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 Sujet du message : Franco et Juan carlos
Message Publié : 02 Oct 2014 15:17 
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Plutarque
Plutarque

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Je me demande si franco quand il a désigné le prince Juan Carlos comme son successeur en temps que roi , savait t-il que son protégé allait rétablir la démocratie ? Ou du moins accomplir des changements ?


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 Sujet du message : Re: Franco et Juan carlos
Message Publié : 02 Oct 2014 17:55 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines
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Il faudrait d'abord savoir pourquoi Franco a désigné Juan Carlos comme futur roi...
Généralement, ce genre de personnage choisi plutôt son fils, un membre de sa famille ou du moins un « vieux fidèle » pour lui succéder.

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“La barbarie est l'état naturel de l'humanité, [...]. La civilisation n'est pas naturelle. Elle résulte simplement d'un concours de circonstances. Et la barbarie finira toujours par triompher.” ― Robert E. Howard


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 Sujet du message : Re: Franco et Juan carlos
Message Publié : 02 Oct 2014 18:28 
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Marc Bloch
Marc Bloch

Inscription : 10 Fév 2014 7:38
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Localisation : Versailles
Je remercie Grossman de cette question très intéressante . Qu'en pensent les Espagnols ?

On m'a donné deux explications contradictoires.Selon les uns, Franco était gâteux et n'avait pas compris que son État était vermoulu et que personne, ni le Roi, ni les ministres ni l'armée ne défendraient le franquisme.

Seconde thèse : après avoir vu fonctionner les démocraties anglo saxonnes et la Ve République, peut être le caudillo à t il pensé que la dictature n'était pas la seule formule politique efficace possible ?

Quant à Juan Carlos, il était le petit-fils d'Alphonse XIII et avait été éduqué depuis l'âge de dix ans par Franco.


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 Sujet du message : Re: Franco et Juan carlos
Message Publié : 02 Oct 2014 20:21 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours
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Inscription : 07 Sep 2014 12:27
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Localisation : Andalousie
grossmann a écrit :
Je me demande si franco quand il a désigné le prince Juan Carlos comme son successeur en temps que roi , savait t-il que son protégé allait rétablir la démocratie ? Ou du moins accomplir des changements ?


La loi de succession du chef de l'État (Ley de Sucesión en la Jefatura del Estado) de 1947 est l'une des huit lois fondamentales du franquisme. Elle traite de la question de la succession de Franco. Elle dispose qu'il proposerait lui-même son successeur mais que ce choix devrait être approuvé par les Cortes espagnoles.
Le contenu de cette loi était :

Article 1 : l'Espagne devenait un royaume
Article 2 : le chef de l'État était le Caudillo de España y de la Cruzada, Generalísimo de los Ejércitos, don Francisco Franco Bahamonde (Caudillo d'Espagne et de la Croisade, généralissime des armées, Don Francisco Franco Bahamonde)
Article 6 : à tout moment, le chef de l'État (Franco) pouvait proposer aux Cortes la personne qui devait être appelée à lui succéder le moment venu, avec le titre de roi ou de régent.

Antécédents politiques

Juan de Bourbon, fils d'Alphonse XIII et héritier légitime d'un hypothétique Royaume d'Espagne, avait publié le 19 mars 1945 le Manifeste de Lausanne (rédigé par Juan de Bourbon en Suisse), dans lequel il critiquait durement la dictature franquiste et offrait au peuple espagnol la possibilité d'une monarchie dont les détails étaient mal définis. De fait, il présentait la monarchie constitutionnelle comme une alternative modérée au régime, rejetait le régime franquiste inspiré des systèmes totalitaires allemands et italiens qui avaient échoué. Il promettait, en cas de retour à la monarchie, l'approbation d'une nouvelle constitution, la reconnaissance des Droits de l'Homme, la garantie des libertés publiques, la mise en place d'une assemblée législative démocratique, la reconnaissance de la diversité régionale, l'amnistie des prisonniers politiques et une distribution plus juste des richesses.

C'est pour cette raison que Franco hésitait à désigner l'héritier légitime comme possible successeur.
La décision préalable

Le 31 mars 1947, le ministre Carrero Blanco, émissaire de Francisco Franco et rédacteur de la Loi de succession, informe Juan de Bourbon qu'avec l'approbation de la Loi de succession, ce serait Franco qui désignerait le monarque du royaume « quand cela lui semblerait approprié. » De plus, il indique à Juan de Bourbon (héritier du trône) qu'il pourrait « être roi d'Espagne, mais de l'Espagne du Mouvement national, catholique, anticommuniste et antilibérale. »
Le manifeste d'Estoril

Le 7 avril 1947, Juan de Bourbon, père de Juan Carlos, qui est à ce moment-là l'héritier de droit de la couronne d'Espagne, rend public un manifeste dans lequel il dénonce le caractère illégal de la Loi de Succession puisque celle-ci entend altérer la nature de la monarchie sans consulter l'héritier du trône.

Le 6 juillet 1947 a eu lieu un « référendum » sur la loi au cours duquel, selon des résultats officiels, ont voté 89 % des électeurs dont 93 % en faveur du « oui », 4,7 % en faveur du « non » et 2,3 % de votes blancs ou nuls.

La décision définitive:
À partir du 26 juillet 1947, en vertu de la Loi de Succession, Franco jouera le rôle du monarque du royaume d'Espagne récemment proclamé dans la mesure où le trône était vacant.
Le 25 août 1948, Franco a rencontré Juan de Bourbon sur son yacht de vacances, El Azor, dans le Golfe de Gascogne. C'est là-bas qu'ils se sont entendus pour que le fils de dix ans de Juan de Bourbon, Juan Carlos, né et résidant à Rome, change de lieu de résidence afin de terminer son éducation en Espagne avec son frère Alphonse de Bourbon et Bourbon-Deux Siciles avec la promesse que « le journal monarchiste ABC pourrait informer librement et que les restrictions sur les activités des monarques seraient levées ».

Le 9 novembre 1948, Juan Carlos fut reçu par Franco dans sa résidence d'El Prado, où il l'a informé que son éducation serait confiée à un groupe de professeurs complètement loyaux au Mouvement National.

Comme le révèlent les documents déclassifiés par le Département d'État des États-Unis, en raison d'un incident qui s'est produit le 24 décembre 1961 lors d'une partie de chasse dans les bois d'El Prado (où résidait alors le Généralissime), Franco commença à envisager le choix de son successeur. Un rapport de la Cour grecque à l'ambassadeur des États-Unis en Grèce indique : « En raison d'un incident de chasse », on nous informe qu'il « est prévu de présenter la question de la succession royale devant les Cortes en février. On ignore si c'est le Conte de Barcelone ou son fils Juan Carlos qui sera recommandé », selon ce qu'a indiqué l'ambassadeur d'Espagne Luca de Tena.

Le 21 juillet 1969, Franco désigne Juan Carlos de Bourbon comme son successeur à la tête de l'État (en se fondant sur la Loi de Succession qui dispose que c'est lui qui désignerait son successeur, puisque selon l'ordre naturel de succession c'est Juan de Bourbon qui aurait être désigné), avec le titre de « Prince d'Espagne ». Juan Carlos est ainsi proclamé successeur de Franco par les Cortes le 22 juillet 1969 lorsqu'il jure « fidélité aux principes du Mouvement National et aux autres Lois Fondamentales du Royaume ».

