pascal a écrit:
C'est une bonne idée d'ouvrir ce topic.
Pour moi (chercheur et archéologue), je suis un peu nostaligique du temps passé.
Surtout que ce sujet n'a jamais été abordé ici... Et qu'en plus ici l'on est en terrain neutre: ni sur un forum d'archéologue, ni sur un forum de détectoristes, juste sur un forum de passionné d'Histoire avec un grand H.
pascal a écrit:
Dans les années 80, la France était couverte d'association en archéologie, qui était là pour faire le boulot que les archéologues ne pouvait pas effectuer, puisqu'ils n'avaient pas de statuts professionnels. On était tous amateurs, même les diplômés.
Les associations locales permettaient alors d'impliquer les populations locales dans leur propre Histoire.
pascal a écrit:
Ainsi les associations ont disparues. Oh, certes il y avait parmis elles des brebis galeuses (comme chez les archéologues professionnelles de nos jours) !
Il y'a déja eû effectivement de sacrées affaires parmi les archéologues...
pascal a écrit:
(1) On ne fait plus de prospection pédestre. Je te parles pas de la poile à frire, ça je suis plutôt contre car on ne s'occupe alors que du matériel métallique et on déséquilibre les décomptes statistiques au m2.
Pourtant cela permettrait de réaliser également un décompte. A savoir également qu'en creusant l'on peut tomber sur des tessons de poteries.
pascal a écrit:
(2) Ils n'interviennent plus sur les chantiers pour des raisons d'assurance
D'où perte de savoirs sur le terrain...
pascal a écrit:
et de temps à faire apprendre les techniques aux jeunes
Et si les jeunes ne sont plus là que pour servir de boy je pense qu'à terme il ne devrait plus y avoir beaucoup de bénévoles... ou en tout cas il n'y aura alors plus d'intérêt pour eux...
pascal a écrit:
"il faut laisser faire les pros" (qu'est-ce que je peux détester cette expression que j'ai si souvent entendu).
Je l'ai également entendu... Certains archéos ne considèrent plus les passionnés d'Histoire qu'avec mépris.
pascal a écrit:
J'ai entendu un archéologue mentionné en conférence, qu'il fallait faire comme lui. Vivre au milieu des habitants du village où il fouille pour consituter un tissus relationel. Quelle découverte !
C'est peut être le signe que l'on est en train de revenir en arrière... pour le plus grand bien du patrimoine.
pascal a écrit:
Pour ce qui est du détecteur de métal, il aurait eu sa place en tant qu'un instrument parmi d'autre.
Tout à fait d'accord... Je suis bien conscient que ce n'est pas la panacé et que cela n'est pas suffisant pour l'étude de l'Histoire... mais ça reste un outil intéressant qui pourrait faire venir nombre de bénévole.
pascal a écrit:
Tu sais si les archéologues sont si réticent aux poil à frire, c'est qu'on a vu beaucoup (bien que ce soit pratiqué par peu) de trous dans les chantiers de fouilles
J'en suis conscient... Et avec les émissions télévisées qui promettent fortune aux nouveaux détectoristes crédules...
pascal a écrit:
Ce qui est assez comique, puisque ces appareils sont en vente libre
Comme dans tout les États européens.
pascal a écrit:
Art.1. - Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche.
Cet autorisation est délivrée par le préfet... et à moins d'avoir des connaissances bien placées aucun détectoriste ne peut obtenir ces autorisations... Et je suis conscient qu'il n'est évidement pas possible de contrôler la bonne foi de toute personne qui demanderait de telles autorisations. Mais pourquoi ne pas mettre en place un système de tutorat pour responsabiliser les détectoristes et les former un minimum ?
A savoir que l'un des gros problème des détectoristes est que si l'on se retrouve par hasard sur un site archéologique répertorié l'on est coupable de pillage... et que si l'on découvre des objets intéressant en un lieu qui n'est pas un site archéologique il le devient de facto et l'on est alors encore dans l'illégalité.
pascal a écrit:
Art.2. - Toute publicité ou notice d'utilisation concernant les détecteurs de métaux doit comporter le rappel de l'interdiction mentionnée à l'article 1er de la présente loi, des sanctions pénales encourues, ainsi que des motifs de cette réglementation.
Pour ça il n'y a pas de problème. Les détecteurs sont toujours vendus avec une telle notice.
pascal a écrit:
«Art.4 bis. - Toute association agréée déclarée depuis au moins trois ans, ayant pour but l'étude et la protection du patrimoine archéologique, peut exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les faits réprimés par les articles 257-1 et 257-2 du code pénal et portant un préjudice direct ou indirect aux intérêts collectifs qu'elle a pour objet de défendre. Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions dans lesquelles les associations visées à l'alinéa précédent peuvent être agréées.»
Mais qu'en est il dans les faits ?
pascal a écrit:
"Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche".
Alors que faire ? Interdire complétement la vente et l'usage du
détecteur de métaux ? Il serait illusoire de penser que cela soit possible... l'on serait un des rares pays au monde à l'interdire. Et je ne pense pas que l'État en ai la volonté... La répression n'empéchera pas la pratique de la détection mais la metterait alors dans l'illégalité... De ce fait nombre de détectoristes arrêteraient la pratique mais une minorité, entrée dans la clandestinité, s'en prendrait alors de plus belle aux sites archéologiques...
Ce n'est ni par le statu quo, ni par la répression que l'on trouvera une solution... mais bien par l'implication des détectoristes à l'étude et à la protection du patrimoine.