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 Sujet du message : Marguerite de Bourgogne
Message Publié : 19 Sep 2005 15:05 
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Polybe
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je viens de terminer une étude sur Marguerite de Bourgogne et ses deux cousines, Blanche de la Marche et Jeanne de Poitiers, les célèbres 'brus de Philippe le Bel'
Si vous désirez en savoir plus sur la vie et la mort de ces 'reines maudites' je peux vous faire parvenir cette recherche, qui est la plus à jour sur le sujet.


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Message Publié : 19 Sep 2005 15:13 
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Grégoire de Tours
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Bonjour

Pourquoi pas nous raconter leurs vies dans ce topic ? Cela peut-être interessant ...


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 Sujet du message : Marguerite de Bourgogne
Message Publié : 19 Sep 2005 15:33 
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Polybe
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pas de problème, mais il y en a pour trente pages, donc j'en envoie une ou deux par jour...

Si Marguerite de Bourgogne ainsi que ses cousines Jeanne de Poitiers et Blanche de la marche, sont rentrées dans l’histoire, c’est malheureusement par la petite porte, celle du scandale et de l’infamie. En effet, leur principal fait d’arme, si l’on peut dire, est d’avoir été les héroïnes de ce que les chroniques de l’époque appelèrent l’affaire des brus de Rois, et les romanciers l’affaire de le Tour de Nesle. Destin étrange pour ces trois princesses, qui se trouvèrent emportées dans le tourbillon du scandale après avoir fait toutes trois fait des mariages royaux. L’affaire elle-même tient en quelques lignes. Au printemps 1314, deux des trois brus de Philippe le Bel sont convaincues d’adultère avec des Ecuyers de l’Hotel de leurs maris, Gautier et Philippe d’Aunay, et l’autre est accusée de complicité. Les deux coupables sont condamnées à la réclusion à vie dans les brumes de Normandie, à Château Gaillard, l’autre va passer une année dans le donjon de Dourdan. Que pouvons nous retrouver de cette affaire dans les documents de l’époque, qui étaient ces trois princesses et ces écuyers, dans quel contexte historique se sont déroulés ces faits, que savons nos exactement de la mort des princesses ? Autant de questions aux quelles nous allons tenter de répondre dans cette étude, qui va nous amener au début du 14eme siècle sous le règne du « Roi de Fer », Philippe IV dit le Bel.

De la naissance au mariage


Marguerite de Bourgogne est née en 1290 à Dijon. Elle est le septième enfant de Robert II de Bourgogne (né en 1248-Mort le 21.03.1305/1306 à Vernon sur Seine), duc de Bourgogne, comte d'Aussone, de Châlon, roi de Thessalonique qui à épousé en 1279, Agnès de France (née en 1260-morte au château de Lantenay le 19.12.1327), fille de Louis IX "Saint-Louis", Roi de France et de Marguerite de Provence. Elle est donc petite fille de Roi et non du moindre, de celui dont le règne est cité en exemple par Philippe le Bel, qui n’aura de cesse de se montrer aussi pieux que lui.

Les frères et sœurs de Marguerite de Bourgogne

1.Jean de Bourgogne (° 1279-1283). Sans postérité.
2. Blanche de Bourgogne (° 1288-Dijon, 28.07.1348) ép. château de Montbard, 1307, Edouard (+ 1329), comte de Savoie.
3. Marguerite de Bourgogne (° 1290-château de Gaillard, 1315,) ép. Vernon-en-Normandie, 1305, Louis X "Le Hutin" (° 1289-1316), roi de France. (Cf. Chapitre II : Les Capétiens directs)
4.. Jeanne "La Boiteuse" de Bourgogne (° 1293-Paris, 12.12.1348, inhumée à Saint-Denis) ép. Fontainebleau, 1313, Philippe VI de Valois (° 1293-1350), roi de France. (Cf. Chapitre III : La Maison de Valois).
3. Hugues V (° 1294-Argilly, ..05.1315 avant son mariage avec Catherine de Valois, fille de Charles de Valois et de Catherine de Courtenay), duc de Bourgogne.
4. Eudes IV "Rouvre" de Bourgogne (° 1295-1350), duc de Bourgogne, qui suit.
5. Louis de Bourgogne (° 1297-Venise, 1315), roi de Thessalonique, prince d'Achaye et de Morée, seigneur de Braine-le-comte, de Hall et de Duesmois ép. 1312, Mahaut de Hainaut (° 1293-1331), princesse d'Achaye et de Morée, fille de Florenz de Hainaut, prince d'Achaye. Sans postérité.

6. Marie de Bourgogne (° 1298) ép. château de Montbard, 1310, Edouard Ier (+ 1336), comte de Bar.
7. Robert de Bourgogne (° 1302-1334), comte de Toulouse, comte de Tonnerre ép. Châlon-sur-Saône, 1321, Jeanne de Châlon (° 1300-1333), fille de Guillaume de Châlon, comte d'Auxerre et de Tonnerre.

Quand on sait qu’une femme sur trois meurt en couches et qu’un enfant sur deux n’atteint pas l’age de dix ans, on mesure la vigueur et la chance d’Agnès de France et de sa progéniture. On constate aussi sans surprise que celle-ci remplit le role que l’on attend d’elle : enfanter le plus possible.

Ses cousines Blanche et Jeanne de Bourgogne, sont elles filles d’Othon IV comte Palatin de Bourgogne Comté et de Mahaut d’Artois, fille et héritière de Robert II comte d’Artois, fils de Robert 1er d’Artois, fils de Saint Louis. Elles sont donc cousines de Marguerite et de sa sœur Jeanne « la boiteuse » (qui nous l’avons vu sont filles du duc Robert II) par leur père et leur mère. Jean, comte de Bourgogne et de Chalon, leur arrière grand père avait épousé Mahaut de Bourgogne, sœur du duc Hugues IV (grand père de Marguerite et de Jeanne). Elles étaient de plus cousines au sixième degré du coté de Saint Louis.

Jeanne de Bourgogne (v. 1291-1329)
Blanche de Bourgogne (v. 1296-1326)
Robert de Bourgogne (né en 1300-mort après 1315


Trois jeunes filles à marier


Le mariage de Marguerite, arrangé dès 1297, a lieu lors de sa quinzième année avec un des fils de Philippe le Bel, Louis dit le Hutin. Celui ci devient devint Roi de NAVARRE et Comte de CHAMPAGNE et de BRIE à la mort de sa mère, en 1305. C’est cette même année, le 23 Septembre, que les noces ont lieu, dans la chapelle du Château de Vernon, qui était consacrée à Saint Jean. Il était en effet traditionnel à l’époque de célébrer les mariages dans les chapelles castrales, comme cela s'était produit pour Blanche de Castille et Louis VIII dans la chapelle du château de Port-Mort, non loin de Vernon. On ne retrouve malheureusement pas de témoignages de ce mariage dans les chroniques de l’époque, ni dans les archives de la ville.

