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Message Publié : 25 Août 2021 15:57 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Bonjour

Parmi toutes les réformes économiques qu'a menées Louis XIV durant son très long règne, quelles sont celles qui ont eu un impact particulièrement positif ?
A t-on essayé d'avoir une idée de l'augmentation de l'activité économique et du niveau de vie en France durant ce règne du Roi-soleil ?

Merci de vos lumières (c'est le cas de le dire !)

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Message Publié : 19 Jan 2022 13:21 
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Jean Froissart
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Sans aucun doute, la plus grande réalisation économique du règne de Louis XIV est la création à partir de quasiment rien des filières de l'industrie du luxe a fins d'exportation.
Politique dont nous continuons à profiter, puisque l'industrie du luxe est un moteur de la balance commerciale française, surreprésentée au CAC 40. Sans oublier Saint-Gobain, également au CAC 40, qui s'il est devenu depuis longtemps un industriel comme un autre, n'en reste pas moins la même société que celle que Louis XIV créa un matin d'octobre 1665.

Moins connu mais pas négligeable, le commerce international: création des grandes compagnies maritimes (on copie les anglais et les hollandais en cela), investissement massif dans la flotte (on pense toujours aux vaisseaux de guerre de Colbert, mais il a aussi doublé le tonnage de la flotte commerciale), ouvertures des hubs commerciaux stratégiques sur les mers du globe là où les grands échanges se nouent: Pondichéry (Inde), Port-Louis (Madagascar), Saint Domingue, Louisiane, Baie d'Hudson -ces deux derniers comptoirs ne décolleront jamais au cours du règne.

Pourtant, on ne peut pas parler d'augmentation de l'activité.
Car l'activité au XVIIème siècle reste dans une proportion écrasante l'agriculture.
Or, en matière d'économie, Colbert a le défaut de ses qualités: c'est un physiocrate mercantiliste. Colbert croit que la richesse globale est un gâteau fini, dont il s'agit de se tailler la plus grosse part, mais n'envisage pas la création de richesse supplémentaire.

D'où le commerce, d'où l'industrie du luxe destinée à l'exportation: dans l'esprit de Colbert, il ne saurait s'agir que de capter le plus possible de richesse dans la poche du voisin pour la ramener chez soi.

Ainsi en matière d'agriculture, personne ne se songe à rechercher le progrès dans les rendements. On ne considère même pas qu'il pourrait y avoir des solutions aux disettes, elles sont vues comme inévitables. Quand par hasard on se penche sur l'agriculture, c'est toujours au travers de la même obsession d'augmenter les parts de marché de l'industrie à l'exportation: ver soie et lin pour le textile, sylviculture pour les chantiers navals.
Aujourd'hui on raconte comme une anecdote plaisante le mémoire où Vauban recommandait que chaque famille élevât un cochon. On ne se rend pas compte à quel point cette proposition était innovante et audacieuse par rapport aux idées en vogue en ce temps.

A cause cette stagnation de l'agriculture, on ne peut pas parler de développement économique notable au siècle de Louis XIV. Paradoxe quand au même moment la France domine largement l'Europe sur le plan culturel et militaire.

Parlant des dépenses militaires (55% à 75% du budget de l'Etat selon les années, 2-3% du PIB): elles ne paraissent curieusement pas avoir eu quelque effet keynésien sur la croissance. Les gigantesques travaux de Vauban non plus.
Les économistes libéraux du siècle suivant estimeront que c'est la rigidité liée à l'absolutisme et la concentration financière liée au népotisme qui ont entravé l'initiative économique et qui font que le règne de Louis XIV n'est pas un siècle d'enrichissement.

L'augmentation de la production et la fin des disettes seront au XVIIIème siècle. Mais ce ne sera pas la panacée non plus: de 1700 à 1780 la production agricole augmente certes d'un tiers... mais c'est exactement la même proportion que la population! (21 à 28 millions)

Car en ce qui concerne les méthodes de culture, le paysan français sera en fait rétif jusqu'à la Révolution et au-delà.
Relativisons donc la négligence de Louis XIV/Colbert en cette matière: s'en fussent-ils préoccupés, qu'il est possible que leurs hypothétiques désirs de réformes agricoles se seraient heurté au mur de la résistance au changement.


