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Message Publié : 19 Jan 2018 22:33 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 22 Sep 2016 20:06
Message(s) : 19
Bonjour à tous et bonne année 2018,

Je m'oriente vers vous car je suis perdue dans mon orientation professionnelle.

Pour aller droit à l'essentiel :
Auriez-vous des idées
- de métiers qui lient histoire et informatique (web) ?
- ou plus globalement histoire et multimédia (et non pas l'histoire des multimédias...) ?
- ou autour de la culture qui n'impose pas forcément d'être dans la communication verbale... (du genre archiviste) ?
J'aime bien la communication quand il s'agit d'être créatif (promouvoir un événement en créant un site internet, des prospectus...) mais dès qu'il s'agit de défendre son produit en réunion, de jouer l'interface avec une clientèle, devoir convaincre, etc., je ne me sens pas à ma place.

Je suis actuellement en master MEEF H&G mais cela se passe moins bien que je l'espérais et je suis dans une grande phase de doute et d'inquiétudes, alors je me renseigne pour éventuellement me réorienter si toutefois je trouve une formation qui me corresponde davantage.

Bon je me doute bien que c'est à un conseiller d'orientation que je devrais dire tout ça, mais peut-être qu'une âme charitable a ici un peu d'expérience suffisante pour m'apporter un début de réponse voire des conseils...
En bref, j'aimerais beaucoup (1) rentabiliser ma licence dans (2) un métier qui n'en demande pas trop en termes de responsabilité (vis-à-vis d'un public : élèves, client exigent...), qui (3) ne donne pas de travail en dehors du temps de travail (je veux pouvoir vivre mes passions), qui (4) n'est pas trop routinier non plus, et qui (5) m'assure un salaire minimum tout au long de ma vie (j'ai très peur de l'instabilité et des prises de risque, je serais heureuse de tourner autour de 1700-2000€ net de façon permanente).

A priori les débouchés "classiques" ne m'intéressent guère (conservation de patrimoine, bibliothécaire, archiviste, journaliste...) soit parce que je n'ai pas de culture en histoire de l'art (patrimoine), pas de niveau anglais suffisant, peur de m'ennuyer (archives) ou que je n'aime pas devoir aller vers les autres (journalisme). Dans mon master je redécouvre la géographie et me prends à apprécier fortement la cartographie mais je n'ai pas du tout envie de recommencer une licence juste pour accéder à certains masters. Sinon j'ai l'impression que ce qui m'intéresse hors "études" c'est le numérique, la création en web design surtout quand ça suppose de travailler tranquillement dans son coin sans dépendre H24 de son équipe. Si je pouvais lier ça à l'histoire...

Pour ceux qui ont plus de temps à perdre ou à donner:
Pour l'explication complète,
D'où je viens? J'ai validé une licence d'Histoire mention TB et me suis orientée vers l'enseignement car c'était mon projet initial depuis le lycée. A priori cela m'intéressait car j'ai toujours été bonne pédagogue avec mes camarades et je pensais qu'être professeur avait les avantages de l'étudiant (les vacances!) sans les inconvénients (apprendre et travailler les contrôles...), ce qui me semblait parfait : les vacances en particulier seraient une occasion parfaite pour me lancer dans mes projets personnels (écrire un roman, voyager, consolider ma culture générale sur les thèmes qui m'intéressent enfin...).
Donc mes motivations premières étaient : (1) la perspective des vacances (2) ma facilité à être bonne pédagogue (3) mon manque de compatibilité avec les autres grands ensembles de métier (social, commerce, droit, médecine...).
Mais le master MEEF me déçoit de plus en plus, d'abord au niveau des exigences du concours (que je trouve bien éloignées de la pratique enseignante, pour ce qui est des écrits). Ma moyenne est de 9,5 actuellement, ce qui reste quand même correct en janvier. Mais j'ai effectué un premier stage d'observation qui ne m'a rien apporté (les lycéens sont relativement auto-disciplinés, classe calme) car j'ai vu les mêmes choses que je voyais déjà à mon époque au lycée.
Où j'en suis? Cette semaine j'ai débuté un stage pratique avec une classe de première ES et j'ai souhaité mener mon étude de cas sous forme d'atelier car l'Espé nous apprend à donner plus de place aux "capacités" dans les programmes (dans mon cas : à partir d'un corpus, réfléchir à des questions données par l'enseignant pour réaliser un schéma). De façon presque "évidente", pour une première expérience j'ai mal jugé le degré d'autonomie des élèves donc la séance 1 a été perdue mais ça s'est quand même bien passé en termes de pédagogie, d'attention des élèves, etc. (et je suis tout-à-fait capable d'adapter rapidement le cours à leur niveau pour les prochaines séances). Pourtant j'en retire une sensation de malaise, j'ai ressenti le désintérêt profond de certains élèves pour ce que l'on enseigne, et dans l'ensemble, malgré une ambiance calme, une absence de reconnaissance pour les nombreuses heures que j'ai passées à concevoir l'atelier. Sinon cela m'a épuisé d'essayer d'être convaincante... Je n'ai à gérer qu'une classe, je m'imagine mal le faire en triple ou quadruple... Je crois ne pas me tromper quand je dis que c'est presque un "topos" de l'enseignement en France, mais pour ma part cela me laisse perplexe.
Qu'en penseraient les profs sur ce forum ?

