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 Sujet du message : Terreur blanche.
Message Publié : 08 Mai 2002 13:19 
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Thucydide
Thucydide

Inscription : 11 Avr 2002 11:30
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Localisation : N France / Sèvres / Hauts-de-Seine
A la seconde invasion des forces alliées venues de toute l'Europe détruire les derniers restes bonapartistes et napoléoniens de l'Empire, alors que déjà le roi Louis XVIII a retrouvé la place de son trône, une époque courte mais effrayante et réactionnaire s'installa sur la France. Cette réaction, due au déchaînement parfois meurtrier des royalistes, a finit la destruction des derniers grands lambeaux qui drapaient alors encore la France, héritière de la grandeur napoléonienne, mais qui disparut sous le silence et la peur de la réaction royaliste alors en partie favorable à des actions exemplaires contre tous ceux "coupables" d'avoir suivis et aidé "l'usurpateur" dans son retour de l'Ile d'Elbe et dans sa marche pour sauver le pays.

Alors se leva des couches réactionnaires royalistes, appelées plus tard les "ultras" dont faisait partie Monsieur, comte d'Artois et frère du roi louis XVIII, et qui eu pour but de purger avec des groupes paramilitaires tous ceux que l'on suspectait comme bonapartiste ou complice des Cents Jours.

La Terreur Blanche ensanglante la France : des bandes paramilitaires, les miquelets et les verdets, font régner un climat de terreur et d'inquisition. Marseille, dans les du 25 au 26 juin, voit avec horreur tous ceux qu'elle abrite comme supposé bonapartistes frappés, à l'exemple de la communauté égyptienne, souvent apparentée aux mameluks et qui subissent une effroyable persécution. Tous et toutes sont touchés par cette répression populaire, du petit ouvrier fédéré au grand notable de l'Empire, des femmes sont frappées, le maréchal Brune est abattu à bout portant en Avignon, son cadavre traîné par les pieds et jeté dans le Rhône. Partout, jusqu'à Paris connaît ces violentes réactions. A Toulouse, le 15 août, le général Ramel, pourtant royaliste, est égorgé pour avoir voulu désarmer les milices.

Ainsi, ceux à qui les Bourbon avaient promis au peuple français le respect des libertés d'opinions et le pardon à ceux qui avaient servi l'Empereur et la nation, se sont vus bafoué leurs droits, et comme si les pillages, les exactions ne suffisaient pas à la triste note du retour des Bourbon, les Français virent avec horreur leur terre occupée pendant trois à cinq ans par des armées de brigands élevées au nombre de cent cinquante mille hommes, le paiement des indemnités de guerre et nos frontières restreinte aux anciennes frontières de 1790, et pour finir la triste liste, les Français sont menacés d'agression à la moindre velléité de révolte. Au moment d'apposer sa signature, Richelieu, le successeur de Talleyrand à la présidence du Conseil, pleure de rage et de désespoir :"Eh bien, c'est fini, s'écrie-t-il, le roi me l'a ordonné. On mérite de porter sa tête sur l'échafaud quand on est Français et qu'on a mis son nom au bas d'un pareil traité."

Et les violences ne s'arrêtent pas là, elles prennent ensuit une tournure officielle que le roi s'était jusqu'à refusé d'afficher, et Fouché publie deux ordonnances de proscription le 24 juillet. La première désigne dix-neuf militaires appelés à comparaître devant un Conseil de guerre. la seconde frappe trente-huit civiles qui seront maintenus en résidence surveillée jusqu'à ce que les chambres aient statué sur leur sort. Certains ont cependant été oublié comme Molé, Cambacérès, ou plus étrangement comme... Joseph Fouché.

Puis, les élections législatives étant très favorables aux royalistes réactionnaires, la peur change définitivement de camps. "On va faire la chasse aux maréchaux, se réjouit le duc de Berry dans une lettre au roi, il faut en tuer au moins huit."

Puis les Ultras réussissent à faire donner la démission du ministère Talleyrand-Fouché, et en septembre, plusieurs lois liberticides voient le jours et un puissant arsenal répressif qui réduit à néant les libertés individuelles et permet au gouvernement de tenir au secret les suspects est institué. Puis les têtes tombent... La Bédoyère, fusillé dès le 19 août; les jumeaux Faucher, César et Constantin, condamné pour des pretextes futiles; le maréchal ney enfin, condamné à mort par la chambre des pairs et fusillé le 7 décembre. Il rejoint Murat, abattu par un peloton napolitain quelques semaines auparavant.

