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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 01 Mars 2015 11:51 
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Salluste
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Jerôme a écrit :
En passant et en remerciant les savants auteurs de PH, je voudrais indiquer que ma question initiale ne portait pas sur le contexte politique ou économique ou social de la révolution de 1830 ou 1848 mais sur les carences de la répression :

Rappel : "Si je peux comprendre que Louis XVI ait été surpris par les événements de juillet 1789 puis par le déroulement de la révolution, je ne comprends pas que Charles x et Louis Philippe aient pu se laisser surprendre par les journées de 1830 et 1848. Il y avait pourtant une préfecture de police et une garde royale !"

Comment expliquer l'inefficacité de la garde royale et et la police parisienne ?
Arrogance ou Courtisanerie du côté de la garde ?
Complaisance inavouée de certains policiers pour les opposants ?


Bonjour Jerôme,

c'est vrai que nous avons quelque peu dévié du sujet initial... :oops:

Je ne suis pas assez bien informé sur les rapports entre la garde royale, la police et leurs opposants pour répondre précisément à votre question. En revanche on peut en partie expliquer l'inefficacité de leur action répressive par les barricades. Les insurgés ont parfaitement su tirer profit de l'expérience de 1789 pour en tirer un avantage tactique en 1830 puis 1848.

Je vous renvoie à ce lien pour plus de détails: http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=549

furtif a écrit :
Rien de ce que j'avance ne sort de mon esprit gratuitement, vous pouvez tout vérifier, c'est de notoriété publique. Faites vos recherches élémentaires, vous comprendrez le rôle absolument déterminant des bourgeois dans les révoltes de 1830 et 1848.


Imaginez vous un historien sérieux soutenant une thèse et terminant son ouvrage par la mention suivante:" Pour les faits vérifiez vous même par vos propres recherches."? Plutôt gonflé non? :rool:

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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 01 Mars 2015 12:47 
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Si le travail personnel vous rebute autant, il va être compliqué de discuter plus avant avec vous…

Vous pouvez déjà commencer par cette page relativement claire et abordable ;)

Citer :
La même après-midi, les députés libéraux cherchent à s’organiser, même s'ils redoutent la réaction du gouvernement. Alexandre de Laborde et Louis Bérard sont les plus allants. Une première réunion a lieu chez Casimir Perier, où ils retrouvent Bertin de Vaux, Saint-Aignan, Sébastiani et Taillepied de Bondy. Bérard propose une protestation collective, les autres refusent de s’engager. Bérard et Laborde n'en rejoignent pas moins la protestation dans les bureaux du National.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Protestati ... illet_1830

Je ne soutiens pas de thèse, je m'en tiens aux faits.

Et pour rester dans le généraliste…

Citer :
Le régime représentatif est étendu grâce à de nouvelles lois. Le système électoral repose sur le régime censitaire. Le cens électoral, organisé par la loi du 19 avril 1831, est fixé à 200 francs de contributions directes et, pour l'éligibilité, à 500 francs au moins. La bourgeoisie s'approprie ainsi le nouveau régime et monopolise la représentation nationale qui ne compte alors que 168 000 électeurs, soit 5 électeurs pour 1 000 habitants. En fait, ce sont surtout les propriétaires qui sont les bénéficiaires de la monarchie de Juillet, la bourgeoisie d'affaires, bien que détenant une place privilégiée, n'ayant qu'une représentation parlementaire limitée


http://www.larousse.fr/encyclopedie/div ... let/126252

Donc voilà, ici personne n'a l'autorité, l'Histoire est abordable par tout le monde mais il faut un minimum d'apport personnel.

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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 01 Mars 2015 13:23 
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Salluste
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Si vous considérez qu'aller chercher un obscur texte, sorti de son contexte historique, sur Wikipédia constitue un réel apport personnel, je doute que vous soyez le mieux placé pour donner des leçons de rigueur intellectuelle.
Quant à la seconde citation, elle prouve que vous n'avez rien suivi de ce qui a été dit plus haut, et que vous préférez rester sur vous certitudes certainement tirées de votre "travail de recherche" sur des sites grand public plutôt que dans des ouvrages universitaires sérieux.