Jeanne se marie elle avec le futur Philippe V LeLong, comte de Poitiers .Nous apprenons dans « l’histoire de Philippe de Long » que celle-ci avait d’abord été fiancée à Louis le Hutin. Le mariage fut décidé dès 1299 et fut célébré à Corbeil au mois de Janvier 1307. Bien que majeur et marié, Philippe n’exerça d’abord ni ses droits de mari, ne ses droits de comte. Il fut traité en enfant, sévèrement tenu en tutelle, séparé de Jeanne. Il ne lui rendait visite que de temps en temps, avec son confesseur. Le mariage ne fut en effet consommé qu’en 1308 ou 1309.

Le mariage de Blanche a lieu en Janvier 1308 à Hesdin, dans le château Seigneurial de sa mère Mahaut d’Artois, avec le futur Charles IV, comte de la Marche. Ces deux mariages (celui de Jeanne et Blanche) sont l’histoire de l’annexion de la Franche Comté à la France, oeuvrée par Philippe le Bel. Le comte Otton IV n’ayant à l’époque (1291) pas de fils et beaucoup de dettes, Philippe le Bel avait obtenu, dans un traité conclu à Vincennes en 1291, la cession de ses états moyennant le paiement de ses dettes, une grosse rente viagère et le main de sa fille Jeanne pour un de ces fils, Philippe le long. Blanche, qui naquit en 1296 se vit demander en mariage pour son troisième fils Charles.

la suite demain...


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Message Publié : 19 Sep 2005 15:48 
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Grégoire de Tours
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Ca commence bien :wink:
Et cela va "coller" avec la diffusion prochaine de la nouvelle version des Rois Maudits ...

deNangis a écrit :
Jeanne de Châlon (° 1300-1333)


Selon mes sources, Jeanne de Châlon est morte le 26 octobre 1360 de la peste; 1333 vient du Père Anselme, et serait une erreur.


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Message Publié : 20 Sep 2005 10:53 
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Polybe
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suite de la vie de Marguerite de Bourgogne et de ses cousines.

Philippe le Bel (et ceci a de l’importance pour la suite) se fit même remettre la garde des deux princesses qui furent donc élevées à la cour de France comme Philippe de Valois, le fils de Charles de Valois, frère du roi. Lorsque en 1313 la sœur de Marguerite, Jeanne de Bourgogne dit « la boiteuse » épouse Philippe de Valois, cousin de Louis, Philippe et Charles, fils de Philippe de Bel, ce sont quatre princesses de sang de Bourgogne qui vivent à la cour. C’est à ce moment la que l’on va pouvoir commencer à appeler Blanche de Bourgogne, Blanche de la Marche, qui prend le titre conféré par son Mari Charles de la Marche et Jeanne de Bourgogne Jeanne de Poitiers, par son mariage avec Philippe comte de Poitiers.

La descendance des princesses


Il n’est pas dit si Marguerite apprit que l’année même de son mariage avec Louis naît une fille illégitime que celui ci aurait eu d’une lingère du palais. Elle se prénommera comme celle ci Eudeline, sera abbesse à Saint Marcel ou elle mourra en 1330.
Leur fille Jeanne II princesse de France naît le 28 Janvier 1311 à Conflans StHonorine. Marguerite a alors 21 ans.

 F2. Queen JEANNE II of Navarre (1328-49) =Juana II, *Château de Conflans 28.1.1311, +there 6.10.1349, bur St.Denis; m.Château de Conflans 27.3.1329 Cte Philippe III d'Evreux, King of Navarre (*1301 +1343)



Voici le tableau de la descendance de Jeanne :
 F3. Jeanne II, Cts d'Artois, Cts Palatine de Bourgogne, *1/2.5.1308, +13.8.1347, bur Abbaye de Fontenay; m.Nogent-sur-Seine 18.6.1318 Duc Eudes IV de Bourgogne (*1295 +1350)
 F4. Marguerite, Comtesse de Bourgogne et Comtesse d'Artois, Dame de Salins (1361-82), *1309/10, +Paris 9.5.1382, bur St.Denis; m.21.7.1320 Ct Louis I of Flanders (*ca 1304 +26.8.1346)
 F5. Isabelle, *1312, +1348; 1m: Fond-de-Dôle 17.5.1323 Guigues VIII de la Tour du Pin, Cte d'Albon et de Grenoble, Dauphin de Viennois (*1309 +28.7.1333); 2m: before 1336 Baron Jean III de Faucogney (+1345)

 F1. Philippe, *I.1313, +24.3.1321 F6.
 Blanche, a nun at Longchamps, *1314, +there 26.4.1358, bur there
 F2. Louis, *IX.1315, +8.2.1316, bur Cordeliers, Paris



On note que si celle-ci a sa première fille Jeanne dès 1308 et la suivante Marguerite en 1309/1310, Les quatre enfants suivants naîtront dans la période trouble qui va suivre : Isabelle en 1312, Philippe en 1313, Blanche en 1314 et Louis en 1315. Les deux héritiers males ne vivront que un an pour Louis, qui naît en 1315 (alors que Jeanne est en captivité dans le donjon de Dourdan) et meurt en 1316 alors que sa mère est désormais reine suite à l’avènement de Philippe V. On remarque que Jeanne ne mettra plus d’enfant au monde après 1315, ce qui parait étonnant au vu de sa fécondité durant les précédentes années. Elle a pourtant retrouvé à cette époque tous les honneurs, en tant que première dame de France, mais peut être que la pression pesant sur elle pour mettre au monde un héritier male l’empêchera, malgré l’empressement de Philippe, a enfanter ce garçon tant désiré par le Royaume de France. Quand Philippe V meurt, en 1322, Jeanne a 33 ans.

Tableau de la descendance de Blanche :

 F2. [1m.] Philippe de la Marche, *ca 5.1.1314, +ca 24.3.1322, bur Abbaye du Pont-aux-Dames, Crécy
 F3. [1m.] Jeanne de la Marche, *1315, +17.5.1321, bur Maubuisson
 Thomas de la Marche (batard royal père Philippe VI) 1321/1322, + 1361)