Conséquences
Pendant la dictature, le prince d'Espagne Juan Carlos a occupé brièvement (du 19 juillet au 2 septembre 1974) le poste de chef de l'État en raison de la santé fragile du dictateur due à la maladie de Parkinson qui avait empiré à la suite de la contrariété qu'avait provoqué l'assassinat du vice-Président Carrero Blanco par ETA le 20 décembre 1973.

Finalement, Franco mourut le 20 novembre 1975 et Juan Carlos de Bourbon fut proclamé chef de l'État et couronné roi d'Espagne le 22 novembre 1975 au Congrès des députés, devenant ainsi Juan Carlos Ier, ignorant ainsi l'ordre normal de succession.
Ce n'est que le 14 mai 1977 que Juan de Bourbon renonce officiellement à tous ces droits dynastiques (qui lui avaient été refusés par la loi de succession créée par Franco) en faveur de son fils.

Source:
Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Ley de Sucesión en la Jefatura del Estado »

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Quelques autres vérités sur le roi d’Espagne Juan Carlos I de Bourbon:

Juan Carlos Alfonso Víctor María de Borbón y Borbón-Dos Sicilias, ou Juan Carlos I, est né le 5 janvier 1938 à Rome de l’union de Don Juan, Comte de Barcelone, et de Doña María de las Mercedes de Borbón, princesse des deux Siciles, lesquels ont eu quatre enfants : Pilar (1936), Juan Carlos, Margarita (1939) et Alfonso (1941).
Juan Carlos est le petit-fils d’Alphonse XIII par la branche paternelle et membre de la dynastie capétienne des Bourbons, dont sont issus les rois de France depuis Henri IV.
Le jeune Juan Carlos passe les quatre premières années de son enfance à Rome où la famille royale réside en exil depuis la proclamation de la deuxième République le 14 avril 1931. En 1942, Don Juan, déchu du trône, décide de s’installer à Lausanne, en Suisse.

Le général Francisco Franco, qui règne sans partage depuis 1939, s’intéresse très tôt au jeune Juan Carlos. Le 25 août 1948, le dictateur et le Comte de Barcelone – qui avait soutenu les fascistes durant la Guerre civile – se réunissent secrètement dans le golfe de Biscaye et décident ensemble que Juan Carlos s’installera en Espagne afin d’y recevoir une éducation franquiste. Le but du Généralissime est de réinstaller à terme la Maison Bourbon sur le trône. Le 8 novembre 1948, le jeune prince se rend pour la première fois dans la péninsule ibérique et y passe un an.
En 1950, après avoir passé un an dans la résidence familiale à Estoril, au Portugal, Juan Carlos retourne en Espagne pour poursuivre ses études sous la tutelle bienveillante de Franco.
De 1955 à 1959, Juan Carlos, après avoir obtenu son baccalauréat, reçoit une instruction militaire au sein de l’Académie générale militaire de Zaragoza, de l’Ecole navale militaire de Marín et de l’Académie générale de l’Armée de l’Air de San Javier. Toutes ces institutions ont été personnellement choisies par le dictateur qui suit de près la carrière de son futur successeur.
Le 29 mars 1956, Alfonso, jeune frère de Juan Carlos âgé de 14 ans, perd la vie en recevant une balle de revolver dans la tête, dans la résidence familiale d’Estoril. La déclaration officielle de la famille royale relate que le jeune Alfonso s’est accidentellement tué en manipulant l’arme. En réalité, le responsable de l’accident est Juan Carlos. Aucune enquête n’a eu lieu et Alfonso a été enterré dès le lendemain. Franco intervient alors personnellement auprès de l’ambassade d’Espagne à Lisbonne et demande à son frère, Nicolás Franco, alors ambassadeur, de rédiger un faux communiqué sur le drame, afin de protéger Juan Carlos. Don Jaime, frère de Don Juan et oncle du jeune Alfonso, est le seul à demander une enquête, en vain : « J’exige que l’on procède à une enquête judiciaire parce qu’il est de mon devoir de chef de la Maison de Bourbon et parce que je ne puis accepter qu’aspire au trône d’Espagne quelqu’un qui n’a pas su assumer ses responsabilités ». En octobre 1992, Juan Carlos, alors Roi d’Espagne depuis 17 ans, accèdera à la demande de son père et rapatriera les restes de son frère au Panthéon Royal.
En 1962, Juan Carlos, alors âgé de 24 ans, épouse la princesse Sofia de Grèce à Athènes. Juan Carlos et Doña Sofía ont trois enfants : l’Infante Elena (1963), l’Infante Cristina (1965) et le Prince Felipe (1968).
En 1963, Franco persuade le jeune couple de s’installer au Palacio de La Zarzuela, à Madrid, en dépit de l’opposition farouche du Comte de Barcelone, qui commence à comprendre les manœuvres du dictateur pour le priver du trône.
Juan Carlos est alors entouré et conseillé par des membres de l’Opus Dei.
En janvier 1966, Juan Carlos fait une déclaration à la revue étasunienne Times et jure fidélité à son père : « Je n’accepterai jamais la Couronne tant que mon père sera vivant».
Mais le 5 mars 1966, à l’occasion de la commémoration du 25ème anniversaire de la mort d’Alphonse XIII, sur les conseils de Franco, Juan Carlos refuse de participer à la réunion du Conseil privé du Comte de Barcelone à Estoril, destinée à réaffirmer les droits dynastiques de Juan de Bourbon. Juan Carlos choisit de rompre l’unité dynastique afin d’accéder au pouvoir.
En 1969, Franco décide officiellement de nommer Juan Carlos comme son successeur en se basant sur la Loi de succession au sommet de l’Etat de 1947. Il brise ainsi les règles dynastiques qui stipulent que Juan de Borbón y Battenberg, héritier légitime du roi Alphonse XIII, doit occuper le trône.
Don Juan apprend la nouvelle et reçoit un courrier de son fils Juan Carlos lui demandant sa bénédiction. Sa réponse est cinglante : « Quelle Monarchie sauves-tu ? Une Monarchie contre ton père ? Tu n’as rien sauvé. Tu veux sauver une Monarchie franquiste ? Je ne suis pas d’accord et je ne le serai jamais. Je n’accepterai jamais que tu puisses être roi d’Espagne sans le consentement de la Monarchie, sans passer à travers la dynastie ». Il décide de lui retirer le titre de « Prince des Asturies ».
Face à cela, Franco décide d’octroyer le titre de « Prince d’Espagne » – jamais utilisé auparavant – à Juan Carlos. Le successeur désigné prête serment en juillet 1969 et jure fidélité au franquisme, aux principes du Mouvement national (le parti fondé par le Généralissime) ainsi qu’aux Lois fondamentales (imposées par le dictateur durant son règne en remplacement de la Constitution).
Juan Carlos, très proche de Franco, ne manque pas de faire allégeance au caudillo lors d’une interview à la télévision française en 1969 : « Le général Franco est vraiment une figure décisive, historiquement et politiquement, pour l’Espagne. Il a su […] résoudre notre crise de 1936. Il a joué un rôle politique pour nous sortir de la Deuxième guerre mondiale. Au cours des trente dernières années, il a jeté les bases du développement [du pays]. Pour moi, c’est un exemple vivant, par son dévouement patriotique quotidien au service de l’Espagne. J’ai pour lui une très grande affection et admiration ».
En janvier 1971, Juan Carlos se rend aux Etats-Unis à l’invitation du président Richard Nixon pour resserrer les liens avec Washington, qui a apporté son soutien au régime franquiste à partir des années 1950.
Franco étant gravement malade, Juan Carlos est désigné pour la première fois chef de l’Etat par intérim entre le 19 juillet et le 2 septembre 1974. Le 18 juillet 1974, il remplace même le Généralissime pour célébrer l’anniversaire du soulèvement de 1936 contre la République espagnole.
Le 20 juillet 1974, Juan Carlos réalise son premier acte officiel en signant une déclaration conjointe avec les Etats-Unis pour prolonger le Traité d’aide mutuelle entre les deux pays.
Le 30 octobre 1975, Juan Carlos assume une nouvelle fois le rôle de Chef de l’Etat jusqu’au 20 novembre 1975. Quelques semaines auparavant, le 1er octobre 1975, il était apparu aux côtés de Franco lors du rassemblement organisé par le régime en réponse à la condamnation unanime de la communauté internationale suite à l’exécution de cinq prisonniers politiques.
La biographie officielle publiée sur le site internet de la Casa Real omet soigneusement de rappeler les liens étroits entre Franco et Juan Carlos. Aucune mention n’est faite de ses responsabilités politiques avant le 22 novembre 1975.
Deux jours après la mort de Franco survenue le 20 novembre 1975, Juan Carlos est proclamé Roi d’Espagne par les Cortes franquistes, conformément à la volonté du Généralissime exprimée dans un message posthume à la nation : « Je vous demande de préserver l’unité et la paix et d’entourer le futur roi d’Espagne, don Juan Carlos de Bourbon, de la même affection que vous m’avez offerte ». Le nouveau Roi est donc « amarré et bien amarré » au trône.
La biographie officielle de la Casa Real évoque cet épisode en ces termes : « Suite à la mort de l’ancien Chef d’Etat, Francisco Franco, Don Juan Carlos fut proclamé Roi le 22 novembre 1975 et a prononcé au Parlement son premier message à la nation, au cours duquel il a exprimé les principales idées de son règne : rétablir la démocratie et être le Roi de tous les Espagnols, sans exception ».
Or, la réalité historique contredit cette affirmation. Loin de plaider pour une transition démocratique, Juan Carlos, au contraire, jure fidélité à l’héritage franquiste et affirme qu’il poursuivra son œuvre : « Je jure devant Dieu et les Saintes Evangiles de respecter et de faire respecter les Lois fondamentales du Royaume et rester loyal aux principes du Mouvement national ». Lors de son discours, il a rendu un vibrant hommage au dictateur Franco : « Une figure exceptionnelle entre dans l’Histoire. Le nom de Francisco Franco sera un fait marquant de l’histoire espagnole et une référence indispensable pour comprendre la clé de notre vie politique contemporaine. Avec respect et gratitude, je veux me souvenir de la figure de celui qui a assumé pendant tant d’années la lourde responsabilité de diriger le pays ». A aucun moment, Juan Carlos n’a parlé de démocratie ni n’a évoqué l’instauration d’un processus de transition démocratique.
De la même manière, lors de son discours au royaume du 24 décembre 1975, à l’occasion des fêtes de Noël, Juan Carlos fait de nouveau l’éloge de Franco et de son héritage : « L’année s’achève sur une profonde marque de tristesse à cause de la maladie et de la disparition de celui qui fut pendant tant d’années notre Généralissime. Le testament qu’il a offert au peuple espagnol est sans nul doute un document historique qui reflète les énormes qualités humaines, les énormes sentiments de patriotisme sur lesquels il a voulu asseoir son œuvre à la tête de notre nation. Nous disposons de bases très solides que nous ont léguées une génération sacrifiée et l’effort titanesque de quelques Espagnols exemplaires. Je leur dédie aujourd’hui un hommage de respect et d’admiration ».
Alors que les manifestations et les grèves se multiplient à travers le pays, malgré la répression sanglante, face à la résistance armée de l’ETA et des communistes du Front révolutionnaire antifasciste patriotique (FRAP) et des Groupes de résistance antifasciste du premier octobre (GRAPO), le Roi d’Espagne prend conscience que le maintien du statu quo est impossible et que le changement est inévitable. Il se rend compte que le franquisme ne survivra pas à la disparition de son leader.
En 1976, il décide pourtant de nommer Adolfo Suárez, ancien président du Mouvement national, à la tête du gouvernement.
Face à l’opposition républicaine, qui voit en lui un héritier du franquisme, Juan Carlos conclut un pacte : il ouvrira la voie à une transition démocratique à la seule condition que l’on rétablisse la monarchie. Il se présente comme le garant de la réconciliation de tous les Espagnols.
Le 18 novembre 1976, la Loi pour la réforme politique, ouvrant une voie pour une transition démocratique, est approuvée lors d’un référendum à près de 95%. Les partis politiques – y compris le Parti communiste espagnol – sont légalisés et une amnistie est décrétée pour certains prisonniers politiques.
Le 14 mai 1977, Juan Carlos oblige son père, Comte de Barcelone et héritier légitime du trône, à renoncer à ses droits dynastiques afin d’asseoir son pouvoir et de légitimer son pouvoir qu’il détient par la volonté de l’homme qui a déclenché la guerre civile entre 1936 et 1939. Juan Carlos devient Prince des Asturies le 1er novembre 1977.
En juin 1977, se tiennent en Espagne – privée de Constitution de 1936 à 1978 – les premières élections démocratiques depuis 1936. L’Union du Centre Démocratique (UCD), parti du Premier Ministre Adolfo Suárez nommé par le Roi, remporte le scrutin. Le nouveau Parlement – dont 41 sénateurs ont été nommés par Juan Carlos, suivant ainsi une pratique instaurée par Franco – adopte la Constitution de 1978 (ratifiée par référendum à près de 95%), qui fait de l’Espagne une monarchie parlementaire et qui reconnait Juan Carlos comme « l’héritier légitime de la dynastie historique » (article 57). Le nouveau texte remplace les Lois fondamentales franquistes.