Mais si votre objectif est de pourrir la discussion par chacune de vos interventions, je vous félicite car en ce qui me concerne, vous avez eu raison de ma volonté à vouloir continuer ici.

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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 01 Mars 2015 13:29 
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Jerôme a écrit :
Comment expliquer l'inefficacité de la garde royale et et la police parisienne ?
Arrogance ou Courtisanerie du côté de la garde ?
Complaisance inavouée de certains policiers pour les opposants ?

En 1830, une bonne partie de l'armée déserte lors des combats. Les soldats restés bonapartistes ne pouvaient pas se battre pour Marmont le traître et Charles X.

En 1848, la police était endormie par 8 années de grand calme. Il n'y a aucune révolte à Paris pendant les années 1840, donc la police n'était pas sur le qui-vive et s'est laissé surprendre.

Dans les deux cas, il y aussi le fait que le régime n'avait aucun partisan convaincu. Les Français étaient soit indifférents, soit opposants au régime.


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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 01 Mars 2015 23:01 
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Brisbout a écrit :
Mais si votre objectif est de pourrir la discussion par chacune de vos interventions, je vous félicite car en ce qui me concerne, vous avez eu raison de ma volonté à vouloir continuer ici.

C'est ce qui m'en a déjà fait partir, mais à la réflexion je me demande si c'est le bon choix.
Laisser l'ignorance crasse, mêlée à une idéologie détestable, triompher est un mauvais signe envoyé à la fois aux lecteurs/contributeurs du forum, mais aussi à l'essence de l'intellect humain.

Sur le fond, maintenant, ces régimes ne se défendent pas vraiment car ils n'ont plus de réels partisans, qui plus est en assez grand nombre. Les Français semblent divisés, incapables de trancher sur la nature du régime souhaité.
Les élections de 1848 sont d'ailleurs assez éclairantes à ce sujet : on est bien dans une République sans Républicains ; le président de la République élu est bonapartiste, les députés des monarchistes.

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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 02 Mars 2015 8:18 
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Jean Mabillon
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Que Raguse me pardonne mais je ne partage pas entièrement sa ligne. Pour moi les régimes ont des partisans : en 1830 les ultras qui sont plutôt des gentilshommes provinciaux et en 1848 plutôt des bourgeois raisonnables admirateurs de la constitution anglaise. Mais ces groupes sociaux ne vont pas se battre : ils font confiance à l'armée et à la police pour défendre le pouvoir. Et dans les deux cas le peuple provincial reste neutre.

En revanche je suis plus sensible à la ligne Raguse pour l'élection présidentielle de 1848 qui témoigne comme on voudra de l'immaturité politique des paysans qui votent pour un mythe - ou au contraire de leur extrême maturité puisque il refuse tant les impasses monarchiques que l'utopie républicaine (souvenirs de 1793 ?) et assez rationnellement aspirent à une démocratie solidement charpentée comme elle finira par arriver ... En 1958 !


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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 02 Mars 2015 8:32 
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Localisation : Provinces illyriennes
Citer :
Pour moi les régimes ont des partisans : en 1830 les ultras qui sont plutôt des gentilshommes provinciaux et en 1848 plutôt des bourgeois raisonnables admirateurs de la constitution anglaise. Mais ces groupes sociaux ne vont pas se battre : ils font confiance à l'armée et à la police pour défendre le pouvoir.

Les "ultras" de 1830 sont largement abandonnés au sein même des Chambres au début du mois de mars. C'est là que débute la révolution de 1830 : les "221" demandent clairement un régime parlementaire, que Charles X leur refuse tout en utilisant son droit de dissolution. D'ailleurs au scrutin suivant il est totalement désavoué par un corps électoral pourtant - en théorie - acquis à sa cause.
Ces personnes sont isolées partout, à Paris comme en province.
Après, la population parisienne et "la rue" entrent en scène, au regard d'une situation institutionnelle bloquée par un monarque aussi rigide que dépassé par les événements.
Les troupes utilisées à Paris par Charles X ne "jouent pas le jeu" de défendre le régime et en deux jours la messe est dite.