On voit que son premier fils Philippe naît en Janvier 1314 quelques mois avant que n’éclate l’affaire des brus du Roi. Sa mort en 1322 , juste avant que Charles IV ne monte sur le trône évite des questions sur sa légitimité. Les deux naissances suivantes sont plus mystérieuses. Jeanne dite « de la marche » naît en 1315, alors que Blanche est encore en captivité à Château Gaillard. Le fait est évoqué dans La Loi des Males le vol 4 des Rois Maudits, lors d’une conversation entre sa mère Mahaut d’Artois et Robert d’Artois son cousin en 1326 l’année même de sa mort:
‘Innocente votre Blanche ? Je veux bien ma tante mais ce n’est point le Saint Esprit qui l’a engrossée en prison’
C’est ainsi que naquit Jeanne de la Marche alors que Blanche est encore enfermée à Château Gaillard. Elle ne vit malheureusement que six ans, pour s’éteindre en 1321. Elle aurait donc passé toute sa petite enfance à Château Gaillard, à moins qu’elle ne fut confiée à sa grande mère Mahaut d’Artois, mais aucunes des chroniques ne le précise. Les généalogistes (Anselme) considèrent Charles comme le père possible de cet enfant. On apprend aussi que Blanche tombe une nouvelle fois enceinte entre 1318 et 1322, alors qu’elle est encore aux Andelys . Sur cette nouvelle grossesse, on se perd en conjectures. Parmi les contemporains, les uns disent que le père de cet enfant de Blanche, conçu pendant son internement, fut un des officiers royaux préposé à sa garde et d’autres le comte de la Marche lui-même. Le continuateur de Nangis, l’un des mieux instruits selon MB, ajoute un mot significatif : après avoir rapporté que la grossesse de Blanche au Château Gaillard fut le fait d’un serviteur du Roi ou du Comte de la Marche il ajoute : ou d’autres encore « veb al aliis » Ecrivant cela sous le règne de Philippe de Valois, il n’en pouvait dire plus long, la paternité étant alors connue, mais non reconnue officiellement par le souverain. La date du commencement de la grossesse parait devoir être fixée en 1321 au plus tard, avant l’avènement de Charles en 1322 (3 Janvier) et la naissance dans les sept premiers mois de 1322.
Cet enfant, fils de Roi et de femme de Roi, ce serait nommé Thomas, prénom étranger aux maisons de France de Lusigan-la marche et de Bourbon avant la canonisation de Thomas d’acquin qui dura de 1318 à 1323, mais qui fut prit pour patron dès 1319. D’autres sources donnent pour mère à ce Thomas de la marche une Béatrice de Berruère (1294-1348)

L’étude de la progéniture des trois princesses préfigure déjà leur façon de voir la vie et de vivre leur condition. On voit que Marguerite essaye de s’éloigner du chemin tracé pour les princesses de leur rang : donner des héritiers si possible males au royaume. L’amour et le plaisir ne rentrent pas en ligne de compte et Marguerite va beaucoup en souffrir. Sa cousine Blanche, très influençable, va vite épouser sa façon de voir la vie et peu à peu privilégier son plaisir à sa fonction de génitrice. Les deux princesses n’ont, à l’aube des années tumultueuses qui vont suivre, qu’un seul enfant, alors que Jeanne, beaucoup plus rigide, et prisonnière des conventions va enfanter presque tous les ans de 1308 à 1315. Le rôle de chacune dans le scandale qui va suivre s’établit selon le caractère des princesses : Marguerite sera l’instigatrice, Blanche de caractère plus faible et impressionnable va imiter sa cousine, quand à Jeanne, elle facilitera les affaires amoureuses de sa soeur et de sa cousine mais ne participera pas.
« En qualité d’aînée et de femme de l’héritier à la couronne, l’influence de Marguerite domina dans ce groupe de fillette d’age encore à jouer à la poupée » MB

à demain...


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 Sujet du message : Rois maudits.
Message Publié : 20 Sep 2005 16:02 
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Jean Froissart
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Bonjour à tous, bonjour cher Ringo;

Je me souviens de la série des années 70 "Les rois maudits". Grâce à elle, j'ai pu répondre plus tard en classe à une question sur le pourquoi de la guerre de Cent ans. Je m'étais surpris à aimer cette époque. Pour une fois que je répondais !

Jean Piat, Héléne Duc, Louis Seigner, Georges Marchal et tant d'autres ! Ca c'était de la télé pour tous !

Cette affaire des belles-filles de Philippe IV fut vraiment épouvantable.


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Message Publié : 20 Sep 2005 16:10 
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Grégoire de Tours
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Gageons que la nouvelle version de Josée Dayan sera aussi bonne ...
Et ce petit rappel de deNangis sera utile pour bien comprendre le "drame" dont il est question ...


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Message Publié : 21 Sep 2005 9:22 
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Polybe
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Bonjour à tous, je sais que vous étes impatients..alors voici la suite des aventures de nos princesses!

La Tour de Nesle

Interrogeons nous tout d’abord sur l’appellation de cette affaire avant d’en voir les détails. Pourquoi affaire de la Tour de Nesle, qu’est ce que la Tour de Nesle et quel rôle joue t’elle dans l’histoire ?

L’hôtel de Nesle n’était égalé à l’époque que par le palais du Louvre situé sur l’autre rive de la Seine. La Tour originale avait été édifiée en 1220 par Philippe Hamelin, Prévôt de Paris et était de ce fait connue sous le nom : Tour Hamelin. Une porte fut ajoutée à la construction à peu près trente mètres au sud, sur le site actuel de la bibliothèque Mazarine de l’institut de France, quai Conti. Un plan sur la façade est de l’Institut de France indique la location précise de la porte et de la tour.
Quand plus tard Simon de Clermont, Seigneur de Nesle, construisit un Hotel particulier à coté, la Tour puis la porte prirent le nom de porte et tour de Nesle.
En 1308 quand Philippe le Bel racheta l’hôtel particulier celui-ci devant la résidence de divers membres de la famille royale. Les trois fils de Philippe le Bel, Louis de Navarre Charles de la Marche et Philippe de Poitiers et leurs épouses, Marguerite Blanche et Jeanne y résidèrent tous à des moments divers pendant les années du scandale, entre 1312 et 1314. L’hôtel fut ensuite offert à Jeanne par Philippe en 1318 deux ans après son accession au trône, une fois celle-ci de retour en grâce.
La légende qui se nourrit de ses évènements fera vite l’amalgame entre nos trois protagonistes, et la femme de Philippe le Bel, Jeanne de Navarre, belle mère de ces trois princesses. Dans la mémoire collective, c’est cette jeanne de Navarre qui resta la plus vivante dans les souvenirs du peuple, tout autant parce qu’elle avait apporté à son époux la Navarre, la Champagne et la Brie, que parce qu’elle avait fondé à Paris le collège baptisé de son nom. Le Collège de Navarre, devenu bientôt célèbre par l’enseignement de ses professeurs, avait jeté dans le public l’idée d’une relation entre cette reine, les écoliers de Paris et les professeurs de leur Université. Comme plusieurs personnes de l’entourage des vraies coupables, parmi lesquelles durent se trouver des pages encore « escholliers » furent mis à mort faute d’avoir révélé ce qu’ils savaient et comme d’autre part il avait existé un professeur de dialectique nommé Jean Buridan à qui l’on prêtait la proposition suivante dans une hypothèse d’école : « la royne occir ne craignez, il est bon de ce faire », la légende amalgama le tout. Il était alors écolier d’après une des variantes, vieux déjà d’après une autre version, lorsqu’il avait été jeté dans le fleuve pour avoir tenté de prémunir ses élèves contre les séductions de la reine. Ce pourquoi ajoutait on, il professait qu’il était permis de la tuer.
Marcellin Boudet insiste sur ce fait :
« Tout ce que ce légende dit de Jeanne de Navarre de Buridan et des écoliers parisiens n’est qu’un tissu d’inexactitudes et d’anachronismes et un vilain tissu qui souille bien injustement la généreuse bienfaitrice de l’Université de Paris. Entre elle et la jeunesse des écoles, il n’y eut que des relations de souveraine éclairée à pauvres Diables. Jeanne de Navarre est morte en 1304, dix ans avant l’aventure de ses belles filles, une génération avant l’apparition du professeur Buridan, qui enseignait sous Philippe de Valois. »
Voila comment l’hôtel de Nesle acquit sa réputation et devint le théâtre privilégié dans la mémoire collective des turpitudes de Marguerite de Bourgogne et ses cousines.