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“Etudie, non pour savoir plus, mais pour savoir mieux. ”
Sénèque


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 Sujet du message : Franco et Juan carlos
Message Publié : 03 Oct 2014 13:29 
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Plutarque
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Inscription : 20 Mai 2014 22:12
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pour nuancé sur plusieurs point Elviktor je vais utiliser des citation d'un livre sur Juan Carlos : Juan Carlos d'Espagne Laurence DEBRAY

Elviktor a écrit :
le 1er octobre 1975, il était apparu aux côtés de Franco lors du rassemblement organisé par le régime en réponse à la condamnation unanime de la communauté internationale suite à l’exécution de cinq prisonniers politiques.

"Le 1 er octobre 1975, jour du trente-neuvième anniversaire de son accession au pouvoir, le chef de l’État fait sa dernière apparition publique. Au balcon du palais royal situé place d’Orient, le dictateur affaibli balbutie quelques mots devant une foule de cinq cent mille personnes. Juan Carlos et Sofía se tiennent derrière lui: leur visage crispé ne peut dissimuler leur malaise. Ils sont les seuls à s’abstenir de faire le salut fasciste. "

Elviktor a écrit :
La biographie officielle de la Casa Real évoque cet épisode en ces termes : « Suite à la mort de l’ancien Chef d’Etat, Francisco Franco, Don Juan Carlos fut proclamé Roi le 22 novembre 1975 et a prononcé au Parlement son premier message à la nation, au cours duquel il a exprimé les principales idées de son règne : rétablir la démocratie et être le Roi de tous les Espagnols, sans exception » la réalité historique contredit cette affirmation. Loin de plaider pour une transition démocratique, Juan Carlos, au contraire, jure fidélité à l’héritage franquiste et affirme qu’il poursuivra son œuvre : « Je jure devant Dieu et les Saintes Evangiles de respecter et de faire respecter les Lois fondamentales du Royaume et rester loyal aux principes du Mouvement national ». Lors de son discours, il a rendu un vibrant hommage au dictateur Franco : « Une figure exceptionnelle entre dans l’Histoire. Le nom de Francisco Franco sera un fait marquant de l’histoire espagnole et une référence indispensable pour comprendre la clé de notre vie politique contemporaine. Avec respect et gratitude, je veux me souvenir de la figure de celui qui a assumé pendant tant d’années la lourde responsabilité de diriger le pays ». A aucun moment, Juan Carlos n’a parlé de démocratie ni n’a évoqué l’instauration d’un processus de transition démocratique.