Ainsi un homme de bonne intelligence saura faire la différence entre l'arrivée triomphalement applaudie par le peuple et acclamé par la nation, d'un Empereur, et un retour mortuaire et taché du sang des Français et de lois liberticides d'un roi que seul la force a pu institué au gouvernement de la France.


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 Sujet du message : demi-soldes !
Message Publié : 08 Mai 2002 17:50 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 01 Mai 2002 9:45
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Je ne connaissais pas ces mots de Richelieu ! Voila un homme d'honneur ! Ce n'est pas talleyrand qui les aurait prononcé ! :tresfache:
Dans le chapitre des humiliations, n'oublions pas la "Demi-solde" par laquelle les officiers de l'Empereur étaient foutus à la porte et devez donner la moitié de leur salaire au Roi ! :diablotin: Certains ont eu la croix de st Louis comme lot de consolation, qui n'avait à leur yeux aucune valeur ! seule La Croix (Légion d'honneur) était portée fierement sur la poitrine comme un étendard ! :bravo2:

_________________
VIVE L'EMPEREUR !!!
Hypolite.


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 Sujet du message :
Message Publié : 12 Juin 2002 19:23 
On a beaucoup reproché les pillages et abus des soldats français en campagne, mais après WAterloo les occupants se sont également montrés sous un jour bien funeste, et pas seulement les simples soldats mais aussi les chefs de corps .
Exemple avec le général Thielman logé quelques temps à l'hotel du Maréchal Ney . Il pilla tout ! jusqu'aux voitures de la maréchale, ses chevaux et il fit même enlever les harnais dans les écuries !!! pitoyable .
Heureusement nos concitoyens firent souvent mauvaise grâce à toutes ces réquisitions qui vinrent s'ajouter aux dédomagement de guerre .
10 Millions pour les seuls Prussiens payables en 8 jours .
A la mairie du 10è arrondissement ces mêmes Prussiens demandèrent 10.000 paires de chaussures ! ils n'urent pas de réponse, alors ils pillèrent toutes les boutiques du quartier . Un des adjoints du maire tenta de s'opposer au pillage, il fut aussitôt menacé, arrété et envoyé auprès de Talleyrand qui le blama pour sa résistance .... et lui conseilla de s'enfuir pour éviter le pire .
(source : histoire des deux restaurations par A. de Vaulabelle)


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 Sujet du message : Re: La vengeance royaliste...
Message Publié : 16 Mai 2004 14:03 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 12 Juil 2003 17:54
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Sébastien D. a écrit :
Ainsi, ceux à qui les Bourbons avaient promis au peuple français le respect des libertés d'opinions et le pardon à ceux qui avaient servi l'Empereur et la nation, se sont vus bafoué leurs droits, et comme si les pillages, les exactions ne suffisaient pas à la triste note du retour des Bourbon, les Français virent avec horreur leur terre occupée pendant trois à cinq ans par des armées de brigands élevées au nombre de cent cinquante mille hommes, le paiement des indemnités de guerre et nos frontières restreinte aux anciennes frontières de 1790.


Si la France a été réduite à ses frontières de 1790 en 1815, c'est bien à Napoléon qu'on le doit !

Je rappelle qu'en 1814, après la chute de l'Empire, la France avait conservé ses frontières de 1792, n'avait pas été soumise à une indemnité de guerre. Conformément à la volonté de réconciliation nationale de Louis XVIII, l'administration n'avait guère été épurée. A la chambre des Pairs, sur les 149 nommés, 103 sont sénateurs ou maréchaux d'Empire.

C'est le Vol de l'Aigle qui a coûté cher au pays mais, bien sûr, ses conséquences sont portées au passif de la Restauration plus qu'à Napoléon. C'est fort commode.

Oui, la Seconde Restauration s'ouvre sous de bien sombres auspices : la France vaincue retrouve ses frontières du 1er Janvier 1790, doit verser une indemnité de guerre de 700 millions de francs en 5 ans et subit l'occupation étrangère qu'elle paie de ses deniers.
Mais dès 1817, Louis XVIII obtiendra la fin de cette occupation et c'est tout à son honneur (alors que l'occupation devait durer, au minimum trois ans.)