Le Scandale des brus du roi


C’est en 1312 après la naissance de sa fille, que l’on commence à prêter à Marguerite la fréquentation secrète de l’écuyer de la maison de Valois Philippe d’Aunay, et de son frère Gautier écuyer de Philippe de Poitiers par Blanche et donc le début de l’affaire que nous appellerons des brus du Roi.

Selon RC Famiglietti dans son ‘Tales of the Mariage Bed’ les frères d’Aunay descendaient des sénéchaux de Dammartin,(vassaux des comtes de Dammartin et des seigneurs de Montmorency) et étaient les fils de Philippe d’Aunay, seigneur de moussy le Neuf, qui était très proche du frère du Roi Charles de Valois. Il est possible que les frères d’Aunay eussent été mariés. On donne généralement comme épouse à Philippe Agnès de montmorency et à Gautier Marie de Clary qu’il aurait épousé en 1311.
MB nous dit que « Ces deux frères n’étaient pas les écuyers brillants et pleins de jeunesse et de plumage que l’on s’est plu à dépeindre » L’un et l’autre étaient chevaliers et Gautier, le plus jeune, l’était déjà en 1301. On peut donc leur supposer la quarantaine en 1311, ce qui pour l’époque, n’était déjà plus de prime jeunesse.
Le fait qui ressort le plus et qui à largement contribué au châtiment exemplaire des deux frères, est que ceux-ci étaient admis dans l’intimité de la maison et bénéficiaient de la confiance absolue des princes. Le comte de Poitier et Philippe de Valois avaient fait de ces deux hommes leurs familiers. Admis dans l’intimité de la maison, les deux princes avaient en eux une confiance absolue « Comme en de très familiers domestiques » (chez le Continuateur de Nangis « tanquam familiaribus nimis domesticis ») .


Selon les Chroniques de Jean d’Outremeuse, qui datent de la fin du 14eme siècle, c’est Isabelle, Reine d’Angleterre, fille de Philippe le Bel et sœur de Louis, Charles et Philippe, qui aurait révélé l’affaire au Roi, lors d’une rencontre à l’Abbaye de Maubuisson.
Il semble qu’Isabelle aurait bien été en France en Avril 1314, et même plus précisément près de Pontoise et Maubuisson le 16 Avril. Philippe le Bel aurait lui aussi été à Pontoise entre le 13 et le 20 Avril. Isabelle était altière, Jalouse, peu bienveillante et il ne sembla pas étonnant aux contemporains qu’elle ait pu découvrir l’affaire.

A demain pour la suite! :wink:


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Message Publié : 23 Sep 2005 8:57 
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Polybe
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Suite des aventures de nos princesses-

Voyons ce qui est dit exactement dans ce récit de Jean d’Outremuse dans le livre Troisième de son « myror de hystors ». Jean des Preis, dit Jean d'Outremeuse fut greffier à Liège. Il composa une sorte d'histoire universelle en prose allant de la prise de Troie à 1340. Li Myreur des histors [le Miroir historial] est une œuvre dans laquelle on retrouve toutes sortes de légendes mêlées à des histoires vraies ainsi qu'à des passages de deux textes antérieurs remis en prose, tels Ogier le Danois ou la Geste de Liège.


A cet emps avint grant turbation en Franche, car la royne Isabneal d’Engleterre, filhe à roys Philippe de Franche, fut presente al jeu devant dit, si donnat deux bourses très belles, l’une à la femme le roy Loys Hustin, son frère, qui astoit nommee Margarite et filhe al duc de Borgongne, et l’autre à Blanche, femme à Chairle conte de la Marche, son frere aussi, et celle le filhe à Otton qui astoit conte de Borgogne et d’Artois. Et quant la royne s’en rallat vers Engleterre si le conduisirent pluseurs nobles gens, et entre les altres sorvinrent devant les deux chevaliers mult preux, Philipe et Johans –Galthiers enfans à Philippe d’Anay, baneresse, qui astoient de grant conselhe le roi. Si furent enpureis et la recognut la royne les deux bourses qui pendoient à leurs costeis ; et s’en taisit adonc, et puis mandat secrètement al roy son peire le fait, et qu il fesist penseir as dit dammes, car elles amoient par amour ; et li roy y fist gaitier, si fut la femme Loys Hustin trouvee en une chambre avec Philippe d’Aunay à propre fait.
Adonc furent pris le deux frères secrètement, sens le seut de leur peire, si furent emmeneis à Pontouse, et les dames prise et mise en prison à Paris.

Il est fait allusion à dans cette chronique à des ‘bourses très belles données par Isabelle à ses belles sœurs, bourses qui se retrouvèrent à la ceinture des frère d’aunay, ceci causant leur perte. C’est la seule chronique qui mentionne ces aumônières, qui vont être au centre de l’intrigue que va nouer Maurice Druon dans ses Rois Maudits.

Maurice Druon, s’il fait aussi porter à Isabelle la responsabilité de la révélation de l’affaire, noue, pour les besoins de son roman, une intrigue encore plus complexe avec comme personnage central Robert d’Artois, cousin d’Isabelle et neveu de Mahaut d’Artois. Celui-ci, ayant pour principale ennemie sa tante Mahaut, qui lui aurait usurpé le comté d’Artois, cherche un moyen pour la discréditer aux yeux du Roi et récupérer son comté. Isabelle, elle, ne peut supporter les nuits de plaisir de ses belles sœurs, elle qui ne partage pas le lit de son mari Edouard roi d’Angleterre, plus porté sur la gent masculine. Isabelle et Robert mettent alors au point un plan machiavélique pour démasquer les amants soupçonnés mais pas encore identifiés. Robert va démasquer les frères d’Aunay en montant la garde près de la Tour de Nesle. Puis tous deux imaginent un subterfuge pour que leur culpabilité soit avérée. Il va visiter sa cousine Isabelle et se fait remettre de précieuses aumônières, qu’il ramènera aux princesses comme présents d’Isabelle. Ces aumônières ne tardent alors pas à changer de main pour se retrouver à la ceinture des amants . Le Roi, profitant de ce que tout ce beau monde soit réuni à Maubuisson, et sur le conseil d’Isabelle, demande aux princesses de lui montrer ces précieuses aumônières, Celles-ci sont bien sur dans l’impossibilité de le faire. C’est alors qu’Isabelle fait quérir les frères d’Aunay qui ne se doutant de rien, apparaissent devant le Roi avec ces mêmes aumônières. C’est ainsi selon Maurice Druon que furent confondus les acteurs du scandale.


