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Message Publié : 10 Sep 2020 11:03 
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Jean Froissart
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Je voulais en faire l'objet d'un quiz Seconde Guerre mondiale, mais finalement je manque un peu d'éléments pour orienter les recherches : il s'agit de Mohamed Bouras et cette histoire d'espionnage.

Il a été exécuté le 27 mai 1941 sur la base militaire de Hussein Bey en Algérie (polygone d'Hussein Bey).
Il a été fusillé pour raison de haute trahison, car il a fourni des documents classifiés à l'Allemagne.
«Employé aux services de l'amirauté il fournit des documents classifiés secret défense à des officiers nazis après les avoir volé»
Un des sites dit qu'arrêté avec 5 autres personnes par les services de contre-espionnage, il a été torturé pendant une semaine mais qu'il ne dénonça pas ses camarades.

Cette affaire est à mettre en relation avec le nationalisme algérien naissant et l'attitude française vis-à-vis de ces nationalistes lgériens. «Il fonde en 1935 l’association El Falah, le premier groupe des Scouts musulmans algériens (SMA)»

Avez-vous d'autres informations complémentaires sur cette affaire ?


https://babzman.com/cela-sest-passe-un-27-mai-1941-execution-de-mohamed-bouras/#:~:text=Le%2027%20mai%2C%20Mohamed%20Bouras,le%20premier%20congr%C3%A8s%20des%20SMA.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Bourass


Zineb Merzouk a écrit :
Bouras a été exécuté en 1941 à Hussein Dey.

Né en 1908 à Miliana dans une famille modeste, Mohamed Bouras fait ses études primaire à l’école « indigène » Maubourguet, devenue aujourd’hui Larbi Tebessi. Exclut après l’examen du Certificat d’étude, il organise une manifestation avec ses camarades contre les mesures prises par le directeur de l’établissement.

En parallèle à l’école « indigène », Bouras fréquente la Médersa El Falah. Il poursuivra ses études au collège français de Miliana.

En 1926, il s’installe à Alger, à l’âge de 18 ans. Il travaille à Maison-Carrée (El Harrach), puis occupe le poste de secrétaire dactylographe au sein des services de l’Amirauté d’Alger.

Il adhère au cercle El Taraki, puis celui du Progrès et devient proche de l’Association des oulémas, et de son leader, le cheikh Albelhamid Ben Badis. Il participe à de nombreuses manifestations contre l’interdiction de prêcher dans les mosquées, décidée en 1933.

Excellent sportif, il est l’un des meilleurs joueurs du Mouloudia d’Alger et devient l’un des meilleurs tireurs à la carabine dans la société « La Milanaise ». En parallèle, il suit des cours du soir en langue arabe, à la Chabiba, et suit des études en capacité de droit à l’Université d’Alger.



Il fonde en 1935 l’association El Falah, le premier groupe des Scouts musulmans algériens (SMA) dont il dépose les statuts le 16 avril 1936 à la préfecture d’Alger. Il obtiendra l’autorisation le 5 juin de la même année, sous le numéro 2458.

D’autres associations de scouts sont crées peut de temps après dans différentes ville d’Algérie et Bouras espère réussir à les fédérer.

Après avoir milité quelques temps à Alger, au sein de l’Etoile Nord Africaine (ENA), il rejoint le Congrès musulmans dont il devient le responsable des « Jeunesses ».

En 1939, il organise le camp fédéral d’El Harrach qui consacre la naissance de la Fédération des Scouts musulmans algérien (FSMA).

En septembre 1940, il s’embarque pour la France et se rend à Vichy. Il y rencontre le Secrétaire Général du Scoutisme français, une nouvelle organisation créée par le maréchal Pétain avec toutes les associations scoutes. Bouras sollicite l’adhésion de la FSMA au même titre que ces associations.

N’obtenant qu’une réponse vague, il contacte les Allemands qui l’orientent vers la commission d’armistice à Alger, à qui il demande des armes pour préparer les jeunes à la lutte armée contre l’occupation coloniale.

A son retour à Alger, Bouras perd son emploi, son administration lui reproche de s’être absenté sans autorisation légale. Il trouvera un emploi similaire dans un nouvel organisme, la Direction des Services d’Armistice française (DDSA).

Au mois de mars 1941, le commissaire scout Noël en mission en Algérie pour rencontrer les autorités administratives, les représentants du scoutisme et les groupes SMA, prend contact avec Bouras. Après des entretiens au Cercle du Progrès, le commissaire scout demande la cessation d’activité des SMA parce que ses chefs « étaient au moins suspects d’un nationalisme intempérant ». Dans son rapport, précise : « Les autorités envisagent même la cessation d’activité de les groupes SMA non affiliés au Scoutisme français ».