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Message Publié : 19 Jan 2022 16:25 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Localisation : Lyon-Vénissieux
Merci beaucoup de ce message très détaillé
:mrgreen:
A un moment vous écrivez que
Citer :
Parlant des dépenses militaires (55% à 75% du budget de l'Etat selon les années, 2-3% du PIB):

Cela signifie t-il que le budget de l'état représentait 4 à 6% du PIB ?
(ce serait faible)

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Message Publié : 19 Jan 2022 16:51 
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Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 19 Fév 2011 17:03
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Exact.
Le PIB de 1700 est estimé à 2.4 milliards de livres, les revenus de l'Etat à 112 millions (pile poil 4%), les dépenses à 190 millions.
James C. Riley et John J. McCusker, « Money Supply, Economic Growth, and the Quantity Theory of Money: France, 1650-1788 », Explorations in Economic History, vol. 2, n° 3, 1983, p. 274-293

Est-ce si peu? Certes nous avons derrière nous 3 siècles de progression de la place de l'Etat dans nos vies.

Mais les recettes de l'Etat sont en 2019 de 233 milliards d'euros, pour un PIB de 2454 milliards: 9.4%. Sachant que l'Etat s'est attribué des quantités de missions que Louis XIV n'aurait pu imaginer (qui sait, peut-être en aurait-il rêvé... B) ). Donc doubler le poids de l'Etat en 300 ans ne me paraît pas énorme en la circonstance.


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Message Publié : 19 Jan 2022 20:33 
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Philippe de Commines
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Localisation : Lyon-Vénissieux
ok
Sinon pour ce qui est du développement de l'agriculture au 17° siècle il y a bien eu Sully, mais semble t-il Colbert préférait le développement des manufactures...

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Message Publié : 19 Jan 2022 22:19 
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Philippe de Commines
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Inscription : 27 Déc 2013 0:09
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Je ne pense pas qu’un calcul du PIB de la France sous le règle de Louis XIV soit bien significatif. Pour se faire une idée saine, il faut étudier par secteurs d’activité les productions et les consommations sans référence monétaire. On sait qu’une grande partie de la population ne disposait que du minimum vital, voire moins.

Des progrès agricoles auraient peut-être été possibles, je n’en sais rien, mais l’administration royale aurait certainement eu beaucoup de mal à les introduire. Louis XIV avait beau être un monarque absolu, il n’avait pas les moyens de planification ou d’orientation économique dont ont disposé les gouvernements à partir du dix-neuvième siècle. En revanche, développer une industrie du luxe et une construction navale comme le fit Colbert était beaucoup plus facile à imaginer et réaliser.

En ce qui concerne les disettes, je crois qu’il existait un système de régulation consistant à stocker des grains et à les distribuer à prix limité en périodes de crise. C’est en s’attaquant à ce système protecteur que Turgot a déclenché la guerre des farines de 1775.

Citer :
Parlant des dépenses militaires (55% à 75% du budget de l'Etat selon les années, 2-3% du PIB): elles ne paraissent curieusement pas avoir eu quelque effet keynésien sur la croissance. Les gigantesques travaux de Vauban non plus.
Les militaires ne fabriquent rien et ne fournissent pas de services productifs, surtout qu’à l’époque considérée, ils avaient toujours un comportement plus ou moins prédateur, même sur le territoire national. En outre, les dépenses militaires étaient financées par l’impôt acquitté par les classes laborieuses de sorte que c’étaient des prélèvements de richesse quasiment sans effet redistributif.
Quant aux infrastructures construites par Vauban, au-delà de leur utilité militaire, favorisaient-elles des activités économiques ?


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Message Publié : 20 Jan 2022 10:38 
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Pierre de L'Estoile
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Parmi les principales réformes de Louis XIV, on compte la création du corps des Intendants, pour contrôler le pouvoir des autorités locales, et la Ferme Générale, pour rationaliser et régulariser le recouvrement de l'impôt. C'est surtout cette dernière institution qui a été critiquée par la suite, Turgot notamment l'accusant d'entraver le commerce. De plus, le développement des droits indirects, comme la gabelle, a généré une très forte contrebande.