Les Grandes Chroniques de France sont une autre source dans laquelle on peut puiser des éléments sur cette affaire . Dès le début du XIIe siècle on avait réuni à l'abbaye de Saint-Denis des chroniques latines de divers auteurs racontant l'histoire des rois de France. Un nouveau recueil allant jusqu'à l'avènement de Louis VIII fut réuni au XIIIe siècle. On lui ajouta les vies de Saint Louis et de Philippe III à la fin de ce même siècle. Au siècle suivant, une chronique originale fut composée en français accompagné de la traduction des textes antérieurs. Cet ensemble devint les Grandes Chroniques de France et fut imprimé au XVe siècle.

Les Grandes Chroniques de France se font ainsi l’écho de ces évènements :


En cest an vers Pontoise, ou lieu que l’en dit Maubuisson, abbeie de femmes, nonains de l’ordre de Cistieaux, le jour d’un mardi, en la semaine de Pasques, Marguerite royne de Navarre, fille du duc de Bourgoigne, femme Phelippe le conte de Poitiers, filz du roy de France ; et Blanche, la seconde fille du devant conte de Bourgoigne, femme Charles conte de la Marche, filz au roy de France, pour fornication et advoutire sur eulz mis et meismement es ii ; c’est assavoir Marguerite royne de Navarre, et Blanche femme Charles devant dit, vraiement aprouvées furent prises et du commandement du roy qui lors estoit à Maubuisson, en diverses prisons mises les deux ; c’est à savoir : Margurite et Blanche, du tout en tout, par essil et en chartres perpetuelz mises et encloses, ou chastel de Gaillart en Normendie furent detenues et emprisonnées, et ylec à mort condamnées : et l’autre dame, la comtesse de Poitiers qui fu au chastel de Dourdan emprisonée ; examinacion de li faite et expurgement du tout en tout, fu approuvé que en celi forfaite ne fu pas coupable. Après ce, de prison fut délivrée et en la compagnie arrière le conte de Poitier son mari fut rassemblée . Et adecertes, pour voir, Phelippe d’Aunoy ami bien veuillant de la dicte royne et Gautier d’Aunoy son frère, chevaliers, amis de ladicte Blanche, le joue de Vendredi, en ycelle semaine meeisme de Pasques, à Pontoise, du commandement du roy furent escorchiez et les viz coupez ; et après ce, incontinent, a i gibet de Pontoise pour eulz nouvellement faiz, furent trainés,et en celui gibetpenduz et encroez. Et pour certain, l’uissier de la dicte royne sachant et consentant du devant dit forfait, en yce jour, à Pontoise, ou commun gibet des larrons fut penduz. Lequel cas fortunable, les barons et le roy de France, et ensement ses filz moult et trouble. »

Ces chroniques nous donnent des précisions sur le déroulement chronologiques des faits avec l’arrestation des princesses le mardi avant le vendredi de paques soit le 9 Avril, et l’exécution des frères d’Aunay le 12 Avril et sur le fait que l’affaire aurait bien été dévoilé au Roi à l’abbaye de Maubuisson. On apprend que Marguerite ‘royne de Navarre’ et Blanche ‘ femme Conte de la Marche’ sont chacune convaincue d’adultère avec respectivement Philippe pêchant avec Marguerite et son frère Gautier avec Blanche . Pour ces faits elles sont toutes deux condamnées à être emprisonnées à Château Gaillard en Normandie : au Chastel de Gaillart en Normandie furent détenues et emprisonnées
Quand à Jeanne, complice mais pas coupable, elle est envoyée au donjon de Dourdan.
On y lit aussi la description du supplice des frères d’Aunay. Duquel avec tous les détails, ce qui peut paraître étonnant mais qui reflète le caractère exemplaire que Philippe le Bel a voulu donner à cette exécution :
‘‘furent escorchiez et les viz coupez ; et après ce, incontinent, a i gibet de Pontoise pour eulz nouvellement faiz, furent trainés,et en celui gibetpenduz et encroez.
On retrouve ceci sous la plume de Maurice Druon :
Aussi les frères Gautier et Philippe d’Aunay , ayant forfait à l’honneur et trahi le lien féodal en commettant l’adultère avec personnes de majesté royale seront roués, écorchés vifs, châtrés, décapités et pendu au gibet public de Pontoise, au matin du jour à suivre celui-ci.’

-la suite lundi!-


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Message Publié : 23 Sep 2005 14:01 
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Grégoire de Tours
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Du bon boulot ... vivement lundi ! :)


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Message Publié : 26 Sep 2005 9:51 
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Polybe
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Bonjour à tous, merci à Ringo pour ses commentaires. Voici la suite des aventures de Marguerite et de ses cousines.

Un autre document précieux sur le déroulement des faits est la « Chronique métrique attribuée à Geoffroi de Paris » . Cette chronique, longue de 8000 vers, commence en 1300 pour s’arrêter à l’automne 1316. L’auteur était sans doute un clerc de la chancellerie ou du parlement, aimant l’autorité et très critique envers ses contemporains. Elles sont narrées dans un langage naïf mais avec un véritable souci de vérité historique. On peut le considérer comme l’interprète fidèle des sentiments et des passions de son temps, c'est-à-dire de ce qui tenait lieu d’opinion publique.



Nous retrouvons ici les principaux faits de l’affaire et ses protagonistes: Marguerite de Bourgogne ‘royne de Navarre’, Blanche de la Marche ‘la fille au conte de bourgogne ‘ , Jeanne ‘la contesse de poitiers’ et les frères d’Aunay :

Dui chevalier joli et gay
Gautier et Phelippe d’Aunay
De pere de mere freres estoient

Deux chevaliers, bien gais et joyeux,
Gautier et Philippe d’Aunay,
Etaient frères par père et par mère.
Par contre C’est le mois de Mai qui est ici retenu comme date de début du scandale et celui-ci est jugé si sérieux par l’auteur qu’il n’hésite pas à dire qu’on en parlera jusqu’à la fin des temps :

En cette année adonc en May
Un temps plein de jolitté
Fu torné en adversité
Au royaume, dont l’em parlera
Tant com tout le monde durera.