Bonne fin de semaine


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Message Publié : 20 Jan 2018 14:52 
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Jean Froissart
Jean Froissart
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Inscription : 28 Avr 2006 23:02
Message(s) : 1429
Localisation : Orne
Bonjour,

Je suis informaticien (presque à la retraite maintenant) et passionné d'Histoire, mais je n'ai jamais trouvé d'emploi qui allie les deux. Donc, l'informatique me nourrit le corps, et l'Histoire me nourrit l'esprit.

Mon premier conseil est de vous encourager à continuer dans la voie de l'enseignement, puisque vous obtenez tout de même des résultats intéressants. Ne vous découragez pas dès le début, puisque les deux premiers mois sont toujours durs, quel que soit le métier.

Mon second conseil, si vraiment vous n'arrivez pas dans l'enseignement, est de vous tourner vers l'informatique. Le sujet ne sera pas l'Histoire, mais très certainement la comptabilité qui emploie la majorité des informaticiens. Ce n'est pas grave si vous n'aimez pas les chiffres, car l'informatique est avant tout une affaire de langage plutôt que de maths. De plus, sachez que les femmes informaticiennes sont extrêmement recherchées. Les chefs des services informatique veulent de la mixité pour avoir une ambiance plus calme et plus conviviale que celle d'une caserne militaire pleine d'hommes. Donc, ils acceptent des informaticiennes même celles dont le niveau est très médiocre. Par contre, il faut accepter de faire beaucoup d'heures, ou bien d'avoir un mi-temps ce qui est souvent permis pour les femmes.


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Message Publié : 20 Jan 2018 15:37 
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Polybe
Polybe
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Inscription : 24 Jan 2011 18:35
Message(s) : 96
Citer :
Pourtant j'en retire une sensation de malaise, j'ai ressenti le désintérêt profond de certains élèves pour ce que l'on enseigne, et dans l'ensemble, malgré une ambiance calme, une absence de reconnaissance pour les nombreuses heures que j'ai passées à concevoir l'atelier.

Tu t'intéressais à tout ce qu'on te racontait quand tu étais lycéenne ? T'es-tu déjà prise à t'imaginer le travail en amont du professeur quand tu étais lycéenne ? En général on a autre chose à penser à ce moment-là.

Et quand bien même on y penserait, qu'est-ce que ça peut faire ? Je suis venu au monde à cause de mes parents, je n'ai rien demandé. Je suis à l'école par pression de ces mêmes parents, je n'ai rien demandé. Je ne leur dois rien.

Je ne remets pas en cause la sincérité de ton sentiment de malaise, de déception mais je pointe le fait qu'il soit très peu approprié ici, auprès d'adolescents.


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Message Publié : 20 Jan 2018 15:58 
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Plutarque
Plutarque
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Inscription : 29 Oct 2014 16:51
Message(s) : 139
Localisation : Frakkland
Bonjour,

J'ai vu passer ici ou là des appels à candidature de différentes institutions qui avaient besoin d'historiens, d'historiens de l'art, ou d'archivistes en herbe pour constituer des bases de données numériques de leurs fonds et/ou archives.