Oui les ultras ne reviennent en 1815 que dans l'idée de se venger de ceux qui ont acclamé le Vol de l'Aigle.
Oui, les anciens pays chouans et le Midi, principalement, voient se développer une sinistre Terreur Blanche qui n'a rien à envier à celle de 1793 par certains côtés.
Mais la situation, à l'été 1815, est totalement différente de celle d'avril-mai 1814.


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 Sujet du message : Re: La vengeance royaliste...
Message Publié : 16 Mai 2004 15:04 
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Pierre de L'Estoile
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Inscription : 08 Mai 2002 9:54
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Louis-Auguste a écrit :
Sébastien D. a écrit :
Ainsi, ceux à qui les Bourbons avaient promis au peuple français le respect des libertés d'opinions et le pardon à ceux qui avaient servi l'Empereur et la nation, se sont vus bafoué leurs droits, et comme si les pillages, les exactions ne suffisaient pas à la triste note du retour des Bourbon, les Français virent avec horreur leur terre occupée pendant trois à cinq ans par des armées de brigands élevées au nombre de cent cinquante mille hommes, le paiement des indemnités de guerre et nos frontières restreinte aux anciennes frontières de 1790.


Si la France a été réduite à ses frontières de 1790 en 1815, c'est bien à Napoléon qu'on le doit !


Vraiment ? C'est étrange: les bons Alliés du roi ne faisaient pourtant la guerre qu'au seul Napoléon, mis au ban des nations -comme chacun sait- et revenu au pouvoir par le biais d'un coup d'état militaire, organisé par des soldats factieux et félons... :P

Par contre, Louis-Stanislas-Xavier, était toujours roi de France en titre et d'ailleurs, ses partisans aidèrent fortment la coalition: des généraux, comme Bourmont; des officiers, comme du Barail à Waterloo; et des gentilshommes, en Vendée, en Anjou, avec leurs paysans (ce qui soulagea d'autant les anglo-prussiens).

On pouvait concevoir l'indemnité de guerre, qui aurait pu -par courtoisie- être rebaptisée "quote-part des Français pour la libération du royaume", comme la participation du roi aux frais communs contre le tyran. Il n'en fut rien: que voulez-vous, chassez le naturel, il revient au galop...

Citer :
Je rappelle qu'en 1814, après la chute de l'Empire, la France avait conservé ses frontières de 1792, n'avait pas été soumise à une indemnité de guerre. Conformément à la volonté de réconciliation nationale de Louis XVIII, l'administration n'avait guère été épurée. A la chambre des Pairs, sur les 149 nommés, 103 sont sénateurs ou maréchaux d'Empire.


Elle aurait pu conserver infiniment mieux: c'était affaire de caractère et d'intelligence, toutes choses qui dépassaient les talents de Talleyrand. Quant au roi, il fut bien content de se satisfaire du "pré carré" de son frère. C'était manquer singulièrement de clairvoyance.

Citer :
C'est le Vol de l'Aigle qui a coûté cher au pays mais, bien sûr, ses conséquences sont portées au passif de la Restauration plus qu'à Napoléon. C'est fort commode.


Napoléon a joué et a perdu, mais "on" l'y a un peu aidé. Et puisque ces fameux alliés étaient si pleins de bonnes promesses envers le roi, on s'étonne qu'ils soient devenus si âpres au gain après la "victoire commune"!

Citer :
Oui, la Seconde Restauration s'ouvre sous de bien sombres auspices : la France vaincue retrouve ses frontières du 1er Janvier 1790, doit verser une indemnité de guerre de 700 millions de francs en 5 ans et subit l'occupation étrangère qu'elle paie de ses deniers.
Mais dès 1817, Louis XVIII obtiendra la fin de cette occupation et c'est tout à son honneur (alors que l'occupation devait durer, au minimum trois ans.)