Ainsi, c’est au mois de mai de cette année,
mois de la volupté/du plaisir,
que cela tourna au désavantage
du royaume, ce dont on parlera
aussi longtemps que l’humanité existera.


Dans cette chronique on nous dit que Jeanne, la sœur de Blanche ne sait rien à l’affaire car elle n’est pas dans leurs confidences :

La fille au conte si avoit
Une sueur qui rien ne savoit
De la Royne et de sa suer,
Car el n’estoit pas de leur cuer
N’au segré conseil apelee.

La fille du comte avait elle aussi
Une sœur qui ne savait rien
Concernant la reine et sa sœur,
Car elle n’était pas à leur ressemblance
Ni mise à la confidence de ce secret.

Et que même si celle-ci fut témoin de beaucoup de choses qui lui déplurent elle n’osa pas en parler par peur du scandale sur son nom ainsi que de la colère et du dommage que ces révélations pourraient causer.

Si vit ele, mainte jornée,
Maint semblant qui li desplaisoit,
Mes de ce pas parler n’osoit
Por la honte de son lignage
Et pot corrous et pour damage

Elle s’aperçut bien cependant à plusieurs reprises
De choses qui lui déplaisaient,
Mais elle n’osait pas en parler
Afin d’écarter de sa lignée, déshonneur,
Indignation et préjudice,

L’auteur s’étonne aussi que les princesses aient succombé aux charmes des frères d’Aunay, et dit certains y voient l’usage de filtres ou de magie :

Mes en mainte guise en parlerent
Les genz : li uns communement
Distrent que par enchantement
Accorderent , li autre distrent
Que sanz enchantr’entr’euz le firent
Creez lequel vous voudrez,
Et non pas tout ce qu’en orrez.


On y trouve aussi une précision sur la durée de ces amours illicites :

‘Mes voir est, deux ans et demy
furent amies et amy’

Ce qui place le début des relations au début de l’année 1312.

On voit que ni les Princesses ni leurs amants ne nièrent leurs amours :

Car les dames tout témoignèrent
Ce que les hommes confessierent

On retrouve aussi le détail de la sentence du Roy :
Pour les frères d’Aunay ce qui confirme ‘Les Grandes Chroniques’

Si furent jugié sanz doutance
Les dui chevaliers de leurs père
D’une sentence si amère
Por leur traison et pechié ,
Que il furent vif escorchié.
Puis fu lor nature copée,
Aus chiens et aus bestes jetee.
Et puis trainé et pendu.

On apprend aussi que les frères d’Aunay furent jugés par leurs pères meme :

Si furent jugié sanz doutance
Les dui chevaliers de leurs père

La sentence des princesses se trouve aussi confirmée dans ce récit , les deux princesses seront emprisonnées à Château Gaillard, aux Andelys :

Et de Navarre la Royne ,
La fille au conte, sa cousine,
Furent menées aval Sainne,
A Andeli, par bonne estrainne,
De tout noble atour despoillees,
Et puis reses et rooingnees.

Quant à la reine de Navarre et
A la fille du comte, sa nièce,
Elles furent, par chance, emmenées
En aval de la Seine, à Andeli,
Destituées de tout magnifique ornement,
Ainsi que rasées et tondues.


Par contre Jeanne se défend d’être coupable :

Por Dieu, oez moi, sire roy ;
Qui est qui parle contre moy ?
Je di que je sui preudefame
Sanz nul crisme et sanz nul diffarme

Par Dieu, écoutez-moi, messire le roi.
Qui donc peut bien médire sur moi ?
J’assure que je suis une femme probe,
Sans aucuns péchés ni infamie,
.
Le roi, s’il accepte les propos de Jeanne, lui signifie que les faits seront étudiés, mais qu’elle devra néanmoins etre conduite au donjon de Dourdan.

Dame, nous saron
De ce, et droit vous en feron.
Mes par devers nous demorrez
Et droit et raison en orrez »
Adonc fu la chose ordenee
Q’ele fu à Dourdan menee.

Lui dit : « Madame, nous en saurons
La vérité et vous rendrons justice.
Restez donc auprès de nous
Et vous en obtiendrez justice et vérité. »
Il en fut donc ainsi décidé
Si bien qu’elle fut menée à Dourdan.

Elle ne cessa de protester hautement de son innocence. Le parlement, auquel s’étaient joints le comte de Valois et le comte d’Evreux, la déclara »innocente et pure » et elle fut rappelée par son mari (fin 1314)

Le roy enquist
tant et le voir sut qu’il la fist
franche delivrer par sentance
dont l’en mena grant joie en France ;
car partir n’en vot autrement
que par droit et par jugement.
Si fu a phelippe rendue,
Qui volontiers l’a reçue;

Le roi s’enquit de la réalité des événements,
à la suite de quoi il> lui
Fit recouvrer sa liberté par jugement.
Cette nouvelle fut très bien reçue en Fr.
En effet, elle/on ne voulait sa libération
Qu’au moyen de la véritable justice.
Elle fut donc rendue à Philippe,
Qui l’accepta bien volontiers.
Tout le royaume vint à sa rencontre
Et l’accueillit chaleureusement.

A demain! :wink:


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Message Publié : 27 Sep 2005 9:27 
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Polybe
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suite de nos aventures!

L’emprisonnement à Château Gaillard


La sentence Royale fut d’une rapidité et d’une sévérité exemplaire. Le chariot tendu de toiles noires ou avait pris place Marguerite et Blanche prit dès la fin de l’exécution des frères d’Aunay la route de Château Gaillard le 19 Avril 1314 (les Grandes Chroniques datent l’arrestation des frères d’Aunay au 9 Avril et leur exécution au 12 Avril) L’autre chariot avec Jeanne prit lui la direction du donjon de Dourdan.



La distance de Pontoise aux Andelys, à travers le Vexin, n’est que d’une soixantaine de km, mais la lenteur de l’équipage oblige probablement les princesses à passer la nuit à Vernon, dans le château ou ironie du sort elle se maria dix ans plus tôt.