En février 1848, c'est davantage la surprise qui caractérise ces journées : Louis-Philippe ne s'attendait guère à un tel mouvement, relayé par la population parisienne. Au départ, il s'agissait simplement d'appliquer une mesure de police (mettre fin à la campagne des banquets républicains). Cette interdiction embrase l'ensemble de la capitale et surprend même les opposants au régime par son ampleur et sa spontanéité. Le renvoi de Guizot ne calme nullement les choses.

Cependant, à aucune des deux dates on observe que les régimes en question disposent de véritables défenseurs. Les troupes désertent dès la première journée de juillet 1830 - ce qui vaudra à leur commandant de demander à Charles X de négocier - et en février 1848 après une escarmouche entre la troupe et la population, tout s'effondre en quelques heures.
Pour des régimes qui ont existé pendant plus de 15 ans, c'est assez surprenant.

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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 03 Mars 2015 10:28 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

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Mais en 1848 bien plus qu'en 1830, on a affaire à des journées parisiennes et à bien davantage de spontanéité.

Tout n'est pas d'emblée perdu pour la monarchie de Juillet, même lorsqu'une partie de la Garde nationale se range du côté des ouvriers. C'est en large partie la fusillade "accidentelle" du boulevard des Capucines qui fait que la situation échappe définitivement au roi qui refuse de recourir davantage à la force.

Là encore, le problème du pouvoir, c'est sa base politique beaucoup trop étroite. Le seuil censitaire pour l'élection des députés fait qu'il y a moins de 200 000 électeur potentiels. Dans un pays approchant les 35 millions d'habitants, c'est excessivement faible. Ca ne pèse pas lourd face au chaudron qu'est Paris, où siège le pouvoir, et qui compte son million d'habitants.

Même si elle a appris des exemples de la 1ère révolution, la monarchie de Juillet ne sait toujours pas vraiment gérer le Peuple de Paris. Au demeurant, les préventions de Louis-Philippe, qui veut éviter de répandre davantage le sang, son certes à mettre à son crédit moral mais politiquement, l'appréciation est beaucoup plus discutable. Ce n'est pas pour rien qu'en 1871, les versaillais voudront aussi mettre un terme à la mécanique des journées parisiennes, et le feront à un prix certes lourd mais avec une efficacité qui a aussi permis de fonder une véritable démocratie représentative qui ne soit pas à la merci d'une partie du peuple d'une ville ne représentant que 3% de la population du pays.


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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 06 Juil 2015 16:10 
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Grégoire de Tours
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Duc de Raguse a écrit :
...tout s'effondre en quelques heures. pour des régimes qui ont existé pendant plus de 15 ans, c'est assez surprenant.