Au niveau des impôts, il ne faut pas oublier que certains étaient payés en corvée, qui permettait entre autres de construire des routes, ce qui rend la mesure du PIB relativement difficile.

Barbetorte a écrit :
Les militaires ne fabriquent rien et ne fournissent pas de services productifs, surtout qu’à l’époque considérée, ils avaient toujours un comportement plus ou moins prédateur, même sur le territoire national. En outre, les dépenses militaires étaient financées par l’impôt acquitté par les classes laborieuses de sorte que c’étaient des prélèvements de richesse quasiment sans effet redistributif.
Effectivement, faire la guerre est coûteux. Les soldats du XVIIIe siècle ont peu de besoin, qui sont fournies par quelques industries : canons, poudre, balles, vêtements et chaussures. Leur entretien est en général assuré par des levées exceptionnelles d'impôts, compensé par des exonérations des provinces où l'armée est cantonnée, pour compenser leurs frais d'hébergement.

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Message Publié : 20 Jan 2022 11:29 
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Nebuchadnezar a écrit :
Les soldats du XVIIIe siècle ont peu de besoin.


En fait, par rapport aux périodes précédentes, c'est plutôt l'inverse. Plusieurs historiens de la guerre ont noté la rupture financière entrainée par l'irruption de la poudre et de l'artillerie. Avant cela, un compte, un duc pouvait avoir sa propre armée et peser sur le sort de la région d'où il tirait ses revenus. Après, seuls quelques grands avaient les moyens nécessaires à la tenue d'armées.

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Message Publié : 20 Jan 2022 15:44 
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En matière agricole, nous avons le développement de la culture du maïs en certaines régions, de la pomme de terre dans d'autres et le début de la culture de plantes qui fixent l'azote dans le sol comme le trèfle, le sainfoin ou la luzerne. Mais ces cultures se heurtent aux habitudes de la jachère ou des biens communaux.

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Message Publié : 20 Jan 2022 17:00 
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Pierre de L'Estoile
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Narduccio a écrit :
En fait, par rapport aux périodes précédentes, c'est plutôt l'inverse. Plusieurs historiens de la guerre ont noté la rupture financière entrainée par l'irruption de la poudre et de l'artillerie. Avant cela, un compte, un duc pouvait avoir sa propre armée et peser sur le sort de la région d'où il tirait ses revenus. Après, seuls quelques grands avaient les moyens nécessaires à la tenue d'armées.
Tout-à-fait, je pensais surtout par comparaison aux périodes suivantes, où les besoins de l'armée nécessitent un grand nombre d'industries, ce qui aboutira au secteur militaro-industriel américain, qui utilise les dépenses militaires pour soutenir l'économie.
Jean-Marc Labat a écrit :
En matière agricole, nous avons le développement de la culture du maïs en certaines régions, de la pomme de terre dans d'autres et le début de la culture de plantes qui fixent l'azote dans le sol comme le trèfle, le sainfoin ou la luzerne. Mais ces cultures se heurtent aux habitudes de la jachère ou des biens communaux.
En revanche, il n'y a pas de mouvements des enclosures comme en Angleterre, ce qui indique aussi que les grands propriétaires terriens, à commencer par les Nobles et l'Eglise, ne sont pas moteurs dans la modernisation de l'agriculture. Le roi ne pouvait pas tout faire tout seul.

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Message Publié : 21 Jan 2022 8:14 
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Pour ceux qu'une comparaison entre la France et l'Angleterre intéresse, je conseille cet ouvrage qui date de 1999 et que je relis avec intérêt.