"Le 23 novembre 1975, Juan Carlos est intronisé roi d’Espagne par les Cortes. Son visage est alors marqué par la fatigue et l’angoisse. Il avoue avoir passé la nuit précédente à réécrire et relire mainte fois son discours. Soutenu du regard par son épouse, vêtue de fuchsia, couleur de la cape des toreros, il s’adresse à l’assemblée d’un ton sobre et quasi militaire afin de faire passer un message délibérément réformateur : « L’institution que j’incarne intègre tous les Espagnols. Une société libre et moderne exige la participation de tous dans les prises de décision . » Après un rapide hommage à Franco – en omettant habilement toute référence aux valeurs « du 18 juillet » – et une allusion à son père, Juan Carlos introduit le terme novateur de « consensus » dans le vocabulaire politique."

Elviktor a écrit :
Juan Carlos est ainsi proclamé successeur de Franco par les Cortes le 22 juillet 1969 lorsqu'il jure « fidélité aux principes du Mouvement National et aux autres Lois Fondamentales du Royaume ». ; Le successeur désigné prête serment en juillet 1969 et jure fidélité au franquisme, aux principes du Mouvement national (le parti fondé par le Généralissime) ainsi qu’aux Lois fondamentales (imposées par le dictateur durant son règne en remplacement de la Constitution)


" Le 18 juillet 1969, trois jours après que Franco lui eut annoncé la nouvelle, Juan Carlos fait venir à la Zarzuela son ancien professeur de droit politique, Torcuato Fernández-Miranda, qui deviendra son mentor et le président des Cortes lors de la transition démocratique du pays. Ils préparent tous deux le discours d’acceptation du titre de successeur que le prince prononcera aux Cortes cinq jours plus tard, le 23 juillet. Son ancien élève est alors habité d’une seule véritable préoccupation : « Pour pouvoir franchir ce pas, j’ai besoin d’être convaincu qu’en jurant fidélité aux lois fondamentales l’avenir ne reste pas enchaîné à l’immobilisme », confie-t-il à son maître qui le rassure aussitôt : « En prêtant serment aux lois fondamentales, votre engagement concerne leur totalité, dont l’article 10 de la loi de succession qui dit que les lois peuvent être abrogées et réformées . » "

Elviktor a écrit :
face à la résistance armée de l’ETA et des communistes du Front révolutionnaire antifasciste patriotique (FRAP) et des Groupes de résistance antifasciste du premier octobre (GRAPO), le Roi d’Espagne prend conscience que le maintien du statu quo est impossible et que le changement est inévitable. Il se rend compte que le franquisme ne survivra pas à la disparition de son leader.

donc vous dite que Juan Carlos se serait rendu comte de la nécessite du changement qu'au moment ou il est devenu roi.
"Il se rend en Allemagne en septembre 1972 et confie alors à l’ambassadeur français : « Si je suis allé chasser en Allemagne il y a quelque temps, ce n’était pas pour tirer des sangliers, mais pour créer l’occasion d’une rencontre avec le président allemand. J’ai voulu marquer ainsi que j’existais en dehors de Franco, dès lors qu’il m’est difficile de trop pousser en ce sens en Espagne même . » Après son entretien avec Juan Carlos, le président de la République fédérale allemande Gustav Heinemann avouera au journaliste Michael Vermehren, correspondant de ZDF en Espagne : « En tant que chef d’État on s’habitue à voir des gens exceptionnels. Je ne vous cache pas que jamais un entretien ne m’a autant impressionné que celui que j’ai eu avec le prince d’Espagne . » Belle reconnaissance de la part d’un social-démocrate, initialement réticent à recevoir l’héritier de Franco. Juan Carlos lui aurait alors déclaré : « Je veux être le roi d’une république . »"

"« Le prince est prêt à être un souverain constitutionnel », confirme l’ambassadeur français en Espagne."

"Le duc de Arión sert parfois d’intermédiaire entre le jeune prince et des membres de la société civile favorable au changement. Ami intime de Don Juan, avec qui il a fait la traversée de l’Atlantique à la voile, il se met au service du fils pour manœuvrer discrètement en faveur de l’ouverture."

"Juan Carlos reste prudent. La discrétion est indispensable : « Toutes les personnes qui passaient par la Zarzuela étaient fichées . » Jaime Carvajal, ami d’enfance du prince, raconte : « Il utilisait ses amis intimes pour faire venir des membres de l’opposition au palais. J’avais de bons contacts au sein du parti socialiste. Comme je circulais à moto, j’ai emmené avec moi Luis Solana , camouflé sous un casque. Comme les gardes de la Zarzuela me connaissaient bien, ils m’ont laissé entrer sans me demander l’identité du voyageur de derrière. Juan Carlos a fait beaucoup d’efforts pour se faire connaître et recueillir l’opinion des gens . »"

"Son entretien avec Richard Eder, titré « Juan Carlos envisage une Espagne démocratique », publié le 4 février 1970 dans The New York Times , fait l’effet d’une bombe. En privé, le prince ne cacherait pas qu’« il n’a pas l’intention de présider une dictature » ; « il insiste sur le fait que ce n’est que sous une certaine forme de démocratie qu’il pourrait rester roi d’Espagne »."

"Le 28 janvier 1971 au matin, le prince donne une conférence de presse, ponctuée par les interventions du ministre des Affaires étrangères López Bravo qui tente d’atténuer ses propos trop progressistes. Le journaliste américain Richard Eder remarque que le prince tolère mal ces interruptions."

"Carmen Polo se lamente de la nomination trop précipitée de Juan Carlos : « On n’a pas fait la guerre pour que n’importe quel libéral ou rouge nous vole la victoire"

Elviktor a écrit :
En 1976, il décide pourtant de nommer Adolfo Suárez, ancien président du Mouvement national, à la tête du gouvernement.

"Lorsqu’il [Suárez] est débarqué, en 1975, de son poste de vice-secrétaire général du Mouvement national, parti unique du régime, il a le courage de déclarer : « La monarchie de Juan Carlos de Bourbon est le futur d’une Espagne moderne, démocratique et juste"

"Il se distingue encore plus lorsqu’il défend aux Cortes, dans un admirable discours, la loi des associations politiques. En ligne avec le discours du roi prononcé quelques jours auparavant à Washington, il se positionne en faveur de la légalisation des partis politiques, conviction surprenante pour le secrétaire général du parti unique. Le 9 juin 1976, il démontre alors qu’il a l’énergie, le charisme et l’intelligence pour mener à bien la réforme. Il est, contrairement à ses pairs, disposé à entamer le dialogue avec l’opposition."


