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 Sujet du message : Paris, capitale de l'amour ?
Message Publié : 27 Mai 2017 18:18 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Bonjour à tous les passionnés d'histoire.

Lors d'une rencontre sportive, ou l'un des protagoniste était un club de la capitale, un journal espagnol considérait que Paris était la "capitale de l'amour".
Et il semble que cette opinion soit largement partagée dans le monde.
Sur quoi est basée historiquement cette réputation ?
A partir de quelle époque s'est-elle formée ?

Merci de vos suggestions.
:mrgreen:

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Le souvenir ne disparait pas, il s'endort seulement.
Epitaphe trouvé dans un cimetière des Alpes

La science de l'histoire est une digue qui s'oppose au torrent du temps.
Anne Comnène, princesse byzantine (1083-1148)


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Message Publié : 27 Mai 2017 22:07 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile

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Le "lupanar" pour toutes les troupes ? Bonaparte aurait dit après Eylau "Une nuit à Paris réparera tout cela "


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Message Publié : 28 Mai 2017 3:11 
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Sir Peter a écrit :
Le "lupanar" pour toutes les troupes ? Bonaparte aurait dit après Eylau "Une nuit à Paris réparera tout cela "

La citation exacte est "Une nuit de Paris réparera tout cela ". Ce qui change la signification du propos : je pense que Napoléon évoque la natalité française, et calcule la "production" de la capitale.

Il a tort : une nuit de Paris produira des bébés, aucun doute, mais pas des hommes faits.

En terme d'effectifs, je crois que Napoléon a toujours raisonné à "capacité infinie" (C'est un terme de gestion de prod° industrielle) comme si la France pouvait lever des troupes à l'infini.

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Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 28 Mai 2017 8:41 
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Fustel de Coulanges
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Sir Peter a écrit :
Le "lupanar" pour toutes les troupes ? Bonaparte aurait dit après Eylau "Une nuit à Paris réparera tout cela "


Vous faites bien d'employer ici le conditionnel. Ce mot attribué à Napoléon est en effet fort douteux, et bien peu en phase avec sa correspondance.

De toute manière, cette phrase était connue avant l'Empire et était à l'époque prêtée à Condé, au soir de la bataille de Seneffe.
Ainsi on pouvait lire dans "Les avantages de la paix", de Gaillard, discours publié en 1767 :
"Je voudrais pouvoir effacer de la vie du Grand Condé ce mot inhumain (une nuit de Paris remplacera tout cela) dans l'ivresse du carnage de Senef"

ou encore "L'ultimatum d'un citoyen du Tiers-Etat, au mémoire des Princes", sorti en 1789 :
"On oubliera jamais ce propos de celui qui, voyant le champ de bataille couvert d'une multitude de cadavres de ses concitoyens qui avaient payé du prix de leur vie les lauriers sanglants dont il enorgueillissait, dit avec le sang froid de l'inhumanité, une nuit de Paris réparera cette perte."

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" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)


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Message Publié : 28 Mai 2017 9:49 
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Fernand Braudel
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Je me demande si les maisons closes du XIX° siècle n'y sont pas pour quelque chose et qu'elles ont laissé des souvenirs inoubliables aux touristes fortunés, grâce aux talents de leurs pensionnaires. L'idée m'en est venue quand j'ai remarqué que "fellation" se dit en espagnol
"hacer un francès", en anglais les pratiques buco génitales c'est "frenching" et "französiche Liebsepiele " en allemand. Ce n'est qu'une hypothèse :rool: lol
On est très loin, bien sûr, très loin de l'amour romantique....

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"La faculté de prévoir appartient à celui qui se souvient." ( Léon Bérard)
" Jeune homme, la France se meurt, ne troublez pas son agonie..." ( Renan à Déroulède )


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Message Publié : 28 Mai 2017 11:17 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

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Faget a écrit :
Je me demande si les maisons closes du XIX° siècle n'y sont pas pour quelque chose et qu'elles ont laissé des souvenirs inoubliables aux touristes fortunés, grâce aux talents de leurs pensionnaires.

Aux touristes oui, mais ne pas oublier le Prince de Galles dans les années 1890 (le futur Roi George V) qui allait se divertir sur les Boulevards (à vérifier je crois que c'était l'actuel siège du Crédit Lyonnais) d'où l'origine de sa Francophilie !

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il pleuvait, en cette Nuit de Noël 1914, où les Rois Mages apportaient des Minenwerfer


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Message Publié : 28 Mai 2017 13:13 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile

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Sans compter les "grands Ducs" russes,cependant,il me semble que Vienne du temps de la splendeur impériale n'était pas mal non plus,mais la capitale la plus"débauchée" jusque les années 1850 était sans doute Londres.....Nous sommes très loin des "amoureux de Peynet"......


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Message Publié : 01 Juin 2017 19:32 
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bourbilly21 a écrit :
Faget a écrit :
Je me demande si les maisons closes du XIX° siècle n'y sont pas pour quelque chose et qu'elles ont laissé des souvenirs inoubliables aux touristes fortunés, grâce aux talents de leurs pensionnaires.

Aux touristes oui, mais ne pas oublier le Prince de Galles dans les années 1890 (le futur Roi George V) qui allait se divertir sur les Boulevards (à vérifier je crois que c'était l'actuel siège du Crédit Lyonnais) d'où l'origine de sa Francophilie !

