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Message Publié : 10 Août 2003 16:40 
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Plutarque
Plutarque

Inscription : 05 Août 2003 15:48
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La bataille qui opposa en 1395 à Nicopolis (forteresse bulgare sur le Danube) les Ottomans de Bayezid (la foudre) et la coalition des français sous le commandement de Jean de Nevers, fils de Philipe le Hardi, duc de Bourgogne, et des hongrois est assez singulière. Cette bataille intervient un siècle avant la fameuse bataille d'Azincourt (1415), pourtant elle consacra, avec plus de force, la défaite de la cavalerie lourde française devant l'infanterie des janissaires et la cavalerie lourde ottomane.

L'armée francaise n'avait pas su tirer les conséquences de ce premier désastre de la cavalerie bardée de fer devant une infanterie lourde en plein essor dans ce tumultueux début de 14ème siècle, elle du supporter, à cause de cette négligence, une affreuse défaite à Azincourt, un siècle plus tard, dont les conséquences avaient été plus dramatiques.


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Message Publié : 10 Août 2003 20:56 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours
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Inscription : 23 Mai 2002 23:54
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Localisation : N France / Haute-Normandie / Seine-Maritime / Rouen
Oui cette période consacrât la fin des victoires Française exercées par l'intermédiaire des charges frontale de cavalerie.

Au cours des 11eme, 12eme et 13eme siècle, il faut reconnaître que les charges de la chevalerie Française avaient souvent permis de remporter des victoires sur les Allemands, Anglais ou Turco-Sarazins. Les exemples sont légion :

Les victoires des chevaliers Normands en Italie (Civitate 1053) et en Angleterre (Hastings 1066): les victoires des chevaliers Français à Dorylée (1097), Ascalon (1099), Bouvines (1214), Benevent (1266), Tagliacozzo (1268)..

Cette succession de victoires donnât, malheureusement, trop de confiance aux charges frontale, à l'héroïsme individuel. Cependant, au 14eme siècle, posséder les meilleurs chevaliers du monde ne suffisait plus à remporter des victoires contre des armées mieux préparées tactiquement...

Connaissant trop bien nos tactiques de combat, les Anglais, Flamands ou bien Ottomans avaient, enfin, compris comment nous vaincre : c'est ainsi, qu'au cours du 13eme siècle, les Français subiront plusieurs défaite : Courtrai (1302) contre les Flamands, Crécy et Azincourt (1346, 1415) contre les Anglais.

Cependant cette succession de défaites Française n'est pas vraiment du à la lourdeur de l'équipement des chevaliers Français. Pour moi, le problème résidait plus dans la tactique que dans la technique. En effet, au cours du milieu du 15eme siècle, c'est à dire à la fin de la guerre de cent ans, les chevaliers Français retrouveront le chemin de la victoire.

Ce seront les célèbres victoires Française de Patay (1429) et de Formigny (1450). Dans ces deux cas, nous affrontions, encore, la célèbre infanterie Anglaise d'Azincourt. Cependant, cette fois la cavalerie lourde Française chargea par le flanc et décima les Anglais...

_________________
Bien qu’on ait du cœur à l’ouvrage, l’Art est long et le Temps est court.

Charles Baudelaire


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Message Publié : 11 Août 2003 20:01 
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Plutarque
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Inscription : 05 Août 2003 15:48
Message(s) : 178
A Nicopolis, les cavaliers français faisant la même erreur qu’à Crécy, se lancèrent à l’assaut, mais Bâyezîd laissait s’enfoncer et s’épuisait la cavalerie bourguignonne, elle fut arrêtée et dispersée par l’élite de ses troupes de janissaires massées autour de lui au sommet d’une colline. Voilà le récit de cette bataille. Les janissaires étaient bien armés et ce n’est pas la tactique seulement qui joua un rôle décisif. Les lignes d’infanterie des janissaires pouvait résister à la charge de la cavalerie française parce que les janissaires constituaient une troupe de choc (bien armée, bien entraînée et politiquement engagée) alors qu'à Azincourt ce furent les archers anglais qui stoppèrent l’assaut de la cavalerie franque..

Je pense qu’il faut distinguer entre quatre périodes dans l’histoire de la cavalerie (si on prend que les périodes historiques tardives de l’antiquité jusqu’à la fin moyen âge).

- Au début ce fut l’infanterie qui joua un rôle stratégique. L’infanterie des hoplites grecs, les phalanges macédoniennes et les légions romaines étaient les instruments tactiques les plus fameux d’une période de l’antiquité allant du 6ème au 3ème siècle avant notre ère .