Même les contemporains en seront surpris... de cette vitesse ! Cependant avant février, on aurait pu deviner que la situation ne pouvait continuer :
11/47, Considérant (CG de la Seine) : "Nous voulons une réforme pour conjurer les tempêtes de l'avenir"
01/48, Tocqueville à la Chambre : "Il existe dans le pays ce sentiment précurseur des révolutions qui souvent les annonce, qui quelquefois les fait naitre"
Des dangers précis ne pèsent pas sur le régime. C'est plus la démission des catégories dirigeantes que la pression révolutionnaire qui provoque la fin de la monarchie de Juillet, qui avait été plus secouée que celle de février 1848.
Crise de conscience, crise conjoncturelle, crise de structure d'une société et d'une économie qui opère difficilement son passage dans une société industrielle.
Il serait bon aussi de creuser dans ces sens au lieu de s'en tenir à acter de l'explosion parisienne du chaudron français.
Ces crises profondes sont compliquées en surface par des évènements d'ordre divers. Une rupture de l'alliance anglaise qui amène le régime à se solidariser avec des puissances contre-révolutionnaires, ce qui est interprété par une grande partie de l'opinion française comme un détour de ses origines ; un souverain trop vieux et un ministre trop sûr de lui ; des mauvaises récoltes et des scandales compromettant des dignitaires. Cette addition de mouvements en profondeur et des évènements en surface fait l'étincelle de 1848.
Il faudrait remonter en 1846 et aux mauvaises récoltes, le contrecoup sur l'activité industrielle, la crise financière qui en découle, les effets sociaux inhérents, l'opinion devant la crise et ce sur toute la France.
La crise morale et idéologique des catégories dirigeantes -"...personne ne juge l'état moral de notre temps plus sévèrement que moi et personne n'est plus convaincu que moi que le mal est profond." (Guizot)- entraîne une crise d'autorité et une peur sociale. Le déclin de l'idéologie libérale peut aussi être creusé tout comme celui du sentiment monarchique.
Le régime s'est effondré à Paris, il eut été étonnant que ce soit à Brive la Gaillarde. Louis-Philippe pour justifier son abdication dira : "... Contre une insurrection morale, il n'y avait ni à attaquer ni à se défendre."
Une confrontation des différents aspects mentionnés ajoutée à l'usure des structures sociales et politiques seraient intéressante, avec bien sûr une vue synoptique de la France.
A Paris ni Molé ni Thiers ni Barrot ne peuvent ou veulent agir et c'est l'émeute, conclusion épidermique d'un mal plus profond.
Par son entêtement -long- à refuser de voir la réalité, un excès de confiance en son sens politique et soudainement un abattement et une abdication qui jette la confusion, Louis-Philippe emporte dans ses malles le régime de Juillet.
Démission de la Chambre où la majorité ministérielle existe cependant plus ministérielle que dynastique, plus soucieuse de sa sécurité que du maintien d'un régime en décomposition.

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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 06 Juil 2015 17:02 
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Grégoire de Tours
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Localisation : Kaamelott
Caesar Scipio a écrit :
Là encore, le problème du pouvoir, c'est sa base politique beaucoup trop étroite. Le seuil censitaire pour l'élection des députés fait qu'il y a moins de 200 000 électeur potentiels. Dans un pays approchant les 35 millions d'habitants, c'est excessivement faible. Ca ne pèse pas lourd face au chaudron qu'est Paris, où siège le pouvoir, et qui compte son million d'habitants.

La Chambre élue en 46 donne à Louis-Philippe une majorité cohérente : 291 sur les 459 élus et pourtant c'est elle qui voit la fin du régime. Ce contraste mérite en effet l'analyse du régime censitaire restreint.
Ces élections traduisent davantage la structure de la société (le pouvoir social et économique engendrant le pouvoir politique) que l'idéologie. Elle révèle une représentation "faussée" -mais ce n'est pas nouveau- par une trop grande proportions de députés fonctionnaires et par une trop grande attraction parisienne sur le recrutement parlementaire : 174 députés (sans compter ceux de la Seine) étaient installés à Paris et élus en Province. Ce renforcement de la centralisation parisienne s'accompagne d'un plus grand décalage entre Paris et les dirigeants de la nation face aux aspirations dominantes du peuple et aussi de la petite bourgeoisie.

Concernant 1830 : la position de la France est différente tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 06 Juil 2015 18:40 
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Caesar Scipio a écrit :
Mais en 1848 bien plus qu'en 1830, on a affaire à des journées parisiennes et à bien davantage de spontanéité.

Tout n'est pas d'emblée perdu pour la monarchie de Juillet, même lorsqu'une partie de la Garde nationale se range du côté des ouvriers. C'est en large partie la fusillade "accidentelle" du boulevard des Capucines qui fait que la situation échappe définitivement au roi qui refuse de recourir davantage à la force.

Là encore, le problème du pouvoir, c'est sa base politique beaucoup trop étroite. Le seuil censitaire pour l'élection des députés fait qu'il y a moins de 200 000 électeur potentiels. Dans un pays approchant les 35 millions d'habitants, c'est excessivement faible. Ca ne pèse pas lourd face au chaudron qu'est Paris, où siège le pouvoir, et qui compte son million d'habitants.