Après, ce sont des missions temporaires en CDD.

Un exemple ici : https://rmblf.be/2018/01/04/offre-dempl ... umeriques/

En espérant vous avoir aidé,

Bon courage,

Uvy.

_________________
Betra er berfættum en bókarlausum að vera.
"Mieux vaut aller pieds nus que ne pas avoir de livres."
Proverbe islandais
Twitter : @UvyMordicante


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Message Publié : 20 Jan 2018 16:24 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 22 Sep 2016 20:06
Message(s) : 19
Bonjour,

Merci pour ces premières réponses, j'en prends bonne note et continue de me renseigner.

Oliviert, ce qui me plaît en informatique, c'est plutôt l'intégration web, le design, etc. Mais avant de me réorienter complètement j'aimerais essayer de rentabiliser ma licence sur le plan professionnel, étudier toutes les options...

Léandre, c'est un peu la conclusion que je tire de cette première expérience et l'une des raisons de mes nombreux doutes quant à ma place dans le milieu de l'enseignement. Je ne m'étais pas inquiétée de cela avant aujourd'hui, car je suppose que des questions s'éclairent à nous uniquement quand vient la pratique. J'ai l'impression que c'est un métier où il faut être très généreux avant tout, donner sans vraiment recevoir (sinon la satisfaction d'amener des élèves vers la réussite, je le conçois).


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Message Publié : 20 Jan 2018 17:52 
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Inscription : 10 Fév 2009 0:12
Message(s) : 6769
Oliviert a écrit :
Mon premier conseil est de vous encourager à continuer dans la voie de l'enseignement, puisque vous obtenez tout de même des résultats intéressants. Ne vous découragez pas dès le début, puisque les deux premiers mois sont toujours durs, quel que soit le métier.

+1
Je ne suis pas enseignant (mais j'ai été instituteur au début de ma carrière) et tout comme Oliviert je trouve que vous vous découragez un peu vite. C'est peut-être dommage de tout jeter à cause d'une expérience de 2 mois qui vous a déçue, d'autant plus que vous dites avoir plutôt réussi.

C'est vrai qu'une des difficultés intellectuelles - ou affective - du métier d'enseignant est qu'on ne voit pas immédiatement les résultats de ce qu'on fait, mais à l'usage on apprend à se rendre compte qu'on est utile aux élèves. Il faut simplement avoir suffisamment de confiance en soi pour en rester convaincu. (Sachant que les classes que l'on donne aux débutants ne sont pas les plus gratifiantes de ce point de vue.) Malgré tout j'aurais tendance à dire : reprenez confiance en vous et persistez un peu, avant d'envisager une réorientation complète.

Citer :
Mon second conseil, si vraiment vous n'arrivez pas dans l'enseignement, est de vous tourner vers l'informatique. Le sujet ne sera pas l'Histoire, mais très certainement la comptabilité qui emploie la majorité des informaticiens. Ce n'est pas grave si vous n'aimez pas les chiffres, car l'informatique est avant tout une affaire de langage plutôt que de maths. De plus, sachez que les femmes informaticiennes sont extrêmement recherchées. Les chefs des services informatique veulent de la mixité pour avoir une ambiance plus calme et plus conviviale que celle d'une caserne militaire pleine d'hommes. Donc, ils acceptent des informaticiennes même celles dont le niveau est très médiocre. Par contre, il faut accepter de faire beaucoup d'heures, ou bien d'avoir un mi-temps ce qui est souvent permis pour les femmes.

Hola Oliviert, excusez moi, mais vous avez une vision un peu restrictive de l'informatique. (Et vous allez décourager Cath+ en la réduisant à la comptabilité.)

A titre personnel j'ai travaillé un peu dans l'informatique industrielle (les applications de pilotage de divers machines en "temps réel" : typiquement, les applications embarquées qui remplissent nos avions, par exemple) puis en tant qu'ingénieur conseil, sur l'utilisation des applications de gestion industrielle : gestion de production, gestion d'entrepôt...)

Une bonne façon de voir toutes les applications qu'utilise une entreprise est d'aller regarder ce qu'il y a dans un ERP ("progiciel qui gère tout"): ça va de la gestion de production, forcément, à la paie, la compta, la gestion du personnel, la gestion des transports, et je ne sais quoi encore...