Il me semble que vous confondez avec son père, Édouard VII, grand amateur de théâtre français (un théâtre parisien porte son nom en son honneur), et d'actrices...souvent plus connues pour l'exercice de leur art bien peu lyrique...
Édouard avait un tel embonpoint qu'il avait fait concevoir un genre de balançoire pour le soutenir quand il honorait ses dames, évitant ainsi de les écraser sous le poids de son auguste personne... :mrgreen: Moins trivialement, Édouard VII mit à la mode le veston porté avec un seul bouton fermé (toujours en raison de son auguste embonpoint), ce qui devint la norme vestimentaire par la suite. Sacré Doudou !

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"Lisez, éclairez-vous, ce n'est que par la lecture qu'on fortifie son âme." - Voltaire
"Historia vero testis temporum, lux veritatis, vita memoriae, magistra vitae." De oratore - Cicéron


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Message Publié : 01 Juin 2017 21:31 
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Fernand Braudel
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Localisation : Allemagne
Moins trivialement, Édouard VII mit à la mode le veston porté avec un seul bouton fermé (toujours en raison de son auguste embonpoint), ce qui devint la norme vestimentaire par la suite. Sacré Doudou !
Toujours à cause de sa bedaine, il ne fermait plus les premiers boutons du bas de son gilet. Les snobs s'empressèrent de l'imiter. Enfin, un jour ou le terrain de la pelouse du champ de course était boueux, il retourna le bas de ses pantalons pour ne pas les salir. C'est pour cela que les hommes ont parfois des pantalons à revers. Pour revenir au sujet initial, j'ai vu la photo d'un meuble provenant d'un lupanar de luxe parisien conçu pour les coïts du prince et j'avoue que malgré mon imagination libidineuse je n'ai pu en comprendre l'utilité.

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Message Publié : 01 Juin 2017 22:03 
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Philippe de Commines
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alors tel Père tel Fils !

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Message Publié : 03 Juin 2017 10:59 
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Fustel de Coulanges
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Faget a écrit :
Je me demande si les maisons closes du XIX° siècle n'y sont pas pour quelque chose et qu'elles ont laissé des souvenirs inoubliables aux touristes fortunés, grâce aux talents de leurs pensionnaires.


"Le personnel de certains restaurants [du Palais-Royal] ne manque pas de vous offrir des cabinets particuliers qui vous permettent de rassasier à la fois votre gloutonnerie et votre luxure. Les glaces décorant ces cabinets multiplient indéfiniment à vos yeux les charmes de votre gracieuse compagne. Il existe même des salons privés décorés à l'orientale où flottent de légères fumées d'encens : à un signal, le plafond s'ouvre pour laisser descendre sur un char des Aurores et des Dianes en quête de leur Endymion. Toutes ces créatures portent le costume sommaire des divinités païennes. Les amateurs font leur choix et les déesses du plafond, sinon de l'Olympe, s'installent avec des sourires étudiés sur les genoux des simples mortels.
[...]
Tel est cet horrible lieu de débauche, placé au centre même de la grande cité, qui a corrompu la société entière. Indépendamment de l'entraînement au jeu, de la luxure sous toutes ses formes et de l'impudicité qui s'y développent, c'est le règne du blasphème, de l’irréligion et du langage dépravé... Sodome et Gomorrhe auraient interdit l'impression et la vente des livres exposés aux étalages du Palais-Royal."
(Yorke, Letters from France in 1802)

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Message Publié : 03 Juin 2017 15:28 
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Drouet Cyril a écrit :
[...]
"Sodome et Gomorrhe auraient interdit l'impression et la vente des livres exposés aux étalages du Palais-Royal."
(Yorke, Letters from France in 1802)

Jolie formule !

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Message Publié : 03 Juin 2017 15:39 
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Fustel de Coulanges
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Pierma a écrit :
Drouet Cyril a écrit :
[...]
"Sodome et Gomorrhe auraient interdit l'impression et la vente des livres exposés aux étalages du Palais-Royal."
(Yorke, Letters from France in 1802)

Jolie formule !


A propos de livres grivois vendus au Palais Royal :
"A peine avais-je mis le pied dans la place qu'un individu me chuchota à l'oreille : "Monsieur veut-il "La Vie polissonne de Madame Bonaparte" ?"
(Francis W. Blagdon, Paris as it was and as is it)

Quelqu'un possède-t-il cet ouvrage ? lol

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Message Publié : 08 Juin 2017 12:14 
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Pierre de L'Estoile
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Outre la classique explication par l'abondance de la prostitution (mais, mon Dieu ! Quelle vision de l'"amour"!), je crois qu'on peut avancer aussi l'idée que se trouvaient à Paris un grand nombre de jeunes filles/jeunes femmes travaillant dans les milieux de la mode et du luxe et qui pouvaient faire tourner les têtes des étudiants, lesquels étaient nombreux dans la capitale, jeunes et célibataires par définition!

On peut aussi penser que dès le XVIIIe siècle, les règles de pudeur et de chasteté imposées par l'Eglise s'étaient relâchées à Paris et donnant aux femmes de la capitale une relative liberté et un "savoir faire" qui n'existaient nulle part ailleurs en Europe.


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Message Publié : 08 Juin 2017 12:52 
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Pierre de L'Estoile
Pierre de L'Estoile

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Oui,il existait un très grand nombre de filles habillées de gris,les "grisettes" souvent des occasionnelles de la prostitution.....Dans les caricatures anglaises du 18ème les Français sont présentés comme de gros imbéciles,mais les Françaises toujours fringantes et pomponnées.....Un contraste très révélateur


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