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Message Publié : 29 Déc 2017 13:32 
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Depuis 2015, un document recensant le nom de 100 000 personnes qui ont collaboré avec l'occupant nazi est déclassifié. L'immense majorité de ces collaborateurs ont été jugés. L'historien Dominique Lormier en a publié un livre, 100 000 collabos.


Les noms des collabos de la seconde guerre mondiale déclassifiés

Citer :
Il y a aussi beaucoup d'industriels dont la production partait en Allemagne. Le monde du cinéma est aussi présent. Parmi ces collabos, beaucoup d'anonymes et quelques noms bien connus : Maurice Papon ou René Bousquet. Le père du magistrat Philippe Bilger figure aussi dans ce fichier. Il était préfet. L'ouverture de cette boîte de Pandore met mal à l'aise le magistrat honoraire. Ces collaborateurs, considérés comme des traîtres, ont connu l'épuration à la Libération. Plus de 95 000 d'entre eux ont été jugés et condamnés à des peines de prison plus ou moins lourdes. 791 ont été exécutés.


On voit déjà un léger hiatus, le fichier recense plus de 100 000 noms, mais seulement 95 000 ont été jugés. Et il n'est pas dit si ces 95 000 sont tous dans le fichier ...

Image

Dominique Lormier Les 100 000 collabos Le fichier interdit de la collaboration française

Citer :
Le livre événement sur la collaboration française

À la libération, le colonel Paul Paillole, responsable du contre-espionnage français, entreprend de dresser la liste des personnes ayant collaboré avec l'occupant allemand.

En 1945, il donne dans deux volumes de plus de 2 000 pages les noms des 96 492 "suspects et douteux". Ce fichier très secret était connu du résistant Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, et d'Alexandre de Marenches, patron des services secrets français de 1970 à 1981.

Il fut communiqué aux parties civiles lors du procès de Maurice Papon en 1997 et retourna dans le silence des archives en raison de son contenu explosif, et ce jusqu'à aujourd'hui, grâce au déclassement en 2015 des dossiers concernant cette période. Dominique Lormier nous raconte l'extraordinaire histoire de ce fichier des collabos, ce qu'il contient, ceux qui y figurent en bonne place comme ceux qui en sont bizarrement absents. L'analyse des différents types de collaboration et de leur répartition sur l'ensemble du territoire métropolitain apporte un éclairage étonnant sur la période de Vichy.

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Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


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Message Publié : 29 Déc 2017 19:15 
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Fernand Braudel
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Alexandre de Marenches , alors qu'il était directeur général du SDCECE s'était beaucoup intéressé à ces documents non encore exploités. Il en parle un peu dans son ouvrage " Dans le secret des princes".

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" Je n'oublie pas le Colonel Arnaud Beltrame "


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Message Publié : 29 Déc 2017 19:51 
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Faget a écrit :
Alexandre de Marenches , alors qu'il était directeur général du SDCECE s'était beaucoup intéressé à ces documents non encore exploités. Il en parle un peu dans son ouvrage " Dans le secret des princes".

Sachant que ce fichier a été créé par Paillole (chef du contre-espionnage) en 45, il est donc resté dans les mains des services français pendant toute cette période au moins...

On aimerait savoir - mais on ne saura pas - s'il a été utilisé à des fins de pression sur certaines personnalités ?

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Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 30 Déc 2017 13:57 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 20 Août 2010 13:58
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Pierma a écrit :
Sachant que ce fichier a été créé par Paillole (chef du contre-espionnage) en 45, il est donc resté dans les mains des services français pendant toute cette période au moins...

On aimerait savoir - mais on ne saura pas - s'il a été utilisé à des fins de pression sur certaines personnalités ?


Ce serait tout sauf étonnant. Les Soviétiques ont eu recours à cette méthode durant la Guerre Froide après avoir mis la main sur une bonne partie des dossiers des polices et des services de renseignements de l'Allemagne nazie, dans la future RFA et ailleurs. Il serait particulièrement étrange que côté allié, on n'ait pas eu la même idée. De toute façon, les gouvernements ont toujours su s'arranger avec le passé de ceux dont ils avaient besoin, que ce soit des scientifiques, des militaires ou des politiques.

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Il faut toujours éviter de combattre des désespérés.