Même si elle a appris des exemples de la 1ère révolution, la monarchie de Juillet ne sait toujours pas vraiment gérer le Peuple de Paris. Au demeurant, les préventions de Louis-Philippe, qui veut éviter de répandre davantage le sang, son certes à mettre à son crédit moral mais politiquement, l'appréciation est beaucoup plus discutable. Ce n'est pas pour rien qu'en 1871, les versaillais voudront aussi mettre un terme à la mécanique des journées parisiennes, et le feront à un prix certes lourd mais avec une efficacité qui a aussi permis de fonder une véritable démocratie représentative qui ne soit pas à la merci d'une partie du peuple d'une ville ne représentant que 3% de la population du pays.


En 1830, le régime a été renversée par un vrai soulèvement populaire.
En 1848, le régime a été presque " abandonnée " Louis-Philippe vieux, malade et sans énergie depuis la mort de son fils, une garde nationale qui ne répond pas à l'appel du gouvernement (notamment parce que beaucoup des hommes de troupes étaient des bourgeois exclus des listes électorales) l'impression d'un fêtu paille qui s'effondre sur lui-même.


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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 06 Juil 2015 18:45 
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ezio-auditore a écrit :
Duc de Raguse a écrit :
...tout s'effondre en quelques heures. pour des régimes qui ont existé pendant plus de 15 ans, c'est assez surprenant.

Même les contemporains en seront surpris... de cette vitesse ! Cependant avant février, on aurait pu deviner que la situation ne pouvait continuer :
11/47, Considérant (CG de la Seine) : "Nous voulons une réforme pour conjurer les tempêtes de l'avenir"
01/48, Tocqueville à la Chambre : "Il existe dans le pays ce sentiment précurseur des révolutions qui souvent les annonce, qui quelquefois les fait naitre"


Des déclarations comme celles-là, on en lit régulièrement dans les comptes-rendus des sessions de tous les parlements du monde. Si elles étaient toutes suivies d'effets, aucun régime ne tiendrait plus d'une semaine. ;)

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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 07 Juil 2015 5:25 
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Philippe de Commines
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Lordblackadder a écrit :
Caesar Scipio a écrit :
Mais en 1848 bien plus qu'en 1830, on a affaire à des journées parisiennes et à bien davantage de spontanéité.

Tout n'est pas d'emblée perdu pour la monarchie de Juillet, même lorsqu'une partie de la Garde nationale se range du côté des ouvriers. C'est en large partie la fusillade "accidentelle" du boulevard des Capucines qui fait que la situation échappe définitivement au roi qui refuse de recourir davantage à la force.

Là encore, le problème du pouvoir, c'est sa base politique beaucoup trop étroite. Le seuil censitaire pour l'élection des députés fait qu'il y a moins de 200 000 électeur potentiels. Dans un pays approchant les 35 millions d'habitants, c'est excessivement faible. Ca ne pèse pas lourd face au chaudron qu'est Paris, où siège le pouvoir, et qui compte son million d'habitants.

Même si elle a appris des exemples de la 1ère révolution, la monarchie de Juillet ne sait toujours pas vraiment gérer le Peuple de Paris. Au demeurant, les préventions de Louis-Philippe, qui veut éviter de répandre davantage le sang, son certes à mettre à son crédit moral mais politiquement, l'appréciation est beaucoup plus discutable. Ce n'est pas pour rien qu'en 1871, les versaillais voudront aussi mettre un terme à la mécanique des journées parisiennes, et le feront à un prix certes lourd mais avec une efficacité qui a aussi permis de fonder une véritable démocratie représentative qui ne soit pas à la merci d'une partie du peuple d'une ville ne représentant que 3% de la population du pays.


En 1830, le régime a été renversée par un vrai soulèvement populaire.
En 1848, le régime a été presque " abandonnée " Louis-Philippe vieux, malade et sans énergie depuis la mort de son fils, une garde nationale qui ne répond pas à l'appel du gouvernement (notamment parce que beaucoup des hommes de troupes étaient des bourgeois exclus des listes électorales) l'impression d'un fêtu paille qui s'effondre sur lui-même.


En 1830, c'est d'abord les ouvriers typographes puis 10.000 émeutiers à Paris. Et le château de cartes de la restauration s'effondre.