L’arrivée à Château Gaillard est mentionnée dans le premier chapitre de la Reine Etranglée :

Ces deux condamnées qui étaient arrivées vers la fin d’Avril,la tête rasée, dans des chariots tendus de noirs, sous l’escorte de cents archers’

Les opinions diffèrent quant à leurs quartiers dans Château Gaillard. Selon Maurice Druon les prisonnières étaient ‘recluses dans une tour qui comprenait trois grandes chambres rondes, superposées et identiques, une par étage, avec chacune une cheminée à hotte et un plafond voûté. Ces pièces étaient reliées par un escalier en escargot qui tournait dans l’épaisseur du mur. Un détachement de gardes occupait en permanence la chambre du rez de chaussée, Marguerite logeait dans la pièce du premier étage et Blanche dans celle du second.’ Si l’on se réfère aux différents plans de Château Gaillard (voir illustrations) il y a bien une tour qui correspond à cette description, la tour T1 au Nord Est. Elle se trouve dans l’ouvrage avancé. Dans le plan d’A Deville, on remarque les escaliers en colimaçon reliant les étages.
Dans l’ouvrage Château Gaillard on note la remarque suivante : ‘seule la Tour T1 possède un escalier aménagé dans l’épaisseur de son mur et reliant les différents niveaux.’ Pourtant il semble plus probable que les princesses aient été emprisonnées dans la première enceinte avec le gouverneur du Château et les gardes. (Plan de château gaillard)

Selon Edouard Gachot et d’autres les princesses auraient été enfermées dans la « crypte du Château, » souterrain creusé dans le sous sol crayeux, au pied du donjon, sous les logis du gouverneurs :‘Au pied du donjon, coté nord, s'ouvre un escalier qui aboutit à une grande cellule. C'est dans ce souterrain que Marguerite de Bourgogne, femme adultère de Louis X dit "le Hutin" [4], fut enfermée »
Ces escaliers et la cellule existent encore, et sont effectivement situés sous les logis du gouverneur. II peut aussi s’agir des celliers, qui se trouvaient sous une autre partie du château.

Si on revient à la Chronique de Geoffroi de Paris on remarque que celui-ci nous donne des précisions sur la détention des princesses :

Si ot chascune sa prison
Et petite sa garnison.

Chacune avait sa propre prison,
Et disposait de peu de provisions

Et encore

Mes toutes voies plus a malaise
Fu la royne de Navarre.
En haut estoit ; et a la terre
Lacontesse fu plus aval,
Dont ele soufroit plus chaudement,

Ce qui peut signifier que la cellule de Marguerite aurait été plus en hauteur que celle de Blanche, qui elle était plus chaude et proche de la terre, option qui privilégie donc le fait que les deux cellules eurent été dans une tour et celle de Marguerite peut être plus ouverte au vent et au froid que celle de Blanche, ‘plus aval terre ‘.

Chez Marcellin Boudet, on retrouve la version de Geoffroi de Paris :

Blanche et Marguerite furent enfermées dans des appartements séparés du château des Andelys, la Reine de Navarre en haut du donjon, plus durement, comme étant la plus coupable, la comtesse de la Marche au rez de chaussée, avec un peu plus de confort.

Il faut enfin noter que Château Gaillard était un Château de guerre et non de résidence. La place est comptée dans l’enceinte principale, qui comprend le donjon, les appartements du gouverneurs et ceux des gardes et ou quelles fussent situées, les cellules ou appartements des princesses n’ étaient pas très grands.


Grâce au Père Anselme nous avons des détails précis sur une des personnes chargées de veiller sur Marguerite et Jeanne.
On y lit qu’elles y étaient confinées sous la garde de Robert Bersumée, Bailly de Crécy. On peut supposer qu’un ecclésiastique était en charge de leur vie quotidienne, en tant que confesseur et lien avec l’extérieur, mais il n’en est fait mention nulle part.
Pouvons nous reconstituer une journée type des princesses au Château ? Leur vie de prisonnière ne devait pas leur offrir une grande diversité d’activités : repas, prières à la chapelle, peut être promenades dans l’enceinte du château, et exceptionnellement visites d’envoyés de la cour.
On trouve d’ailleurs chez Geoffroi de Paris une allusion au fait que les deux princesses recevaient des visites :

Ceux qui allaient rendre visites
Aux dames pleuraient de pitié.


A demain!!


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Message Publié : 27 Sep 2005 16:06 
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Très bonne synthèse et passionnante en plus.

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Message Publié : 27 Sep 2005 18:57 
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Jean-Marc Labat a écrit :
Très bonne synthèse et passionnante en plus.


Complètement d'accord ... une histoire connue que l'on redécouvre :)


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Message Publié : 28 Sep 2005 9:59 
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Polybe
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Bonjour et merci pour vos bienveillantes remarques.

Voici la suite, qui vous surprendra peut etre un peu , car je me suis fait un peu plaisir en me prenant pour Maurice Druon :wink:


Malheureusement de tout ceci on ne trouve point de détails chez les chroniqueurs et nous n’avons que notre imagination pour revivre cette année de captivité de Marguerite et Blanche. Essayons de vivre quelques jours en leur compagnie, en même temps que vont se dérouler des évènements importants pour elles et pour la France :


La vie à Château Gaillard


En cette fin d’après midi d’été, Marguerite de Bourgogne laissait son regard divaguer paresseusement le long des les boucles de la Seine .
Depuis le Château-Gaillard elle pouvait percevoir dans toute son amplitude le fleuve dérouler son méandre, cette courbe d’argent enserrant des îles boisées, dont celles de la Roque, du Roule à Courcelles ou du Château aux Andelys. La boucle mêle champs de céréales, plans d’eau des sablières, boisements en pente douce jusqu’à un joli vallon entre Venables et Villers. Les villages de Tosny et de Bernières-sur-Seine, composés de fermes rapprochées. Les coteaux estompés de Heudebouville et de Gaillon formant le fond lointain du panorama.

La douce chaleur du soleil couchant réchauffait sa peau qu’un séjour de quatre mois dans les geôles du Château avait empêché de prendre la couleur ambrée qu’elle affectionnait. Ses cheveux avaient commence a repousser et elle pouvait maintenant les peigner avec un mauvais peigne de bois, une des seules coquetteries qu’on lui accordait

Quatre mois. Quatre mois à prier, à se repentir et à prier encore. Les journées étaient bien mornes et encore, c’était l’été. Elle n’osait penser à l’hiver qui allait arriver, et qui serait peut être son dernier. Toutes les scènes de cet atroce printemps la hantaient toutes les nuits passées dans ce lugubre cachot. Oh oui, elle les payaient ces années de plaisir charnel. Toutes les nuits elle se réveillait en sueur se remémorant ce soir d’Avril à Maubuisson. Elle entend son beau père et roi Philippe l’accuser elle, Blanche et Jeanne. Elle revoit le sourire crispé d’Isabelle et l’air interloqué de son mari Louis, l’air incrédule de Philippe et celui abasourdi de Charles. De plus on l’avait présenté comme l’instigatrice. C’était elle qui avait entraîné ses cousines, elle qui salissait toute la royauté. La faute était grande, le châtiment serait exemplaire. On ne badinait pas avec l’honneur de la maison Royale.