Extrait du Taktika de Léon VI (empereur byzantin de 886 à 911)


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Message Publié : 30 Déc 2017 20:30 
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Polybe
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J'avais trouvé ceci à propos des déclarations de Marenches :

Citer :
En 1986 paraît le livre d'Alexandre de Marenches et de Christine Ockrent, Dans le secret des princes [4], qui révèle que l'anciens directeur de la SDECE [5] avait découvert, dans les locaux des Services secrets français, 10 tonnes d'archives de la Gestapo saisies à la Libération et restées secrètes. Ces documents étaient supposés contenir des preuves compromettantes pour certains résistants. Après quelques "remous" d'ordre politique, ces archives furent confiées à une commission consultative de la Résistance chargé d'examiner les documents et de donner son avis sur l'opportunité de les rendre publics. Ladislas de Hoyos ne précise pas ce que ces documents ont révélé. Il s'agissait en réalité de deux tonnes de papiers disparates et non pas dix, résidus de documents déjà étudiés et qui auraient dû passer au massicot après archivage sur ordinateur.


http://livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=54850

Citer :
Devant l'énormité du scandale, le président de l'Assemblée nationale et ancien résistant, Jacques Chaban-Delmas, qui avait contresigné seize ans plus tôt la nomination d'Alexandre de Marenches au SDECE, fut chargé de la contre-attaque. Démentant dans une lettre ouverte que ces archives aient été constituées d'autre chose que des « résultats d'enquêtes sur des étrangers [...] qui auraient dû être détruits, comme devenus sans intérêt », Chaban entendait lever l' « intolérable suspicion sur des résistants survivants ». De plus, de nombreux anciens agents du SDECE feront savoir que ces archives avaient été exploitées en 1945 et 1950, et que les pseudo-révélations d'Alexandre de Marenches ne constituent donc qu'un pétard mouillé... »


http://livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=56239&v=1

Si ces deux tonnes d'archives ont été confiées à une commission, ce ne sont peut-être pas les mêmes que le fichier Paillole ? :?:


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Message Publié : 31 Déc 2017 0:19 
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Rob1 a écrit :
Si ces deux tonnes d'archives ont été confiées à une commission, ce ne sont peut-être pas les mêmes que le fichier Paillole ? :?:

Oui, je pense que ces deux tonnes d'archives n'ont rien à voir avec le fichier Paillole.(qui de toute façon ne peut pas faire deux tonnes.)

A mon avis voila de quoi il s'agit : Pierre Nord a raconté que la première armée française - l'armée De Lattre - dans sa course vers le Danube, a mis la main sur un jeu complet des archives du RSHA, soit plusieurs camions.

Il s'agit des archives berlinoises du siège du RSHA (Office Central de Sécurité du Reich, l'organe nazi de répression et d'espionnage, qui comprend la Gestapo, mais pas seulement : on y trouvait le Sicherheitdienst Ausland, donc le service d'espionnage nazi, et d'autres services, comme celui d'Eichmann. (Le terme "archives de la Gestapo" est réducteur, mais plus simple pour le grand public.)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Reichssicherheitshauptamt

Ces archives étaient évacuées de Berlin - les Russes approchaient - en direction de l'hypothétique "réduit alpin" nazi dans les Alpes bavaroises, et dans le foutoir ambiant, les camions avaient fini abandonnés au bord d'une route perdue.

Pour les services français, un trésor ! On n'a pas souvent l'occasion de lire à livre ouvert dans les papiers d'un service secret ennemi. Par exemple, Pierre Nord raconte avoir travaillé sur la façon dont le service secret nazi avait avalé - ou pas - des informations fausses fournies par diverses filières d'intoxication, de façon à améliorer les méthodes en ce domaine.

En prime, le registre matricule de tous les agents du SD et de la Gestapo.

J'ignore quelle exploitation et quelle diffusion a été faite de ces archives. (J'ai des infos contradictoires.)

Contenaient-elles les noms de résistants français informant les Allemands ? A mon avis, très peu, sinon aucun qu'on ne connaisse déjà. Les résistants français devenus des traîtres au service de la Gestapo ont fait des dégâts considérables dans leurs réseaux, mais au moins ils étaient connus par ces réseaux.

Bon, pour être complet, il y a eu le cas du chef bordelais de l'OCM qui a conclu un accord de non-agression avec la Gestapo, ce qui a déclenché un foutoir épouvantable dans la région, de sorte qu'il pouvait y en avoir qui soient restés inaperçus. Et sans doute quelques uns ailleurs, passés inaperçus parce qu'ils avaient dénoncé peu de monde.