Comme l'article "ERP" de Wiki est imbuvable, elle peut lire l'article sur l'un des plus connus, celui de l'allemand SAP : la liste des "modules" professionnels est longue comme la Bible : l'informatique est partout.
https://fr.wikipedia.org/wiki/SAP_(progiciel)
L'article "applications informatiques" est assez complet aussi :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Application_(informatique)

Bref, l'informatique est une technologie foisonnante qui a envahi toutes les activités de nos sociétés. (pensez par exemple à l'informatique médicale...) L'avantage, du point de vue de Cath+ qui cherche à s'orienter, c'est qu'on trouvera toujours un domaine qui vous intéresse.

L'autre bonne nouvelle, toujours de son point de vue, est qu'il n'est pas nécessaire de repartir de zéro en Deug Informatique. Il y a des sociétés informatiques qui recrutent des Bac+5 pour les former sur leurs produits. A priori, une année de formation à l'informatique suffira. (Ces formations spécialisées en un an existent, il faut chercher un peu - Je n'en prends pas le temps, mais j'assure que ces passerelles existent.)

Cela dit je reviens à mon conseil initial : une reconversion est faisable - sans trop de douleurs - mais insistez un peu sur l'enseignement avant de l'envisager.

_________________
Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 20 Jan 2018 22:09 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 22 Sep 2016 20:06
Message(s) : 19
Bonjour Pierma,

Merci pour le temps que vous m'avez consacré. Je vais de toute façon finir le stage et essayer de le faire honorablement (pour éviter aux élèves de se retrouver avec un cours imbuvable), je vais aussi terminer mon année ne serait-ce que pour la bourse dont j'ai besoin pour mon logement et je verrai tout d'abord si je réussis le concours.
Mais je préférais réfléchir à cette question d'éventuelle réorientation en avance pour différentes raisons : les dates de portes ouvertes, les dates de candidature, et pour une éventuelle année en alternance, le temps de trouver une entreprise.

Un métier qui m'aurait plu serait celui de mêler multimédia, histoire, géographie et recherche afin d'aider des territoires français "en marge" ou en déclin à se remettre d'applomb. Cela consisterait en une opération de démarchage auprès de ces territoires pour proposer des services polyvalents : la mise en place d'un site internet et d'une présence publique sur les réseaux sociaux pour promouvoir les atouts naturels ou économiques de ce territoire, la mise en tourisme de ce territoire avec notamment la mise en valeur d'une histoire, d'un patrimoine (suite à des recherches dans les fonds d'archives, etc., pour redonner du cachet à ce territoire), la mise en place avec différents partenaires d'associations locales pour donner une nouvelle identité à ce territoire, etc...
Mais ce métier pluridisciplinaire n'existe pas...


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Message Publié : 21 Jan 2018 11:17 
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Inscription : 11 Nov 2010 13:22
Message(s) : 361
Localisation : lorraine
Attention comme le disait les autres intervenants le domaine de l'informatique est vaste.
Même le domaine du multimédia/web peut être très diversifié : cela peut aller de "concevoir, mettre en ligne le site de la boucherie Sanzo" ... sans aucune sauvegarde ni mise à jour puisque le client a payé, à intégrer les images de l'agence de com internationale XXX sur le 212ème site de la prestigieuse société YYY. Tout cela peut également être très frustrant. Vous croiserez peut-être une demande liée à l'Histoire mais cela ne garantie en rien une implication à la hauteur de vos espérances.
Si vous êtes plus intéressée par l'Histoire, des compétences en informatique sont, et vont être, de plus en plus importantes. Il va falloir savoir traiter des données nombreuses ou incomplètes, les préservez, les compléter, .... Je mets le futur parce que malheureusement ce n'est pas vraiment le cas aujourd'hui : on voit venir des historiens demander la récupération des données sur disquettes (aujourd'hui démagnétisées) ou enregistrées dans des formats inconnus de logiciels propriétaires ...
Enseigner ces problématiques concrètes peut aussi être un objectif qui marie informatique et histoire.

_________________
Omnia disce, videbis postea nihil esse superfluum


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