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 Sujet du message : Franco et Juan carlos
Message Publié : 03 Oct 2014 13:29 
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Plutarque
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pour nuancé sur plusieurs point Elviktor je vais utiliser des citation d'un livre sur Juan Carlos : Juan Carlos d'Espagne Laurence DEBRAY

Elviktor a écrit :
le 1er octobre 1975, il était apparu aux côtés de Franco lors du rassemblement organisé par le régime en réponse à la condamnation unanime de la communauté internationale suite à l’exécution de cinq prisonniers politiques.

"Le 1 er octobre 1975, jour du trente-neuvième anniversaire de son accession au pouvoir, le chef de l’État fait sa dernière apparition publique. Au balcon du palais royal situé place d’Orient, le dictateur affaibli balbutie quelques mots devant une foule de cinq cent mille personnes. Juan Carlos et Sofía se tiennent derrière lui: leur visage crispé ne peut dissimuler leur malaise. Ils sont les seuls à s’abstenir de faire le salut fasciste. "

Elviktor a écrit :
La biographie officielle de la Casa Real évoque cet épisode en ces termes : « Suite à la mort de l’ancien Chef d’Etat, Francisco Franco, Don Juan Carlos fut proclamé Roi le 22 novembre 1975 et a prononcé au Parlement son premier message à la nation, au cours duquel il a exprimé les principales idées de son règne : rétablir la démocratie et être le Roi de tous les Espagnols, sans exception » la réalité historique contredit cette affirmation. Loin de plaider pour une transition démocratique, Juan Carlos, au contraire, jure fidélité à l’héritage franquiste et affirme qu’il poursuivra son œuvre : « Je jure devant Dieu et les Saintes Evangiles de respecter et de faire respecter les Lois fondamentales du Royaume et rester loyal aux principes du Mouvement national ». Lors de son discours, il a rendu un vibrant hommage au dictateur Franco : « Une figure exceptionnelle entre dans l’Histoire. Le nom de Francisco Franco sera un fait marquant de l’histoire espagnole et une référence indispensable pour comprendre la clé de notre vie politique contemporaine. Avec respect et gratitude, je veux me souvenir de la figure de celui qui a assumé pendant tant d’années la lourde responsabilité de diriger le pays ». A aucun moment, Juan Carlos n’a parlé de démocratie ni n’a évoqué l’instauration d’un processus de transition démocratique.

"Le 23 novembre 1975, Juan Carlos est intronisé roi d’Espagne par les Cortes. Son visage est alors marqué par la fatigue et l’angoisse. Il avoue avoir passé la nuit précédente à réécrire et relire mainte fois son discours. Soutenu du regard par son épouse, vêtue de fuchsia, couleur de la cape des toreros, il s’adresse à l’assemblée d’un ton sobre et quasi militaire afin de faire passer un message délibérément réformateur : « L’institution que j’incarne intègre tous les Espagnols. Une société libre et moderne exige la participation de tous dans les prises de décision . » Après un rapide hommage à Franco – en omettant habilement toute référence aux valeurs « du 18 juillet » – et une allusion à son père, Juan Carlos introduit le terme novateur de « consensus » dans le vocabulaire politique."

Elviktor a écrit :
Juan Carlos est ainsi proclamé successeur de Franco par les Cortes le 22 juillet 1969 lorsqu'il jure « fidélité aux principes du Mouvement National et aux autres Lois Fondamentales du Royaume ». ; Le successeur désigné prête serment en juillet 1969 et jure fidélité au franquisme, aux principes du Mouvement national (le parti fondé par le Généralissime) ainsi qu’aux Lois fondamentales (imposées par le dictateur durant son règne en remplacement de la Constitution)


" Le 18 juillet 1969, trois jours après que Franco lui eut annoncé la nouvelle, Juan Carlos fait venir à la Zarzuela son ancien professeur de droit politique, Torcuato Fernández-Miranda, qui deviendra son mentor et le président des Cortes lors de la transition démocratique du pays. Ils préparent tous deux le discours d’acceptation du titre de successeur que le prince prononcera aux Cortes cinq jours plus tard, le 23 juillet. Son ancien élève est alors habité d’une seule véritable préoccupation : « Pour pouvoir franchir ce pas, j’ai besoin d’être convaincu qu’en jurant fidélité aux lois fondamentales l’avenir ne reste pas enchaîné à l’immobilisme », confie-t-il à son maître qui le rassure aussitôt : « En prêtant serment aux lois fondamentales, votre engagement concerne leur totalité, dont l’article 10 de la loi de succession qui dit que les lois peuvent être abrogées et réformées . » "

Elviktor a écrit :
face à la résistance armée de l’ETA et des communistes du Front révolutionnaire antifasciste patriotique (FRAP) et des Groupes de résistance antifasciste du premier octobre (GRAPO), le Roi d’Espagne prend conscience que le maintien du statu quo est impossible et que le changement est inévitable. Il se rend compte que le franquisme ne survivra pas à la disparition de son leader.

donc vous dite que Juan Carlos se serait rendu comte de la nécessite du changement qu'au moment ou il est devenu roi.
"Il se rend en Allemagne en septembre 1972 et confie alors à l’ambassadeur français : « Si je suis allé chasser en Allemagne il y a quelque temps, ce n’était pas pour tirer des sangliers, mais pour créer l’occasion d’une rencontre avec le président allemand. J’ai voulu marquer ainsi que j’existais en dehors de Franco, dès lors qu’il m’est difficile de trop pousser en ce sens en Espagne même . » Après son entretien avec Juan Carlos, le président de la République fédérale allemande Gustav Heinemann avouera au journaliste Michael Vermehren, correspondant de ZDF en Espagne : « En tant que chef d’État on s’habitue à voir des gens exceptionnels. Je ne vous cache pas que jamais un entretien ne m’a autant impressionné que celui que j’ai eu avec le prince d’Espagne . » Belle reconnaissance de la part d’un social-démocrate, initialement réticent à recevoir l’héritier de Franco. Juan Carlos lui aurait alors déclaré : « Je veux être le roi d’une république . »"

"« Le prince est prêt à être un souverain constitutionnel », confirme l’ambassadeur français en Espagne."

"Le duc de Arión sert parfois d’intermédiaire entre le jeune prince et des membres de la société civile favorable au changement. Ami intime de Don Juan, avec qui il a fait la traversée de l’Atlantique à la voile, il se met au service du fils pour manœuvrer discrètement en faveur de l’ouverture."

"Juan Carlos reste prudent. La discrétion est indispensable : « Toutes les personnes qui passaient par la Zarzuela étaient fichées . » Jaime Carvajal, ami d’enfance du prince, raconte : « Il utilisait ses amis intimes pour faire venir des membres de l’opposition au palais. J’avais de bons contacts au sein du parti socialiste. Comme je circulais à moto, j’ai emmené avec moi Luis Solana , camouflé sous un casque. Comme les gardes de la Zarzuela me connaissaient bien, ils m’ont laissé entrer sans me demander l’identité du voyageur de derrière. Juan Carlos a fait beaucoup d’efforts pour se faire connaître et recueillir l’opinion des gens . »"

"Son entretien avec Richard Eder, titré « Juan Carlos envisage une Espagne démocratique », publié le 4 février 1970 dans The New York Times , fait l’effet d’une bombe. En privé, le prince ne cacherait pas qu’« il n’a pas l’intention de présider une dictature » ; « il insiste sur le fait que ce n’est que sous une certaine forme de démocratie qu’il pourrait rester roi d’Espagne »."

"Le 28 janvier 1971 au matin, le prince donne une conférence de presse, ponctuée par les interventions du ministre des Affaires étrangères López Bravo qui tente d’atténuer ses propos trop progressistes. Le journaliste américain Richard Eder remarque que le prince tolère mal ces interruptions."

