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 Sujet du message : Les Pompiers de Paris en 1900
Message Publié : 05 Juil 2007 22:39 
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Plutarque
Plutarque
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Les Pompiers de Paris en 1900

Le Nouveau Matériel



En 1892, le régiment des sapeurs-pompiers comptait 1681 soldats et sous-officiers, et l'état-major, ayant à sa tête le colonel, comprenait 15 officiers; 19 sous-officiers composait le petit état-major. Ces chiffres ne subiront pas de changements jusqu'en 1900.

Il y avait à cette heure dans le régiment 1756 hommes dont 52 officiers. L'état-major était installé boulevard du Palais.

Les 12 compagnies étaient réparties entre 12 casernes et 6 postes centraux, disséminés sur toute la surface de Paris.

Le matériel se composait de 22 fourgons, de 21 fourgons auxiliaires, de 24 pompes à vapeur, de 22 échelles de sauvetage, de 88 dévidoirs à bobine, de 82 dévidoirs à caisse, de 54 compresseurs d'air, de 61 casques respiratoires et de 76 lampes électriques diverses.

Pour renouveler ou entretenir ce matériel, qui s'accroissait chaque année, il avait été installé deux ateliers dans les dépendances et sous l'ordre de l'état-major, un pour le bois, un pour le fer.

Ci-dessous 2 photos des premières photographies diffusées présentant ces 2 ateliers. Dans un premier temps, ces ateliers n'employaient que 9 hommes, pour en compter 53 en 1900, appartenant à plusieurs corps de métiers.

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Le régiment n'était donc plus tributaire de personne, il devenait son propre fournisseur. Il était donc paré à toutes éventualités, inutile de dire que la grève n'a jamais soufflé dans ces forges toutes militaires.

Que de transformations avaient subi cet outillage !

L'état-major du régiment, et en particulier l'excellent colonel Detalle et son collaborateur distingué, le capitaine-ingénieur Cordier, n'ont laissé aucun progrès réalisé, soit en France, soit à l'étranger, sans l'approprier à l'organisation parisienne.

On était assez loin du temps où chaque pompe à air devait être traînée par 12 pompiers, lancés au pas de course. La réquisition des passants de toute condition s'exerçait avec rigueur le long de la route à parcourir et plus encore sur les lieux du sinistre.

Après quoi survint la pompe à vapeur.

L'attelage humain fut à son tour remplacé par la traction des chevaux. On pouvait voir, dans toutes les casernes de pompiers, ces fourgons attelés et armés, tout prêts à être expédiés sur le théâtre de l'incendie.

Il était permi de supposer qu'on était alors en possession d'engins de transport et d'assistance définitifs. Point. L'électricité avait surgi. Pourquoi ne l'emploierait-on pas au service des incendies ?

La question fut longuement et mûrement examinée. Le Conseil de Perfectionnement suivit, au jour le jour en quelque sorte, les expériences entreprises. L'état-major établit le plan d'un fourgon électrique. Il fallait qu'il fût léger pour être rapide, qu'il pût être mis en mouvement à tout instant et en quelques minutes, et qu'il pût franchir les distances par n'importe quel temps et quels que fussent les accidents de terrain.

Dans les villes où le sol est uniformément plat, nulle difficulté; mais Paris est entouré de hauteurs : Montmartre, Belleville, Passy et le Trocadéro, Montsouris. Les montées ne manquent pas.

On devait également compter sur la gelée, le verglas et la neige.

Et bien, tous ces empêchements, permanents ou passagers, avaient été prévus et vaincus avec un rare bonheur, à force de sagacité, d'ingéniosité et de persévérance. Le fourgon ci-dessous avait été entièrement confectionnés dans ces ateliers. Seuls le moteurs et les accumulateurs avaient été fournis par l'industrie privée.

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L'adaptation a été si intelligente et si parfaite que la voiture n'avait donné lieu à aucun mécompte ; elle avait réalisé et au-delà toutes les prévisions de ses auteurs.

Cette automobile, sans son équipe de 6 hommes et sans son matériel d'incendie, pesait 1740 kilos. En charge 2000 kilos.

Ses vitesses variaient de 8 à 22 kilomètres par heure et la distance totale qu'elle pouvait parcourir était de 60 kilomètres. Le rayons maximal d'intervention à partir de n'importe quel poste n'excédait pas 1500 mètres !

La caisse était divisée en 2 parties. Sur l'une était monté le conducteur et son aide, le premier actionnait le volant de direction, le combinateur et le frein mécanique, le second était chargé de la manoeuvre de la trompe à pétrole. Sur le dévidoir était placé 160 mètres de tuyaux de 70 mm ; dans la caisse se trouvaient 3 lances et 80 mètres de tuyaux de 40 mm. Il y avait également un appareil pour les feux de cave. Toute une série de lampes à incandescence, de lanternes, d'interrupteurs, etc... Et bien sûr également des échelles, dont la plus grande avait 23 mètres de développement. Le prix de ce premier fourgon était de 8000 francs.

Un second fourgon était alors prévu, approprié par une gracieuse offre de la Société des Voitures Electriques de Paris. Sur les propositions du Conseil de Perfectionnement et du Préfet de Police, le Conseil Municipal vota un crédit de 40 000 francs pour la construction de 5 autres voitures automobiles.

Il avait été estimé à 50 le nombre de véhicules nécessaires pour que tout le régiment soit pourvu. Il avait été également prévu d'allouer de nouveaux fonds au fur et à mesure des demandes. Il n'y avait en effet personne qui ne fût convaincu des avantages que présentait cette innovation en abrégeant le temps, la durée des mouvements, en supprimant les aléas, en faisant disparaître les chevaux et les écuries. Sur les 1 700 000 francs annuels que coutait l'organisation toute entière à la Ville de Paris, l'automobile était en mesure de procurer une économie notable !

Il est à noter que pendant les 20 années précédant 1900, le nombre de sinistres avait augmenté de manière alarmante, alors que l'effectif était resté le même. A coup sûr, ce nouveau matériel allait alléger leur service.


"Il est vrai que les sapeurs-pompiers font face à toutes les éventualités grâce à leur expérience et à leur courage. On a vu à l'oeuvre ces braves gens dans les plus périlleuses conjonctures. Ils ont le plus tranquille mépris de la mort. Ils vont au danger comme on va à la bataille. Ne sont-ils pas toujours des soldats, et, en défendant Paris contre les flammes, de défendent-ils pas encore et toujours la patrie ?
Leur ennemi, à eux, c'est le feu et ils y marchent sans crainte, n'écoutant que leur coeur, faisant sans trembler tout leur devoir !"



Extrait du Monde Illustré du 27 janvier 1900

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Tout ce qui ne me passionne pas m'ennuie...


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Message Publié : 07 Juil 2007 9:09 
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Georges Duby
Georges Duby
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Inscription : 20 Juin 2003 22:56
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Localisation : Provinces illyriennes
Brillant exposé mon cher ! :wink:

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Un peuple sans âme n'est qu'une vaste foule
Alphonse de Lamartine


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