- Mais cette première période fut achevée, au à la fin du 3ème siècle, par les coups rudes portés à l’infanterie antique par la charge d’une cavalerie naissante de plus en plus redoutable. Les meilleures illustrations sont l’utilisation de la cavalerie Numide qui fut décisif durant la deuxième guerre punique : c’est elle décida des victoires carthaginoise à Cannes – 216 av. JC - et romaine à Zama – 202 av. JC- ainsi que les cavaliers Parthes armés de lances très longues -les sarisses-, ces derniers furent si redoutables que les romains eux-mêmes ne pouvaient s’y frotter.

- Cette deuxième période vit le développement considérable du rôle de la cavalerie. C’est justement l’incompréhension et l’insouciance des byzantins et des perses devant la montée en puissance de la cavalerie qui furent en partie responsables de la liste interminable des défaites byzantine et perse devant la chevauchée des cavaliers arabes qui au 7ème siècle de notre ère devaient étendre l’Islam de l’Atlantique et à l’Himalaya.

- La dernière période parcourant le long moyen âge vit la consécration par l’aristocratie médiévale de la prééminence de la cavalerie sur toutes autres instruments. C’est dans ce contexte que la cavalerie lourde française vit le jour. Mais cette dernière période s’acheva elle aussi suite à la réapparition d’une infanterie plus équipée, plus moderne qui pouvait rivaliser (c’est à dire stopper) la cavalerie (cas de Nicopolis – Crécy – Azincourt). Le déclin définitif de cette dernière s’amorça avec l’apparition des armes à feu et ce, en dépit du dernier sursaut que vous avez mentionné.


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Message Publié : 07 Août 2007 17:30 
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Enguerrand VII a écrit :
Bonjour,

Quelqu'un saurait-il où trouver une liste des 24 prisonniers de marque ayant versé une rançon pour leur libération après la bataille de Nicopolis?

Merci


le_Slynx a écrit :
En voici déjà quelques uns :

:arrow: le futur Jean sans Peur, alors Comte de Nevers
:arrow: le comte d'Eu
:arrow: le seigneur de Coucy
:arrow: Henri de Bar
:arrow: le comte de la Marche
:arrow: Guy de la Tremoille
:arrow: Jean de Hangest
:arrow: le maréchal Boucicaut
:arrow: Regnier Pot
:arrow: Jacques de Courtiambles
:arrow: Humbert, bâtard de Savoie
et quelques grands seigneurs hongrois et bavarois.

Source : Jean sans Peur, de Bertrand Schnerb.

Pour une liste complète, il faudrait sans doute consulter : Jean Froissart, Chroniques - Livre IV.

_________________
Tous les désespoirs sont permis


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Message Publié : 07 Août 2007 18:46 
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Eginhard
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Inscription : 21 Juin 2006 16:38
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Localisation : Vosges
Si la lecture de Froissard ne vous les a pas tous livrés , vous pouvez parcourir ces pages de l'histoire des Ducs de Bourgogne, de Prosper Brugière, qui traite de cette bataille puis des négociations pour le rachat des captifs :
http://visualiseur.bnf.fr/CadresFenetre ... imageseule

( au risque d'un hors sujet , je me demande d'ailleurs quelles étaient les sources de P Brugière )


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Message Publié : 07 Août 2007 20:46 
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Hérodote
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Merci à tous!

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Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l'Histoire est la leçon la plus importante que l'Histoire nous enseigne. (Aldous Huxley)


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Message Publié : 11 Août 2007 8:16 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Inscription : 05 Oct 2005 20:39
Message(s) : 1637
Localisation : Lyon-Vénissieux
La France ayant été ruinée par la guerre de 100 ans ont se demande comment la noblesse française a eut les moyens de participer à cette lointaine expédition.
Est ce que les ravages de la guerre de 100 ans ont été surestimés ?

_________________
Le souvenir ne disparait pas, il s'endort seulement.
Epitaphe trouvé dans un cimetière des Alpes

La science de l'histoire est une digue qui s'oppose au torrent du temps.
Anne Comnène, princesse byzantine (1083-1148)


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Message Publié : 11 Août 2007 9:15 
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Inscription : 07 Août 2007 16:37
Message(s) : 8
C.Douville a écrit :
Oui cette période consacrât la fin des victoires Française exercées par l'intermédiaire des charges frontale de cavalerie.

Au cours des 11eme, 12eme et 13eme siècle, il faut reconnaître que les charges de la chevalerie Française avaient souvent permis de remporter des victoires sur les Allemands, Anglais ou Turco-Sarazins. Les exemples sont légion :

Les victoires des chevaliers Normands en Italie (Civitate 1053) et en Angleterre (Hastings 1066): les victoires des chevaliers Français à Dorylée (1097), Ascalon (1099), Bouvines (1214), Benevent (1266), Tagliacozzo (1268)..