Le 16 mars 1941, Mohamed Bouras démissionne de la FSMA, conscient de s’être engagé dans une affaire grave et d’être étroitement surveillé. Il préfère éviter des ennuis à ses collaborateurs immédiats.

Le 8 mai 1941, piégé par les services du contre espionnage français, Bouras est arrêté, avec cinq autres personnes, sous le motif d’espionnage au profit de l’Allemagne. Il sera inlassablement interrogé et affreusement torturé pendant une semaine, sans résultat. Il ne dénoncera pas ses compagnons.

Le 14 mai, il est traduit devant le tribunal militaire d’Alger, constitué en Cour martiale ; il est inculpé de trahison et condamné à mort.

Le 27 mai, Mohamed Bouras est exécuté à l’aube au polygone d’Hussein Dey.

Le premier rassemblement des groupes scouts d’Algérie eut lieu en 1944 à Tlemcen qui abritera quatre ans plus tard, en 1948, le premier congrès des SMA.

Mohamed Bouras était un nationaliste et un visionnaire. Une très grande partie, pour ne pas dire la majorité, des jeunes scouts algériens rejoindront les maquis après le déclenchement du 1er novembre 1954. Grace à cette structure, ils avaient reçus une excellente formation qui leur a permis de devenir d’excellents maquisards.

Synthèse Zineb Merzouk

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Message Publié : 10 Sep 2020 11:55 
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Je ne connaissais pas cette affaire, mais il y en a sans doute eu bien d'autres dans le genre... Cela tient au contexte :
Ce sont les commissions d'armistice, présentes en AFN - elles sont chargées de vérifier l'application effective de toutes les closes de l'armistice - qui s'essaient à l'espionnage. Avec un manque de professionnalisme évident.

Il peut y avoir quelques professionnels là-dedans, des gens de l'Abwehr, typiquement, mais ça ne suffit pas : le contre-espionnage français les surveille comme le lait sur le feu, et les infiltre en leur fournissant des informateurs. Le CE français est dans la place ! (Cette situation favorable servira même à intoxiquer les Allemands avant le débarquement américain du 8 novembre 42.)

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Message Publié : 10 Sep 2020 11:56 
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Jean Froissart
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Oulligator a écrit :
N’obtenant qu’une réponse vague, il contacte les Allemands qui l’orientent vers la commission d’armistice à Alger, à qui il demande des armes pour préparer les jeunes à la lutte armée contre l’occupation coloniale.
Cette phrase à elle seule contient énormément d'information pour les connaisseurs du contre-espionnage à Alger.
La commission d'armistice allemande a été 100% intoxiquée pendant toute la guerre. Grâce à un ingénieux piratage des lignes téléphoniques de ses bureaux et de l'hôtel où ses membres résidaient (je crois bien que j'ai posté à ce sujet voici quelques semaines).

Les allemands n'ont donc eu accès qu'à deux types de contacts:
- de vrais traîtres, du coup immédiatement identifiés, jugés et condamné à la première occasion (i.e. dès que c'était possible sans compromettre le dispositif)
- des agents doubles envoyés par le CE français.

Ce Mohamed Bouras que je découvre aujourd'hui n'avait aucune chance: dès qu'il a mis les pieds à la commission d'armistice, il a forcément été identifié. Et catalogué comme double-traître, coupable: 1) de prise de contact avec les allemands (ben oui, c'était illégal pour un civil, et à Alger il y avait encore des gens qui tenaient à rappeler cette règle) 2) de séparatisme anti-français.

Il faudrait voir ce qu'il en est de cette séance de torture. Le CE français a-t-il torturé en Algérie en 41-44?
Je n'ai jamais entendu parler de cela.
Contrairement à d'autres moments ultérieurs à Alger où l'urgence et la pression du gouvernement a conduit à ce que l'on sait, le CE d'Alger avait tout son temps et était très indépendant du pouvoir. On pourrait presque dire qu'entre Vichy et De Gaulle, tout le monde ne savait pas où ils habitaient >:)