"Carmen Polo se lamente de la nomination trop précipitée de Juan Carlos : « On n’a pas fait la guerre pour que n’importe quel libéral ou rouge nous vole la victoire"

Elviktor a écrit :
En 1976, il décide pourtant de nommer Adolfo Suárez, ancien président du Mouvement national, à la tête du gouvernement.

"Lorsqu’il [Suárez] est débarqué, en 1975, de son poste de vice-secrétaire général du Mouvement national, parti unique du régime, il a le courage de déclarer : « La monarchie de Juan Carlos de Bourbon est le futur d’une Espagne moderne, démocratique et juste"

"Il se distingue encore plus lorsqu’il défend aux Cortes, dans un admirable discours, la loi des associations politiques. En ligne avec le discours du roi prononcé quelques jours auparavant à Washington, il se positionne en faveur de la légalisation des partis politiques, conviction surprenante pour le secrétaire général du parti unique. Le 9 juin 1976, il démontre alors qu’il a l’énergie, le charisme et l’intelligence pour mener à bien la réforme. Il est, contrairement à ses pairs, disposé à entamer le dialogue avec l’opposition."


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 Sujet du message : Re: Franco et Juan carlos
Message Publié : 03 Oct 2014 15:37 
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grossmann a écrit :
pour nuancé sur plusieurs point Elviktor je vais utiliser des citation d'un livre sur Juan Carlos : Juan Carlos d'Espagne Laurence DEBRAY

Elviktor a écrit :
le 1er octobre 1975, il était apparu aux côtés de Franco lors du rassemblement organisé par le régime en réponse à la condamnation unanime de la communauté internationale suite à l’exécution de cinq prisonniers politiques.

"Le 1 er octobre 1975, jour du trente-neuvième anniversaire de son accession au pouvoir, le chef de l’État fait sa dernière apparition publique. Au balcon du palais royal situé place d’Orient, le dictateur affaibli balbutie quelques mots devant une foule de cinq cent mille personnes. Juan Carlos et Sofía se tiennent derrière lui: leur visage crispé ne peut dissimuler leur malaise. Ils sont les seuls à s’abstenir de faire le salut fasciste. " source : chapitre 7 Un prince moderne page 162

Elviktor a écrit :
La biographie officielle de la Casa Real évoque cet épisode en ces termes : « Suite à la mort de l’ancien Chef d’Etat, Francisco Franco, Don Juan Carlos fut proclamé Roi le 22 novembre 1975 et a prononcé au Parlement son premier message à la nation, au cours duquel il a exprimé les principales idées de son règne : rétablir la démocratie et être le Roi de tous les Espagnols, sans exception » la réalité historique contredit cette affirmation. Loin de plaider pour une transition démocratique, Juan Carlos, au contraire, jure fidélité à l’héritage franquiste et affirme qu’il poursuivra son œuvre : « Je jure devant Dieu et les Saintes Evangiles de respecter et de faire respecter les Lois fondamentales du Royaume et rester loyal aux principes du Mouvement national ». Lors de son discours, il a rendu un vibrant hommage au dictateur Franco : « Une figure exceptionnelle entre dans l’Histoire. Le nom de Francisco Franco sera un fait marquant de l’histoire espagnole et une référence indispensable pour comprendre la clé de notre vie politique contemporaine. Avec respect et gratitude, je veux me souvenir de la figure de celui qui a assumé pendant tant d’années la lourde responsabilité de diriger le pays ». A aucun moment, Juan Carlos n’a parlé de démocratie ni n’a évoqué l’instauration d’un processus de transition démocratique.

"Le 23 novembre 1975, Juan Carlos est intronisé roi d’Espagne par les Cortes. Son visage est alors marqué par la fatigue et l’angoisse. Il avoue avoir passé la nuit précédente à réécrire et relire mainte fois son discours. Soutenu du regard par son épouse, vêtue de fuchsia, couleur de la cape des toreros, il s’adresse à l’assemblée d’un ton sobre et quasi militaire afin de faire passer un message délibérément réformateur : « L’institution que j’incarne intègre tous les Espagnols. Une société libre et moderne exige la participation de tous dans les prises de décision . » Après un rapide hommage à Franco – en omettant habilement toute référence aux valeurs « du 18 juillet » – et une allusion à son père, Juan Carlos introduit le terme novateur de « consensus » dans le vocabulaire politique." source chapitre 8 Angoisses et tâtonnements page 181

Elviktor a écrit :
Juan Carlos est ainsi proclamé successeur de Franco par les Cortes le 22 juillet 1969 lorsqu'il jure « fidélité aux principes du Mouvement National et aux autres Lois Fondamentales du Royaume ». ; Le successeur désigné prête serment en juillet 1969 et jure fidélité au franquisme, aux principes du Mouvement national (le parti fondé par le Généralissime) ainsi qu’aux Lois fondamentales (imposées par le dictateur durant son règne en remplacement de la Constitution)


" Le 18 juillet 1969, trois jours après que Franco lui eut annoncé la nouvelle, Juan Carlos fait venir à la Zarzuela son ancien professeur de droit politique, Torcuato Fernández-Miranda, qui deviendra son mentor et le président des Cortes lors de la transition démocratique du pays. Ils préparent tous deux le discours d’acceptation du titre de successeur que le prince prononcera aux Cortes cinq jours plus tard, le 23 juillet. Son ancien élève est alors habité d’une seule véritable préoccupation : « Pour pouvoir franchir ce pas, j’ai besoin d’être convaincu qu’en jurant fidélité aux lois fondamentales l’avenir ne reste pas enchaîné à l’immobilisme », confie-t-il à son maître qui le rassure aussitôt : « En prêtant serment aux lois fondamentales, votre engagement concerne leur totalité, dont l’article 10 de la loi de succession qui dit que les lois peuvent être abrogées et réformées . » " source : chapitre 6 Enfin successeur page 131

Elviktor a écrit :
face à la résistance armée de l’ETA et des communistes du Front révolutionnaire antifasciste patriotique (FRAP) et des Groupes de résistance antifasciste du premier octobre (GRAPO), le Roi d’Espagne prend conscience que le maintien du statu quo est impossible et que le changement est inévitable. Il se rend compte que le franquisme ne survivra pas à la disparition de son leader.


donc vous dite que Juan Carlos se serait rendu comte de la nécessite du changement qu'au moment ou il est devenu roi.

"Il se rend en Allemagne en septembre 1972 et confie alors à l’ambassadeur français : « Si je suis allé chasser en Allemagne il y a quelque temps, ce n’était pas pour tirer des sangliers, mais pour créer l’occasion d’une rencontre avec le président allemand. J’ai voulu marquer ainsi que j’existais en dehors de Franco, dès lors qu’il m’est difficile de trop pousser en ce sens en Espagne même . » Après son entretien avec Juan Carlos, le président de la République fédérale allemande Gustav Heinemann avouera au journaliste Michael Vermehren, correspondant de ZDF en Espagne : « En tant que chef d’État on s’habitue à voir des gens exceptionnels. Je ne vous cache pas que jamais un entretien ne m’a autant impressionné que celui que j’ai eu avec le prince d’Espagne . » Belle reconnaissance de la part d’un social-démocrate, initialement réticent à recevoir l’héritier de Franco. Juan Carlos lui aurait alors déclaré : « Je veux être le roi d’une république . »" source : chapitre 7 Un prince moderne page 146

"« Le prince est prêt à être un souverain constitutionnel », confirme l’ambassadeur français en Espagne." page 147