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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 07 Juil 2015 15:08 
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Grégoire de Tours
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Bonjour,

Narduccio a écrit :
11/47, Considérant (CG de la Seine) : "Nous voulons une réforme pour conjurer les tempêtes de l'avenir" ... 01/48, Tocqueville à la Chambre : "Il existe dans le pays ce sentiment précurseur des révolutions qui souvent les annonce, qui quelquefois les fait naitre"
Des déclarations comme celles-là, on en lit régulièrement dans les comptes-rendus des sessions de tous les parlements du monde. Si elles étaient toutes suivies d'effets, aucun régime ne tiendrait plus d'une semaine. ;)


Je vous l'accorde mais cette fois ce fut suivi d'effets.

Pas "tous les parlements du monde", regardez le parlement de la "Ville Lumière", se pose-t-elle pareilles questions ? Il semble que non, pourtant ça va plutôt mal et ça tient malgré tout... Vous m'avanceriez les deux phrases mentionnées que je vous répondrais -sans être visionnaire- : "Bah, ça ira, ça ira !" et ce, le plus placidement du monde. ;)

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 Sujet du message : Re: Émeutes de 1830 et 1848
Message Publié : 08 Juil 2015 15:46 
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Grégoire de Tours
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Jerôme a écrit :
Comment expliquer l'inefficacité de la garde royale et et la police parisienne ? Arrogance ou Courtisanerie du côté de la garde ? Complaisance inavouée de certains policiers pour les opposants ?

Caesar Scipio a écrit :
En 1830, c'est d'abord les ouvriers typographes puis 10.000 émeutiers à Paris.


[... Ce furent les journalistes qui furent les plus directement touchés avec les ouvriers typographes. Ils se réunirent dans les bureaux du National ; des étudiants, des électeurs venaient discuter de la situation, les premiers parlaient de révolte, les seconds de refuser l'impôt, voulant ainsi imiter l'Angleterre au XVIIème siècle. Finalement une protestation signée par 44 journalistes fut rédigée ; elle s'exprimait au nom de la Charte, refusait de reconnaitre la dissolution de la Chambre des députés et l'autorité du gouvernement qui disait-elle "a perdu aujourd'hui le caractère de légalité qui commande l'obéissance" mais le pouvoir royal n'était pas remis en question, elle dénonçait "un coup d'état" et concluait : "Nous lui résistons pour ce qui nous concerne ; c'est à la France à juger jusqu'où doit s'étendre sa propre résistance." Les principaux rédacteurs étaient Thiers pour le National, Cauchois-Lemaire pour Le Constitutionnel et Chatelain pour le Courrier français.
Les gérants des journaux de l'opposition obtinrent] du PTPI [une autorisation de paraître ... Mais la journée (le 26) fut calme et sans réaction populaire spontanée.
Le lendemain ... vit le passage de la simple résistance à l'émeute. Le gouvernement avait voulu faire preuve d'autorité. Le National, Le Globe et Le Temps ... faisaient appel à la résistance ouverte ; le commissaire de police fit briser leur presse.
Le maréchal Marmont ... disposait de 12 000 hommes ... Ses troupes eurent à intervenir en plusieurs endroits ... rue Saint Honoré ... quartier de la Bourse ... Palais royal ... place Vendôme ... vers 23 heures il fit rentrer ses troupes dans les casernes pensant que toute agitation était calmée.
Pourtant la journée avait vu s'organiser la résistance ... Dans la nuit du 27 au 28, le mouvement est devenu révolutionnaire ... c'est contre 8 000 hommes en armes au moins que se heurtent les troupes de Marmont. L'armée de ligne dont les cadres subalternes sont souvent issus des armées de la Révolution et de l'Empire est sensible à l'idée nationale dont se réclament les émeutiers et elle fraternise souvent avec eux ... Le 29, Marmont ne peut plus guère compter que sur les Suisses et sur la garde ; ils se retirent du Louvre vers la barrière de l'Etoile ... La caserne Babylone et le Palais-Bourbon sont envahis par les insurgés ... Paris est désormais aux mains des révolutionnaires qui ont eu 200 tués et 800 blessés... Le nouveau pouvoir s'élabore entre l'Hôtel de ville et l'hôtel Laffitte qui reste au centre de tout le mouvement parisien.]

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