Aurait-il été trompé par ses bons amis ? Ne pouvait-il pas les mettre en garde ? Qu'un fils de Saint-Louis avait assez de Du Guesclin dans les rangs des maréchaux de "l'autre" pour leur faire rendre gorge ? On aurait peut-être vu ces messieurs venus en fourgon (de l'étranger), changer de couleur ? Mais pour le savoir, il aurait peut-être fallu oser tenir ce langage, ce qui ne semblait pas appartenir aux attributs du frère de Louis XVI... :cry:

Citer :
Oui les ultras ne reviennent en 1815 que dans l'idée de se venger de ceux qui ont acclamé le Vol de l'Aigle.
Oui, les anciens pays chouans et le Midi, principalement, voient se développer une sinistre Terreur Blanche qui n'a rien à envier à celle de 1793 par certains côtés.
Mais la situation, à l'été 1815, est totalement différente de celle d'avril-mai 1814.


C'est la faute à qui donc ? C'est la faute à Napoléon, bien entendu...


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Message Publié : 16 Mai 2004 15:43 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 12 Juil 2003 17:54
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En réactivant ce sujet, je voulais surtout débattre de la Terreur Blanche.
Mais je n'ai pas pu m'empêcher de répondre aux propos de Sébastien D.

Revenons à la Terreur Blanche, si souvent passée sous silence.
Que faut-il en penser ? :?:
Résultat de la combinaison de la passion politique combinée à une passion religieuse qui fait se dresser des catholiques fanatiques contre les protestants, en majorité favorables, dans le Midi, à la Révolution et à l'Empire ? A Nîmes, les bandes royalistes appelées les verdets parce que portant la cocarde verte du comte d'Artois, chantent "vouloir faire du boudin avec le sang de Calvin". :cry:
Cette terreur organisée le fut-elle avec l'appui des autorités ou profita-t-elle d'une situation troublée pour se développer ?

Quelles sont vos opinions sur le sujet ?


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Message Publié : 16 Mai 2004 16:34 
Bonjour Louis-Auguste,

bon, j'essaie de répondre un peu, mais je connais mal le sujet, j'espère que vous allez m'éclairer :D

Il me semble que les exactions de la Terreur blanche commises par les verdets et autres brigades étaient peu spontanées, et que ces bandes étaient plus ou moins manipulées. Soit par des membres de la noblesse locale avec la bénédiction des préfets, soit par des proches du Comte d'Artois... Les commissaires royaux ont aussi joué un rôle assez sinistre, avant leur rappel en juillet, non? Mais il a dû y avoir aussi des massacres plus fondés sur la vieille haine envers les protestants que sur des manipulations politiques...

Il me semble me rappeler que le livre du Duc de Castries sur la question est plutôt bon, mais je l'ai lu il y a longtemps. Peut-être vous souvenez-vous ce de ce qu'il dit?

Autre chose : il me semble que dans la Terreur Blanche, août 1815 constitue un tournant avec la victoire électorale des ultras. Le phénomène est plus ou moins institutionnalisé ensuite, avec non plus des assassinats mais des exécutions...

Bon, voilà ma contribution, elle est assez faible, j'avoue, mais je compte sur vous pour préciser tout ça :wink: .

Cordialement,
CC


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 Sujet du message : Terreur blanche ?
Message Publié : 12 Avr 2007 16:00 
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Inscription : 13 Mars 2006 10:38
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Localisation : Lorraine
Sujet restitué (janvier-février 2007)
Citer :
Jesuisidiotmaisjemesoigne
J'ai entendu parler vaguement d'une Terreur Blanche...mais je sais pas du tout ce que c'est. C'est pendant la révolution ou après ?
Je connais la Terreur (enfin...les très grosses lignes) mais pourquoi Terreur Blanche...c' est la même ?

Saalfeld
Non, la " Terreur blanche ", ce n'est pas la " Terreur ". La couleur est en référence à la royauté française. Dans les régions françaises royalistes (surtout la vallée du Rhône en Aval de Lyon), les royalistes se vengèrent, notamment en 1815, des républicains, bonapartistes et autre libéraux lorsque le pouvoir a vacillé. L'une des victimes la plus connues est le Maréchal Brune massacré par la foule à Avignon en 1815.

André Sanphrapé
Une recherche sur wikipedia vous aurait donné une première réponse :terreur blanche — certes discutable : l'organisation de l'article peut donner l'impression que la Terreur blanche de 1815 a été moins importante que les autres alors que c'est plutôt celle-ci qui est aujourd'hui restée dans l'histoire comme Terreur blanche — un court article ici, un témoignage là.