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Message Publié : 10 Sep 2020 12:57 
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Jean Froissart
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Merci à vous deux pour vos réponses. J'en suis venu à m'intéresser à cet épisode à la suite de la lecture de Pascal Ory, Les Collaborateurs 1940-1945, 1976, Points Histoire Seuil, qui traitait dans un chapitre des collaborateurs corses, flamands, bretons et algériens : «Le choix politique collaborationniste prend une dimension caricaturale dans le cas des militants algériens proallemands., dont la revendication à l'indépendance ne commencera à trouver un écho dans le monde politique parisien qu'à partir du moment où le Maghreb aura complètement échappé, au mois de novembre 1942, au contrôle de Vichy. [...] Certains nationalistes algériens étaient, de leur côté, allés d'eux-mêmes au-devant de l'Allemagne. A la veille de la guerre, un Comité d'action Révolutionnaire nord-africaine (CARNA), où l'on trouve parmi d'autres les noms de Boukadoum et de Cherif Sahli, prit contact avec le Reich. A Berlin, leurs interlocuteurs cherchèrent visiblement beaucoup plus à recruter des agents de renseignement qu'à financer une insurrection. Seuls Abderrahmane Yassine et Cherif Bellamine auraient accédé à leurs propositions. Sous l'administration Weygand, on apprendra ainsi l'exécution d'un responsable des scouts musulmans d'Algérie, accusé d'avoir transmis à l'Allemagne des documents confidentiels de la délégation française à la Commission d'armistice.» (p.174-175)

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Message Publié : 10 Sep 2020 13:22 
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Grégoire de Tours
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Vézère a écrit :
Il faudrait voir ce qu'il en est de cette séance de torture. Le CE français a-t-il torturé en Algérie en 41-44?

Au vu des moeurs de l'époque en termes de méthodes interrogatives, et des ménagements limités apportés dans la manipulation des individus de souche indigène, le contraire serait une étonnante anomalie.


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Message Publié : 10 Sep 2020 16:30 
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b sonneck a écrit :
Vézère a écrit :
Il faudrait voir ce qu'il en est de cette séance de torture. Le CE français a-t-il torturé en Algérie en 41-44?

Au vu des moeurs de l'époque en termes de méthodes interrogatives, et des ménagements limités apportés dans la manipulation des individus de souche indigène, le contraire serait une étonnante anomalie.

Oui, c'est plus que probable. :rool:

Déjà avant guerre la police elle-même, dans la répression des mouvements arabes indépendantistes ou simplement politisés, torturait volontiers.

Le même phénomène existait en Indochine à la même époque.

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Message Publié : 17 Sep 2020 9:37 
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Jean Froissart
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Inscription : 19 Fév 2011 17:03
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Ben justement, l'armée ce n'était pas la police.
Quand 20 ans plus tard on a torturé en Algérie, qu'ont dit les soldats? "c'est dégueulasse, on nous a fait faire un boulot de flic" ( :rool: )

Ajoutons à cela que les services de contre-espionnage avaient une haute idée d'eux-mêmes. J'ai retrouvé une formule prussienne qui dit Nachrichtendienst ist Herrendienst, le renseignement est une activité d'aristocrate.
Je ne suis pas naïf, j'imagine bien que la réalité de la guerre est tout autre.
Encore faut-il avoir dans ses équipes le gros dur immoral disposé à faire le sale boulot, et le chef pour donner l'ordre... ça ne se trouve pas forcément à la sortie des écoles de cavalerie.

Il faudrait voir ce qu'en raconte Pierre Nord dans mes camarades sont morts. Pierma, je sais que vous l'avez, voudriez-vous voir s'il y a quelque chose sur les interrogatoires?
Ce serait dans le tome 2, celui qui traite de l'action clandestine à Alger.
Dans mon souvenir, il décrit au contraires des interrogatoires interminables, qui s'étalent sur des semaines, avec des techniques ultra-sophistiquées pour amener l'interrogé à se couper et le mettre face à ses contradictions, jusqu'à ce qu'il craque et avoue.
Des pièges linguistiques aussi.

Le cas de ce M. Bouras était de toutes façons hybride: a-t-il été traité dans une perspective militaire (coupable de contacts avec l'ennemi) ou policière (militant indépendantiste)?
Il est possible que le traitement fut fort différent d'un cas à l'autre.


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Message Publié : 17 Sep 2020 12:33 
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Vézère a écrit :
J'ai retrouvé une formule prussienne qui dit Nachrichtendienst ist Herrendienst, le renseignement est une activité d'aristocrate.

on traduit généralement par :"Le renseignement est un métier de seigneur."

Gilles Perrault commente ce dicton :"C'est selon..." :rool: Il s'est battu dans les années 60 pour faire libérer un Français en poste à Belgrade, accusé au retour d'espionnage pour le compte de la Yougoslavie. En réalité c'était sa fille de 17 ans, que les services yougoslaves avaient fait engrosser par un "Roméo", qui l'avait aidé à avorter sans que son père le sache, en échange de photocopie prises dans le bureau de son père : le SDECE l'avait embauchée pour être sa secrétaire. Une saloperie, ce recrutement d'un gamine aussi naïve. "C'est selon..."