Mais tous ces gens, s'il y en avait, avaient été ramassés et fusillés depuis belle lurette lorsque De Marenches, nommé en 70, a affirmé avoir des noms. Je suis très perplexe. En fait je pense que De Marenches utilisait le fichier Paillole, et donc ciblait des collabos, pas des traîtres ayant du sang sur les mains. Un moyen de pression, comme je l'ai dit.

Ces archives pouvaient contenir aussi les noms de Français laissés en arrière par l'espionnage nazi (les "intergelassene Agenten", munis de postes émetteurs pour fournir des renseignements militaires) c'est un des liens que je vois avec le fichier Paillole. Mais les services français les avaient pour la plupart arrêtés et retournés, et s'il en restait, ils étaient à fusiller d'office.

Autre lien avec le fichier Paillole : celui-ci a dû y prendre tous les noms de collaborateurs cités par les rapports allemands comme ayant fourni des informations.

Donc ces 10 tonnes d'archives ont pu servir à alimenter en partie le fichier Paillole, mais pour l'essentiel il était assez facile, en 1945, de savoir qui avait collaboré. C'était de notoriété publique. Et la résistance savait tout. Au printemps 44 les collabos parisiens, qui recevaient des cercueils par courrier, on tenu par bravade un "banquet des fusillés", c'est dire. Alors les traîtres qu'on découvre 25 ans après, j'en doute.

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Message Publié : 31 Déc 2017 12:15 
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Fernand Braudel
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Localisation : Allemagne
Alexandre de Marenches était un homme sérieux et les deux tonnes de documents retrouvés dans une casemate d'un fort parisien ont été exploitées systématiquement et avec discrétion, en accord avec les méthodes de travail du SDECE. Reste à savoir ce que cela a révélé ? Et sans doute que même s'il y a eu révélations, c'est resté très discret et dans un cercle restreint.

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Message Publié : 02 Jan 2018 2:22 
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Polybe
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Marenches lui-même dit qu'il n'y aurait eu qu'un survol des papiers exhumés.

Et puis, les réponses à ses déclarations me rappellent le livre sur l'Afghanistan où Jean-Christophe Notin montrait que quelques histoires de Marenches avaient été un peu exagérées.


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Message Publié : 02 Jan 2018 11:01 
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Fernand Braudel
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" Ceux qui parlent ne savent pas et ceux qui savent ne parlent pas " :P

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Message Publié : 02 Jan 2018 11:11 
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Jean Mabillon
Jean Mabillon

Inscription : 07 Sep 2008 15:55
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Faget a écrit :
" Ceux qui parlent ne savent pas et ceux qui savent ne parlent pas " :P


Très juste.

J'ai eu pour ma part dans mon coffre-fort (au bureau - pas à la maison !) il y a une dizaine d'années (et ce pendant trois ans) la liste des collabos d'un département entier. Elle comptait 600 noms environ et datait de ... 1961... je n'en ai fait aucun usage - ni personnel ni professionnel...mais la date retenue montre qu'au début de la Vè République on considérait qu'il s'agissait d'une information utile dans un cadre politico-administratif (c'était avant les lois sur les archives, les fichiers, etc ...)


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Message Publié : 02 Jan 2018 11:51 
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Jean Mabillon
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Inscription : 16 Jan 2010 19:18
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Les faits avaient moins de 20 ans,c'était encore un passé proche et parfois utile......d'autant plus que la société n'était pas autant déstructurée qu'elle l'est aujourd'hui.


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Message Publié : 02 Jan 2018 16:24 
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Faget a écrit :
" Ceux qui parlent ne savent pas et ceux qui savent ne parlent pas " :P

+1 aussi.

Dans le domaine de l'espionnage, à part des faits apparus au grand jour, on ne peut même pas croire le contraire de ce qu'affirment les auteurs.

Typiquement, je veux bien croire Pierre Nord quand il affirme que les services français ont eu la chance de mettre la main sur les archives du RSHA - c'est trop gros pour être inventé - mais pour l'usage qu'ils en ont fait, je n'ai émis que des conjectures. Allez savoir...

Récemment, Gilles Perrault a reconnu lui-même qu'il avait pour une part été berné concernant l'Orchestre Rouge, et un auteur français - dont j'ai oublié le nom - qui a eu accès aux archives soviétiques, a corrigé l'histoire de ce réseau, remettant en cause le personnage de héros que s'était forgé Léopold Trepper. (Mais le doute est sans fin : les archives officielles soviétiques, dans ce domaine... :rool: )

En tous cas ce que raconte Aigle concernant la liste des collabos semble montrer qu'il a été fait bon usage du fichier Paillole... :rool:

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