Martinx
Il y a plusieurs Terreurs blanches. On retient souvent celle de 1815 qui a vu le futur ministre de Charle X La Bourdonnaye mener des massacres de révolutionnaires, mais il ne faut pas oublié celle de 1794 qui a mit fin au club des jacobins dont les membres étaient agressés par les "muscadins" des jeunes nobles qui se parfumaient avec des noix de muscade (d'où le nom) et qui attaquaient les anciens jacobins et autres sans culottes.

La fourmi
Je suis fort étonné de ce que vous annoncez ; j'ai lu un grand nombre d'ouvrages sur cette période et je n'ai jamais vu l'utilisation du terme "terreur blanche" au sujet de l'attitude de ces jeunes élégants qui juste après la Terreur, vêtus de façon excentrique, ont été des adversaires actifs des Jacobins, mais peut-être ai-je tort et j'attends vos sources.

Dominique t.
Voici un (très) bref résume (d'après Houssaye, 1815 La Terreur blanche) des exactions royalistes après les Cent-Jours :

Marseille : 25-26 juin ("Le Jour de la Farce") : environ 250 victimes massacrées, dont beaucoup d'Égyptiens venus en France en 1801 (On ne peut s'empêcher de penser aux massacres des harkis...)
Avignon : du 15 juillet au mois de ... décembre (!) : non précisé, sûrement plusieurs centaines, dont bien sûr le Maréchal Brune. Notons ici que quelques assassins furent quand même condamnés.
Montpellier : à partir du 27 juin : plus de cent morts
Nîmes (bande de Trestaillons) : plus de 450 personnes massacrées.
Uzès (bande de Quatretaillons): au moins 12 personnes.
Toulouse (les Verdets) : non précisé, parmi les victimes, le général Ramel.

J'ai cité ici uniquement les massacres royalistes dans le Midi, il ne s'agit donc pas de condamnations après jugement.

Neuf mille condamnations politiques furent prononcées par les cours d'assises, les conseils de guerre, les tribunaux correctionnels et les cours prévôtales. On procéda à la «juste épuration» réclamée par la Chambre : destitutions de préfets, de sous-préfets, de centaines de maires, de 1 000 juges de paix; révocations ou suspensions de 265 recteurs, régents et professeurs ; exclusion de l'Institut de Monge, de Lakanal, de David et de dix-huit autres académiciens; élimination des cours et tribunaux de 55 présidents, de 41 procureurs généraux et avocats généraux, de 202 conseillers et de 1400 juges.

En vertu de l'article V de l'amnistie, on poursuivit les généraux Marchand, Travot, Porret de Morvan, Morand, Radet, Decaen, Chartran, Rigaud, Bonnaire, Gruyer, le contre-amiral de Linnois, l'adjudant-commandant Boyer et le capitaine Thomassin. Les conseils de guerre prononcèrent la peine de mort contre Morand, Porret de Morvan et Rigaud, contumax. Radet fut condamné à neuf ans de détention, et Bonnaire à la déportation. (Bonnaire subit la dégradation militaire à grand spectacle, sur la place Vendôme, à une heure après-midi.) Boyer, Gruyer et Travot furet condamnés à mort, mais le roi daigna commuer leur peine en vingt années de détention. Travot dont les Vendéens eux-mêmes disaient la bonté et citaient les actes de clémence devint fou dans sa prison.
Chartran fut fusillé à Lille le 22 mai 1816, quatorze mois après les événements qui l'incriminaient.

Concernant Chartran: http://napoleon-monuments.eu/Napoleon1er/Chartran.htm

Bien sûr, on n'oublie pas Ney et Labédoyère, fusillés, ni Lavallette, qui échappe de justesse à la guillotine grâce à son évasion, ni Lefèvre-Desnouettes, qui s'exila, condamné à mort.


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Message Publié : 12 Jan 2008 13:22 
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Thucydide
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Inscription : 19 Oct 2007 21:09
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Pour moi, la terreur blanche a eu lieu en 1815.

C'est une revanche des royalistes qui viennt de reprendre le pouvoir avec le début de la restauration.