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Message Publié : 22 Jan 2022 11:13 
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Grégoire de Tours
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Merci Vézère pour ces éléments très intéressants.
Il est vrai que les dépenses militaires ne constituaient guère des investissements favorables à l'économie (pas comme construire des routes par exemple). Sauf peut-être dans la mesure où les soldats allaient piller les pays étrangers et ramener du butin en France, ou si les travaux de Vauban permettaient de sécuriser des voies commerciales. Mais je crois que ça n'a pas vraiment été notable au niveau de l'économie nationale.
De plus, les dépenses militaires comportaient :
- le paiement des soldats : ceux-ci sont soit des mercenaires qui dépenseront probablement leur argent ailleurs ; soit des paysans qui auraient pu autrement vivre de leur travail, il s'agit donc d'un détournement de ressources au détriment de l'agriculture ;
- l'achat d'armes, uniformes, poudre, etc : je suppose que cela a favorisé une industrie dans ces secteurs, mais une industrie très dépendante de la commande publique puisqu'il n'était pas question à l'époque d'exporter des armes ;
- et les fournitures de vivres, qui elles aussi constituaient un détournement de ressources de l'économie civile vers la guerre ( ce que les ministres et militaires savaient parfaitement, puisqu'il fallait à tout prix que les troupes vivent sur le territoire de l'ennemi pour l'éviter).


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Message Publié : 22 Jan 2022 14:10 
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Les dépenses militaires comportant aussi les activités de Vauban - ce qu'on appellerait le génie aujourd'hui - avec l'entretien d'un corps d'ingénieurs et de sapeurs, et surtout un programme de fortifications colossale, qui a dû coûter une véritable fortune, sans rien rapporter. (Hors les salaires dépensés sur place.)

Louis XIV est l'initiateur d'une dette qui ne cessera de grossir, pendant son règne et les suivants - faute d'imposer les nobles et l'Eglise - et finira par tuer la monarchie absolue. (C'est pour demander des impôts supplémentaires, le malheureux, que Louis XVI convoque les Etats Généraux.)

A vrai dire elle n'a pas que la guerre pour origine, Versailles et les pensions (aux nobles, en particulier) formant l'autre volet.

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Message Publié : 22 Jan 2022 14:57 
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Bof, la dette est réduite de 50% sous la Régence, Law aura eu au moins l'avantage de la rembourser en monnaie de singe. Dans certaines régions, les nobles payaient l'impôt.

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Message Publié : 22 Jan 2022 16:51 
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Pierre de L'Estoile
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Pierma a écrit :
Les dépenses militaires comportant aussi les activités de Vauban - ce qu'on appellerait le génie aujourd'hui - avec l'entretien d'un corps d'ingénieurs et de sapeurs, et surtout un programme de fortifications colossale, qui a dû coûter une véritable fortune, sans rien rapporter. (Hors les salaires dépensés sur place.)
Effectivement. La logique de dépense est plutôt d'ordre colonial : il s'agit d'ancrer dans le territoire français des proinces qui viennent juste d'être conquise, comme la ville de Dunkerque.

Aux dépenses de l'armée de terre s'ajoutent celles de la flotte : 381 lancements de vaisseaux sous son règne. L'objectif est de développer le commerce colonial (le vrai, cette fois) avec les colonies d'Amérique, soutenue par l'esclavage régulé par le Code Noir. Mais tous les bénéfices de cette politique seront absorbés dans la rivalité avec l'Angleterre.

Colbert va tenter de lutter contre la vénalité des charges, révoquer les titres de noblesses acquis entre entre 1638 et 1665, et diminue le nombre de rentes. Il est impopulaire auprès de la bourgeoisie, car il détourne l'épargne de ses débouchés traditionnels : la terre et les charges anoblissantes, pour l'orienter vers l'industrie et le commerce colonial.

Citer :
Louis XIV est l'initiateur d'une dette qui ne cessera de grossir, pendant son règne et les suivants - faute d'imposer les nobles et l'Eglise - et finira par tuer la monarchie absolue. (C'est pour demander des impôts supplémentaires, le malheureux, que Louis XVI convoque les Etats Généraux.)

A vrai dire elle n'a pas que la guerre pour origine, Versailles et les pensions (aux nobles, en particulier) formant l'autre volet.
Pour Versailles, Louis xiv va prendre un édit empêchant les créanciers d'entrer pour réclamer leur argent.

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