"Le duc de Arión sert parfois d’intermédiaire entre le jeune prince et des membres de la société civile favorable au changement. Ami intime de Don Juan, avec qui il a fait la traversée de l’Atlantique à la voile, il se met au service du fils pour manœuvrer discrètement en faveur de l’ouverture." page 149

"Juan Carlos reste prudent. La discrétion est indispensable : « Toutes les personnes qui passaient par la Zarzuela étaient fichées . » Jaime Carvajal, ami d’enfance du prince, raconte : « Il utilisait ses amis intimes pour faire venir des membres de l’opposition au palais. J’avais de bons contacts au sein du parti socialiste. Comme je circulais à moto, j’ai emmené avec moi Luis Solana , camouflé sous un casque. Comme les gardes de la Zarzuela me connaissaient bien, ils m’ont laissé entrer sans me demander l’identité du voyageur de derrière. Juan Carlos a fait beaucoup d’efforts pour se faire connaître et recueillir l’opinion des gens . »" page 150

"Son entretien avec Richard Eder, titré « Juan Carlos envisage une Espagne démocratique », publié le 4 février 1970 dans The New York Times , fait l’effet d’une bombe. En privé, le prince ne cacherait pas qu’« il n’a pas l’intention de présider une dictature » ; « il insiste sur le fait que ce n’est que sous une certaine forme de démocratie qu’il pourrait rester roi d’Espagne »." page 151

"Le 28 janvier 1971 au matin, le prince donne une conférence de presse, ponctuée par les interventions du ministre des Affaires étrangères López Bravo qui tente d’atténuer ses propos trop progressistes. Le journaliste américain Richard Eder remarque que le prince tolère mal ces interruptions." page 153

"Carmen Polo se lamente de la nomination trop précipitée de Juan Carlos : « On n’a pas fait la guerre pour que n’importe quel libéral ou rouge nous vole la victoire" page 155

Elviktor a écrit :
En 1976, il décide pourtant de nommer Adolfo Suárez, ancien président du Mouvement national, à la tête du gouvernement.

"Lorsqu’il [Suárez] est débarqué, en 1975, de son poste de vice-secrétaire général du Mouvement national, parti unique du régime, il a le courage de déclarer : « La monarchie de Juan Carlos de Bourbon est le futur d’une Espagne moderne, démocratique et juste" chapitre 8 Angoisses et tâtonnements page 197

"Il se distingue encore plus lorsqu’il défend aux Cortes, dans un admirable discours, la loi des associations politiques. En ligne avec le discours du roi prononcé quelques jours auparavant à Washington, il se positionne en faveur de la légalisation des partis politiques, conviction surprenante pour le secrétaire général du parti unique. Le 9 juin 1976, il démontre alors qu’il a l’énergie, le charisme et l’intelligence pour mener à bien la réforme. Il est, contrairement à ses pairs, disposé à entamer le dialogue avec l’opposition."
page 197


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 Sujet du message : Re: Franco et Juan carlos
Message Publié : 03 Oct 2014 17:02 
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Il me semble alors, Grossmann, que réponse est faite à votre interrogation initiatrice de ce fil de savoir si (je vous cite à nouveau :) ) :
"Franco quand il a désigné le prince Juan Carlos comme son successeur en temps que roi , savait t-il que son protégé allait rétablir la démocratie ? "
et que cette réponse est évidement non.
- cf. à La loi de succession de 1947 qui stipule que l'Espagne est un royaume (et non une république) et que la légalité de cette couronne procède de cette loi.
- cf. à la rencontre d'août 48 entre Juan de Bourbon et Franco où sont prises les dispositions initiales pour "rapatrier" sur le sol national le futur héritier (dans l'esprit de Franco) du trône d'Espagne.
Et l'on peut assez facilement spéculer qu'à partir de là et pourvu que le futur roi maintînt "l'Espagne du Mouvement national, catholique, anticommuniste et antilibérale", peu chaud à Franco que celui-procède à des changements à sa suite puisque de toutes façons en ayant rétabli l'Espagne et le Roi dans son "ordre naturel" c'est la Croisade Nationale et son oeuvre politique qui se trouvent perpétuées. C'est également ainsi qu'en désignant le petit-fils d'Alphonse XIII en 1969 le "caudillo" pouvait se laisser aller à augurer que "todo esta atado y bien atado" (tout est ficelé et bien ficelé), et CONFIRMATION JURIDIQUE de toute cette "oeuvre" sera bien donnée par le serment d'allégeance et de respect que fera Juan Carlos, lors de son couronnement, aux lois fondamentales du royaume et AUX PRINCIPES DU MOUVEMENT NATIONAL, et cela c'est un FAIT que ne peuvent occulter toutes les "relectures" de ces moments historiques et interprétations psychologisantes que l'on puisse abonder. et suffit en soi:
- à montrer,que l'on ne peut croire que de tout temps Juan Carlos avait la projet d'établir la démocratie en Espagne.
- à se garder des illusions rétrospectives (laissées par les évènements de février 1982) en les inférant sur les positions de 1969 à 1977.

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 Sujet du message : Re: Franco et Juan carlos
Message Publié : 03 Oct 2014 18:06 
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Elviktor a écrit :
Il me semble alors, Grossmann, que réponse est faite à votre interrogation initiatrice de ce fil de savoir si (je vous cite à nouveau :) ) :
"Franco quand il a désigné le prince Juan Carlos comme son successeur en temps que roi , savait t-il que son protégé allait rétablir la démocratie ? "
et que cette réponse est évidement non.
- cf. à La loi de succession de 1947 qui stipule que l'Espagne est un royaume (et non une république) et que la légalité de cette couronne procède de cette loi.


monarchie et démocratie ne son pas compatible ?


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 Sujet du message : Franco et Juan carlos
Message Publié : 03 Oct 2014 18:51 
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d’autres élément qui montre que franco se doutaient que Juan Carlos allait au moins faire beaucoup de changements :

"Un souverain fidèle au Mouvement national ? On l'a dit et répété, souvent à tort. Trop de propos et de confidences démontrent que le Caudillo ne se fait pas d'illusions sur la pérennité de son régime. Lorsque le prince des Asturies, qui doit assister à une cérémonie officielle, se propose de revêtir l'uniforme de la Phalange, Franco l'en dissuade avec douceur, lui déclarant qu'il n'est pas obligé, lui, de se compromettre. "
source : Le temps de Franco Michel del Castillo page 237


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Message Publié : 03 Oct 2014 19:15 
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Quand Juan Carlos est devenu roi qu'elle vision avait t-il sur la nature de son régime au début ? une monarchie franquiste ou une monarchie constitutionnelle ?


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 Sujet du message : Re: Franco et Juan carlos
Message Publié : 03 Oct 2014 20:28 
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grossmann a écrit :
Elviktor a écrit :
Il me semble alors, Grossmann, que réponse est faite à votre interrogation initiatrice de ce fil de savoir si (je vous cite à nouveau :) ) :
"Franco quand il a désigné le prince Juan Carlos comme son successeur en temps que roi , savait t-il que son protégé allait rétablir la démocratie ? "
et que cette réponse est évidement non.
- cf. à La loi de succession de 1947 qui stipule que l'Espagne est un royaume (et non une république) et que la légalité de cette couronne procède de cette loi.


monarchie et démocratie ne sont pas compatibles ?