Cette succession de victoires donnât, malheureusement, trop de confiance aux charges frontale, à l'héroïsme individuel. Cependant, au 14eme siècle, posséder les meilleurs chevaliers du monde ne suffisait plus à remporter des victoires contre des armées mieux préparées tactiquement...

Connaissant trop bien nos tactiques de combat, les Anglais, Flamands ou bien Ottomans avaient, enfin, compris comment nous vaincre : c'est ainsi, qu'au cours du 13eme siècle, les Français subiront plusieurs défaite : Courtrai (1302) contre les Flamands, Crécy et Azincourt (1346, 1415) contre les Anglais.

Cependant cette succession de défaites Française n'est pas vraiment du à la lourdeur de l'équipement des chevaliers Français. Pour moi, le problème résidait plus dans la tactique que dans la technique. En effet, au cours du milieu du 15eme siècle, c'est à dire à la fin de la guerre de cent ans, les chevaliers Français retrouveront le chemin de la victoire.

Ce seront les célèbres victoires Française de Patay (1429) et de Formigny (1450). Dans ces deux cas, nous affrontions, encore, la célèbre infanterie Anglaise d'Azincourt. Cependant, cette fois la cavalerie lourde Française chargea par le flanc et décima les Anglais...


Je pense que le regain de succès des Français à la fin de la guerre de cent ans n'est pas juste due à un changement de tactiques mais également à l'apparition de l'artillerie de campagne (Formigny).

_________________
Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l'Histoire est la leçon la plus importante que l'Histoire nous enseigne. (Aldous Huxley)


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Message Publié : 11 Août 2007 12:58 
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Thucydide
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Inscription : 16 Juil 2007 21:20
Message(s) : 59
Pallas a écrit :
L'armée francaise n'avait pas su tirer les conséquences de ce premier désastre de la cavalerie bardée de fer devant une infanterie lourde en plein essor dans ce tumultueux début de 14ème siècle, elle du supporter, à cause de cette négligence, une affreuse défaite à Azincourt, un siècle plus tard, dont les conséquences avaient été plus dramatiques.


Juste avant la guerre de cent ans, la chevalerie française a eu l'occasion de mater une révolte en Flandre et de bousculer quelques piétons. Cette victoire facile leur a donné un sentiment d'invulnérabilité qui leur a couté fort cher quand les choses sérieuses ont commencé.


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Message Publié : 11 Août 2007 13:27 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 23 Mai 2002 23:54
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Localisation : N France / Haute-Normandie / Seine-Maritime / Rouen
Bonjour,

Pour Formigny, l'artillerie Française n'y joue qu'un rôle mineur. Comme d'habitude, les Anglais avaient retranché leurs archers derrière des fossés et des pieux. Cependant, plus disciplinés qu'auparavant, les Français de Clermont commencèrent les hostilités en faisant tirer leurs canons. Ayant une portée de tir bien supérieure, l'artillerie Française infligea alors des pertes à l'archerie Anglaise. Les Anglais lancèrent une contre-attaque pour faire taire nos canons. Il s'ensuivit alors une courte mêlée où nos canons furent pris et finalement conservés. Mais la clef de la victoire se situe lorsque les Bretons de Richemond débarquent par surprise sur le flanc gauche de l'ennemi. Les cavaliers Bretons chargent et font fuir la cavalerie Anglaise servant de protection au flanc gauche des Anglais. Kyrielle, le chef Anglais, panique et ordonne à ses troupes de se replier sur une nouvelle position. Le problème c'est que les Anglais vont bien mal se replier, se divisant en plusieurs groupes et détruisant ainsi toute cohésion de leur armée lorsque celle-ci vient s'installer sur une nouvelle position. Les Français et les Bretons en profitent alors pour attaquer vigoureusement et, suite à de nombreux combats corps à corps, finissent par détruire la majorité des effectifs Anglais. Sur 6000 Anglais, 1000 à peine échapperont au carnage. Les paysans Normands du coin participeront à la curée en taillant en pièce 800 Gallois voulant se rendre.

La bataille de Castillon est pour moi la première véritable victoire de l'artillerie. Les Anglais attaquent les Français installés dans un puissant camp retranché. Les Français répondent alors par le feu de leurs nombreux canons et repoussent tous les assauts ennemis, infligeant en outre de lourdes pertes aux assaillants. Finalement, une contre-attaque combinant les fantassins et les cavaliers Français permettront de mettre en déroute les dernières troupes Anglaises. Talbot, le chef Anglais, sera tué. L'armée Anglaise y perdit 4000 hommes, ce qui présente assez nettement l'efficacité de nos canons. Une tradition militaire Française vient de naître.


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