Citer :
Il faudrait voir ce qu'en raconte Pierre Nord dans mes camarades sont morts. Pierma, je sais que vous l'avez, voudriez-vous voir s'il y a quelque chose sur les interrogatoires?
Ce serait dans le tome 2, celui qui traite de l'action clandestine à Alger.
Dans mon souvenir, il décrit au contraires des interrogatoires interminables, qui s'étalent sur des semaines, avec des techniques ultra-sophistiquées pour amener l'interrogé à se couper et le mettre face à ses contradictions, jusqu'à ce qu'il craque et avoue.
Des pièges linguistiques aussi.

Vos souvenirs sont bons.

J'ajoute qu'ils avaient la partie belle, parce que la plupart du temps ils savaient parfaitement ce que l'individu interrogé devait espionner : ils avaient infiltré les commissions d'armistice, avaient placé des agents dans l'Abwehr... et ont même réussi à provoquer une (des ???) mission lancée depuis Vichy : miliciens chargés par les Allemands de provoquer le jihad en Algérie, et bien entendu attendus à l'atterrissage...

Cela dit, pour être honnête, s'ils ont dû torturer dans certains cas, je l'ignore, mais Pierre Nord ne le dirait pas... :rool:

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Message Publié : 17 Nov 2020 17:58 
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Jean Froissart
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Inscription : 19 Fév 2011 17:03
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Pierma a écrit :
Cela dit, pour être honnête, s'ils ont dû torturer dans certains cas, je l'ignore, mais Pierre Nord ne le dirait pas... :rool:
Je viens de relire le livre. Bien entendu, Pierre Nord n'en parle pas. Mais il y a quand même des signes qui peuvent nous donner des idées:

1) dans le tome 1, il dit justement qu'une des faiblesses du CE a été de ne pas avoir de bras sans moralité, ou de d'hommes assez endurcis pour faire du sale boulot. Il donne un exemple: pour éliminer un fonctionnaire en zone occupée (une véritable fripouille), pas moyen de trouver un éxécuteur des hautes-oeuvres. Il fallut en faire venir un spécialement par sous-marin depuis Alger!

1 bis) et dans la phrase suivante, il dit: en 1944, nous n'aurons plus les mêmes pudeurs.

2) à propos de l'abominable Ernst Dunker, le tortionnaire en chef de la Gestapo marseillaise sous le nom de Delage, qui a littéralement décimé les réseaux de résistance en faisant parler les prisonniers un par un. Amertume de Pierre Nord: "ce Dunker, nous l'avons eu entre les mains." Arrêté par la DST en Tunisie fin 1940, interrogé par le CE. Identifié agent de l'Abwehr, mais faute de preuve libéré sans aucune charge et bien entendu sans qu'il ne lui manque le moindre bout d'ongle.

3) à propos de Charles Detmar, le chef du Service de répression des menées antinationales. Pierre Nord est son traitant pendant la période où ce sinistre personnage accepte de jouer agent double.
Par un autre agent double, Pierre Nord sait que l'on torture au SRMA. Il écrit: "ce ne sont là que des brutalités de basse police". Entendre: "c'est encore à peu près du domaine de l'acceptable". Mais il ajoute, et on sent que c'est là ce qui le choque vraiment: "c'est vraiment intolérable que des Français fassent cela à d'autres Français". Il y a une note de bas de page qui précise qu'il n'a connu que que plus tard au cours de la guerre la quantité et la gravité des atrocités commises par le SRMA.

Tout cela montre une forme de candeur des services français, qui à l'air plus à l'aise pour la manipulation d'agents politiques, le service du chiffres et autres suivis de plans de bataille que pour remuer le fumier.


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Message Publié : 17 Nov 2020 19:04 
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Vézère a écrit :

Tout cela montre une forme de candeur des services français, qui à l'air plus à l'aise pour la manipulation d'agents politiques, le service du chiffres et autres suivis de plans de bataille que pour remuer le fumier.

Vous pouvez sans doute enlever le mot "politique". On peut aussi manipuler des agents militaires sans avoir besoin de torturer.

A ce point près , je suis tout à fait d'accord avec votre intervention. Imaginer qu'ils ont eu Delage entre les mains sans le flinguer (au besoin dans une mise en scène d'agression crapuleuse) est effrayant.

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Message Publié : 18 Nov 2020 18:32 
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Plutarque
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Inscription : 12 Mars 2015 19:10
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Bonsoir,
Pour aborder ce genre de dossier il y a deux méthodes :
1/ voir wiki (qui nous apprend que ce traitre a été médaillé à titre posthume par l'état algérien ...)
2/ consulter les archives déclassifiées de la DGER qui sont disponibles à Vincennes. Il devrait y avoir un fort dossier dans la série GR 28 P 9. Attendre toutefois la réouverture !
JD


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