se trouve notre maison aujourd'hui, au 30 Pontoise...
Merci mille fois pour votre intérêt et suggestions intéressantes.


"Les grands seigneurs de la Cour avaient leur hôtel à Paris, surtout dans le faubourg Saint-Germain, et ensuite à Saint-Germain-en-Laye, dont le château fut après le Louvre et les Tuileries, la véritable demeure de la Royauté hors de la Capitale, du commencement du XVIe siècle jusqu'à la fin du XVIIe. On jugera de la grandeur et de la faveur des familles nobles par le fait de leur installation auprès de la personne du roi et par l'importance de leur hôtel. Or on trouve dans la rue de Pontoise, à Saint-Germain-en-Laye, à droite, l'hôtel de La Rochefoucauld (aujourd'hui la mairie), plus loin, à gauche, au n° 17, l'hôtel de Créqui, plus loin encore l'hôtel d'Aumont qui occupait les immeubles situés n° 31, 33, 35, 37, 39. Les trois premiers ont été démolis pour constituer le côté gauche de la Place de Pontoise. Les immeubles n° 37 et 39 étaient sans doute le logement des domestiques, les écuries et les remises, car ils subsistent encore aujourd'hui avec l'apparence de cette destination. On trouvait dans cette même rue et un peu à gauche l'hôtel de Noailles (n° 11 de la rue d'Alsace) allant de la rue de ce nom à la rue de Noailles. Ainsi tout porte à croire qu'à Saint-Germain l'hôtel du duc d'Aumont était celui d'un grand seigneur qui devait avoir des charges très lucratives à la Cour, et ce Seigneur avait aussi un hôtel à Paris dans la rue de Torcy." (Source: C. Boissonnet. "Les Décorations Croix et Médailles." Le Spectateur Militaire Recueil de Science, d'Art et d'Histoire Militaires 5.21, Oct.-Déc. 1895: 376-384.)

Ce texte parle d'immeubles qui ne sont pas le mien. Le 31-39 est effectivement de l'autre côté de la rue, l'ancien Hotel D 'Aumont. Si l'auteur ne mentionne pas notre hôtel c'est peut-être parce que en 1895, date du livre, notre hôtel était partiellement reconstruit depuis la destruction de la période révolutionnaire et donc pas très intéressant. La période potentiellement intéressante restant celle de 1753 - 1790 lorsque La Fayette avait une connexion...

"Pierre-Antoine Bézuchet, mercier à Paris, acquiert le domaine de Noailles, une partie du château-neuf, l'hôtel d'Harcourt--rue des Ursulines ou de l'Unité--et l'hospice des vieillards. Sa fortune est évaluée à 1.800.000 francs en 1823. Mais il perd la raison, et meurt ruiné en 1828." (Source: François Boulet. Leçon d'Histoire de France: Saint-Germain-en-Laye des Antiquités Nationales à une Ville Internationale. Paris: Les Presses Franciliennes, 2006.)

"La ville a connu surtout un vaste transfert de propriétés… Les Petites Écuries, l'hôtel du Chenil, la Surintendance, le Grand Commun, sont vendus à de riches citoyens saint-germanois ou parisiens. De même le Château-Neuf, vendu, disparaît. Louis-Charles Guy, ancien 'concierge' et homme de confiance du Comte d'Artois, acquiert le lot de terrain le plus vaste: le Boulingrin. De même, Antoine Bézuchet, fils de Louis-Charles Bézuchet, est acquéreur du domaine de Noailles. Ces deux grands propriétaires sont à l'origine de nouveaux quartiers, qui au XIXe siècle, deviennent prospères." (Source: François Boulet. Leçon d'Histoire de France: Saint-Germain-en-Laye des Antiquités Nationales à une Ville Internationale. Paris: Les Presses Franciliennes, 2006.)

Oui j'étais plus ou moins au courant de cette période de l'histoire, mais qui ne touche pas la question de l'hôtel construit par Noailles à la place de l'hôtel de Vendosme...