« Marguerite ! »
Elle reconnut la voix qui la tira de ses songes.
« Blanche, Blanche » Celle ci se précipita vers Marguerite et les deux princesses s’étreignirent longuement.
« Tu as pu sortir toi aussi ? »
« Oui, l’abbé paraissait de bonne humeur aujourd’hui. Je pense que notre dévotion flatte son ego »

Les promenades étaient rares et courtes, juste assez pour leur faire oublier leurs misérables quartiers. Deux cellules avaient été aménagées sous les quartiers du Gouverneur dans la crypte du château. Les pièces étaient de grandeur moyenne, sans fenêtre, avec quelques torches accrochées aux murs qui fournissaient une rare lumière. Une paillasse, une commode contenant le peu d’effets qui leur avait été laissés, une table et deux tabourets de bois grossiers composaient le fruste mobilier. Les deux cellules étaient contiguës et une porte de bois permettait aux deux cellules de communiquer. Celle ci était ouverte le jour et verrouillée la nuit.

Deux gardes hallebardiers se tenaient à chaque extrémité du chemin de ronde et ne les quittaient pas des yeux. Ils n’étaient pas habitués à voir les prisonnières qui n’étaient pour eux que deux fugitives ombres qui se rendait chaque jour à la chapelle à Matines et Vêpres. En outre ils en étaient responsables et ils ne tenaient pas à en voir une basculer en contrebas.

Soudain un écclesiatique apparut sur la plateforme et sans un regard pour les gardes se dirigea vers les princesses.
« Mesdames, il est temps de se diriger vers la chapelle, dix huit heures vont sonner »
Les deux princesses poussèrent un soupir et se dirigèrent vers la porte.



« Le déjeuner Madame »
« Posez le sur la table, merci »

Les princesses ont mit du temps à s’habituer au brouet du matin. Ils sont loin les fruits frais, le fromage, les patisseries. Au début elles n’y touchaient pas. Maintenant, elles l’attendent presque avec impatience c’est le début de leur journée.

Marguerite se lave avec le gant de crin et le broc d’eau amené en même temps que la nourriture, peigne longuement ses cheveux d’encre, et pense au doux temps ou trois damoiselles s’occupait de sa toilette, au bain d’eau bouillante, aux crèmes et onguents qui assouplissaient et parfumaient sa peau. Puis elle sort sa plume et le rouleau qu’elle a mendié auprès de l’abbé et noircit le parchemin de ses sombres pensées du matin.

Bientôt on cogne de nouveau à la porte. C’est l’heure des Matines et celle aussi de retrouver Blanche. Les deux princesses s’étreignent sur le pas de leurs portes de cellules puis suivent l’abbé et sa lanterne. Elles montent vers les quartiers du Gouverneur pour enfin déboucher à l’air libre. Le soleil, le vent, la chaleur leur fait oublier leurs pénibles nuits. Elles passent le pont levis pour sortir de la première enceinte vers la cour ou est érigée la chapelle.

« Comment à tu dormi, ma chère Blanche ? »
« Comme d’habitude, comme l’on peut dormir sur ces paillasses qui sont à peine dignes d’accueillir nos chiens de chasses . J’en ai la peau du visage toute meurtrie. »
« Mesdames, prenez place » l’abbé leur indique les prie Dieu et commence sa messe.

Plus tard dans la journée, elles se retrouvent chez Blanche.

« Madame, je vous accueille pour une collation. Il y a du pain rassis d’hier, et deux tranches de lard.. »
Elles rient toutes les deux, faisant contre mauvaise fortune bon cœur. Marguerite entonne une complainte à la mode quelques mois auparavant et Blanche, tenant la main d’un cavalier imaginaire se met à esquisser quelques pas de danse.
« Quand je pense qu’il y a quelques mois nous étions à la cour. Est-ce que nous la reverrons jamais ?»
« Bien des choses peuvent se passer, mais nous n’avons vu âme qui vive depuis ce funeste mois d’Avril. Ni nos maris, ni nos mères, ni nos écuyers. Nous n’existons plus, Blanche. Nous sommes mortes »
Blanche s’arrête de danser et se laisse tomber sur un tabouret.
« Ce n’est pas possible, je suis sure que quelqu’un va se soucier de nous »
« Tant que notre Roi Philippe régnera, notre sort ne changera pas »


Voici ce que l’on aurait peut être pu voir et entendre, si nous avions été à Château Gaillard durant les premiers mois de captivité des princesses. Un seul fait aurait pu changer leur sort, et il se produit.

La mort de Philippe le Bel


Au fait de cette année 1314, l’esprit si ferme de Philippe Le Bel semble s’être affaissé sous le poids des malheurs publics et des chagrins domestiques : le supplice des templiers, la mort de Clément V, l’adultère de ses belles filles tous ces évènements étaient venu troubler cette âme si fortement trempée. Edgar Boutaric nous dresse un tableau précis du moment et nous conte la mort du Roi :

En 1314, la guerre recommença contre les Flamands. Les révoltes de la noblesse, l’établissement des ligues, le refus des impôts, vinrent rendre la situation encore plus difficile. On faisait circuler de sinistres rumeurs : Arnaud de Villeneuve annonçait la fin du monde ; on rappelait d’anciennes prophéties ; l’on touchait à la période marquée par le cinquième sceau de l’apocalypse, qui précédait la venue de l’antéchrist. Des signes apparurent dans le ciel , présage funeste d’une mort illustre.
Encore à la fleur de l’age, Philippe le Bel fut prit d’un mal que certains ont voulu expliquer par le poison, d’autre par une chute de cheval et une blessure faire par un sanglier ou encore une malédiction lancée par Jacques de Molay sur son bûcher. Les mieux informés ne parlent que d’une maladie de langueur. Le 4 novembre 1314, il ressentit une vive douleur à l’estomac et une soif que rien ne pouvait apaiser. Il se fit transporter à Fontainebleau, la ou il était né. Le mardi d’avant la Saint André (26 novembre) il fit une confession générale et communia. Dès lors, il fut obligé de garder le lit. Le vendredi matin, il sembla qu’il voulut reposer : il demanda pardon des scandales et des mauvais exemples qu’il avait donné. Les Clercs lurent la passion, qu’il écouta attentivement. On commença l’office du Saint Esprit et quand vinrent ces paroles : « Le prince de ce monde est venu » le Roi rendit l’esprit. Nous étions le 29 Novembre 1314.

Philippe le Bel laissait le trône à son fils aîné, Louis X dit le Hutin, époux de Marguerite. Celle-ci devient donc reine de France…du fond de son cachot.
Il est certain que Marguerite fut informée de la mort du Roi, et de son nouveau statut de Reine. Ceci changea t’il quelque chose dans son quotidien, ses conditions de détentions en furent elles améliorées ?
Rien n’est moins sur. Peut être essaya t’elle, la nouvelle apprise, d’infléchir le Gouverneur du Château, pour que celui-ci lui rende la vie moins pénible. Mais celui-ci s’en tenant s’en doute aux stricts ordres lui venant du Roi, n’a sans doute pas pris le risque de prendre quelque initiative qui aurait pu lui être reprochée.


A demain!!


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