En effet de 1793 à 1804 c'est la Iere Republique, de 1804 à 1814 le Ier Empire de Napoléon Ier et le peuple confère à Napoléon le principe d'Empereur héréditaire, ils ont peur de revenir à la monarchie...

Napoléon sera exilé à l'Ile d'Elbes en 1814 mais reviendra en 1815 (Début des 100 jours du 1er Mars jusqu'à avril 1815 qui se finit par la défaite de Waterloo). Louis XVIII revient donc au pouvoir en 1815 (Jusqu'en 1830 --> Les 3 glorieuses) et les Ultras (Royalistes qui ne s'appuient pas vraiment sur la Chartes de 1814) prennent leur revanche sur les républicains...

C'est peut-être un peu simpliste comme vision mais je vois les choses comme ca.. :roll:

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Message Publié : 12 Jan 2008 13:35 
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Inscription : 31 Déc 2007 17:46
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Localisation : 43"32'25 Nord 6"28'00 est
""En effet de 1793 à 1804 c'est la Iere Republique,""


NON!!!!

Premiere République: 21 septembre 1792 au 18 brumaire An VIII (9 novembre 1799)....

Ensuite c'est le Consulat....

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"FORTUNA PERIT, FAMA MANET"


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Message Publié : 12 Jan 2008 22:55 
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Thucydide
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Inscription : 19 Oct 2007 21:09
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Effectivement il y a erreur de ma part, désolé.

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Message Publié : 13 Jan 2008 2:44 
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Jean Mabillon
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Inscription : 26 Déc 2005 21:13
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Localisation : Metz
La Première République inclut le Consulat et s'étend de 1792 à 1804.

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«L'humanité est comme un paysan ivre à cheval: quand on la relève d'un côté, elle tombe de l'autre.»
(Martin Luther)


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Message Publié : 22 Jan 2008 22:09 
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Thucydide
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Inscription : 20 Sep 2006 12:21
Message(s) : 44
Localisation : Région parisienne
COX_Rise a écrit :
C'est peut-être un peu simpliste comme vision mais je vois les choses comme ca..


En effet c'est un peu beaucoup simpliste ; faudrait quelques heures de lecture peut-être... :D


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Message Publié : 23 Jan 2008 7:06 
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Inscription : 13 Mars 2006 10:38
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Localisation : Lorraine
La fourmi a écrit :
j'ai lu un grand nombre d'ouvrages sur cette période et je n'ai jamais vu l'utilisation du terme "terreur blanche" au sujet de l'attitude de ces jeunes élégants qui juste après la Terreur, vêtus de façon excentrique, ont été des adversaires actifs des Jacobins, mais peut-être ai-je tort et j'attends vos sources.

Le terme de Terreur blanche, même s'il ne désigne pas exclusivement l'attitude des Muscadins, s'applique aussi à la réaction de 1795. Au hasard et parmi de nombreuses références :

Dès 1858, dans Histoire-musée de la République française, d’Augustine Challamel, voir page 183

Michel Vovelle dans : Les républiques-sœurs sous le regard de la Grande Nation (1795-1803) page 132

Un compte-rendu de colloque universitaire en fait un titre: La question de la responsabilité collective en l’an III : le tournant de l’an III : réaction et terreur blanche dans la France révolutionnaire, colloque d'Aix-en-Provence (1995), CTHS, 1997

La fourmi a écrit :
En effet c'est un peu beaucoup simpliste ; faudrait quelques heures de lecture peut-être...

Simpliste ou pas, cet intervenant nous fournit malgré tout des informations, vous vous contentez d'une affirmation gratuite.
Mais nous sommes impatients que vous approfondissiez pour faire justice de ces schémas simplistes...

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 Sujet du message : 15 minutes à l'oral
Message Publié : 29 Fév 2008 13:10 
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Hérodote
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Inscription : 29 Fév 2008 12:53
Message(s) : 2
voilà je ne ss pas passionnée d'histoire comme vous tous je pense mais on m'a demandé de faire un exposé sur La Terreur Blanche à une classe de secondes pendant lequel je devrai garder la parole 15 minutes sans interruption.Mais je ne trouve aucun site assez intéressant pour des élèves de 15-16 ans ni aucun site vraiment complet.Auriez une idée à ce sujet-là? merci d'avance.


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