"MC/ET/XLVI/792 Vente des écuries de Noailles à Saint-Germain-en-Laye, rue de Pontoise, par Pierre Antoine Bezuchet [Bézuchet], et Charles Lebailly, marchand, à Louis Antoine d' Artois, duc d' Angoulême. 5 avril 1824." (Source: "Minutes 1824 Avril." Archives Nationale: Salle des Inventaires Virtuelles. https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action;jsessionid=01A13D5B965374469A1A44EC0F078840?udId=c1p6zubdmd6b--9q6qkub45ua2&irId=FRAN_IR_042148)


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Message Publié : 11 Nov 2015 22:14 
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History Detective a écrit :
Bonjour! Oui, Adrienne, Madame de La Fayette, a visité ses grands-parents à Saint-Germain-en-Laye. Elle a écrit de sa mère: "Et quand nous eûmes atteint l'âge de neuf à dix ans, nous la suivions de temps en temps, pour quelques jours à la campagne, à Saint-Germain, chez le maréchal de Noailles, à Fresnes, chez M. d'Aguesseau, son père, et à Saron, chez M. de Saron, son beau-frère. Ces voyages étaient pour nous de très-grands plaisirs; mais ils étaient courts: ma mère ne voulait pas s'éloigner de ceux de ses enfants qu'elle ne pouvait emmener avec elle, et c'est à ses enfants qu'elle avait sacrifié le plus vif de ses goûts, celui de la campagne où nous avions, outre les autre plaisirs, celui de la voir toujours plus gaie et plus contente qu'à la ville." (Source: Lasteyrie, Mme. de, and Mme. de Lafayette. Vie de Madame de Lafayette par Mme. de Lasteyrie, sa Fille, Précédée d’une Notice sur la Vie de sa Mère, Mme. la Duchesse d’Ayen, 1737-1807. 2nd ed. Paris: Techener, 1869.)

Très intéressant. Mais elle rend visite à Grand-père à l'Hôtel de Noailles, elle ne parle pas de l'Hôtel d'Ayen...s'il avait été vraiment construit pour son père elle en aurait parlé...

Et un livre au sujet de Pauline de Montagu, une de quatre sœurs d'Adrienne, raconte: "Une ou deux fois l'été, on la conduisait avec ses sœurs à Saint-Germain-en-Laye, chez le maréchal de Noailles, leur grand-père, qui les recevait avec beaucoup de grâce, les promenait dans la forêt, et, le soir, perdait gaiement avec elles son temps et son argent au loto." (Source: Anne-Paule-Dominique de Noailles, Marquise de Montagu. 5th ed. Paris: Dentu, 1866.)


Idem...toute la question réside à savoir si l'hôtel d'Ayen a réellement existé et a été construit à cet endroit pour le Duc d'Ayen; si oui il est certain qu'Adrienne et son mari y auraient séjourné.


Merci mille fois pour votre enthousiasme à décortiquer ce mystère!


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Message Publié : 13 Nov 2015 9:19 
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Plutarque
Plutarque
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Inscription : 08 Déc 2012 2:24
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Je vous en prie, ash! Le marquis de La Fayette et sa femme sont mes héros historiques. C'est un plaisir d'étudier l'histoire de cette famille.


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Message Publié : 13 Nov 2015 9:38 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 11 Juin 2015 10:39
Message(s) : 7
History Detective a écrit :
Je vous en prie, ash! Le marquis de La Fayette et sa femme sont mes héros historiques. C'est un plaisir d'étudier l'histoire de cette famille.


et moi aussi! alors je crois que la solution de ce mystère réside dans les archives de la famille Noailles. Si on pouvait confirmer que la maison avait effectivement été construite pour le Duc d'Ayen alors on saura qu'Adrienne et son épouse y ont forcément passé du temps même si pas très souvent...je vais renouveler mes efforts pour avoir des renseignements de la part des Noailles...


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Message Publié : 16 Nov 2015 16:21 
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Eginhard
Eginhard
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Inscription : 10 Mars 2005 16:29
Message(s) : 824
Pas besoin de consulter les archives Noailles s'il s'agît seulement de faire l'historique de votre maison. Allez aux archives départementales. Si votre famille est propriétaire, vous avez déjà les premiers actes. Ensuite il suffit de remonter le temps et de consulter les archives des notaires.


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