à priori ce sont deux régimes différents....un peu comme au restaurant lorsque l'on commande au menu, c'est soit entrée soit dessert... B)

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 Sujet du message : Re: Franco et Juan carlos
Message Publié : 03 Oct 2014 20:36 
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grossmann a écrit :
d’autres élément qui montre que franco se doutaient que Juan Carlos allait au moins faire beaucoup de changements :

"Un souverain fidèle au Mouvement national ? On l'a dit et répété, souvent à tort. Trop de propos et de confidences démontrent que le Caudillo ne se fait pas d'illusions sur la pérennité de son régime. Lorsque le prince des Asturies, qui doit assister à une cérémonie officielle, se propose de revêtir l'uniforme de la Phalange, Franco l'en dissuade avec douceur, lui déclarant qu'il n'est pas obligé, lui, de se compromettre. "
source : Le temps de Franco Michel del Castillo page 237


Efffectivement, voilà une anecdote qui illustre au moins qu'il allait bien procéder à quelques changements...dans sa garde vestimentaire!!! ;)

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Message Publié : 04 Oct 2014 2:31 
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Je crois que dès avant 1975 il pensait que le franquisme ne survivrait pas à son fondateur. Ce que pensaient la totalité des Européens et la majorité des Espagnols.

On m'a dit qu'avant 1975, le prince cultivait un style de vie mondain voire " playboy", ce qui lui valait un certain mépris de la part de la haute direction franquiste qui le sous estimait. Mais ce mode de vie lui permettait de voyager hors d'Espagne et fréquenter la jet set européenne, notamment lors de séjours sportifs en Suisse. Je crois aussi qu'il lui arrivait de rencontrer discrètement des hautes personnalités de la droite européenne (Giscard d'Estaing notamment) dés la fin des années 1960.

Giscard d'Estaing l'a beaucoup appuyé entre 1975 et 1981. L'ambassadeur de France à Madrid était un ami du président ...et du Roi (JF Deniau).


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Message Publié : 04 Oct 2014 7:10 
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voici des élément qui confirme ce que tu dit

"Le 23 novembre 1975, Juan Carlos est intronisé roi d’Espagne par les Cortes. Son visage est alors marqué par la fatigue et l’angoisse. Il avoue avoir passé la nuit précédente à réécrire et relire mainte fois son discours. Soutenu du regard par son épouse, vêtue de fuchsia, couleur de la cape des toreros, il s’adresse à l’assemblée d’un ton sobre et quasi militaire afin de faire passer un message délibérément réformateur : « L’institution que j’incarne intègre tous les Espagnols. Une société libre et moderne exige la participation de tous dans les prises de décision . » Après un rapide hommage à Franco – en omettant habilement toute référence aux valeurs « du 18 juillet » – et une allusion à son père, Juan Carlos introduit le terme novateur de « consensus » dans le vocabulaire politique." source chapitre 8 Angoisses et tâtonnements page 181


" Le 18 juillet 1969, trois jours après que Franco lui eut annoncé la nouvelle, Juan Carlos fait venir à la Zarzuela son ancien professeur de droit politique, Torcuato Fernández-Miranda, qui deviendra son mentor et le président des Cortes lors de la transition démocratique du pays. Ils préparent tous deux le discours d’acceptation du titre de successeur que le prince prononcera aux Cortes cinq jours plus tard, le 23 juillet. Son ancien élève est alors habité d’une seule véritable préoccupation : « Pour pouvoir franchir ce pas, j’ai besoin d’être convaincu qu’en jurant fidélité aux lois fondamentales l’avenir ne reste pas enchaîné à l’immobilisme », confie-t-il à son maître qui le rassure aussitôt : « En prêtant serment aux lois fondamentales, votre engagement concerne leur totalité, dont l’article 10 de la loi de succession qui dit que les lois peuvent être abrogées et réformées . » " source : chapitre 6 Enfin successeur page 131



"Il se rend en Allemagne en septembre 1972 et confie alors à l’ambassadeur français : « Si je suis allé chasser en Allemagne il y a quelque temps, ce n’était pas pour tirer des sangliers, mais pour créer l’occasion d’une rencontre avec le président allemand. J’ai voulu marquer ainsi que j’existais en dehors de Franco, dès lors qu’il m’est difficile de trop pousser en ce sens en Espagne même . » Après son entretien avec Juan Carlos, le président de la République fédérale allemande Gustav Heinemann avouera au journaliste Michael Vermehren, correspondant de ZDF en Espagne : « En tant que chef d’État on s’habitue à voir des gens exceptionnels. Je ne vous cache pas que jamais un entretien ne m’a autant impressionné que celui que j’ai eu avec le prince d’Espagne . » Belle reconnaissance de la part d’un social-démocrate, initialement réticent à recevoir l’héritier de Franco. Juan Carlos lui aurait alors déclaré : « Je veux être le roi d’une république . »" source : chapitre 7 Un prince moderne page 146

"« Le prince est prêt à être un souverain constitutionnel », confirme l’ambassadeur français en Espagne." page 147

"Le duc de Arión sert parfois d’intermédiaire entre le jeune prince et des membres de la société civile favorable au changement. Ami intime de Don Juan, avec qui il a fait la traversée de l’Atlantique à la voile, il se met au service du fils pour manœuvrer discrètement en faveur de l’ouverture." page 149

"Juan Carlos reste prudent. La discrétion est indispensable : « Toutes les personnes qui passaient par la Zarzuela étaient fichées . » Jaime Carvajal, ami d’enfance du prince, raconte : « Il utilisait ses amis intimes pour faire venir des membres de l’opposition au palais. J’avais de bons contacts au sein du parti socialiste. Comme je circulais à moto, j’ai emmené avec moi Luis Solana , camouflé sous un casque. Comme les gardes de la Zarzuela me connaissaient bien, ils m’ont laissé entrer sans me demander l’identité du voyageur de derrière. Juan Carlos a fait beaucoup d’efforts pour se faire connaître et recueillir l’opinion des gens . »" page 150

"Son entretien avec Richard Eder, titré « Juan Carlos envisage une Espagne démocratique », publié le 4 février 1970 dans The New York Times , fait l’effet d’une bombe. En privé, le prince ne cacherait pas qu’« il n’a pas l’intention de présider une dictature » ; « il insiste sur le fait que ce n’est que sous une certaine forme de démocratie qu’il pourrait rester roi d’Espagne »." page 151

"Le 28 janvier 1971 au matin, le prince donne une conférence de presse, ponctuée par les interventions du ministre des Affaires étrangères López Bravo qui tente d’atténuer ses propos trop progressistes. Le journaliste américain Richard Eder remarque que le prince tolère mal ces interruptions." page 153

"Carmen Polo se lamente de la nomination trop précipitée de Juan Carlos : « On n’a pas fait la guerre pour que n’importe quel libéral ou rouge nous vole la victoire" page 155


"Lorsqu’il [Suárez] est débarqué, en 1975, de son poste de vice-secrétaire général du Mouvement national, parti unique du régime, il a le courage de déclarer : « La monarchie de Juan Carlos de Bourbon est le futur d’une Espagne moderne, démocratique et juste" chapitre 8 Angoisses et tâtonnements page 197

"Il se distingue encore plus lorsqu’il défend aux Cortes, dans un admirable discours, la loi des associations politiques. En ligne avec le discours du roi prononcé quelques jours auparavant à Washington, il se positionne en faveur de la légalisation des partis politiques, conviction surprenante pour le secrétaire général du parti unique. Le 9 juin 1976, il démontre alors qu’il a l’énergie, le charisme et l’intelligence pour mener à bien la réforme. Il est, contrairement à ses pairs, disposé à entamer le dialogue avec l’opposition." page 197


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